SAINT-MAURICE-LE-GIRARD (85) - JEAN-GABRIEL GALLOT, MÉDECIN (30 NOVEMBRE 1744 - 4 JUIN 1794)
NOTICE SUR GALLOT
Médecin philanthrope, Député du Poitou aux États généraux de 1789, Membre de l'Assemblée nationale constituante
par Mercier du Rocher
Ancien administrateur du département de la Vendée
(Rédigé sur de simples souvenirs, ce travail de Mercier du Rocher, petit neveu de Réaumur et auquel on doit de précieux inédits sur la guerre civile de la Vendée, a été revu avec soin, rectifié en quelques points, au moyen de papiers provenant de Gallot lui-même.)
Jean-Gabriel Gallot, docteur-médecin de la faculté de Montpellier et membre associé de l'académie de la Rochelle, était né à Saint-Maurice-le-Girard, près de la Châtaigneraie, en Bas-Poitou, d'une famille anciennement protestante, le 30 novembre 1744. Il avait fait ses humanités à Caen, en Normandie, parce que les religionnaires de son pays n'avaient, sur place, aucun établissement d'instruction classique pour leurs enfants. Après avoir pris le doctorat à Montpellier, il passa quelques années à Paris, pour se perfectionner dans l'étude de la médecine, et eut pour maître le célèbre Antoine Petit, qui l'estimait beaucoup. Le jeune docteur profita de l'exemple et des leçons de l'ancien, avec lequel il fut toujours en correspondance.
Obligé de revenir enfin se fixer auprès de son père à Saint-Maurice-le-Girard, Gallot se livra à l'exercice de sa profession, avec une ardeur qu'on ne peut exprimer et qui contribua, sans doute, à déranger la robuste constitution dont il était doué naturellement. Il était chaque jour à cheval, souvent au galop, toujours au trot, parcourant quelquefois plus de dix lieues dans la journée, visitant surtout les pauvres des campagnes, observant, prenant des notes sur les symptômes des maladies, et passant ensuite une partie des nuits à relever, mettre en ordre ses remarques et à suivre la correspondance qu'il entretenait avec les plus célèbres praticiens de France.
Il fut plusieurs fois couronné par la Société de médecine de Paris, dont il était membre correspondant : 1° pour son Tableau topographique médical, qu'il lui présenta en 1787 ; 2° pour ses Réflexions sur les causes principales des maladies populaires ou épidermiques, dans le canton de la Châtaigneraie, avec des vues de soulagement public pour les pauvres de la campagne, en général, également présenté à la Société de médecine en 1789. En 1787, il publia un Recueil d'observations sur les épidémies du Bas-Poitou, pendant les années 1784, 85 et 86, qui fut imprimé aux frais du Gouvernement, à Poitiers, chez Barbier, in-4° de 200 pages. Cet ouvrage, dont une partie lui avait valu, dès le 29 août 1786, une médaille d'or de 200 francs, que lui envoya la Société de médecine, fut reçu des gens de l'art avec les éloges que méritait son auteur.
La météorologie devint aussi l'objet de ses études, et cette science est, en effet, nécessaire au médecin. Il se livra avec constance aux investigations qu'elle demande, et entretint une correspondance très-active avec le père Cotte, oratorien, auteur d'un Traité de météorologie, édité à l'Imprimerie royale, en 1774, in-4°, et l'un des meilleurs observateurs du temps en cette partie de la physique. En outre, presque toutes les observations météorologiques, consignées dans les Affiches du Poitou, dont Gallot était collaborateur, lui appartiennent.
