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La Maraîchine Normande
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17 mai 2014

ROCHEFORT (17) - RAPPORT DU CITOYEN PIERRE PUIBAREAU - 30 MAI, L'AN 2

RAPPORT FAIT AUX REPRESENTANS DU PEUPLE PRES L'ARMEE DES COTES DE LA ROCHELLE PAR LE CITOYEN PIERRE PUIBAREAU, DOMICILIE A ROCHEFORT, CANONNIER FAISANT PARTIE DU CONTINGENT FOURNI PAR LE DISTRICT DE CETTE VILLE

30 mai, l'an 2.
J'étais détenu au département le 26. Messieurs Marigny et Beaudry vinrent me trouver dans la cour, le premier me demanda d'où j'étais, je lui dis que j'étais de Rochefort. Vous devez par conséquent me connaître me répliqua-t-il, j'étais officier de marine, je pleure lorsque je vois des boutons à l'encre, à Rochefort j'étais très doux, je ne suis pas devenu plus méchant, vous faites guillotiner nos gens, nous n'en userons pas de même envers vous.
Le second me dit que je devais connaître son frère, qu'il se nommait Baudri et commandait une force armée auprès des Sables. Il ajouta qu'il voudrait bien le rencontrer et qu'il serait content de se mesurer avec lui, que leurs sentiments étaient bien différents et que les siens étaient plus nobles que ceux de son frère.
Le 27, un monsieur qui se nomme Auger ou Bauger, qui d'abord a été dans notre armée qui m'a dit qu'à touhars il avait tiré sur les brigands quatre vingts coups de canons, qui depuis a passé avec eux et a dit n'en être pas fâché, vint à moi et me demanda pour qui je me battais, en disant que c'était contre ma religion. Je lui répondis que je ne voyais rien de changé dans la religion, il répliqua que je portais les armes contre mon roi. Je répondis qu'il n'y en avait plus, il me dit qu'il y avait Louis Dix sept. Je répondis qu'il n'était pas encore sur le trône. Eh bien en attendant qu'il y soit ajouta-t-il, entrez au cachot.
Le 28 je fus conduit à la Châtaigneraie avec environ mille autres prisonniers. Là j'écrivis aux généraux de l'armée catholique pour leur demander d'être mis en liberté, en observant qu'on avait laissé aller des hommes qui ne pouvaient pas être plus favorablement traités que moi, puisque je n'étais pas plus coupable qu'eux. Le lendemain, M. Bérard vient me faire sortir de l'église qui servait de prison, il m'emmena dans l'endroit où il était logé où se trouva le chevallier Fleuriot et ils me donnèrent un passeport, tel que je le dépose.
A Fontenai, le 26, étant détenu au Département, je demandai si l'on n'avait pas fait prisonier un député commissaire de la Convention Nationale. Un de ceux à qui j'adressai me répondit qu'il croyait qu'il y en avait un, que son existence ne serait pas longue et qu'il voudrait bien tenir de même toute la Convention Nationale.
A Niort ce 30 mai l'an deuxième de la république française.
Et à signé
PUIBARAUD.

La Vendée Historique
1904

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