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La Maraîchine Normande
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9 janvier 2013

UN FAIT D'ARMES VENDÉEN EN 1800 ♣ 1ère partie

1ère partie 

Entre l'île de Noirmoutier et la côte vendéenne existe, à mer basse, un passage à gué servant aux piétons et aux voitures, et désigné sous le nom de Gois.

 

Lorsque le flot le recouvre, il est appelé "Pé" par les marins, mot qui, en patois vendéen, signifie hauteur (1). C'est, en effet, l'endroit le plus élevé de la baie, et il tend à s'exhausser chaque jour davantage, par l'accumulation des bases et des sables que viennent y déposer les courants, et par un soulèvement lent, mais manifeste, du sol. On peut même prévoir le moment ou l'île se trouvera confondue avec la côte voisine. La plaine fertile de la Crosnière, de deux cent cinquante hectares d'étendue, a déjà été conquise, en 1766, aux dépens du Pé, par Corneille Guislain Jacobsen et ses travailleurs noirmoutrins.

Le gué, tel qu'il existe aujourd'hui, n'offre pas de dangers sérieux, et c'est la partie la plus agréable du chemin qui mène à Noirmoutier. La route de mer, presque directe d'une côte à l'autre et d'environ cinq kilomètres, est macadamisée dans toute son étendue. Elle commence, sur chaque rive, par un pavé en pente, appelé pierré, la reliant sur le sommet de la digue à la route de terre, et est bordée à gauche, quand on va vers l'île, par des piquets permettant de la reconnaître, lorsqu'il reste encore de l'eau sur les bancs. Dans les endroits dangereux, d'autres piquets, au-delà desquels on ne doit pas s'aventurer, sont aussi placés à droite. De distance en distance sont plantées des balises, indiquant aux marins la partie la plus haute du Pé, et sur plusieurs  d'entre elles se trouvent des cages-refuges pour les voyageurs surpris par le flux. En dehors du gué, le terrain, quoique élevé, est peu sûr, et forme par endroits de véritables fondrières. La route elle-même est coupée par des cours d'eau ou filées, servant, à mer haute, de chenaux pour la navigation. Ces filées sont loin d'être toujours situées au même point et d'avoir une profondeur constante ; elles se modifient à chaque grande marée. La plus importante porte le nom de Courseau.

Au nord du Gois, les rivages s'écartent, et le fond de la mer s'incline de plus en plus vers la baie de Bourgneuf ; au sud, les côtes se rapprochent, et la distance qui sépare la pointe de Boisvinet de celle de la Fosse, n'est plus que de huit cents mètres. Le détroit porte le nom de Goulet de Fromentine. La mer y est profonde et un bac y fait le service entre l'île et la Barre-de-Monts.

Sur les deux rives du Pé, des îlots de vases molles émergent au-dessus du niveau des marées ordinaires, recouverts d'un tapis formé par une graminée appelée le spartina stricta.

Le voyageur qui arrive pour la première fois dans l'île, tout en admirant ce pittoresque paysage, se demande pourquoi on n'en supprime pas immédiatement les inconvénients, à l'aide d'une digue, ou mieux, de dessèchements transformant Noirmoutier en presqu'île. L'heure n'est pas encore venue où les courants le permettront. Du reste, l'entonnoir vaseux du Pé a son utilité pour la navigation côtière, et, dans le cas de guerre maritime, il a plusieurs fois servi de refuge à des navires de faible tonnage.

Notre but n'est point de faire ici une description plus étendue du Pé, ni d'en raconter l'intéressante histoire, depuis l'ère carlovingienne jusqu'à nos jours. Nous renvoyons aux Recherches sur l'île de Noirmoutier, de F. Piet (2me édition), à l'article "Passage du Gois", de M. de Sourdeval (Journal des Haras, 1853), et à l'ouvrage de M. Edouard Gallet sur "La ville et la commune de Beauvoir-sur-Mer". Nous ne voulons raconter ici qu'un épisode de la guerre anglaise, arrivé dans le cours de l'été 1800.

