Canalblog Tous les blogs Top blogs Emploi, Enseignement & Etudes Tous les blogs Emploi, Enseignement & Etudes
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
La Maraîchine Normande
Publicité
25 avril 2012

SAINT-PHILBERT-DE-BOUAINE SOUS LA RÉVOLUTION

 

St-Philbert de Bouaine

A l'époque de la Révolution, la paroisse de Bouaine eut une part très active dans la résistance opposée par la Vendée aux armées de la République.

Et cependant, de même qu'à Mormaison, il avait fallu aux habitants de cette paroisse une foi bien profonde et un amour bien vif de la royauté pour se lever, dès le début, contre la Révolution, car un mauvais exemple était là pour les arrêter. Il existait, en effet, dans le bourg même de Bouaine, un prêtre qui professait ouvertement les idées révolutionnaires, M. Pierre-Jacques Noeau, vicaire de Bouaine depuis de longues années.

Ce pauvre égaré avait été des premiers à prêter le serment schismatique à la Constitution civile du clergé. Il aurait pu avoir dans la contrée une influence d'autant plus grande que, sans parler de son caractère sacerdotal, il appartenait à une famille bourgeoise très répandue dans la région et qu'il possédait lui-même une assez belle fortune.

La haine de M. Noeau contre la noblesse était extrême et nous le verrons plus loin, au chapitre de l'histoire ecclésiastique, se montrer particulièrement violent contre les privilèges que possédait dans l'église paroissiale le seigneur de la Sècherie.

Aussi dès que furent constituées les premières municipalités, Noeau fut désigné comme maire de la commune de Saint-Philbert-de-Bouaine et ses nouvelles fonctions semblaient bien faites pour augmenter l'influence qu'il pouvait exercer sur ses concitoyens. Elu également curé constitutionnel de cette paroisse, il s'installa, le 3 juillet 1791, avec le concours de la garde nationale de Rocheservière, dans son nouveau poste et il en chassa le vénérable et légitime pasteur, M. Biret, ainsi que son vicaire, M. Hervouet, dont il avait été pendant de longues années le confrère et le collaborateur.

D'ailleurs, depuis quelque temps déjà, il prenait le titre de curé constitutionnel de Bouaine, car nous le voyons, au mois de février 1791, procéder à l'élection de l'évêque intrus Servant et célébrer lui-même la messe solennelle qui clôtura cette assemblée électorale.

Comme maire, Noeau fut en quelque sorte un précurseur des hommes de la Révolution, car dès le début il se montra sous l'aspect d'un fougueux républicain. Il fut un dénonciateur de ceux qui avaient quelque attache au trône et à l'autel et on conserve encore plusieurs lettres écrites par lui et dans lesquelles il avertissait son ami Goupilleau, alors procureur-syndic de Montaigu, des projets contre-révolutionnaires de M. de Lézardière et des autres nobles des environs d'Avrillé. La collection de M. Dugast-Matifeux (14, n° 30) contient une lettre des plus curieuses qu'il écrivit, à ce sujet, le 30 novembre 1791.

Néanmoins, la presque totalité des habitants de la paroisse s'éloigna de ce prêtre-jureur et sa conduite devint un objet de haine et de mépris. Aussi, lorsque vint à éclater la grande insurrection de la Vendée, le 10 mars 1793, les plus exaltés dans le pays désignèrent le curé Noeau pour être l'une de leurs premières victimes.

Dès ce jour, en effet, les habitants de Bouaine se rassemblèrent au son du tocsin, et le lendemain cette troupe, à peine armée, marcha sous les ordres de Vrignault, élu commandant du pays de Vieillevigne. Pendant qu'elle se dirigeait sur Montaigu, qui allait tomber entre leurs mains, tuant ou mettant en fuite les gardes nationaux et les soldats républicains, Noeau fut fait prisonnier par ses paroissiens eux-mêmes et placé en avant de leur colonne. C'est là, d'après de nombreux témoins du pays, qu'il fut frappé par les balles républicaines. On place son décès au 12 mars 1793.

Dès le début de la guerre, la Vendée se donna une véritable organisation militaire qu'il convient de rappeler en quelques mots.

