UN MIRACLE DU ROI MARTYR LOUIS XVI
UN MIRACLE DU ROI MARTYR LOUIS XVI
M. Chantrel, dans le numéro de novembre 1882 (Annales Catholiques), a publié un précieux document qui lui a été envoyé du Canada.
Ce document, apporté au séminaire de Montréal par un des prêtres français qui vint s'y réfugier pendant la Révolution, contient la relation d'un miracle opéré par l'intercession de Louis XVI.
Cette relation datée du 23 décembre 1793 fut faite par l'Inquisiteur de Séville après une enquête ordonnée par le Roi d'Espagne.
Voici le fait :
Le P. Antoine Fontanisla, dominicain du couvent Porta Coeli de notre ville (Séville), avait depuis plusieurs années une plaie profonde sur le devant de la jambe droite, à la partie inférieure ; plaie que les médecins et chirurgiens d'ici et d'ailleurs avaient déclarée incurable. Il était réduit à marcher avec des potences, et le plus souvent il ne le pouvait pas.
Depuis la mort désastreuse de Louis XVI, il lui était impossible d'en chasser le souvenir de son imagination. Une nuit entr'autres, au moment de se mettre au lit, il en fut tellement frappé qu'il s'écria : Louis, si vous êtes martyr, comme je le crois, et si vous jouissez de la présence de Dieu, priez-le de me rendre la santé.
Il se coucha et s'endormit. Le lendemain il se leva bien portant. La plaie était fermée, la peau avait repris son premier état, et il ne restait pas la moindre cicatrice.
Quoiqu'il en soit des miracles sur lesquels il n'appartient qu'au Saint-Siège de se prononcer, nous pouvons, rien qu'en nous appuyant sur l'allocution du Pape Pie VI, considérer Louis XVI comme protecteur de la foi de la France, qu'il n'a point voulu abjurer, et pour laquelle il a donné sa vie. Du haut du Ciel, Louis XVI contemple nos luttes.
Ne devons-nous pas croire qu'il n'y est pas indifférent et qu'il intercède auprès de Dieu pour le salut de la France ? Et puisque Louis XVI voulait consacrer son royaume au Sacré-Coeur de Jésus et que le Temple élevé à Montmartre est là placé comme la miséricorde entre la France coupable et la Justice divine, n'y a-t-il pas là un signe pour les catholiques français. Cela ne montre-t-il pas que leur force est dans le Sacré-Coeur et que le Roi dévot au Sacré-Coeur peut obtenir de ce Coeur que Dieu prenne en pitié la France et la relève de ses abaissements.
Extrait
Louis XVI et sa béatification
L'Abbé Auguste Delassus
1915