La botanique, l'insectologie, la minéralogie, enfin les diverses branches de l'histoire naturelle qu'offre la province qu'il habitait, dans son insatiable avidité d'apprendre, il les embrassa toutes. Un grand nombre de Mémoires sur ces différents sujets qu'il adressa à l'académie des Sciences de Paris et à quelques académies de province, notamment à celle de Rouen, en sont la preuve. Un de ses amis (Mercier du Rocher) étant allé le voir, en 1787, à Saint-Maurice-le-Girard, il lui montra quelques écrits de sa main, en disant qu'il était fatigué, souffrant et qu'il avait passé une partie de la nuit à répondre à des gens de lettres, qui lui avaient communiqué leurs écrits. Puis il lui lut une pièce de vers singulière, qu'il venait de recevoir du cousin Jacques (Beffroy de Reigny), auquel il avait répondu. Cet ami lui ayant témoigné sa surprise de le voir employer son temps à des lectures si frivoles, il lui dit : "Mon cher, les bons mots du cousin Jacques, sa gaîté, ses saillies, valent peut-être mieux pour la santé que les pilules que j'administre à mes malades et que je prends moi-même tous les jours". En effet, il se gorgeait alors de remèdes, dans l'espérance d'être plus tôt rétabli, afin de se livrer à ses travaux ordinaires et à sa passion dominante, qui était l'étude.
Il avait été membre de l'Assemblée provinciale du Poitou pour l'élection de Fontenay, en 1787 ; il fut nommé député du Tiers aux États généraux en 1789. Tout le monde connaît la révolution qui s'opéra alors en France. Gallot rédigea pendant quelques mois, sous forme de lettres à ses commettants, un journal de ce qui se passait à Versailles et à Paris. Il publia, sur la fin de septembre 1789, un Aperçu des travaux de l'Assemblée nationale sur la Constitution, in-8° de 16 pages ; mais au milieu de ses travaux politiques, il se préoccupait encore des devoirs de sa profession.
Il lut, le 31 août 1790, à la Société de médecine, un mémoire intitulé : Vues générales sur la restauration de l'art de guérir ; suivies d'un plan d'hospices ruraux pour le soulagement des campagnes, qui fut imprimé à Paris, chez Crouillebois, in-8°. Son ancien maître, Antoine Petit, publiait également, l'année suivante, chez le même libraire, un excellent Projet de réforme sur l'exercice de la médecine, en France, opuscule in-8° de 35 pages. Il ne faut pas omettre ici que, dans le mois de novembre 1789, la Société d'agriculture de la Seine lui donna, comme prix d'encouragement, deux superbes béliers de race espagnole, qu'il fit conduire à Saint-Maurice-le-Girard et qui servirent à croiser les troupeaux environnants. Ses relations avec le citoyen Cretté de Palluel, maître de poste à Dugny, près de Saint-Germain-en-Laye, l'un des membres les plus actifs de cette Société et dont Arthur Young parle avec éloge dans son Voyage agronomique en France, chez qui il avait d'abord placé ces animaux, prouvent son amour pour l'agriculture, car rien d'utile à l'humanité et pouvant la doter de nouvelles richesses ne lui était indifférent.
A la suite des premiers troubles, suscités en Bas-Poitou, dès la fin de 1789, par la malveillance, sous prétexte de la disette, quoiqu'il n'en eût point éclaté les années précédentes, où elle avait également sévi, Gallot publia une adresse à ses compatriotes, pleine de sentiments officieux et d'exhortations pacifiques (22 janvier 1790). Répandue dans les campagnes déjà endoctrinées, si elle ne resta pas absolument sans effet, elle n'eût du moins qu'une influence passagère, et le feu de l'insurrection continua à couver sous la cendre, après une apparence d'apaisement.
L'Assemblée nationale constituante forma, dans son sein, un comité de salubrité ; Gallot en fut nommé secrétaire, et, lorsque le Plan d'instruction publique, présenté au nom du Comité de constitution, par Talleyrand-Périgord, eut été distribué, il publia des observations principalement relatives à ce que contient cet ouvrage, sur l'enseignement et l'art de guérir. Il rend compte, dans cet écrit, imprimé chez Dupont de Nemours, des travaux du Comité de salubrité, qui sont constatés par les procès-verbaux de cent vingt-cinq séances, depuis le 6 octobre 1790 jusqu'au 15 septembre 1791, lesquels sont entièrement rédigés par lui et transcris de sa main.