Saint-Philbert.de-Bouaine fit partie de l'armée de Charette, et dans celle-ci de la division de Vieillevigne qui eut pour chefs successifs Vrignault, Bataud, Guéraud, du Lac, J-B Guérin et Grellier du Fougeroux. Au plus fort de la guerre, le major de la division fut un des principaux propriétaires de la paroisse, le comte de Chevigné. Le commandement des troupes de la paroisse fut donné à Jean Bernon,sur l'avis unanime de ses concitoyens. Mais la paroisse étant importante, les troupes furent divisées en plusieurs compagnies, trois ou quatre au moins. Les capitaines de ces compagnies ne nous sont pas tous connus. Signalons cependant Pierre Le Gendre, capitaine de la première compagnie, Jean- Baptiste Bourneau, capitaine de la deuxième compagnie. Parmi les officiers citons : René Fonteneau, Pierre Chaignaud, René Beranger, Vincent Lévêque, Pierre Morineau, etc. Tous les hommes valides de la paroisse prirent part à la guerre et firent les campagnes de la division de Vieillevigne, rivalisant de courage et de bravoure avec leurs frères des paroisses voisines.

Nous ne pouvons les suivre dans tous ces combats où ces paysans se montrèrent si braves, car ce serait refaire l'histoire des guerres de la Révolution en Bas-Poitou, et principalement celle de la division de Vieillevigne.

 

Voici du moins quelques notes concernant plus spécialement Saint-Philbert-de-Bouaine et ses soldats :

Au commencement de mai 1793, Charette, qui était déjà maintes fois passé par Bouaine, voulut se rendre à Montaigu où se trouvait l'armée du vieux général de Royrand ; mais les intrigues de Mme de Goulaine le contraignirent de revenir sur ses pas. Il alla camper alors avec sa petite troupe réduite à cinq cents hommes dans les landes de Bouaine, et outré de se voir traité avec tant d'injustice par ceux de son parti, il proposa à ses soldats de venger leur honneur en attaquant les Républicains qui venaient d'arriver à Saint-Colombin, selon l'annonce faite par des fugitifs de Bouaine.

Dès le lendemain, le 6 mai au soir, sa petite colonne se met en marche et fait halte non loin de Pont-James, dans la lande du Bois. On se remet en marche le lendemain matin et, à six heures, les Royalistes arrivent devant Pont-James. Une compagnie d'infanterie ennemie occupait dans le village une grande maison ; elle y est cernée et désarmée sans avoir pu donner l'alarme. La troupe de Charette franchit ensuite le pont sur la Boulogne communiquant avec le village des Noyers. Aux cris de : Vive le Roi ! Vive Charette ! les soldats républicains sont surpris et mis en complète déroute. La plupart sont obligés de se constituer prisonniers avec leurs armes, leur drapeau, une pièce de canon et la caisse du régiment. Un petit nombre peut s'échapper et gagner Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, en passant la rivière à la nage. Sur quatre cents prisonniers, la moitié, enthousiasmés du courage de Charette, passèrent dans son armée et lui furent généralement toujours fidèles17. D'ailleurs, ils furent tous traités avec bonté par le vainqueur qui, voulant mettre un peu d'ordre dans sa colonne, fit de nouveau halte, dans la soirée, sur la lande de Bouaine. Là il parcourut les rangs, monté sur un bon cheval qui provenait de la prise, salué par de chaleureux vivats qu'il récompensa en faisant défoncer des tonneaux de vin enlevés à la garnison républicaine de Pont-James.

A ce moment, une autre troupe de paysans arriva soudain sur la lande. Elle venait de Vieillevigne et avait à sa tête M. de Rovrand. Le vieux général venait féliciter Charette de sa belle victoire. De son côté, Vrignault, qui était en désaccord avec Charette, se réconcilia alors avec son chef, et toute mésintelligence disparut à jamais entre ces deux héros.

Vrignault fut tué peu après à la tête de sa division et des hommes de Saint-Philbert, lors de l'expédition de Machecoul, le 10 juin 1793. Vincent Lévêque, officier de Bouaine, y fut également grièvement blessé.

La division, placée désormais sous les ordres de Guéraud-Boisjolly, eut la mission de défendre le camp des Sorinières, voisin de Bouaine. Le détachement était généralement commandé par un gentilhomme de la paroisse, M. Beufvier de la Sécherie, et son approvisionnement assuré par un comité de notables du pays, à la tête desquels se trouvait M. Vrignaud, également de Bouaine.

Nous retrouvons cependant les soldats de la paroisse à la bataille de Luçon, le 14 août 1793. Plusieurs d'entre eux y furent tués ou blessés ; parmi ces derniers, nous avons relevé les noms de Jean et François Angibaud et de Jean Béziau.

Le 6 septembre, l'armée de Mayence. vaincue aux frontières de l'Est, arrivait à Nantes pour combattre l'insurrection vendéenne, et désormais les troupes républicaines traverseront plus d'une fois le territoire de la paroisse de Saint-Philbert-de-Bouaine que les colonnes ennemies n'avaient pour ainsi dire pas foulé encore.

