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La Maraîchine Normande
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23 février 2014

LA SAUVAGERE (61) - LA LÉGENDE DE LA GROTTE AUX FÉES

LA LÉGENDE DE LA GROTTE AUX FÉES,
sise au lieu de la Bertinière, commune de la Sauvagère

fées



Voici la légende racontée au curé de la Sauvagère par une de ses paroissiennes :

"Il y a environ deux siècles, lui dit-elle, mon bisaïeul n'ayant ni cheval, ni charrue pour labourer son champ, se rendit un soir à la porte de la grotte. Mesdames les fées, dit-il, je voudrais bien labourer demain, mais je n'ai ni cheval, ni charrue ! Une voix enchanteresse lui répondit, venez demain avant le lever du soleil.
Le lendemain, avant le lever du soleil, il trouva à la porte de la grotte deux forts boeufs attelés à une charrue, il les prit et les conduisit dans son champ.


Vers midi, son fils qui lui aidait à labourer se plaignit de la faim. Mon enfant, lui répondit-il, nous allons aller dîner et emmener en même temps nos boeufs pour leur donner à manger aussi.


Après s'être bien restauré, on se remit au travail, les sillons se formaient comme par enchantement ; vers quatre heures, le jeune homme se plaignit encore de la faim, aussitôt le père aperçut auprès de lui une serviette habilement pliée, il la déplia et y trouva une plantureuse galette, avec un magnifique petit couteau. Il en coupe deux morceaux avec le beau petit couteau, en mangea une et son fils l'autre.


Vois, mon enfant, lui dit-il, comme ces dames sont bien aimables, comme elles ont bien soin de nous !
Oui, répondit son fils, la galette est délicieuse, mais, hélas ! papa. Le petit couteau qui est gentil, hélas ! que je le voudrais bien ! Veux-tu que je le garde ! Non, mon enfant, il ne nous appartient pas.


Le soir, quand le travail fut terminé, le père reconduit à la grotte les boeufs attelés à la charrue, ainsi que le reste de la galette, bien enveloppée dans la serviette.


Mes dames les fées, dit-il, je vous suis très reconnaissant des faveurs dont vous m'avez honoré aujourd'hui, veuillez recevoir mes remercîments.


Une voix ravissante répondit : C'est bien, mon ami, mais le beau petit couteau manque. Le père, ne voyant plus son enfant autour de lui, se méfia bien que le coquin avait dérobé le beau petit couteau. Il courut bien vite chez lui et le trouva en contemplation devant le petit couteau ; il le lui arracha des mains et lui administra une verte correction.


Retournant aussitôt à la grotte, voici, mes dames, le beau petit couteau. C'est très bien, répondit une voix mélodieuse ; mais, à l'avenir, sachez qu'il est préférable de punir les enfants que de les corriger."

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de la Normandie
67e année - 1900

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