MARSAIS-SAINTE-RADEGONDE (85) - 1851 - VISITE DE JACQUES II MARIE-JOSEPH BAILLÈS
1851
Diocèse de Luçon
On lit dans les journaux de l'ouest :
"Marsais-Sainte-Radegonde jouissait des exercices d'une mission, lorsque, le 23 décembre, [Jacques II Marie-Joseph Baillès], le Pontife vénéré de ce diocèse, dont le zèle est infatigable, devait y arriver, pour administrer le lendemain le sacrement de confirmation.
Le mauvais état du chemin que Sa Grandeur avait à parcourir présentant des difficultés insurmontables à la voiture épiscopale, les bons habitants de Marsais-Sainte-Radegonde ont eu l'ingénieuse pensée d'y substituer une charrette, ornée et embellie de leurs mains.
Cette charrette, d'une dimension extraordinaire, est aussitôt transformée en char de triomphe, dont les cerceaux nombreux, également recouverts de fine et blanche toile de lin, forme une voûte de seize pieds de longueur sur sept d'élévation, sous laquelle s'étend un beau tapis, et sont disposés un fauteuil et plusieurs autres sièges. C'est une maison ambulante, selon l'expression du vénérable Prélat. Une bordure de rameaux verts, d'un mètre de largeur, est la base de l'éclatante tenture. Le devant est orné de rouges draperies que surmontent des pyramides de fleurs artificielles avec festons de verdure ; et quarante-huit boeufs portant chacun à la tête une branche de laurier, retenue par des rubans aux vives couleurs, traînent le char triomphal, à la voix de vingt-quatre jeunes gens, en habits de fête, et tenant à la main de longs aiguillons, symétriquement décorés en spirales vertes et roses, blanches et bleues, et surmontés de banderoles flottantes. Ils sont accompagnés de deux cents personnes de Sainte-Radegonde et de Marsais, tous, dans l'enthousiasme de la joie, se rendant à l'Hermenault où doit se trouver l'auguste voyageur.
C'est là, en effet, que Monseigneur prend place dans cette voiture d'un nouveau genre, au milieu des flots de la population accourue de toutes parts, pour être témoin de ce commencement de fête, dont le bruit s'était répandu d'avance dans le voisinage. Avant le départ, Sa Grandeur distribue avec bonté des médailles de la Vierge aux vingt-quatre conducteurs, fiers et heureux, comme les deux cents autres du cortège, d'emmener l'envoyé du Très-Haut, qui vient en son nom les visiter et les bénir, ainsi que leur chère paroisse tout entière.
Tous les habitants, réunis entre les deux bourgs de Marsais et de Sainte-Radegonde, autour du superbe feu de joie qui allait être allumé, attendaient avec impatience l'arrivée du Prélat. A son apparition, les cris de : Vive Monseigneur ! répétés par tous à l'envi, se sont élevés comme un concert vers un ciel sans nuage et brillant alors des feux de ses innombrables étoiles. M. le maire, [Etienne Robert du Botneau] magistrat distingué, animé du zèle le plus louable, et qui, secondé admirablement par son respectable adjoint, avait mis un grand empressement pour les préparatifs de la fête, a présenté à Monseigneur la torche dont l'étincelle a bientôt embrasé le bûcher pyramidal, aux applaudissements de cette heureuse population.
Le mercredi 24, cinq cents personnes sur une population de neuf cent vingt-cinq âmes se sont présentées avec un pieux recueillement à la Table Sainte, et un grand nombre d'hommes et de vieillards aux cheveux blancs ont reçu le sacrement qui donne le Saint-Esprit et la force de confesser la foi."
Extrait :
L'Ami de la Religion - Jeudi 29 janvier 1852 - n° 5325