La concentration des armées de Kléber et de Beysser, le 14 septembre, se fait en partie sur le territoire de Bouaine pour s'étendre jusqu'à Mormaison. Le lendemain, l'armée de Charette est vaincue à Montaigu, mais elle reprend une éclatante revanche en remportant les victoires de Torfou, de Montaigu, et, enfin, le 21, celle de Saint-Fulgent.

Le poste des Sorinieres resta toujours confié à une partie des troupes de la division de Vieillevigne, et vraisemblablement le détachement dut être composé de préférence par des soldats de Bouaine, en raison de la proximité de leur demeure.

Vers le milieu du mois d'octobre, on signala l'arrivée d'une armée républicaine, commandée par Haxo ; elle envahit la région de Bouaine en même temps que l'armée de Charette et celle des Angevins sous les ordres du général d'Elbée. D'ailleurs, plusieurs fois, au cours des derniers mois de l'année 1793, Charette rassembla et cantonna ses troupes dans les landes de Bouaine qui se prêtaient facilement aux grandes concentrations. C'est là également, dans la première semaine de janvier 1794, qu'il rallia ses troupes après la défaite de Machecoul.

L'année 1794 fut particulièrement terrible. Une véritable guerre d'extermination se poursuivit sous la forme la plus barbare et la plus hideuse. Les ordres de la République étaient formels. Tous les commandants avaient reçu les instructions suivantes, datées du 9 janvier :

"Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main ou convaincus de les avoir prises pour se révolter contre leur patrie seront passés au fil de la baïonnette. On en agira de même avec les filles, femmes et enfants qui seront dans ce cas. Les personnes seulement suspectes ne seront pas plus épargnées…

Tous les villages, métairies, bois, genêts et généralement tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes."

On n'excepte dans toute la Vendée militaire que treize villes ou bourgs, et, bien entendu, Saint-Philbert-de-Bouaine, pas plus que les autres bourgs voisins, ne sont sur la liste de ceux qui seront épargnés.

Après différents combats, le choc se produisit, le 9 février, sur le territoire de la paroisse de Bouaine.

Une colonne forte d'un millier d'hommes, sous les ordres du général Duquesnoy, rencontrait une bande de Charrette ; mais après avoir échangé quelques coups de fusil de part et d'autre, les royalistes se dérobèrent et Duquesnoy revint cantonner à Saint-Etienne-de-Corcoué. Le lendemain, ce dernier mettait au pillage et incendiait le bourg de la Limouzinière et allait continuer le carnage aux alentours, quand les troupes de Joly vinrent lui livrer combat et, quoique repoussées, elles obligèrent les Républicains à se tenir sur leurs gardes.

Très peu de temps après, se livrait une importante bataille, connue dans les annales militaires sous le nom de Saint-Philbert de-Bouaine.

Depuis quelques jours déjà, Charette était cantonné à Bouaine, sur les bords de l’Izoire, remontant le moral de ses troupes et faisant soigner ses malades et ses blessés de Saint-Colombin. Le bourg avait peu de ressources, mais comme Saint-Philbert et Saint-Colombin n'étaient plus alors occupés par les troupes républicaines, il put se procurer de la farine et des bestiaux qui avaient été cachés pendant le passage des colonnes infernales.

Son lieutenant Joly vint l'y rejoindre avec cinq cents hommes, et le séjour à Bouaine se serait prolongé si, le 25 février, au matin, des cavaliers vendéens n'étaient venus signaler du côté du sud-est, vers le Grand-Chêne, une colonne qui s'apprêtait à franchir l'Izoire. Presque en même temps, une autre colonne était aperçue, débouchant de Saint-Etienne-de Corcoué. La direction du nord est seule étant libre, les généraux vendéens furent d'avis de la prendre et de remonter la rive droite de l'Ognon jusqu'à la forêt de Montbert. Mais Pour l’atteindre, il fallait traverser la grande lande de Bouaine, dans laquelle les troupes de ligne pouvaient manoeuvrer et tailler en pièces les paysans.

