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La Maraîchine Normande
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21 septembre 2015

MOUCHAMPS (85) - LA BOBINIÈRE - JACQUES-LOUIS-ÉTIENNE DELADOUESPE, ADMINISTRATEUR DE LA VENDÉE (1746-1810)

 

JACQUES-LOUIS-ÉTIENNE DELADOUESPE était le descendant d'une ancienne famille, habitant la ville de Caen au moins depuis le XVIe siècle. Un Deladouespe a signé le registre de déclaration de naissance de Malherbe en 1555. Un autre, Jacques Deladouespe, fils d'un apothicaire, fut reçu au même grade devant la Faculté de Caen, le mercredi 12 septembre 1586, et passa une partie de sa vie auprès de la célèbre Catherine de Parthenay, princesse de Rohan-Soubise. Il la suivait probablement l'été au château du Parc Soubise, et l'hiver à son hôtel dans les murs de La Rochelle. C'est pendant ces années de service auprès de la princesse qu'il prit pour femme une dame veuve Blanchard, peut-être une soeur de lait de la maîtresse (elle est ainsi désignée dans les papiers Loyau), qui appartenait également à la maison de la grande dame. La nouvelle épouse avait quelques terres et maisons dans la paroisse de Mouchamps, et ce fut l'origine de l'établissement de la famille Deladouespe dans cette localité de la Vendée, qu'elle a toujours habité depuis.

 

Jacques-Louis-Etienne Deladouespe, leur descendant a laissé un livre de comptes, pour ainsi dire, le journal de sa vie ... Dans l'acte de décès de son père, ancien avocat au Parlement de Paris, il est qualifié de garde du duc de Chartres.

 

Fils de Maître Jacques-Louis de la Douespe, avocat au Parlement et de Damoiselle Gabrielle-Catherine Robert, Jacques-Louis-Étienne est né et baptisé, à Mouchamps, le 12 décembre 1746.

 

acte naissance J


Il se marie le 27 décembre 1767, au temple à La Haye, en Hollande, avec Jeanne-Catherine Loyau, , sur la permission du Roy Louis XVI, obtenue par le Brevet du 7 novembre 1767 signé de Sa Majesté et de Monseigneur le duc de Choiseul, premier ministre.

De ce mariage sont nés six enfants :

- Louise-Catherine, née et baptisée, à Mouchamps, le 26 janvier 1769 ; mariée le 1er jour complémentaire de l'an VI, avec le citoyen Godet, juge de paix à Fontenay (décédé à Saint-Aubin, le 28 décembre 1805) ;

- Jacques-François, né et baptisé, à Mouchamps, le 26 décembre 1769 ; décédé à l'hospice militaire de Luçon d'une fluxion de poitrine ;

- Marguerite-Jeanne, née et baptisée à Mouchamps, le 2 octobre 1772 ; a été mariée au Cit. Bouquet le 2 prairial an VI de la Rép. à Mouchamps ;

- Jeanne-Catherine, née et baptisée à Mouchamps, le 22 décembre 1775 ; mariée le 4 floréal an XII, avec Pierre-Alexandre Giraudeau ;

- Louis-Victor, né et baptisé à Mouchamps, le 2 juillet 1779 ; marié le 13 brumaire an X (4 novembre 1801), avec Jeanne-Pauline Marchegay ; dont une fille Célie-Louise-Esther ; député de la Vendée en 1830 ;

- Catherine-Julie, née et baptisée à Mouchamps, le 25 novembre 1781 ; mariée le 27 messidor an XIII, avec Louis Liège, domicilié à Bregion, commune de Sepvret, Deux-Sèvres.

Très instruit, acquis aux idées nouvelles, il est sénéchal de Mouchamps en 1787, maire de Mouchamps en 1790, administrateur de la Vendée de 1792 à 1796 à Fontenay-le-Comte, c'est dans cette ville qu'il se réfugie pendant les guerres de Vendée.

Le 27 décembre 1793, Jeanne-Catherine Loyau décède d'un cruel mal de gorge, à Marans, chez le citoyen Capon.

De retour à Mouchamps, et au lieu d'habiter la Bobinière qui lui semblait peu sûre après la guerre de Vendée, il fit réparer la maison qu'il possédait dans cette commune.  Il reprit ses occupations de propriétaire et peu à peu remit en état ses fermes ruinées par trois années de guerre civile. Il n'abandonna pas non plus les affaires publiques et eut le titre de commissaire du Directoire exécutuf dans le canton de Mouchamps.

