VILLEMOIZAN - CHAMPTOCÉ (49) - 1794 - COPIE D'UNE LETTRE DES SOLDATS DE L'ARMÉE ROYALLE A VILLEMOIZAN ...
COPIE D'UNE LETTRE, SANS DATE, ADRESSÉE AUX CITOYENS OFFICIERS MUNICIPAUX DE LA COMMUNE DE CHAMPTOCÉ, TROUVÉE LE 18 THERMIDOR.
Citoyens,
Vous devez croire qu'aucun de nous ne tentera de se jetter dans les nouveaux filets que vous nous tendez ; l'expérience nous a apris à nous défier de vos prétendues amnisties ; après avoir tué par milliers nos camarades, victimes de votre trahison, pouvons-nous nous exposer à subir le même sort. Nous, Citoyens, nous ne vous ... (illisible) pas, et nous garderons nos armes ; forcés d'aller prendre le pain des particuliers pour vivre parce que nous ne pouvons le gagner, nous aresté d'exterminer jusqu'au dernier des patriotes qui nous découvrent lorsque nous les visitons ; vous pouvez empêcher ces maux quand vous voudrez ; mais ce n'est pas de la manière que vous nous le proposez. Citoyens, éprouvez nous une seule fois, et vous verrez si nous reconnaissons la trahison.
Renvoyez vos Bleus dans les villes, soyez les pères et non pas les tirans, de vos Concitoyens ; à l'instant, vous nous verrez mettre bas les armes, rentrer dans nos paroisses respectives, travailler à gagner le pain qui nous est nécessaire, et nous jurons devant Dieu comme devant les hommes d'oublier tout ressentiment et de ne verser le sang de personnes. Si vous ne nous prenez pas au mot, vous verrez dans peu ce dont sont capables des gens qui ont su vaincre, et qui ne craignent pas de mourir.
Faites nous connaistre, mais vite, vos dernières intentions, si [vous] voulez empêcher nos projets, dont vous verrez bientôt l'exécution. Nous vous déclarons que jusquaceque vous vous expliquiez, nous continuerons comme nous avons coutume de faire, c'est-à-dire que nous diminuerons le nombre de nos ennemis. D'après cela, si le sang coule encore ce sera votre faute.
Les Soldats de l'Armée Royalle à Villemoizan.
AD85 - SHD B 5/10-9

