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La Maraîchine Normande
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21 octobre 2013

OCTOBRE 1794 - L'AFFAIRE JEAN GÉNÉRAT

JEAN GÉNÉRAT

Un proverbe dit que la parole est d'argent et que le silence est d'or. Jean Générat, natif de Chaillé-les-Ormeaux, réfugié à Jard, dut y penser sérieusement lorsque, le 10 octobre 1794, il prit le chemin des Sables-d'Olonne, conduit par le poste de la force armée de Talmont, à l'effet d'être présenté aux citoyens du Comité Révolutionnaire de Surveillance. Il dut surtout maudire le bavardage des femmes qui le jetait dans une aventure lamentable, dont nous ignorons la fin.

DÉNONCIATION ET ARRESTATION DE JEAN GENERAT

Aujourd'huy, dixhuit vendémiaire L'an troisième (9 octobre 1794) De la République française une Et Indivisible.
Etant sur les quatre heure du soir ainquiet de la fusiallade qui se passe du côté de talmont, pleusieurs Républicains de Jard, assemblé nous nous transportame dans le haut de la Cidevant aiglise de notre commune pour scavoir de quel coté devenait la fusillade. Et nentendant, plus Rien, nous dessendime, Et Entrame Dans la Maison de la Citoyenne Veuve Berijeau, ne faisant que di Entré, arriva la Servante Du citoyen Moreau officiers de Santé, qui nous dit, que Le nommé Generat arrivant du costé du Givre (commune du canton des Moutiers-les-Mauxfaits), luy avait Dit que le pond du port de la Clais Etait couppé et que le Givre Etoit Rasé Et que sept cent cavalier Brigand occupaient Dans ce moment jci ces différent postes sur le champ, jay ainterpellé la ditte Marie Caillé de me conduire ou Etait le dit Generat, Et Layant trouvé chez le citoyen Moreau jelay jnteregé sur ces propos qui venaient de mestre annoncé. Et il a nié formellement les dit propos, Et la ditte Caillé luy a soutenu qui les avait tenu, de suitte ay pris deux fusilier de notre commune qui l'ont pris et conduit, dans la maison darrest De ce lieu Et il a pris Mon ordre ; sur les sept heure du soir Merendent visitte Mes poste ai Rencontré la citoyenne verrat Des Moutiers réfugiée dans la ditte commune qui avait connaissance des propos infame tenu par le dit Generat Et Elle Madit qui luy avait dit qu'il venait ducoté du givre Et quilcy (?) tenu beaucoup de connaissance Et quelle sera toujours pret déclaré En temps Et lieu, Et tout ce qui ma Eté déclaré Et de suitte fait passé coppie à la Municipalité.
Brianceau, capitaine
De la commune de jard.

J. GENERAT EST CONDUIT DE JARD AUX SABLES-D'OLONNE

Jard ce 19 vendémiaire L'an 3e de La République f. une Et Indivisible (10 octobre 1794).
Les municipaux de jard aux citoien du Commité Révolutionnaire de Surveillance des Sables.
Citoien
Le poste de La force armée de talmond vous conduit Le nommé Generat, natif de la commune de chaillée sur Les hormeau Réfugier du depuis que (sic) jours dans notre commune, convaincu des propos insere dans Le petit mots de verbal cy joint.
Salut vive la République
Bourmeaud maire.

INTERROGATOIRE DE JEAN GENERAT

Arrivé aux Sables, Jean Generat comparut le 13 octobre 1794 devant le Comité de Surveillance Révolutionnaire.

Aujourd'huy vingt deux Vendémiaire (13 octobre 1794) L'an 3me de la République française une et indivisible a été amené au Comité de Surveillance Révolutionnaire du district des Sables un particulier qui a été interrogé ainsi qu'il suit.
D. Quel est ton nom, age, qualité et demeure
R. je m'appelle jean gênera agé de quarante ans farinier Demeurant actuellement a jard et cy devant a St Vincent sur graon
D. ou as tu été pris et quel jour
R. j'ai été pris chez le citoyen moreau officier de santé à jard le Dix huit de ce mois
D. d'où venais tu lorsque tu as été pris
R. je venais du givre pour faire passer de Largent à ma femme
D. par quel moyen pouvais tu faire passer de L'argent a ta femme
R. je n'ai pas pu en faire passer parcequ'on me dit que les Brigands étaient à St Vincent demeure de ma femme
D. Connais tu La domestique du citoyen moreau de jard
R. Oui
D. n'as-tu pas dit en sa présence et en celle de plusieurs autres que le pont de la Claye était occupé, et que le poste du givres avait été enlevé par les Brigands
R. Non jamais
D. N'as-tu pas tenu des propos devant la citoyenne Verrat des Moutiers
R. Non : c'est la femme du citoyen sigagna (Sigogneau) qui dit en Revenant du bourg qu'elle avait entendu dire dans une maison qu'il venait une troupe de brigands qui devait couper le pont de la Claye et enlever le poste du givres.
D. Pourquoy le poste des Moutiers ayant été occupé par les Républicains plusieurs fois n'as-tu pas pris ta femme pour te réfugier en pays Libre
R. je n'ai pas pu faute de moyens.
Lecture faite le dit généra a dit qu'il persiste dans ses Réponses et a déclaré ne savoir signer de ce enquis.
Pour copie conforme
Laisné
Blanc

DÉPOSITION DE LA CITOYENNE AUJARD, FEMME VERRAT

Six jours après cet interrogatoire, deux femmes de Moutiers-les-Mauxfaits, réfugiées à Jard, venaient devant le Comité révolutionnaire charger le malheureux Generat.

