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La Maraîchine Normande
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16 février 2015

MARIN-PIERRE GAULLIER DIT GRAND-PIERRE, COLONEL, CHEF DE DIVISION

 

LYS

 

 

Fils de maître Jacques Gaullier, notaire, et de demoiselle Magdeleine-Louise Le Tessier, Marin-Pierre Gaullier est né le 6 mars 1766 à Morannes (49).

 

Acte naissance Marin-Pierre Gaullier

 

Marin-Pierre Gaullier, dit Grand-Pierre, dut son surnom à sa taille, qui était de près de six pieds. Il était né en 1766 à Morannes, où son père était notaire. 

 

On ne sait rien sur sa jeunesse. Après avoir fait ses études dans une ville voisine, Angers ou la Flèche sans doute, il était revenu à Morannes travailler dans l'étude de son père. Il avait vingt-cinq ans lorsqu'on forma, au mois d'août 1791, le premier bataillon des volontaires de Maine-et-Loire, parmi lesquels il se fit inscrire. Sa haute taille le fit placer parmi les grenadiers. Il avait près de six pieds, ce qui lui fit donner par les chouans le nom de Grand-Pierre. Il suivit le bataillon à Nantes et à Guérande, d'où il partit le 1er mai 1792 pour se rendre sur les frontières, à l'armée de La Fayette. Les grenadiers séparés du bataillon faisaient partie de l'avant-garde de l'armée qui soutint un violent combat, près de Longwy, le 27 juillet. Puis les grenadiers rejoignirent leurs camarades à Verdun, où leur chef, le lieutenant-colonel Beaurepaire, avait été nommé commandant de la place. La ville investie le 30 août par les Prussiens dut capituler le 2 septembre, malgré Beaurepaire qui se suicida pour ne pas rendre la place aux ennemis.


Le bataillon, rentré à Sainte-Ménéhould, fit alors partie de l'armée de Dumouriez, prit part, le 20 septembre, à la bataille de Valmy, le 6 novembre, à celle de Jemmapes et le 29 de ce mois, était cantonné à Liège. Les grenadiers séparés une seconde fois de leurs camarades étaient alors à Rurdorff-sur-la-Roër. 


Dumouriez

Une lettre publiée par Grille (Histoire du premier bataillon des volontaires de Maine-et-Loire - 4 vol. in-8), qui l'attribue à un de ces grenadiers, Michel Cointe, écrivant à ses frères d'Angers, est datée de Rurdorff le 10 janvier 1793. Elle mentionne Gaullier, qui "se révolte quand on conclut devant lui à la culpabilité certaine et la condamnation plus que probable du roi". Puis survinrent les revers, l'évacuation de la Belgique, la bataille de Nerwinde, la fuite de Dumouriez, etc.


Plusieurs auteurs, en parlant de Gaullier, prétendent qu'il quitta son bataillon au mois de décembre en apprenant l'arrestation de son père et qu'en arrivant à Angers il fut informé que celui-ci était mort par suite de fatigues et de privations, peut-être même empoisonné. Mais cela est plus que douteux.


Si la lettre publiée par Grille est authentique, Gaullier était encore à son bataillon le 10 janvier 1793 et même à la fin du mois, puisque son nom n'est pas inscrit sur la liste des volontaires qui ont quitté le corps du 2 septembre 1792 au 1er février 1793, donnée par le même auteur. C'est, pensons-nous, après la mort du roi et peut-être plus tard, que Gaullier quitta ses camarades pour rentrer à Angers. Ce n'était point une véritable désertion, du moins elle était légale, les engagements ayant été souscrits seulement pour une année ou pour la durée d'une campagne.


En somme on ne sait pas au juste à quelle date Gaullier quitta l'armée. Au mois de mars 1793, il y eut des émeutes à Chateauneuf et à Durtal, à l'occasion du tirage au sort pour la levée des 300.000 hommes. Elles furent étouffées rapidement, mais furent suivies de nombreuses arrestations. C'est alors sans doute que Gaullier père fut arrêté, amené dans les prisons d'Angers où il mourut. Ce serait donc seulement à la fin de ce mois, ou au commencement d'avril, que Gaullier fils serait arrivé à Angers.


