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La Maraîchine Normande
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31 décembre 2015

SAINT-HILAIRE-DE-MORTAGNE - LES ÉPESSES - PIERRE-MARIE CHAPELAIN, VICAIRE (1763-1794)

PIERRE-MARIE CHAPELAIN
VICAIRE DE SAINT-HILAIRE DE MORTAGNE

 

P1290932SAINT HILAIRE DE MORTAGNE


Fils de Vincent Chapelain, chirurgien et apothicaire et de Demoiselle Marie-Anne Gourdon, Pierre-Marie Chapelain est né aux Épesses le 3 mars 1763 et baptisé le 4.

 

acte naissance Pierre-Marie Chapelain

 

Pierre-Marie Chapelain est vicaire à La Verrie dès février 1788, puis on le retrouve, à partir de novembre 1790, vicaire à Saint-Hilaire de Mortagne. Le dernier acte signé de sa main est celui du baptême de Marie Gaboriau, le 17 juin 1792 (AD85 - Registres Paroissiaux de La Verrie - Les Épesses - Saint-Hilaire de Mortagne)

 

P1270604 LES EPESSES


En juillet 1993, fut inauguré aux Épesses un square à la mémoire des martyrs de 1793 et de Pierre-Marie Chapelain.

Ce dernier était un prêtre né en ce lieu et qui, ayant refusé de prêter le serment exigé par le gouvernement, continua néanmoins à officier dans sa paroisse natale, en se cachant, comme nombre d'autres "prêtres réfractaires".

 

Signature Chapelain curé

 

Selon l'historien local Jean Lagniau qui a consacré une monographie à ce personnage, "La résidence ordinaire de l'abbé Chapelain était la maison de son père : et en cas d'alerte, ce qui arrivait fréquemment, le tronc creux d'un vieux chêne tétard, à un kilomètre du bourg [...] Et vers la fin de janvier 1794, la Colonne Infernale commandée par Boucret envahit le territoire des Épesses. Ce fut une véritable chasse aux Vendéens fidèles. Cette fois, l'abbé Chapelain n'échappera pas aux recherches. Sur une dénonciation très précise, il fut découvert caché dans le tronc de son arbre. C'était le 24 janvier 1794". Le prêtre sera fusillé le 27 janvier 1794 dans le jardin dit "des Fourneaux", et les circonstances de sa fin sont confirmées par plusieurs documents.


Premièrement par un rapport daté du 28 janvier, adressé à Turreau par le général Boucret et où se lisent les lignes suivantes : "Je suis arrivé aux Épesses le 26 janvier à 5 heures du soir. Deux soldats ont trouvé dans le tronc d'un arbre un prêtre non assermenté : je l'ai fait fusiller. Il avait sur lui 15 louis tant en or qu'en assignats. J'ai ordonné aux volontaires, pour récompense, 100 livres. Je suis porteur du reste".


Deuxièmement par ce témoignage de Léonard Graviche, gendarme de Corrèze mobilisé en Vendée :

"Le 28, aux Epêches [Les Épesses], ordre particulier d'aller aux Herbiers, pour savoir s'il y avait de (la) trouppe [...]. Des volontaires trouvèrent dans le creux d'un arbre un curé qu'ils fusillèrent sur le champ". Enfin, lors d'une enquête judiciaire conduite vers 1800 par son frère Vincent (voir ici), Angélique Hiou, femme Pierre Maudet, tisserand, demeurant au bourg des Épesses, déclara que "les deux soldats qui l'ont fusillé étaient logés chez elle [...] lesquels lui dirent avoir trouvé ledit citoyen Chapelain caché dans le tronc d'un chêne creux, d'où ils l'avaient conduit au commandant de la colonne, qui était logé chez le père dudit Chapelain, que de là ils l'avaient conduit dans un jardin pour le fusiller, et que s'ils avaient su que le commandant ne leur eut pas donné d'argent, ils l'eussent laisser sauver".

Cependant, Jean Lagniau (qui ne cite la provenance d'aucune de ses sources) signale qu'il existe "plusieurs versions" du récit.

D'une part "on raconte que les soldats passant devant le chêne où il était caché aperçurent quelques brins de paille sur le sol, dont la vue les intrigua. On avait, paraît-il renouvelé les jours précédents la paille de la cachette".

D'autre part, "une autre version" rapporte que, "après le passage du détachement au pied de l'arbre, le prêtre, se relevant imprudemment, fut aperçu par deux soldats retardataires et pris dans son gîte".

Pour l'historien local, ces variantes sont mineures, et "ce qui est certain, c'est que Monsieur Chapelain fut découvert et arrêté dans sa cachette".

 

P1290941 IMAGE DU VITRAIL


Extraits de l'article : Le chouan dans le chêne et l'arbre sur la tombe - Jean-Loïc Le Quellec - paru dans le Bulletin de la Société de Mythologie Française - 1998, n° 190-191

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