 

P1310694


Pendant les dernières années de sa vie, il devint très goutteux, ce qui ne l'empêcha pas de gérer activement ses affaires. C'est de cette époque que datent les lettres adressées à son beau-frère Loyau, médecin estimé, membre du Conseil des Anciens et du Corps législatif.

Il mourut le 18 novembre 1810, en son Grand-Logis de la Bobinière en la paroisse de Mouchamps.

 

acte décès J

P1310693

P1310689

 

Il est enterré au cimetière de la Bobinière, face au château dans le bois, près de ses parents. Sa tombe est une dalle de granit ouvragée reposant sur deux supports de granit. On y lit quatre lignes sculptées :


JACQUES-LOUIS-ÉTIENNE DELADOUESPE
NÉ A LA BOBINIÈRE
LE 12 OCTOBRE 1746
DÉCÉDÉ LE 18 SEPTEMBRE 1810.

 

P1310690

P1310681

 

En octobre 1797, les paroissiens de Mouchamps ont essayé d'obtenir le retour de leur prêtre, l'abbé Boursier, en adressant une pétition au Directoire départemental. Le commissaire de Mouchamps, Jacques Deladouespe, en a eu connaissance. Il en a discuté avec l'un des responsables.
"Pourquoi votre curé ne se conforme-t-il pas aux lois de son pays ? Pourquoi ne prête-t-il pas le serment ?
- C'est que certaines lois, comme celle du divorce, ne sont pas acceptables ; le mariage est indissoluble.
- Mais cette loi ne force personne !
- Il est vrai, mais elle se moque de l'Évangile".

Le commissaire Jacques Deladouespe constate, le 10 janvier 1798 : "Les signes extérieurs du culte ont été détruits pendant la guerre". Mais il a été informé qu'il restait sur un vieux cadran servant d'horloge quatre fleurs de lis à moitié effacées. "Le cadran" a été sur-le-champ détaché et tout a disparu". De même, la croix de pierre sur la place a été abattue.

Le commissaire Deladouespe vit dans la crainte et le tremblement. Il a fait en février 1798 replanter sur la place l'arbre de la liberté, mais il n'est pas en sûreté tant que Mouchamps n'aura pas son cantonnement. Heureusement voici une quinzaine d'hommes qui s'établissent à demeure au quartier de l'Ansonnière dans le bourg, le 23 mai 1798.

Le 6 juin 1798, Deladouespe écrit : "Le repos de décadi sera peut-être le plus difficile, ou du moins, si l'on y parvient, l'entêtement et l'ignorance ne fêteront pas moins les anciens dimanches."


"A son égoïsme près, dit Mercier (journal mss. 4e cahier), un de nos collègues : "Si le Représentant du peuple vous ordonnait de nous guillotiner, que feriez-vous ? - Eh ! monsieur, réplique-t-il, il faudrait bien le faire !" Il eut encore ajoute, Mercier du Rocher, la faiblesse d'applaudir à la théorie de l'extermination, présentée par le poète Simon, de Troyes, secrétaire du représentant en mission Fayau, quoiqu'il fût si riche que trente-six fiefs lui rapportaient, bon an, mal an, 200 barriques de vin."

Jacques-Etienne Deladouespe écrivit son nom de plusieurs façons pendant le cours de sa vie ... Sur les actes civils, le nom est orthographié "de la Douespe" jusqu'en 1792. Mais quand il fut nommé administrateur du département (7 septembre 1793), par prudence et peut-être aussi pour ne pas passer pour noble, il écrivit son nom Ladouespe.

Deux de ses parents ont péri durant la Révolution : J.-A. Deladouespe de la Biffardière guillotiné à Fontenay, le 17 décembre 1793, et D.-F. Deladouespe du Fougerais, fusillé à Angers, le 6 janvier 1794.

 

Sources :

État-civil de Mouchamps - AD85

La Préparation de la Guerre de Vendée - Ch.-L. Chassin - Tome I - 1892

Informations trouvées sur place à Mouchamps

Mouchamps, Histoire d'une paroisse vendéenne, Louis Guéry

Dictionnaire Historique et Généalogique des familles du Poitou - H. Beauchet-Filleau - Tome III - 1905

Papiers et correspondance de J.-E.-L. DELADOUESPE - 1904

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