Aujourd'huy vingt huit vendémiaire (19 octobre 1794) L'an 3e de La Rep. fr. une et indivisible a comparu au Comité La Citoyenne aujard femme Verrat domicilié des Moutiers et actuellement Refugiée dans La commune de jard laquelle a déclaré que Le dix vendémiaire (dix-huit) présent mois ayant Rencontré chez Généra frère de Jean Genera quelle savait avoir été du coté des Moutiers Les Mousfaits, elle Lui dit, et Bien généra vous voilà de Retour vous allez donc nous dire des nouvelles des Moutiers et où sont Les Brigands a quoy le dit jean Genera Repondit qu'il n'avait point été aux Moutiers, qu'il était seulement allé à La Bouchetière commune de St Vincent sur Graon, qu'il y avait passé La nuit et que N'osant aller, jusque chez sa femme il avait Remis de L'argent à La femme de La Bouchetière pour Lui Remettre que Là il avait point de brigands aux moutiers mais qu'ils étaient neuf cent cavaliers de L'armée de Charette au Champ St père et qu'ils devaient venir incessamment chasser Les patriotes des postes de La Brunière et de St Cyr et couper Le pont de la Claye, que même ce serait déjà fait si Ce n'eut été Le mauvais tems, mais qu'ils le feraient au 1er Beautems que Charette L'avait promis à un paisan qui avait été se plaindre à Lui du mal que Les patriotes de La Brumière Leur faisaient, et qu'ensuite Les Brigands metteraient des postes à avrillé et à St Cyr, enfin qu'il y avait à St Vincent sur graon trois cent cavaliers Brigands qui étaient commandés par un chef très méchant ; ajouté la déclarante qu'etant entrée chez le citoyen pinel des moutiers Réfugié à jard ayant Rapporté Combien les propos de jean genera Luy donnaient d'inquiétude, une des filles dudit pinel Luy dit Bas, ma Bonne amie ne vous inquiétez point c'est un aristocrate.
Qui est tout ce quelle a declare savoir et Lecture faite de sa decleration elle y a persisté et a dit qu'elle contient vérité et a signé avec nous, signé au Registre au jard et Rouvière p. le prt
pour copie conforme
Laisné Sre
Giquel Sr

DÉPOSITION DE MARIE CAILLÉ

Aujourd'huy vingt huit vendémiaire L'an 3e de la République française une et indivisible a comparu la citoyenne marie Caillé, fille de confiance du Citoyen Moreau, officier de santé domicilié des moutiers et actuellement Refugiée à jard Laquelle a déclaré qu'ayant Rencontré Le nommé jean généra dans la Rüe et devant la porte du citoyen girard, elle luy dit vous qui venez du pays des Brigands n'en avez vous point appris des nouvelles ; à quoi Genera Repondit qu'il avait appris que le pont de La Claye était coupé par Les Rebelles et Le givre Razé, qu'il y avait dans ce dernier endroit sept cent cavaliers Brigands
ajoute La déclarante que La dernière fois que les Brigands se sont emparé des moutiers elle fut prise par eux comme elle se sauvait et ayant été Retournée à ce bourg par Le nommé moussion Laboureur à la Roussière de St avaugour, Lequel La Reconduisit en La poussant avec Sa crosse de fusil, elle déclarante vit en entrant dans Le citoyen fagot (ou sagot, pagot ou pajot) maire de St Avaugourd, qui sortait armé d'un fusil de munition et d'une carabine de La maison du citoyen Chevallereau a tallepied et ayant avec Luy trois autres brigands.
qui est tout ce quelle a déclaré savoir, et Lecture faite de sa déclaration elle a dit quelle contient vérité y a persisté et déclaré ne savoir signer de ce requise
Signé au registre
Rouvière
Pour copie conforme
Laisné, Sre
perrache, p. le pd
giquel St

Comme nous l'avons déjà dit, Jean Générat, après son interrogatoire du 13 octobre 1794 et les dispositions faites contre lui le 19 octobre, fut envoyé le lendemain même à Nantes ; que devint-il ? Une seule chose est connue, c'est qu'il ne faisait pas partie du convoi de prisonniers arrivés à Nantes, le 27 octobre.

La Vendée Historique
1913

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