A cette époque, la traversée du Gois était loin d'être facile ; la route offrait de nombreuses sinuosités, qu'il fallait bien connaître avant de s'y aventurer, et qui changeaient à chaque tempête. Elle était plus longue d'une demi-lieue et aucun macadam ni pierré n'assurait la solidité de son fond. Les filées étaient creuses, et, à mer basse, l'eau y demeurait profonde. On devait donc nécessairement prendre un guide à la Bassotière, si l'on sortait de l'île, ou dans les dernières maisons de la Crosnière, si l'on venait du continent. Ce guide marchait en avant, ayant de l'eau jusqu'aux reins, quelquefois même plus haut, et il sondait le terrain sur lequel le voyageur ou sa monture allait placer le pied.

En 1800, une main de fer gouvernait la France, et la Vendée avait accepté à Montfaucon, le 18 janvier, les propositions de paix du premier consul. Les Anglais n'étaient plus pour les paysans des alliés, mais bien des ennemis de la patrie commune, faisant le plus de mal possible à sa marine et à son commerce.

A la fin de juin, des bâtiments chargés de grains, au nombre d'environ quarante, se trouvaient mouillés sur les vases du Pé, sous la protection des batteries de la Fosse et d'un stationnaire, commandé par le capitaine Kermasson. Ils étaient bloqués en cet endroit par les croiseurs anglais, et ne pouvaient continuer leur route vers Bordeaux.

Une forte division britannique, sous les ordres de l'amiral John Warren, surveillait, en effet, nos côtes. Sir Warren connaissait, par les cutters qui lui servaient d'éclaireurs, la présence de la flotille sur le Pé. Il savait de plus combien étaient faibles ses moyens de protection et de défense, et il avait résolu de s'emparer des navires français, ou, tout au moins, de les détruire.

Le 28 juin (9 messidor an VIII), raconte Piet, quatre vaisseaux, une frégate et un cutter apparurent en face du goulet, du côté de la haute mer, c'est-à-dire du sud. Les Anglais mirent leurs chaloupes à l'eau et tentèrent de s'emparer du convoi français. Ils eurent vite reconnu que leur entreprise, ainsi conduite, était hasardeuse, et ne pouvait qu'entraîner inutilement la perte de beaucoup d'hommes.

L'amiral changea donc son plan d'attaque, et le surlendemain deux de ses vaisseaux et une frégate entrèrent dans la baie de Bourgneuf et jetèrent l'ancre à peu de distance des Pennes ; le cutter qui leur servait de guide les devança jusque dans le Fin. Pour mieux cacher ses intentions, sir Warren avait laissé des forces en face de la pointe du Croisic, et d'autres en observation vis-à-vis celle de Saint-Gildas.

L'île de Noirmoutier avait alors pour commandant un homme de coeur, Solin-Latour, ayant longtemps servi aux colonies ; mais les forces dont il pouvait disposer, pour résister à une attaque des Anglais, se bornaient à soixante jeunes gens de Noirmoutier et des Sables, formant la Compagnie franche de la Vendée, à quelques canonniers garde-côtes, à quelques marins, aux ordres de Julien-Aimé Viaud, et à la garde nationale sédentaire fort mal armée et à la tête de laquelle était Adrien aîné. Il lui fallait, avec ces faibles éléments de défense, surveiller toutes les côtes de l'île, menacées par la flotte ennemie, et les protéger contre toute tentative de débarquement.

De l'autre côté du Gois, se trouvait Mourain-Bijonnière, lieutenant de gendarmerie à Beauvoir, avec une seule brigade de son arme, et quelques douaniers ; ces derniers, hommes modestes et dévoués, jouèrent un rôle important dans cette action, non-seulement en éclairant les mouvements de l'ennemi, mais encore en prenant une part glorieuse au combat.