On ignore ce qu'il devint ensuite, mais il est probable qu'il alla rejoindre les Vendéens, ou se joignit à eux, au mois de juin, lorsqu'ils occupèrent Angers. Après le désastre de Savenay, il vint avec Sarrazin, Bruneau de la Mérousière (peut-être un ami d'enfance, les communes de Brissarthe et de Morannes étant voisines), d'Anthenaise, de Terves et autres, se cacher autour de Segré et prit part aux premiers combats livrés par les chouans d'Anjou aux républicains.
Quand Sarrazin envoya Bruneau de la Mérousière pour soulever les royalistes des environs de Chateauneuf, il le suivit et devint son lieutenant.

 

CHOUANS DU MAINE


A la mort de celui-ci (janvier 1795), il se réunit à Coquereau qui le souffrit près de lui. Du reste la paix de la Mabilaie avait fait suspendre les hostilités. A la reprise d'armes (juin 1795), après la mort de Coquereau, il le remplace et devient le véritable chef des chouans de la Mayenne à la Sarthe, de Chateauneuf à Meslay. Esprit sage et pondéré, il n'a point les emballements et les colères de Coquereau. A la fois courageux et prudent, il ne s'expose point inutilement. Manager de la vie de ses hommes, il ne tarde pas à acquérir sur eux une véritable autorité, basée sur l'estime et le respect. Ils le suivront avec constance en 1799 et en 1815, sachant qu'il leur est tout dévoué et fait ce qu'il peut pour leur venir en aide pendant les périodes de paix. Aussi les a-t-il, comme on dit vulgairement, dans la main, et a su obtenir d'eux une discipline bien rare chez les soldats volontaires et une obéissance qui ne leur coûtait rien parce qu'ils connaissaient son coeur et savaient qu'ils pouvaient compter sur lui. (Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne - 1910)

 


Les combats les plus remarquables livrés dans le canton où il commandait furent ceux de Buret et de Saint-Charles ; puis celui de Marigné où se fit remarquer Louis Coquereau qui combattait alors avec les Chouans pour la première fois ; un autre combat à Argenton, près de la ferme de Crie, où Lézay (Sabre-tout) fut mortellement blessé ; les affaires de Gennes et de Bouère ; celles de l'Éraudière et de Miré, où Frédéric Lemercier fut tué, et enfin les quatre combats qui se livrèrent le même jour dans les environs de Brulon et de Cossé-en-Champagne : le premier à la ferme d'Épaule-fort ; deux autres dans la paroisse de Varannes contre les garnisons de Sablé et de Ballée, et le dernier sur les landes de Poisbel. La division Taillefer prit part à ces quatre combats, qui tous furent à l'avantage des Chouans. (Extrait : Lettres sur l'origine de la Chouannerie et sur les Chouans - Jacques Duchemin Descepeaux - 1827)

Grâce à sa fortune personnelle qu'il y employait, la bande fut bientôt la mieux approvisionnée et par suite la plus nombreuse des cantons d'entre Sarthe et Maine. Il procédait d'ailleurs, au contraire de son prédécesseur, avec une froide raison mêlée d'une certaine douceur et d'une modération relative. Il répondit au nouvel appel de Bourmont et se signala à la prise du Mans (15 octobre 1799) et reparut en armes aux Cent-Jours. (Dictionnaire de Maine et Loire - Célestin Port - AD49)

La proclamation du vicomte de Scépeaux, général en chef, invitant au désarmement, datée du 15 mai 1796, fut adressée avec une lettre aux diverses divisions qui étaient sous ses ordres. Deux jours après sa réception, le comte de Bourmont, major-général, le chevalier de Tercier et Gaullier, chefs de division, Maclet, major de la division de M. de Valois, et quelques autres chefs, se réunirent au château de Martigné, en la commune de Saint-Denis d'Anjou. Devant l'impossibilité de continuer la lutte, ils se décidèrent à poser les armes. M. de Tercier avoue que ses hommes ne se rendirent qu'à regret, mais il ne fut point exposé à un mauvais parti. Il fut même chargé de venir à Laval traiter avec les autorités et il se loue des administrateurs, et de la population qui lui fut très sympathique. (Extrait : Mémoires épistolaires sur la révolution à Laval par l'Abbé A. Angot - 1896)

