VENDRENNES (85) - ADRIEN FRANCOIS, CURÉ
VENDRENNES
ADRIEN François, curé
M. Adrien, originaire de Noirmoutier-en-l'Isle, né le 2 novembre 1739 , n'avait que 30 ans, lorsqu'il fut appelé à la cure de Vendrennes. La paroisse avait été longtemps administrée par M. le curé Aulneau, mort le 5 avril 1770, à un âge avancé. Sa succession parut trop lourde à M. Lainé, nommé à sa place le 23 mai suivant ; il fut nommé curé de la Chaise-Giraud en septembre. M. Adrien le remplaça le 9 octobre de la même année.
Il refusa le serment exigé par la Constitution civile du clergé et, le 10 septembre 1792, s'embarqua aux Sables-d'Olonne pour l'Espagne, sur la barque l'Heureux Hasard, capitaine Pierre Vassivier, le 37e sur 39 portés au rôle d'embarquement.
Débarqué à Saint-Sébastien, on perd sa trace, et son nom ne se retrouve ni sur la liste des divers cantonnements qui reçurent les prêtres déportés, ni dans la correspondance de Mgr Mercy. Il dut mener une vie indépendante, grâce aux ressources personnelles dont il disposait ; aussi lorsque les élections de l'an V amenèrent au Conseil des Cinq Cents une majorité royaliste, et que les déportés virent luire l'espoir d'un prompt retour, M. Adrien fut du petit nombre des prêtres exilés qui se hâtèrent de rentrer en France. La mention de son nom sur un rapport décadaire après le 18 fructidor ne laisse aucun doute sur ce point : "Adrien (François), à Nesmy, a cessé ses fonctions depuis le 18 fructidor et déclaré à l'administration qu'il ne voulait exercer aucune fonction religieuse."
Six mois avant fructidor, le 25 germinal an V, M. Louis Adrien, officier de santé à la Bruffière, avait été envoyé en possession des biens de son frère, François Adrien, ex-curé de Vendrennes et de son demi-frère, Jean Fouasson ex-curé de Saint-Georges-de-Montaigu, déportés en Espagne par les Sables.
M. Adrien était encore à Vendrennes en l'an IX ; le rapport préfectoral de thermidor an IX dit de lui : "ex-curé de Vandrennes, où il exerce ; disposé à faire la promesse ; quelques connaissances ; de bonnes moeurs."
En 1803, M. Adrien fut nommé curé de la Bruffière ; il y finit ses jours le 16 mai 1805 (26 floréal an XIII).
M. Mazière, curé intrus de Montournais, tenta en vain d'introduire à Vendrennes le culte constitutionnel. En fait, Vendrennes fut une des rares paroisses de la Vendée qui resta privée de culte de 1792 à 1798 ; les enterrements y étaient faits par le maire assisté des officiers municipaux.
L'église et le presbytère avaient été vendus nationalement le 26 thermidor an VI.
EDGAR BOURLOTON
La Revue du Bas-Poitou et des Provinces de l'Ouest
1906

