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La Maraîchine Normande
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5 mai 2012

LE DEPARTEMENT DU VAR ET SON TRIBUNAL REVOLUTIONNAIRE 1793-1794

Le département du Var et son tribunal révolutionnaire 1793-1794

 

En 1790 l’Assemblée Constituante met fin à une organisation du Royaume de France

remontant à plusieurs siècles. Le département qui borde le fleuve, Var frontière avec le Piémont, d’où

son nom, comprend alors l’actuel arrondissement de Grasse, rattaché plus tard aux Alpes Maritimes.

 

 

Les décrets des 16 janvier et 26 février 1790 fixent l'étendue, le nom et l'organisation administrative des 83

départements créés dans un soucis d'égalité "de taille". La carte fut dessinée de façon à ce que l'on puisse se

rendre dans la ville du chef lieu (ville regroupant les services administratifs) en une journée de cheval.

 

 

En 1793 "année intense où l’orage est là dans toute sa grandeur" selon Victor Hugo, Toulon

suit Bordeaux, Lyon et Marseille dans leur révolte contre Paris et la Convention, mais fait plus en

appellant la marine d’un pays en guerre contre la France : l’Angleterre, et on arbore le drapeau blanc

du roi.

En décembre, l’armée républicaine reprend Toulon avec l’aide d’un ancien capitaine

Bonaparte. La répression est sévère avec entre 700 et 1100 fusillés (selon les s¤urces), dans les

premiers jours et 290 condamnations à mort par une commission révolutionnaire exceptionnelle.

Mais le 10 mars 1793, la convention a crée le tribunal révolutionnaire siégeant à Paris et le 31

mai les tribunaux révolutionnaires de département. Celui du Var verra le jour le 14 novembre 1793

suite à un arrêté de Barras représentant en mission, dont le rôle sera primordial à cette époque.

 

Toulon ayant été déchu de son titre de chef lieu du département donné en 1790 c’est à

Grasse que siègera ce tribunal qui ne sera toutefois pas saisi des problèmes toulonnais, traités par

ailleurs comme nous l’avons vu. Les jugements sont sans appel et immédiatement exécutoires. Le

tribunal varois fonctionnera pendant cinq mois et verra comparaître 200 personnes dont 7 femmes.

Le président lombard était avant la révolution un religieux oratorien et l’accusateur public Vachier

avocat.

 

La définition on ne peut plus large de

contre-révolutionnaire allant du retour clandestin

d’émigration au dénigrement des assignats, en

passant par des chants considérés comme

séditieux entraîne la mise en accusation qui

concernera 65 paysans ou bergers 30 artisans

et seulement 10 prêtres et 4 nobles.

 

 

Il est dangereux de se proclamer hostile

dans une petite localité ainsi que le démontre les

19 poursuivis à Collobrières ou les 15 de

Gonfaron alors qu’il n’y en a aucun à Hyères.

 

On devra se procurer l’instrument indispensable de

l’époque, la guillotine, en l’achetant à Marseille et

elle sera peinte en rouge foncé. 29

condamnations à mort seront prononcées et 18

exécutées le jour même. Parmi elles, celles de 2

des 7 poursuivies retiennent l’attention :

 

Julie Hennequin qui exerçait le métier de

fille publique avait suivie en Italie un amant de

passage, puis abandonnée rentra en France où

elle fut considérée comme une émigrée rentrant

clandestinement.

 

Théodora de Pontevés, âgée de 71 ans

n’avait pas émigré et s’efforçait de respecter les

nouvelles lois, elle subira sans doute la

vengeance de Barras (un ex vicomte).

 

Sept accusés seront condamnés à la

déportation en Guyane mais finalement n’iront

pas plus loin que Lorient. 131 acquittements

seront prononcés avec libération immédiate.

Suite à une décision de la Convention le tribunal

révolutionnaire du Var suspendra son action en

avril 1794.

 

Il restait 78 personnes à juger dont trois

Hyèrois qui seront dirigés sur Paris mais y

arrivant après la chute de Robespierre ils seront

acquittés et remis en liberté.

 

Certes le tribunal varois n’eut pas à juger les meneurs de la révolte toulonnaise, tout au plus

des comparses qui ici ou là avaient eu des paroles imprudentes. L’accusateur public s’efforça d’être

juste,sauf s’il subit la pression de Barras et le nombre relativement important des acquittements par

rapport aux condamnations à mort montre que la justice d’exception varoise se montra plus clémente

que les autres. On dénombra en effet en France entre le 1.03.1793 et le 27.07.1794 plus de 12.000

condamnations à mort.

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