Le 13 messidor (2 juillet), le citoyen Martin, inspecteur des douanes à Saint-Nazaire, adressait au directeur des douanes à Nantes la lettre suivante :

DOUANES NATIONALES

Port Nazaire, le 13 messidor an VIII

L'inspecteur au citoyen Villers, Directeur à Nantes.

Une division anglaise mouilla hier soir, citoyen Directeur, à la pointe de Saint-Gildas, à trois lieues de ma résidence. Une seconde se prolongea sur Noirmoutier et Saint-Gilles, et une troisième rentra au-delà de la pointe du Croisic.

La première est encore à notre vue, et paraît rester là en station ; la deuxième a fait un feu terrible toute la nuit. Il paraît certain qu'il y a eu une descente, car, de onze heures à minuit, j'ai vu un incendie qui a duré près de deux heures, soit du côté de Sainte-Marie ou de Noirmoutier, et je ne pus distinguer l'endroit, parce que la pointe de Saint-Gildas le couvrait.

Dès cette nuit, je vais commander un service extraordinaire de six préposés de ma résidence, que je distribuerai sur les forts de la Ville-ès-Martin et l'Eve, de peur que l'ennemi ne fasse refluer quelques-unes de ses forces sur quelques points de la ligne.

MARTIN

Le même jour, le sous-préfet de Paimboeuf écrivait au préfet de Loire-Inférieure :

Paimboeuf, 13 messidor an VIII

Le Sous-Préfet du 5e arrondissement du département de la Loire-Inférieure

au Préfet du département.

Citoyen Préfet,

Deux vaisseaux, trois frégates et deux cutters ennemis, venus du sud, ont jeté l'ancre avant-hier soir entre le Pilier et Saint-Gildas.

Hier matin, deux des frégates et un cutter ont appareillé et fait route au N.-O. Les deux vaisseaux, la frégate et l'autre cutter, ont mouillé entre Saint-Gildas et Noirmoutier, à mi-baie, ayant plusieurs embarcations à l'eau. On a entendu cette nuit une forte canonnade à Noirmoutier.

On m'assure qu'un convoi, qui venait de Bordeaux, a réussi à entrer dans les ports de cette île, ayant été couvert par le feu de ses batteries.

A la réception de ces nouvelles, qui viennent de m'être transmises par le chef des mouvements maritimes, le temps du départ des barges étant passé, je prends le parti de vous envoyer une ordonnance, chargée d'une lettre plus détaillée pour le chef de l'état-major des mouvements maritimes.

Je pars à l'instant pour Pornic. J'y ferai prendre les mesures convenables, et je vous rendrai compte de suite de la situation des choses.

Je vous salue respectueusement.

P. MAUBLANC

Au bas, est écrit d'une autre main :

Reçu à huit heures avec un paquet adressé au chef des mouvements maritimes. Le paquet lui a été envoyé de suite, avec invitation de faire part au général des détails qu'il contenait.

Les renseignements de cette lettre ont été transmis de suite au général.

Le contrôleur des douanes de la Barre-de-Monts signalait, de son côté, au directeur des douanes à Nantes, les évènements dont il venait d'être témoin.

DOUANES NATIONALES

La Barre-de-Monts, 13 messidor an VIII.

Le Contrôleur de brigade de la Barre-de-Monts au citoyen Villers,

Directeur des Douanes à Nantes.

Je vous rends compte, citoyen Directeur, qu'hier, 12 du courant, nous aperçûmes trois bâtiments de guerre anglais mouillés au large du bois de la Chaise, dans l'ouest de Pierre-Moine, et quantité de leurs chaloupes louvoyer dans la baie de Bourgneuf. A neuf heures du soir, je partis de ma résidence avec les préposés et plusieurs habitants, formant la garde nationale et la gendarmerie, commandée par le citoyen Mourin, lieutenant. Nous nous portâmes sur la côte, depuis la Barre-de-Monts jusqu'à l'Epois, et une partie de nous s'embusqua à l'embouchure de l'étier de Beauvoir. A minuit, les Anglais mirent à exécution le projet qu'ils avaient formé d'emmener ou de brûler le convoi mouillé en rade de Fromentine. Ils mirent le feu, premièrement à bord du stationnaire, et ensuite à bord de huit ou neuf autres bâtiments, chargés de grains ou de farine, qui n'avaient pu entrer dans le susdit étier. Ils en ont brûlé jusqu'à la distance d'une portée de fusil de l'embouchure de l'étier, et en auraient sans doute brûlé le reste, si une fusillade de droite et de gauche dudit étier ne les avait pas empêcher d'y entrer.

