UN ÉTABLISSEMENT A ROUEN DE BAINS CHAUDS OU NATURELS SUR LA RIVIERE DE SEINE EN 1763
UN ETABLISSEMENT A ROUEN DE BAINS CHAUDS
OU NATURELS SUR LA RIVIERE DE SEINE
EN 1763
Le 9 avril 1763, M. Louis GILBERT, architecte à Rouen et Marie-Adrienne-Emmanuel Broche, sa femme, obtinrent du Roi "un privilège pour un établissement de bains chauds ou naturels sur la rivière de Seine auprès de la ville, de même que le Roi avait accordé semblable privilège pour pareil établissement au-dessus et au-dessous de Paris. Ils avaient pris les précautions les plus exactes pour en assurer le succès et pour y faire trouver, comme dans ceux de Paris, toute la commodité qu'on peut désirer et qu'il n'est pas possible de trouver dans les maisons particulières."
Les endroits durent leur être indiqués par les juges de la police ; les bains devaient être établis en un ou plusieurs bateaux, en observant que les bains destinés pour les hommes fussent séparés de ceux destinés aux femmes par de fortes cloisons, et qu'on laissât même entre eux un espace assez considérable pour qu'il ne pût y avoir aucune communication entre les bains destinés aux hommes et ceux pour les femmes, de manière qu'il ne pût se commettre aucune indécence sur lesdits bateaux.
Le privilège était pour dix ans.
Le prix ne pouvait être de plus de 3 livres par chaque personne.
Louis Gilbert s'était aidé, pour obtenir l'approbation de son projet et la concession de son privilège, de l'attestation de Le Cat, docteur en médecine, secrétaire perpétuel de l'Académie de Rouen. "Le grand usage que les anciens faisaient des bains annonce, disait Le Cat, leur grande utilité ; les bons effets de cet usage, tant pour la conservation de la santé que pour la cure des maladies, démontrés par les expériences et la théorie des modernes, nous ont fait désirer depuis longtemps que quelque bon patriote procurât cet avantage à nos concitoyens. Nos voeux sont accomplis dans le projet que nous a présenté M. Gilbert, architecte et membre de notre Académie. Il rassemble tout, utilité, commodité, décence, médiocrité des frais, 5 avril 1762."
Louis Gilbert s'aidait encore des avis favorables des docteurs agrégés au collège des médecin de Rouen, membres de la même Académie, De la Roche, Pinard, Boisduval, le 15 avril 1762 ; de ceux du maire et des échevins de Rouen, 20 avril 1762 ; enfin de ceux de l'Académie de Rouen, 21 avril 1762.
L'établissement dut se faire dans un bateau près du quai d'Harcourt. L'Académie avait examiné le détail du projet sur le plan que M. Gilbert lui avait soumis. Elle avait reconnu que la construction en était facile, et l'utilité très importante pour cette ville, où un pareil établissement était désiré depuis longtemps.
Précis Analytique
des travaux de
L'Académie
des sciences, belles-lettres et arts
de ROUEN
Pendant l'année 1906-1907
