MOUTIERS-LES-MAUXFAITS (85) - LOUIS-JACQUES ROBIN, OFFICIER DE SANTÉ, MAIRE
ROBIN LOUIS-JACQUES, officier de santé
Son acte de baptême délivré en la paroisse Saint-Pierre de Nesmy porte : "Louis, Jacques, né de devant hier du légitime mariage de maître Michel Robin et de demoiselle Denogent [Nogeant]. Son père était chirurgien et demeurait à la Guitardière de Nesmy". [12 novembre 1763]
Le 16 septembre 1787, il "comparaît devant le ci-devant collège et communauté des chirurgiens de Fontenay-le-Comte aspirant à la maîtrise pour résider dans le bourg des Moutiers". Il subit les examens et "la compagnie l'a trouvé capable et lui délivra la lettre pour résider au dit lieu de Moutiers-les-Mauxfaits".
Qui était-il encore ?
C'est lui-même qui répond dans une lettre au Préfet le 8 floréal an 12 (28 avril 1804) :
"En réponse à l'honneur de votre lettre du 29 germinal dernier qui ne m'est parvenue que hier, je ne trouve pas dans le cas de fournir aucune notice sur ce que vous demande le ministre de l'intérieur. J'avais étudié d'abord la chirurgie sous feu mon père ; j'ai fait mes cours complets auci devant collège de chirurgie de Paris et j'ai été élève de l'école pratique. Je fus reçu à la maîtrise le 6 septembre 1787 par le ci-devant collège de chirurgie, depuis cette époque j'ai toujours résidé aux Moutiers excepté de puis le 10 mars 1793 jusqu'au mois de floréal an 4 pendant ce temps j'ai été employé à l'armée en qualité d'abord de lieutenant commandant de la garde nationale des Moutiers de capitaine de cavalerie franche, de commandant du poste de Saint-Cyr et de capitaine au 11e Régiment d'hussards j'ai donné ma démission de mon grade d'officier en vertu de l'arrêté du directoire exécutif du 30 ventôse an 4, mon congé est 17 germinal an 4 signé du ministre de la guerre. J'ai commandé une division du régiment depuis le mois de nivôse an 3 jusqu'au mois de ventôse an 4 inclusivement. Pendant le temps que j'ai été à l'armée mon unique travail a été de pratiquer l'art de guérir par les opérations chirurgicales et la médecine clinique ; ça na pas été de ma faute si je n'ai pas été employé dans les hôpitaux militaires et je vous transmets ci-inclus la copie d'une lettre ainsy conçue qui le prouve :
"Hopitaux Militaires. Paris le 12 octobre 1793, an 2 de la République une et indivisible. L'adjoint au ministre de la guerre au citoyen J.-L. Robin chirurgien et commandant au poste de Saint-Cyr route de Luçon aux Sables-d'Olonne.
"Le ministre a reçu citoyen les attestations prescrites par l'article 2 du décret du 1er août 1793, qui met à la Réquisition tous les officiers de santé, pharmaciens, chirurgiens et médecins depuis l'âge de 18 ans jusqu'à celui de 40 ; je les fais passer au service de santé pour y être enregistrés et pour vous faire employer lorsque le Bien du service le requerra.
Je vous prie d'excuser ce long exposé. J'ai l'honneur de vous saluer très respectueusement. ROBIN."
Il fut agent municipal des Moutiers, peut-être l'était-il avant le 12 germinal an 6 (1er avril 1798) où ce jour-là on trouve trace de son élection à ce poste. C'est à ce titre qu'il signera le procès-verbal mettant fin à l'administration municipale du canton des Moutiers le 21 floréal an 8 (11 mai 1800). Le mois suivant il écrit au sous-préfet comme maire provisoire. C'est également comme maire provisoire qu'il présidera à l'installation de Jean-Marie Nousset, maire, son successeur le 11 messidor (22 juin 1800). On le retrouvera maire des Moutiers le 6 février 1802 et pendant plus de 10 ans, il est encore maire en 1812.
Il est décédé aux Moutiers le 24 mai 1822 à l'âge de 59 ans ; inhumé aux Moutiers, son fils achètera une concession trentenaire dans le cimetière pour ses père et mère en juillet 1847.
Jean Signol
Annuaire de la Société d'émulation de la Vendée - 1973
Voir également : http://shenandoahdavis.canalblog.com/archives/2015/01/22/31359842.html



