MONTOURNAIS (85) - JEAN-LOUIS MAZIERE
JEAN-LOUIS MAZIERE
Jean-Louis Mazière, fils de Jacques Mazière, perruquier et de Jeanne Simonnet, est né le 2 août 1755 à Luçon, paroisse Saint-Mathurin.
Bachelier de Sorbonne, il fut vicaire de Mouchamps de 1778 à 1779, puis vicaire de Coëx de 1779 à 1782.
Il devint curé constitutionnellement de Montournais et l'un des quinze électeurs du canton de Pouzauges en 1790.
[A la fin de l'année 1792, on trouve dans le registre paroissial de Montournais, les informations suivantes :
"Clos et arrêté le présent registre courant, conformément à l'article premier du titre six de la loi du 20 septembre dernier qui détermine le mode de constater l'état civil des citoyens, par moi, soussigné maire de la commune de Montournois, le deux décembre mil sept cent quatre vingt douze, an premier de la République française ; et délivré de suite ès main du citoyen Jean-Louis Mazierre, curé, membre du conseil général, élu au scrutin du dit conseil général, officier public, aux termes du titre premier de la ditte loi.
MORIN, Maire."]
Le 28 ventôse an II, Jean-Louis Mazière, agent municipal de Montournais, est à Fontenay, où il dénonce que l'argenterie de l'église de Montournais, cachée dans deux trous d'échafaud, a été dérobée par trois officiers républicains. Il entre, plus tard, comme employé dans les bureaux de l'administration centrale.
[Un extrait du livre "Guerre de la Vendée et des Chouans" par Lequinio, nous donne quelques détails :
"Les citoyens Jean-Louis Mazière et Damas Morton, commissaires municipaux de la commune de Montournois, déclarent que le 8 pluviôse dernier, pendant que la municipalité revêtue de son écharpe et la garde nationale de ladite commune, avec quantité de citoyennes patriotes, attendoient sur la place de leur bourg l'armée révolutionnaire, pour leur donner le salut fraternel, trois officiers seulement à cheval vinrent à leur dit bourg, firent beaucoup d'honnêteté auxdits citoyens, leur annoncèrent l'arrivée de leur général par le chemin de Saint-Mesmin, où étoit ladite armée révolutionnaire, dirent qu'on feroit bien de monter à cheval au nombre de quatre pour aller au-devant de lui, et assurèrent qu'il ne feroit aucun mal à la bonne commune de Montournois.
De suite descendus de cheval, les trois officiers demandèrent le ci-devant sacristain, le menèrent dans l'église où ils le renfermèrent et le forcèrent de leur dire où étoit l'argenterie de l'église, qu'ils savoient qui y avoit été cachée pour la soustraire aux brigands. Leurs menaces eurent leur effet, et ils firent venir une échelle pour la tirer (cette argenterie) de deux trous d'échafaud, où elle avoit été mise il y avoit près d'un an. Ils firent monter un citoyen qui avoit été forcé d'apporter l'échelle, et ils emportèrent tout ce qui se trouva dans lesdits trous, malgré que les officiers-municipaux leur observèrent que, sur une lettre nouvellement reçue du district, ils alloient ce jour même ou le lendemain envoyer cette argenterie au district de la Châtaigneraye ; à quoi ils répondirent que c'étoit la même chose. La municipalité n'osa s'opposer à ce vol, parce qu'elle craignoit l'armée révolutionnaire que ces trois officiers avoient annoncée, et qu'elle avoit sujet de la redouter, sur ce qu'elle avoit entendu dire d'elle. Les trois dits officiers partirent avec l'argenterie ; les cavaliers qu'on avoit envoyés retournèrent, et l'armée révolutionnaire ne passa pas par ladite commune. A Fontenay-le-Peuple, ce 28 ventôse, an deuxième de la République Française une et indivisible, et ont signé.
Ainsi signé MAZIERE, commissaire municipal de Montournois ; MORTON, commissaire municipal de la commune de Montournois."]
En l'an IX, l'ex-curé de Montournais est chef de bureau, chargé de tout ce qui concerne les émigrés, et les pensionnés ecclésiastiques. Il suit la préfecture de la Vendée lorsqu'elle est transférée à la Roche-sur-Yon, fait sa rétractation comme ancien prêtre constitutionnel, est réhabilité par l'évêque de la Rochelle, dessert la paroisse de Napoléon-Vendée conjointement avec M. le curé Chappot, succède à ce dernier en 1820, et devient lui-même curé de Bourbon-Vendée. Il y meurt le 22 janvier 1826.
(Abbé Pontdevie)
Société d'émulation de la Vendée
1884




