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La Maraîchine Normande
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9 mai 2015

LA RENAUDIÈRE (49) - 1834-1835 - PIERRE BARON, CHOUAN

CHOUANNERIE - 1834 - 1835 - PIERRE BARON

la renaudière

 

COUR D'ASSISES DE MAINE-ET-LOIRE (ANGERS)
Audience du 6 août 1835
TENTATIVE DE MEURTRE - VOLS A MAIN ARMÉE

L'accusé déclare se nommer Pierre Baron, âgé de 22 ans, cultivateur de la Renaudière, arrondissement de Beaupréau

L'acte d'accusation, dont il est donné lecture, rapporte les faits suivans :

 

La Robinière


Le 2 août 1834, une bande de vingt-cinq à trente hommes armés avait délivré à la hauteur du bois de la Robinière, entre Mauves et le Sellier (Loire-Inférieure), deux chouans, récemment condamnés aux assises de Nantes, les nommés Bregeon et Sauvestre, que la gendarmerie conduisait à Fontevrault, pour y subir leur peine. Divers renseignemens ayant fait présumer que cette bande était composée de Vendéens qui, après cette expédition, avaient regagné leur pays, des battues furent ordonnées dans les communes où les condamnés délivrés avaient leur domicile, et dans celles environnantes.


Le 22 août, le lieutenant de gendarmerie en résidence à Beaupréau avait réuni plusieurs des brigades sous ses ordres, et s'était mis à leur tête. Parvenue avec sa colonne à la métairie des Brunetières commune de La Boissière-du-Doré, l'un de ses gendarmes, le sieur Fitte, fit la rencontre de trois hommes armés de fusils. Ne consultant que son courage, il s'avance vers eux et les somme de se rendre. Déjà il en a saisi un au collet, lorsqu'un second, l'ajustant, lui tire à bout portant un coup de fusil qui l'atteint au visage ; les camarades de Fitte accourent, et trouvent ce malheureux étendu à terre et baigné dans son sang. Conduit à l'hôpital de Cholet, il dut y subir un long traitement avant de pouvoir reprendre son service.


Il résulte des informations prises dans les environs, qu'au nombre de ces malfaiteurs se trouvait les nommés Baron et Augusseau, dit Sans-Peur (ce dernier est encore en fuite). Confronté avec Baron, le gendarme Fitte, qui d'abord avait donné le signalement exact de son meurtrier, le reconnut parfaitement.


Lors de son arrestation, Baron s'était vanté d'avoir fait partie de la bande commandée par Augusseau, qui le 2 août, avait délivré Bregeon et Sauvestre. Cette déclaration, dans laquelle, au reste, il n'a pas persisté, ne s'était soutenue par aucun témoignage, le crime auquel elle se rapporte n'a pu faire contre Baron l'objet d'aucun chef d'accusation.

 

le Buté Puiset-Doré


Le 8 novembre 1834, deux hommes armés se présentèrent au lieu du Butey, commune du Puiset-Doré, chez un nommé Lorandeau, cultivateur. Lorendeau était occupé au travail de ses champs ; on le fit venir. - "Es-tu Lorandeau l'aîné ?" lui demandèrent les chouans. Sur sa réponse affirmative, il lui dirent que c'était à lui qu'ils avaient affaire, le sommèrent de leur livrer son fusil en le couchant en joue et menaçant de le tuer. Lorandeau, qui avait porté son fusil à Montrevault, et ne possédant d'autre arme qu'un pistolet, le leur livra. Les chouans se retirèrent. Lorandeau reconnaît parfaitement Baron.

 

La Gilardière


Le 2 décembre dernier, M. Bonvalot, percepteur de la commune de Champtoceaux, revenait de faire sa recette à Saint-Sauveur, quand il fut rencontré, près du lieu de la Gilardière, par deux hommes armés de fusils. "Arrête !" lui crie-t-on, et les deux chouans s'avancent aussitôt. - Tu as les fonds du gouvernement, il nous les faut. - Non, répond M. Bonvalot, ce ne sont pas les fonds du gouvernement, et j'en suis responsable si vous les prenez. - Tu es riche, d'ailleurs tu seras remboursé à la fin du mois. - Mais à quelle parole dois-je me fier ? reprit M. Bonvalot, est-ce à la parole de Sans-Peur ?" Le plus petit des malfaiteurs fit alors un geste d'impatience, puis proférant un jurement énergique : "Est-ce que tu me connais ? dit-il. - Non, mais d'après ce que l'on m'a dit, je crois que vous êtes Sans-Peur." Les brigands se retirèrent alors, emportant la recette, qui se montait à 596 fr. et quelques centimes.


M. Bonvalot garda le silence sur cet évènement ; il craignait, en le révélant à l'autorité de compromettre ses jours. Toutefois, il en parla dans le commencement de janvier, à M. Duret, curé de Champtoceaux. Cet ecclésiastique conçut alors l'idée de faire rendre la somme volée. Persuadé que l'un des auteurs du crime était le réfractaire Augusseau, il alla chez le père de celui-ci. Augusseau fils était absent.


En s'en retournant, M. l'abbé Duret le rencontra avec Baron ; tous les deux étaient armés. M. Duret leur fit des représentations, et les engagea à restituer l'argent qu'ils avaient enlevé au percepteur, mais ils nièrent avoir commis le crime dont on les accusait, et prétendirent que M. Bonvalot ne les reconnaîtrait pas.


Un rendez-vous leur fut donné alors par M. Duret pour le mardi suivant, chez le garde de la forêt du Parc où M. Bonvalot devait se trouver. Ils s'y rendirent. Là une altercation très vive s'engagea entre M. Duret et les brigands. Ceux-ci nièrent de nouveau, mais M. Bonvalot les reconnut parfaitement l'un et l'autre ; et confronté depuis avec Baron, il a déclaré de nouveau que c'était bien l'homme auquel il avait été obligé de remettre l'argent de sa recette le 2 décembre dernier.


M. l'avocat général a commencé son réquisitoire :


"Il est une vérité consolante à proclamer, c'est que nos pays, trop long-temps le théâtre de la guerre civile, du pillage, sont désormais purgés presque entièrement des bandes qui les désolaient. Il reste cependant encore quelques-uns de ces hommes que l'indulgence n'a pas ramenés. Ces hommes toutefois ont perdu leur caractère politique ; car quel parti voudrait accepter la solidarité avec pareils brigandages ? Baron reste donc devant vous accusé de vol et de meurtre, et s'il est déclaré coupable, c'est la peine destinée aux meurtriers et aux voleurs qui doit lui être appliquée."


Malgré la plaidoirie de Me Gain, le jury, après trois quarts d'heure de délibération, rend une déclaration de culpabilité, par suite de laquelle Baron est condamné aux travaux forcés à perpétuité et à l'exposition.


La Gazette des Tribunaux
10 et 11 août 1835 - numéro 3112

Selon l'âge affirmé par Pierre Baron, lors de son procès, une seule famille Baron existe à la Renaudière ; elle est composée de René Baron, tisserand,  et de Marie Baraud.

Enfants nés de ce mariage :

Marie Baron, née le 29 novembre 1810 - René-François Baron, né le 4 juin 1812 - Élène Baron, née le 5 juin 1814 - René-Constan Baron, né le 18 novembre 1816

Pierre Baron pourrait être en réalité, René-François ... pour lequel deux actes de naissance ont été rédigés :

 

 

René-François (Pierre) baron naissance

 

 

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