Il était lié d'amitié avec Jacques Jallet, curé de Chérigné, près de Saint-Maixent, député du clergé de Poitou aux États généraux, élu évêque du département des Deux-Sèvres le 30 novembre 1790. Ce prêtre citoyen et philosophe fut frappé d'une apoplexie foudroyante, qui l'emporta subitement le 13 août 1791. Gallot exprima son attachement et ses regrets dans une touchante notice sur la vie et les écrits de son ami et collègue, qui fut d'abord publiée par la voie de la presse patriotique et ensuite tirée séparément in-8°.
Il retourna à Saint-Maurice-le-Girard au mois d'octobre suivant, après la clôture de l'Assemblée constituante, avec sa femme et ses trois enfants qu'il avait amenés à Paris, l'année précédente, par suite de la mort de son père. Les électeurs l'avaient nommé, dans son absence, administrateur du département de la Vendée ; après le 10 août 1792, il fut élu membre du Directoire de ce même département. Ayant succédé à son ex-collègue Dillon, l'ancien curé du Vieux-Pouzauges, il fut ensuite remplacé par Bouron, son autre collègue à la Constituante. Gallot remplit les fonctions d'administrateur, jusqu'au mois de pluviôse an II, que le représentant du peuple Ingrand, alors en mission dans l'Ouest, lui permit, sur sa demande, de s'en démettre pour reprendre celles de médecin.
Une épidémie meurtrière se répandait encore dans le pays ; les hôpitaux étaient remplis de malades et de blessés. Il se rendit, le 4 pluviôse (27 janvier 1794) à la Rochelle, auprès de sa famille qui s'y était réfugiée, et fut bientôt requis pour le service de son état ; mais il ne devait pas tarder à en être victime. Une fièvre nerveuse et typhoïde s'empara de lui, et il expira, rue de la Commune, le 16 prairial suivant (4 juin), à l'âge de cinquante ans non encore révolus. Vers le même temps, son confrère et ami de coeur Landais périssait aux Essarts, assassiné par les brigands de la Vendée.
Gallot avait eu, d'Élisabeth Gaudal, familièrement dite Betzie, son épouse depuis 1779, mais avec laquelle il ne pût, comme protestants l'un et l'autre, régulariser son union qu'en 1788, deux fils et une fille. La mort de son fils aîné, survenue à La Rochelle, avait porté un trait mortel dans son coeur ; le malheureux père ne put jamais se consoler de la perte d'un enfant précoce, qui, à l'âge de onze ans, savait déjà plus de choses que le commun des hommes n'en sait à vingt-cinq. Il n'avait aussi pu soutenir avec courage et fermeté les maux de la guerre civile qui accablaient son pays natal ; trop sensible, trop impressionnable, il eut bientôt usé sa vie.
ACTE DE MARIAGE AU DÉSERT - 31 AOÛT 1779
Le 6 septembre 1788, ont comparu Me Jean-Gabriel Gallot, docteur-médecin de la Faculté de Montpellier, fils majeur du sieur Noé-Mathurin Gallot et de feue dame Jeanne-Philippe Couppé de la Branjaulière, demeurant au bourg de Saint-Maurice-le-Girard, d'une part ; et demoiselle Élisabeth Gaudal, fille majeure de feu sieur Henri Goudal, négociant, et de dame Anne Garreau, d'autre part ; lesquels, en présence et assistés des sieurs Noé-Mathurin Gallot, bourgeois, père de l'époux, demeurant au bourg de Saint-Maurice-le-Girard, Noé-Pierre Gallot, sieur des Orrières, bourgeois, son frère, demeurant à Bourneau, de Pierre-Jacques Julliot, écuyer, sieur du Fougerai, beau-frère des époux à cause de dame Marie Gaudal, son épouse, demeurant à Saint-Sulpice, et de René Rousseau, fabricant, demeurant à la Pépinière, paroisse de Saint-Maurice-le-Girard, nous ont déclaré que, par acte passé devant Rousseau, notaire royal à Charente, en date du 1er septembre 1779, controllé et insinué audit lieu le 7 du même mois, ils ont arrêté leurs conventions de mariage et matrimoniales, de l'avis et consentement de leurs parents, ainsi qu'il est énoncé audit acte qui nous a été représenté ; que leur union conjugale a été formée au Désert, le même jour 31 août, ainsi qu'il nous a été justifié par l'acte qui en a été délivré le même jour ; que pour satisfaire à l'édit du mois de novembre dernier, ils nous ont déclaré s'être pris et se prendre en légitime et indissoluble mariage, qu'ils se sont promis et promettent fidélité.
