Lettre de BARERE, CARNOT, BILLAUD-VARENNE et COLLOT D'HERBOIS
Lettre que Barère, Carnot, Billaud-Varenne et Collot-d'Herbois
adressaient au nom du Comité, le 17 germinal an II (6 avril 1794), aux représentants
du peuple en mission Hentz et Francastel :
Paris, le 17 germinal de l'an II de la République une et indivisible.
Chers collègues, il y a de grandes réclamations contre les mesures de sévérité et de sûreté que vous avez cru devoir prendre. Nous vous ferons passer les mémoires qui nous ont été remis à ce sujet, et nous vous invitons à y donner une sérieuse attention, sans qu'ils doivent cependant vous arrêter dans les mesures que vous croirez nécessaires à la sûreté de la République et à l'extinction de cette horrible et trop longue guerre de la Vendée.
Il est essentiel que vous voyiez par vous-mêmes tous les lieux qui ont été le théâtre de la guerre. Lorsqu'on nous fait ici des objections sur les mesures que vous avez prises, et que nous essayons de les justifier, on nous oppose
qu'aucun des représentants du peuple envoyés près de l'armée de l'Ouest n'est allé dans la Vendée proprement dite, et qu'ils se sont tenus près de l'armée, à Nantes. Nous pensons bien que vous avez toujours été dirigés dans vos travaux par la prudence et par la sévérité inflexible qu'exigent les circonstances, pour empêcher cette guerre interminable de renaître. Voyez tout par vous-mêmes ; il y a des généraux qui ne veulent pas laisser terminer
cette guerre, et il importe à la République qu'il ne soit plus question de cette exécrable Vendée. Nous nous en rapportons à votre civisme courageux et éclairé
Salut et fraternité.
Barère, Carnot, Billaud-Varenne, Collot-d'Herbois.