Charette n'oublia pas ses blessés et ses malades, et tous ceux qui ne pouvaient supporter la marche furent placés sur des chariots. L'armée se divisa en deux groupes. Joly se mit à la tête du premier pour

frayer le passage, le général resta avec le dernier pour soutenir la retraite. Il garda avec lui les deux compagnies de chasseurs qu'il avait formées pendant son séjour à Saint-Philbert de-Bouaine et dans lesquelles il avait réuni les plus braves de ses volontaires, sous les ordres de Le Moelle et de Bodereau, véritable troupe d'élite qui, pour se distinguer du reste de l'armée, portait au chapeau un haut panache blanc de poils de bouc, plumet qui ne coutait pas cher et qui fut toujours respecté comme un signe honorifique dans l'armée de Charette

Celui-ci voulut payer d'audace ; pendant que son convoi avait déjà parcouru la moitié de la lande, il prit position avec ses chasseurs a une demi lieue du pont de Montbert, sur le petit plateau de Genêton. Les deux compagnies, que vint renforcer la cavalerie commandée par Prudent de la Robrie, se déployèrent, les drapeaux blancs flottant sur la ligne. Il semblait que les Vendéens voulaient défier leurs ennemis.

D'autre part, les Républicains arrivent en deux colonnes : celle du général Duquesnoy, par les Lucs ; l'autre, que commande Cordellier, par Montaigu ; une troisième est en route, sous les ordres de Turreau lui-même, mais elle n'arrive qu'à la fin du combat.

En voyant la troupe dont Charette a gardé personnellement le commandement, l'armée républicaine a pris ses dispositions de combat mais avec trop de lenteur. Le chef vendéen vient d'apprendre que son convoi a franchi le pont de Montbert, qu'il est à l'extrémité du bourg et va gagner la forêt, Alors Charette donne l'ordre à la plupart de ses chasseurs et à ses cavaliers de se disperser et d'atteindre sans retard les bords de l'Ognon. Pendant qu’on exécute ses ordres avec la rapidité habituelle des Vendéens, il vient se placer à la tête d'un groupe d'adroits chasseurs derrière une haie, sur le bord de la rivière, et quand l'infanterie républicaine se lance au pas de course à la poursuite de ses insaisissables adversaires, un feu bien ajusté l'oblige à s'arrêter. Charette et son arrière-garde en profitent pour franchir le pont.

Ainsi se termina la bataille des landes de Bouaine, qui n'eut aucun résultat pour l'armée républicaine, malgré sa supériorité numérique, et qui aurait pu devenir un désastre pour l'armée vendéenne, sans cette très remarquable retraite, si justement appréciée par Napoléon lui-même.

Les jours suivants. Charette battait ses ennemis à la Vivantière et aux Clouzeaux, où périt le général républicain Haxo, qui, peu auparavant, avait essayé de couper la marche de Charette à Saint-Philbert de-Bouaine, sans pouvoir y réussir.

Mais hélas ! ce fut pendant cette année 1794 et surtout aux mois de février et de mars, que les colonnes infernales, ne pouvant arriver à se saisir de Charette ni à battre ses troupes, promenèrent le massacre et l'incendie partout où elles passèrent.

Rien ne fut respecté par les Bleus. Une longue traînée de feu et de sang marqua pendant longtemps leur chemin. L'église, le bourg, les métairies, les granges, les animaux, les croix plantées par les aïeux à la croisée des routes, tout, en un mot, fut l'objet de leur rage. Ce furent par centaines que périrent les hommes, les femmes, les vieillards, les enfants qu'ils rencontrèrent sur l'immense territoire de la paroisse de Bouaine. Bon nombre de paysans de la contrée ont encore le souvenir de ces atrocités que leur avaient contées leurs pères à la veillée. Nous nous contenterons d'en signaler quelques-unes très succinctement.

Tout avait été détruit, pillé, tué par les Mayençais, au point que dans le bourg de Saint-Philbert-de-Bouaine il ne restait plus âme qui vive pendant quelque temps. On ne passait dans la rue qu'en marchant sur les cadavres, et les troupes royalistes poursuivies à outrance n'avaient plus elles-mêmes le loisir d'enterrer les corps. Dans la lande on rencontra une femme coupée en deux, ayant à ses côtés ses enfants éventrés à coups de baïonnettes. Une femme Arnaud, du bourg, ayant reçu un coup de sabre qui lui coupa entièrement la joue fut laissée pour morte, mais plus heureuse que bon nombre de ses voisines elle put revenir à la vie ; néanmoins jusqu'à la fin de ses jours elle garda, avec le souvenir de ses angoisses et de ses douleurs, une affreuse cicatrice sur son visage. Au village de la Barretière, (près de la maison appartenant aujourd'hui aux dames Bureau), des vieillards s'étaient cachés entre deux buissons, mais découverts par des soldats républicains qui passaient, ils furent frappés de coups de baïonnettes et n'échappèrent que par miracle à la mort.