Marin-Pierre se marie à Bouère (53), le 3 thermidor an V (21 juillet 1797) à dame Renée Le Tessier, née et baptisée à Morannes, le 20 août 1768, fille de Michel-Pierre-Jean Le Tessier, marchand, et de Renée Branchu [Les parents de Renée Le Tessier se sont mariés le 26 juillet 1768]

 

acte naissance Renée Le Tessier - Gaullier

 

Le 7 novembre 1814, il est nommé Chevalier dans l'Ordre de Saint-Louis et percepteur à Château-Gontier, anobli par la Restauration. (Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne - 1910)

 

 

Château de Chasnay

 

LE COMBAT DE CHASNAY, à Grèz-en-Bouère, le 25 mai 1832.


"Le principal incident de l'insurrection légitime de 1832 dans la Mayenne, eut lieu au château de Chasnay. Le contre-ordre signé à Nantes par le Maréchal de Bourmont le 22 mai, et parvenu à Gaullier, qui se trouvait au château de la Barre en Bierné, le 23 au soir, avait mis le désarroi dans les troupes déjà réunies. Gaullier se rendit le 25 à midi à Chasnay où le général Clouet l'attendait. A la fin du dîner, pendant que le général accompagnait sur le piano quelques couplets de sa composition en l'honneur du Roi, un détachement de 40 hommes du 31e de ligne, venant de Châteaugontier, est signalé par les sentinelles. Le sergent-major Haro est tué au moment où il franchit la barrière, Louis Buquet, du Buret et Marin, dit Tanquerel, d'Auvers-le-Hamon, tombèrent à leur tour parmi les royalistes ; ceux-ci avec leurs chefs, Clouet, Gaullier, Bernouilli, Leroy, chargent à la baïonnette et la troupe se retire sur le chemin de Gennes. Elle revient bientôt, appuyée de 25 grenadiers accourus à Grez-en-Bouèrre, et les quelques paysans qui étaient restés aux côtés de Gaullier et de Clouet battirent en retraite, tiraillant derrière les haies jusqu'à ce qu'arrivés à Saint-Charles, le général les licenciat en remettant à chacun un morceau de ruban de la légion d'honeur qu'il portait. - Le soir une compagnie du 31e, sous les ordres du chef de bataillon Boyer vint cerner le château de Chasnay. La famille Jarret de la Mairie était réunie à la chapelle. On perquisitionna dans toute la maison à la lueur d'un cierge, sans rien trouver de compromettant. L'officier donna avec autorité et le pistolet à la main l'ordre de départ et les soldats obéirent malgré le désir qu'ils avaient de se venger par le pillage la mort de leur camarade". (Abbé Angot, Dictionnaire de la Mayenne, t. I, p. 570)

Sur son avis, M. de la Mairie, le lendemain, quitta Chasnay avec sa femme, sa mère, ses jeunes enfants, et se réfugia à Château-Gontier dans la maison de la rue Dorée venue des de Boisjourdan ... Quelques jours après, il y fut arrêté un soir, vers huit heures, et conduit à la Flèche, où il fut gardé prisonnier sur parole pendant quatre jours. Sa femme l'avait accompagné ou était venue l'y rejoindre. Il fut confronté au tribunal avec une partie des royalistes du combat de Chasnay, eux aussi arrêtés et conduits à la Flèche, et relâchés parce qu'ils ne le reconnurent pas pour celui qui les avait commandés, et qui était le général Clouet. (Détail donnés de vive voix à M. d'Achon par Mlle Fanny de la Mairie.)


Extrait : Généalogie de la famille Jarret - par le Chevalier C. d'Achon - 1907

 

Gaullier états de services

 

chapelle Gaulier 3

Marin-Pierre Gaullier est décédé à Bouère, le 9 avril 1817, à l'âge de 51 ans.

acte de décès de Marin-Pierre Gaullier

   

Son épouse, Renée, est décédée à Bouère, le 8 janvier 1859, à l'âge de 89 ans.

 

acte de décès de Renée Le Tessier veuve Gaullier

GAULLIER MARIN-PIERRE

 

 Photos Chapelle : http://www.landrucimetieres.fr/spip/spip.php?article3622

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