A la pointe du jour, aujourd'hui 13, nous avons aperçu trois de leurs chaloupes échouées sur le Pé ; nous nous y sommes transportés, ainsi que quelques habitants de l'île de Noirmoutier et un peu de troupes ; nous nous sommes emparés des trois chaloupes et fait environ 130 prisonniers. Tout le monde a montré beaucoup de zèle et d'activité dans cette expédition ; tous les préposés, depuis Bouin jusqu'à Saint-Jean-de-Monts, sont sur la côte.

Nous continuerons les patrouilles, la nuit prochaine, dans la crainte d'une nouvelle tentative.

La copie de cette lettre nous a été communiquée malheureusement sans signature. Le nom de l'homme de coeur qui l'a écrite mériterait cependant d'être conservé.

Voici, en réunissant les différents témoignages, comment les choses s'étaient passées dans le Gois.

Le 1er juillet (12 messidor), vers six heures du soir, les Anglais mirent à la mer douze à quinze canonnières, qui vinrent mouiller dans le Fin. A la nuit, elles entrèrent dans le Gois avec la marée, et se dirigèrent d'abord vers le brick armé qui protégeait le convoi. Le brave capitaine Kermasson reçut de son mieux les assaillants, mais il dut céder au nombre, et le stationnaire fut pris à l'abordage, avec les marins qui le montaient. L'ennemi mit immédiatement le feu à ce navire, et put ensuite répandre impunément l'incendie parmi les bâtiments de commerce laissés sans défense. Un grand nombre cependant trouvèrent leur salut en se réfugiant dans l'étier de Beauvoir, sous le feu bien nourri des douaniers et des paysans embusqués derrière les talus. D'après une note, annexée à la lettre du contrôleur des douanes de la Barre-de-Monts, les navires qui devinrent la proie des flammes furent : le stationnaire de Fromentine, un brick normand, capitaire Tuillier, un brick de Nantes, capitaine Legeay, un sloop de Bourgneuf, capitaine Gervier, un brick de Nantes, capitaine Leconte, un brick de la rivière de Bordeaux, capitaine Berger, une goëlette de Noirmoutier, capitaine Fouasson, un chasse-marée de la rivière de Bordeaux, et un autre brick, dont le nom et le port sont restés inconnus.

L'incendie se prolongea toute la nuit.

Prévenu des manoeuvres des péniches et attiré par le bruit du canon, Solin-Latour arrivait à l'entrée du Gois à dix heures du soir, suivi de sa compagnie franche, de deux cents gardes nationaux et de deux pièces de campagne. La rage dans le coeur, le commandant de Noirmoutier et ses hommes contemplaient ce douloureux spectacle, attendant le moment propice pour le faire payer à l'ennemi.

Sur la terre ferme, la population partageait la même irritation, et Mourain-Bijonnière avait peine à la calmer. Encouragée par l'abbé Gergaud, curé de Beauvoir, qui ne se cachait plus que pour la forme, elle demandait des armes et voulait marcher contre les Anglais. Parmi les spectateurs se trouvait Pierre Rousseau, le guide le plus sûr du Gois, celui qui avait conduit, à travers le dangereux passage, Charette et son armée, lors de la prise de l'île par le général vendéen. Rousseau promettait de mener les paysans jusques aux péniches, dès que la mer commencerait à baisser.

