ROSE DELAROY

Rose Delaroy
Native de Benet, était nièce de MM. Rodier, deux dignitaires du diocèse de Luçon, le premier, mort chanoine
et grand vicaire, quelques années avant la Révolution, l'autre également vicaire général, qui fut l'un
des martyrs de l'île de la Montagne, au commencement de 1794.
En pleine Terreur, elle n'avait pas encore abandonné Luçon. Requise par le Conseil général de la Commune, le 8 Frimaire an II (28 novembre 1793), de faire le serment civique, elle s'y refuse avec une sainte énergie. Le Comité de
surveillance révolutionnaire la fait arrêter en même temps que plusieurs religieuses Ursulines pour
les envoyer en prison à Fontenay ; elle tombe malade et on est obligé de surseoir au voyage.
Le I4 Ventôse an II (22 février I794) le maire de Luçon expédie enfin au chef-lieu du département la
religieuse Delaroy avec invitation de la réunir en maison de réclusion avec ses chères compagnes.
Des charges effroyables pèsent sur elle. A l'exemple des Ursulines que la gendarmerie a réussi, mais
non sans peine, à expulser de vive force de leur maison, elle a fait preuve d'incivisme, et cela, en
refusant de prêter le serment civique, en conservant son ancien costume, en continuant de reconnaître
pour chef sa ci-devant supérieure, en habitant la maison d'un ex-noble déporté, ce qui témoigne qu'elle
persiste dans ses principes aristocratiques.
La citoyenne Delaroy est écrouée dès le même jour dans les prisons de Fontenay. Mais au chef-lieu du département, voici que toutes les maisons d'arrêt regorgent de détenus. Rose Delaroy et quelques autres religieuses sont dirigées, avec les plus grands dangers pour leur vie, sur la maison de réclusion de Chef-Boutonne. Elles y gémissent de longs mois dans une extrême misère, puis on les transfère à Niort, dans la maison d'arrêt du Cen Bremon le jeune.
C'est de Niort qu'elles s'adressent, le 13 Nivôse an III (2 janvier I795) au Représentant du Peuple en mission,
de passage à Fontenay, pour lui demander leur élargissement :
AU REPRÉSENTANT DU PEUPLE A FONTENAY-LE-PEUPLE
Citoyen Représentant,
Il y a un an que nous gémissons dans la maison de détention où nous avons été conduites
successivement. Comme la justice est à l'ordre du jour, nos maux doivent enfin avoir un terme. Tu
verras ainsi qu'il est certifié par la commune de Luçon qu'il n'y a d'autre motif de notre arrestation que
celui d'avoir refusé de prêter le serment, et le département assure n'y avoir pris aucune part. Nous
espérons, Citoyen Représentant, que tu jugeras ce motif dans ta sagesse, et que tu ne le croiras pas
suffisant pour prolonger notre dure captivité. Nous te prions d'ordonner notre élargissement. Nous
sommes convaincues que tu ne te refuseras pas à cet acte de justice."
(Archives de la Vendée.)
A la faveur de l'amnistie accordée à la Vendée, Mme Delaroy vint rejoindre ses deux compagnes à
la Copechagnière.