Que de leur union sont issus Noé-Gabriel, né le 25 décembre 1780, baptisé le lendemain, au Désert ; Moïse-André, né le 30 novembre 1782, baptisé le lendemain, et Anne-Élisabeth-Bonne-Aventure, née le 14 juillet 1786, baptisée le même jour.
Sur quoi, après que les témoins ci-dessus établis nous ont eu certifié l'état, l'âge de majorité et domicile desdits sieur et dame Gallot, et qu'ils ne sont parents entre eux, nous avons donné acte aux parties de leurs comparution et déclaration, et leur avons déclaré, au nom de la loi, quelles sont unies en légitime et indissoluble mariage. Dont acte, les jour et an que dessus ; et ont les parties et témoins signé avec nous.
J.-G. GALLOT, D.-M. M., GAUDAL, GALLOT, JULLIOT, GALLOT, GALLOT DES ORRIÈRES, René ROUSSEAU, LOFFICIAL, P. DUPOUET.
(Registre des déclarations de naissance, mariage et décès des non catholiques, pendant l'année 1788, reçues au bailliage et siège royal de Vouvant, séant à la Châtaigneraie, par le lieutenant général du siège, en exécution de l'édit du mois de novembre 1787, déposé au greffe du tribunal de Fontenay-Vendée)
Pendant son séjour en cette ville, Gallot entretint, avec la Société populaire de Fontenay, une correspondance suivie dont il nous reste une intéressante lettre, relative au passage à la Rochelle du jeune commissaire du Comité de salut public, Marc-Antoine Jullien, dit depuis Jullien de Paris. Il lui remit alors des Observations sur la guerre de la Vendée, principalement sur les évènements arrivés dans les districts de Fontenay-le-Peuple et de la Châtaigneraie, depuis le commencement de mars 1793 jusqu'à la fin de pluviôse an II de la République. Elles furent rédigées pour servir de supplément à celles des citoyens Perreau et Barbedette, remises aussi par eux, le 9 ventôse, au même Jullien.
LES ENFANTS DE JEAN-GABRIEL GALLOT :
Noé-Gabriel est mort à la Rochelle, avant d'avoir atteint sa douzième année. La famille a conservé une tradition de l'Évangile selon saint Jean, faite sur le grec par cet enfant, et des sermons qu'il avait composés vers l'âge de neuf à dix ans. A sept ou huit ans, il savait le nom de toutes les plantes du jardin botanique de Paris, avec leur classification. M. de Jussieu, ami de son père, étonné et charmé de sa précocité pour la botanique, l'emmenait souvent à ses herborisations.
Moïse-André Gallot, député de la Charente-Inférieure avant et depuis 1830, épousa Jeanne-Marie-Sophie Denfer du Clouzy. Ils eurent un fils, Noé-Pierre-André, mort à l'âge de sept ans, et deux filles : Élisabeth-Sophie, mariée à Paul-Émile Garreau, médecin principal de 1ère classe, et Élisabeth-Sophie-Marie, veuve de Jean-Marie Sanyou de Roussel.
Élisabeth Gallot, épousa Marcelin Garreau ; ils eurent deux filles : Élisabeth ou Betzy, veuve de Jules Filleau, et Sophie.
Société d'Émulation de la Vendée - 1878 - AD85
ADRESSE DE M. GALLOT, Médecin, Député du Poitou à l'Assemblée Nationale, aux Habitans de la Campagne de son Canton.
MES CHERS COMPATRIOTES,
C'est avec la plus vive douleur que j'ai été informé des mouvemens d'insurrection auxquels se sont portés quelques-uns de vous. Sous le prétexte de diminuer le prix du blé, on a fait des visites dans les greniers ; on a enlevé les grains ; on les a soumis à une taxe arbitraire ... On vous a égarés, mes chers Compatriotes ; ce n'est pas ainsi qu'il faut se conduire. On a voulu soulever une partie des Citoyens contre l'autre, comme s'il y avoit maintenant d'autres distinctions que celles des vertus et des talens, et d'autres titres que celui de Citoyen, celui de FRANÇAIS ; mais, pour être digne de porter ce titre glorieux, il faut se soumettre à la Loi consentie par les Représentans de la Nation, sanctionnée par le Monarque, et mise en exécution par tous ceux qui sont revêtus de fonctions publiques.
