BRESSUIRE - CIRIÈRES - BOISMÉ (79) - PÉAGE DE MARIAGE
Nous trouvons la trace, du XIVe au XVIIIe siècle, d'un droit dit "péage de mariage", qui se percevait à Bressuire et dont l'aspect bénin reste difficilement explicable si l'on ne veut y voir l'écho d'anciennes exigences moins innocentes.
Les nouveaux mariés de Terves, Chanteloup, Courlay, Boismé étaient astreints à passer leur nuit de noces à Bressuire, sous peine d'amende.
En l'année 1377, Jean Beluteau, de Glenay, est condamné au payement de 60 sols d'amende et 2 gélines, attendu, dit le jugement, "que le seigneur de Bressuire a le droit de poursuivre "péage de mariage des gens roturiers" levants et couchants, dans la limite de la Chatellenie, hors la ville, et de prendre d'aucuns 60 sous, d'aucuns 50, d'aucuns 40, d'aucuns 30, d'aucuns 20, selon la faculté des gens qui se marient."
Les vassaux du seigneur de Cirières étaient encore tenus en 1628 "de le convier d'estre à leurs noces avec ses domestiques, et, en le venant convier, d'apporter en présent un gâteau de froment."
Il résulte d'un aveu remontant à l'an 1440 que le seigneur de Boismé s'attribuait, une fois l'an, la nuit de "chaque femme commune passant par son baillage", et que, de plus, tout couple nouvellement marié lui doit un pot de vin à la mesure de Boismé, deux pains blancs, un mets du repas des noces ; ou encore il lui est loisible de se trouver, soit en personne, soit par procuration, au dîner de noces, assis à côté de la mariée".
- La juxtaposition de ces deux redevances dans la même formule d'aveu ne laisse pas que d'être très suggestive ; il semble bien que l'ancien droit ait évolué, maintenant d'un côté la part du réalisme brutal, et, de l'autre, se dissimulant sous une formalité vaguement symbolique.
Extrait : Société historique et scientifique des Deux-Sèvres - 2ème année - 1906
