SAINT-MATHURIN (85) - LA GRASSIÈRE - FAMILLES DE LA VOYRIE ET DE LA ROCHE-SAINT-ANDRÉ
La Grassière semble avoir conservé son aspect d'autrefois. Située à une faible distance de la route des Sables à La Roche, et sur les rives de la Ciboule, cette maison noble ne manque pas d'agréments.
De 1660 environ à 1792, elle fut occupée par la famille De La Voyrie.
De 1793 à 1823, elle est restée - moins un intervalle de 29 ans - à la famille De La Roche-Saint-André.
En 1923, elle appartenait à Monsieur le Baron de Larocque-Latour.
Les Registres mentionnent, en effet, en 1666, un Jehan de La Voyrie, escuier - seigneur de la Grassière, époux de Dame Madeleine Morisson ;
En 1687, Jacques de La Voyrie, escuier-seigneur de La Grassière, marié à Dame Clotilde du Puys ;
En 1735, Messire André de La Voyrie, chevalier, seigneur de la Grassière, époux de Dame Françoise-Suzanne de Fayer de La Fresnais ;
En 1740, Damoiselle Henriette de La Voyrie, de la Grassière signe comme marraine ;
En 1765, Jacques Robert de La Voyrie, capitaine de vaisseau du Roy, seigneur de la Grassière, époux de Madeleine Dumont, Dame de la Grassière ;
En 1787, Marie-Antoine de La Voyrie, garde de la marine meurt à la Grassière à l'âge de 20 ans.
En 1792, La Grassière appartient toujours à la famille de La Voyrie et de la Roche-Saint-André. Cette même année Messire Louis-Alexandre Comte de la Roche-Saint-André, lieutenant des vaisseaux du Roi, Seigneur de la Forest-Bauduère et autres lieux, époux de Marie-Anne-Bénigne de La Voyrie, dame de la Grassière, y font baptiser un enfant.
Après la Révolution, la Grassière cesse d'être habitée pendant plusieurs années. M. de La Voyrie père étant mort, cette propriété fut attribuée à sa fille aînée, Mme de La Roche-Saint-André, dont le mari ne pouvait pas rentrer en France pour fait d'émigration. Et tandis que ce dernier servait dans la marine anglaise, de 1794 à 1798, puis dans la marine russe, de 1798 à 1801, Madame de La Roche-Saint-André habitait les Sables d'Olonne, avec sa soeur cadette, Julie-Rose de La Voyrie, qui épousa le 31 octobre 1798, Constant-Hubert Morisson de la Bassetière.
Amnistié en 1802 et rentré en France, le Comte de La Roche-Saint-André devint officier supérieur de la marine à Rochefort, et après de longs et brillants états de service, il prit sa retraite le 1er janvier 1827, à la Grassière, propriété de feue son épouse, décédée le 23 octobre 1811.
La Grassière fut vendue en 1870 par Adrien-Benjamin de La Roche-Saint-André, époux de Élisabeth de Vauguérin, fils cadet de Benjamin-Auguste et petit-fils de Louis-Alexandre, dont nous venons de parler - lequel Adrien est mort vers 1876.
Pendant 29 ans - de 1870 à 1899 - elle appartient à M. Coutant, châtelain de la Jarrie d'Olonne.
Et en octobre 1899, elle fut rachetée par M. le Comte de La Roche-Saint-André, neveu de celui qui l'avait aliénée.
En 1923, avant de se retirer aux Sables-d'Olonne, face à la mer qu'il aimait tant, le Comte Roger de La Roche-Saint-André la vendait à son tour à son neveu, M. le Baron Raymond de Larocque-Latour, propriétaire de la Garenne, en Saint-Sornin.
La Grassière a deux orthographes : les uns écrivent avec deux ss - sans doute pour signifier que la terre en est grasse. Les autres avec un c - peut-être pour dire que le site est "gracieux", le "pays des grâces". Libre à chacun d'adopter celle qu'il voudra.
La famille de La Voyrie, de la Grassière, eut l'honneur de donner à l'église, un peu après l'an 1700, deux de ses enfants.
L'un, Pierre-Claude de La Voyrie, fut religieux de l'abbaye royale de Sainte-Croix, de Talmont.
L'autre, son frère (ou selon quelques-uns son neveu), Robert-Jacques de La Voyrie fut curé de la Chapelle-Achard, de 1718 à 1724, et signe comme tel au registre paroissial.
Le 28 mars 1718, il mentionne la sépulture dans l'église Saint-Savin de Poitiers, de "Maître Pierre Robi (ou Robin, illisible), prestre curé de la Chapelle-Achard".
Le 24 mars de la même année, il baptise Suzanne-Roberte, fille de Jean Besson et de Catherine de La Voyrie, son épouse.
Le 1er août 1719, il signale le baptême de "Pierre-Claude, fils de Michel Gazeau et de Madeleine Triau, son épouse. Le parrain a été Dom Pierre-Claude de La Voyrie, aumônier et religieux profès de l'abbaye roial de Sainte-Croix de Talmont, et la marraine, Marie de La Vergne qui se sont soussignés avec nous".
Il relate en 1721 la grande mortalité qui se produisait à La Chapelle-Achard : 83 sépultures.
Le 23 avril 1724, il enterre dans l'église Jean Besson, fabriqueur (lisez : fabricien), mort à l'âge de 42 ans, et le même jour, en présence de tous les habitants", il choisit pour le remplacer, François Mornet.
En même temps que très zélé, Maître Robert-Jacques de La Voyrie fut un prêtre de mérite et de talent ; il était docteur en théologie.
Vers 1721 ou 1722, il quitta la Chapelle-Achard pour aller curé de St-Hilaire-de-Talmont. Il revient cependant de temps en temps dans son ancienne paroisse, y fait des cérémonies et continue à signer comme curé de la Chapelle. Évidemment, il cumulait les deux charges de curé de la Chapelle-Achard et de St-Hilaire-de-Talmont. Mais tandis qu'il résidait à St-Hilaire, il y avait à la Chapelle un prêtre desservant qui avait pour nom Maître François Aubin.
Maître Robert-Jacques de La Voyrie a dû mourir curé de Saint-Hilaire-de-Talmont.
AD85 - Bulletin paroissial de Saint-Mathurin - 1925