D'après cela, mes chers Compatriotes, réfléchissez sur ce qui s'est passé dans différentes Paroisses ; ceux qui se sont attroupés, qui ont forcé les Syndics et les Membres des Municipalités à faire la visite dans les greniers, qui ont sonné le tocsin, qui ont fait des menaces, des violences, qui ont enlevé les grains ; tous ceux qui se sont portés à ces excès, ont-ils agi selon les Loix, et ne se sont-ils pas au contraire exposés aux peines qu'elles prononcent contre les perturbateurs de l'ordre public ? Considérez encore chez quelles personnes ont été commis ces attentats à la tranquillité et à la sûreté générales et particulières. N'est-ce pas chez celles qui ont constamment offert des secours aux malheureux, qui ont refusé de vendre leurs grains à la récolte pour les conserver sur les lieux pendant l'hiver, pour en faire les avances aux moins aisés, et même pour les leur donner ? ...
Vous le savez, Habitans peu fortunés du sol qui m'a vu naître ; vous le savez ... Les gens plus riches que vous ne vous ont-ils pas toujours procuré les soulagemens les plus efficaces dans vos besoins, dans vos maladies ? ... Oserois-je vous rappeler les années calamiteuses de 1784, 1785, 1786, 1787, et même l'hiver dernier, où vous avez éprouvé les effets de la bienfaisance et de la charité de ceux mêmes qui ont été depuis peu molestés ? Oserois-je vous parler de ces épidémies cruelles, où, de concert avec les autres gens de l'art du Canton, j'ai eu le bonheur de vous donner des soins qui n'ont pas toujours été infructueux ? Ah ! si le peu que j'ai pu faire pour vous étoit de quelque prix à vos yeux, souffrez, mes bons Amis, que je vous le rappelle pour vous conjurer, au nom de la Patrie, au nom de la Loi, au nom du Roi même qui a bien voulu me confier, dans ces calamités publiques, la mission honorable de vous fournir des secours consolans et dignes de son coeur paternel ; souffrez donc qu'à ces titres, mes chers Compatriotes, je vous conjure de rentrer dans l'ordre et dans le calme dont vous avez donné l'exemple jusqu'ici ; je vous conjure de ne pas porter l'amertume et l'inquiétude dans l'âme de vos Représentants, ... (et si la vérité a pu parvenir jusqu'à vous, vous devez savoir à quelles peines, à quels dangers ils ont été exposés !) Ils ne s'occupent, vos Représentans, que d'assurer pour vous les avantages d'une bonne et sage Constitution, en vous rendant les droits de Citoyens, dans quelque classe de la Société que vous soyez placés.
Vous allez vous donner vous-mêmes, par un choix libre, des Officiers Municipaux, des Administrateurs de Districts et de Départemens, de nouveaux Députés pour la prochaine Législature : enfin les Juges mêmes de vos Tribunaux seront choisis par vous ... Mais, chers Compatriotes, autant vous devez vous enorgueillir des droits sacrés et imprescriptibles que vous avez recouvrés, autant vous devez être soumis aux Loix et aux Décrets de l'Assemblée Nationale, de qui vous tenez ces biens inestimables, ce que vous prouverez par votre obéissance aux ordres du Monarque bienfaisant, qui a voulu se dire LE RESTAURATEUR DE LA LIBERTÉ FRANÇAISE, et pour cela il ne faut rien faire contre le bon ordre ; il faut acquitter les impôts avec exactitude, et ce n'est qu'à ce prix que la classe la moins fortunée peut espérer des secours publics et particuliers.
Signé, J. G. GALLOT, D.M.M.
Paris, 22 janvier 1790
De l'Imprimerie Nationale
Jean Gabriel Gallot









