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La Maraîchine Normande
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5 mai 2012

ROSE DELAROY

 

Rose Delaroy

 

Native de Benet, était nièce de MM. Rodier, deux dignitaires du diocèse de Luçon, le premier, mort chanoine

et grand vicaire, quelques années avant la Révolution, l'autre également vicaire général, qui fut l'un

des martyrs de l'île de la Montagne, au commencement de 1794.

 

En pleine Terreur, elle n'avait pas encore abandonné Luçon. Requise par le Conseil général de la Commune, le 8 Frimaire an II (28 novembre 1793), de faire le serment civique, elle s'y refuse avec une sainte énergie. Le Comité de

surveillance révolutionnaire la fait arrêter en même temps que plusieurs religieuses Ursulines pour

les envoyer en prison à Fontenay ; elle tombe malade et on est obligé de surseoir au voyage.

 

Le I4 Ventôse an II (22 février I794) le maire de Luçon expédie enfin au chef-lieu du département la

religieuse Delaroy avec invitation de la réunir en maison de réclusion avec ses chères compagnes.

Des charges effroyables pèsent sur elle. A l'exemple des Ursulines que la gendarmerie a réussi, mais

non sans peine, à expulser de vive force de leur maison, elle a fait preuve d'incivisme, et cela, en

refusant de prêter le serment civique, en conservant son ancien costume, en continuant de reconnaître

pour chef sa ci-devant supérieure, en habitant la maison d'un ex-noble déporté, ce qui témoigne qu'elle

persiste dans ses principes aristocratiques.

 

La citoyenne Delaroy est écrouée dès le même jour dans les prisons de Fontenay. Mais au chef-lieu du département, voici que toutes les maisons d'arrêt regorgent de détenus. Rose Delaroy et quelques autres religieuses sont dirigées, avec les plus grands dangers pour leur vie, sur la maison de réclusion de Chef-Boutonne. Elles y gémissent de longs mois dans une extrême misère, puis on les transfère à Niort, dans la maison d'arrêt du Cen Bremon le jeune.

C'est de Niort qu'elles s'adressent, le 13 Nivôse an III (2 janvier I795) au Représentant du Peuple en mission,

de passage à Fontenay, pour lui demander leur élargissement :

 

AU REPRÉSENTANT DU PEUPLE A FONTENAY-LE-PEUPLE

Citoyen Représentant,

Il y a un an que nous gémissons dans la maison de détention où nous avons été conduites

successivement. Comme la justice est à l'ordre du jour, nos maux doivent enfin avoir un terme. Tu

verras ainsi qu'il est certifié par la commune de Luçon qu'il n'y a d'autre motif de notre arrestation que

celui d'avoir refusé de prêter le serment, et le département assure n'y avoir pris aucune part. Nous

espérons, Citoyen Représentant, que tu jugeras ce motif dans ta sagesse, et que tu ne le croiras pas

suffisant pour prolonger notre dure captivité. Nous te prions d'ordonner notre élargissement. Nous

sommes convaincues que tu ne te refuseras pas à cet acte de justice."

(Archives de la Vendée.)

 

A la faveur de l'amnistie accordée à la Vendée, Mme Delaroy vint rejoindre ses deux compagnes à

la Copechagnière.

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