MOUTIERS-LES-MAUXFAITS (85) - LA CANTAUDIÈRE - INCENDIE EN 1803
29 août 1803 : Curieuse lettre du Maire des Moutiers au sujet d'un violent incendie dans les gîtes de la Cantaudière.
A la date du 29 août 1803 (11 fructidor an XI), je pique dans nos archives municipales cette curieuse lettre - dont je respecte scrupuleusement la rédaction et l'orthographe - adressée au Sous-Préfet des Sables par le citoyen Robin, maire des Moutiers :
"Nous avons la douleur, Citoyen Sous-Préfet, de vous annoncer l'incendie qui à eu lieu dans notre commune hier. Elle a commencé vers les neuf heures et demi du matin et n'a été arrêtée que sur les six heures du soir.
Le feu à pris à une gîte proche le château de la Cantaudière, par suite du feu qui s'est mis à une charbonnière placée dans un Pré proche la dite gîte ; cette charbonnière ayant été abandonnée pendant qu'elle était embrasée, par les deux ouvriers charbonniers Salerneau et Cousseau, qui avaient laissé à l'entour de la dite charbonnière des morceaux de bois dont le feu n'était pas encore éteint, ces morceaux de bois à demi brûlés communiquèrent le feu aux feuilles et aux herbes qui les environnaient, de là il se communiqua aux Buissons voisins, de sorte que L'incendie devient générale, et en moins de six heures elle a brûlé et entièrement ravagé 3/4 de lieue de terrain sur 1/4 de lieue de large. Les vents, qui étaient au nord-D'est, ont empêché L'incendie de se porter sur les Moutiers. Le feu a consumé trois gîtes ou bois taillis, plusieurs pâtis d'ajoncs, de genets, de landes et presque générallement tous les Buissons, arbres fruitiers, tétards et Baliveaux, et notamment une barge de genets de 1.800 fagots. Ce malheureux accident met deux métairies, fort conséquentes, entièrement au dépourvu.
Nous ne fûmes avertis du feu que sur les dix heures du matin. Le maire, en costume, se transporta à la porte du temple de cette commune (on célébrait la messe dans ce moment-là) où il invita le peuple à se rendre à L'incendie, on convint de faire des contre-feux de distance en distance pour arrêté le progrès de L'incendie ; et par le moyen des Balais faits avec des Branches vertes bien feuillées on parvint à éteindre entièrement le feu. Cette incendie était d'autant alarmante qu'elle s'était propagée dans une partie des mieux boisées de tout le pays.
On a, par le zèle et l'activité des habitans de cette commune, préservé deux métairies des flammes.
Nous devons vous assurer, Citoyen Sous-Préfet, que la conduite des fonctionnaires, de la gendarmerie à pié et des habitans de cette commune est digne des plus grands éloges. Tous ont rivalisé de zèle et d'activité pour arrêter le progrès de cette fatale incendie.
ROBIN, maire."
Henri Bourgeois
Bulletin paroissial Moutiers-les-Mauxfaits - 1930