Armer les volontaires n'était pas chose facile, dit avec raison M. de Sourdeval, car, à la suite de la pacification du pays, un désarmement général venait d'avoir lieu. L'officier de gendarmerie de Beauvoir dut hésiter à laisser des armes entre les mains de gens s'en étant servis contre la République. Mais, fourches, faux retournées et fusils, jusque-là soigneusement cachés, apparurent bientôt de tous côtés.

Cependant la mer baisse, et, tout entier à leur oeuvre de destruction, les Anglais ne s'en aperçoivent que tardivement. Ils essaient alors de forcer le goulet de Fromentine, mais ils en sont empêchés par les canons du Fort de la Fosse. Ils rebroussent donc chemin et leurs chaloupes viennent mouiller sur des vases molles, peu fréquentées par les pêcheurs de moules eux-mêmes et situées entre le Gois et la pointe dite le Bout du Pé.

Rousseau est dans le passage, monté sur un cheval, qui d'instinct en connaît les bons et les mauvais fonds. Il s'avance avec précaution jusqu'à la portée des balles anglaises et atteint la grande filée, infranchissable en ce point. Il se met en rapport avec les gens de l'île, leur transmet les résolutions des maraîchins et prend les ordres de Solin-Latour.

Il n'y a plus de temps à perdre, les premières lueurs du jour montrent les péniches échouées sur la vase ; sept sont du côté de Noirmoutier, cinq de l'autre bord de la filée.

Solin-Latour se précipite dans le Gois, avec ses deux pièces de canon placées sur des charrettes à boeufs. Les gens de Beauvoir et de la Crosnière, guidés par Rousseau, se lancent aussi au milieu des vases. Ces combattants d'un nouveau genre ont les culottes relevées jusqu'au haut des cuisses et marchent en sondant le terrain. L'infériorité de leurs armes ne les effraie point. La manière dont sont échouées les péniches ne permet que difficilement aux Anglais de se servir de leur artillerie. Le canon du fort de Gâtine, ceux de la Bassotière, et celui de Grand'Rouche prennent, au contraire, une part active au combat.

A la première décharge de mousqueterie, les Vendéens, qui viennent de perdre quelques hommes, se souviennent de la manière de combattre que leur a apprise Charette, et courent sur l'ennemi, avant qu'il ait eu le temps de recharger ses armes.

Les Anglais, surpris par cette double attaque d'hommes dont la fureur double les forces, quittent les embarcations et cherchent leur salut dans la fuite. Ignorant les détours du Gois, ils s'enfoncent dans des vases sans fond, et, se voyant perdus, préfèrent se rendre.

Plus de cent prisonniers restèrent entre les mains des vainqueurs, dont deux officiers et quatre aspirants. Parmi eux se trouvait le fils de l'amiral Warren, et un jeune homme, qui, depuis cette époque, chercha toutes les occasions de rendre service aux Noirmoutrins, sir John Downay.

Les péniches furent conduites du Gois dans le port, avec les pièces d'artillerie et les armes nombreuses qu'elles contenaient. Le capitaine Kermasson et les marins français captifs avaient été délivrés.

Au milieu du combat, un certain nombre d'Anglais avaient été assez heureux pour gagner la côte de Beauvoir. Ils rencontrèrent du côté de l'Epois, une grande barge, sur laquelle ils se cachèrent jusqu'à l'arrivée du flot qui leur permit de rejoindre l'escadre.

Les prisonniers furent d'abord amenés à Barbâtre et casernés sous les hangars de la Seigneurie. Deux y succombèrent, les autres furent dirigés sur Noirmoutier.

Au chef-lieu, les blessés, au nombre desquels se trouvait un officier, atteint de fracture de cuisse, furent conduits à l'hôpital, tandis que leurs compagnons étaient internés au château. Malgré l'exaspération que l'incendie des navires avait jetée dans les esprits, ils furent traités avec la plus grande humanité.

 

DOCTEUR VIAUD-GRAND-MARAIS

... à suivre ...

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