Dans un autre village, un homme était occupé à chauffer son four ; saisi par ces sauvages, il fut jeté dans ce four et complètement brûlé. Plus heureux, les ancêtres de la famille Pineau s'étaient cachés sous des feuilles mortes, ils ne furent pas découverts et échappèrent, grâce à ce stratagème, à la fureur des républicains.

Au milieu de ces terribles épreuves, les habitants de Saint-Philbert étaient soutenus par des prêtres nombreux réfugiés au milieu d'eux et qui leur donnaient les secours de la religion. M. le curé Biret se tenait particulièrement à la Garloupière et là, dans une chambre, à l'abri de tout regard, il administrait les sacrements. Un jour cependant, les Bleus survinrent à l'improviste et le bon curé faillit être pris. Mais le propriétaire de la maison, qui était un membre de la famille Hilléreau, ayant aperçu les soldats s'avança aussitôt à leur rencontre et leur offrit à boire dans son cellier, pourtant déjà bien dégarni. Les Bleus qui avaient grand chaud ne tardèrent pas à s'enivrer et Hilléreau les y aida de son mieux. Pendant ce temps le curé s'esquivait à la hâte, en descendant par une échelle placée derrière la maison.

Toutes ces horreurs qui se rencontraient dans chaque paroisse de la Vendée militaire, loin de décourager ceux qui en furent les victimes, leur donnèrent au contraire une nouvelle ardeur pour marcher au combat et pour venger l'incendie de leurs demeures et le massacre de leurs familles.

Dans la soirée du 5 septembre 1794, un millier de Vendéens, sous le commandement de Charette, arrivaient dans les landes de Saint-Philbert-de Bouaine et y bivouaquaient comme autrefois. Le lendemain, le général différait le départ, espérant que d'autres divisions viendraient le rejoindre. Mais aucun renfort n'étant arrivé, Charette, sur les onze heures du matin, fit battre la marche. Cinq heures après, la colonne se massait devant le village du Taillis. Le général fait alors distribuer de l'eau-de-vie à ses soldats et trinque avec eux ; puis il leur rappelle leur bravoure, leurs victoires et il leur demande d'enlever le camp de la Roullière. Impatients après de telles exhortations, les Vendéens demandent qu'on les conduise au combat. Quelques heures après, le camp fortifié était entre leurs mains : six cents Républicains étaient tombés sur le champ de bataille et les vainqueurs se partageaient un important butin.

Le 14 septembre, Charette remportait encore une belle victoire à Freligné ou Frérigné, et les soldats de Bouaine s'y firent tout particulièrement remarquer par leur bravoure. Mais hélas ! l'armée vendéenne eut le malheur de perdre sur le champ de bataille celui qui commandait les hommes de la paroisse, Louis Augustin de Chevigné, major de la division de Vieillevigne, et leur compatriote.

Quelques jours après. Charette battait de nouveau les Républicains aux Moutiers.

Jusqu'à la fin de la guerre, la paroisse de Saint-Philbert-de-Bouaine fut maintes fois traversée par les troupes de l'un et l'autre parti. Toutefois, l'armée de Charette seule put stationner dans le bourg où elle avait les sympathies des habitants. Quant aux colonnes républicaines elles cantonnèrent à diverses reprises dans les landes désertes. C'est ainsi que le général Huché écrit de Nantes, le 22 juillet 1794, disant que, Charette ayant pris le 20 la route de la Roche-sur-Yon, " il a en même temps ordonné à Ferrand d'aller bivouaquer aux landes de Bouaine et de. prendre poste le lendemain pour deux jours à Aigrefeuille". Les instructions du générai en chef Hoche aux commandants des colonnes mobiles, en date du 15 octobre 1795, signalent que la division de Vieillevigne (dont Bouaine fait partie) stationne sur la paroisse de Bouaine et que plusieurs de ses officiers, parmi lesquels son chef Guérin, se tiennent presque toujours au château de la Ruffelière.

Mais bientôt autour de Charette l'énergie commence à faiblir, et, vers le 20 novembre 1795, au château de la Grange, les officiers de l'armée du Bas-Poitou s'assemblent pour délibérer s'il faut rendre les armes. Charette proteste et les hostilités continuent.

Néanmoins, les troupes du héros vendéen deviennent de moins en moins nombreuses et la résistance devient tout particulièrement difficile. Le général de brigade, Gratien, écrit de Vieillevigne au général Hoche, le 28 brumaire (19 novembre I795 : "La paroisse de Vieillevigne et celle de Bouaie (sic) m'ont rendu leurs armes ; il y a environ cinq à six cents fusils en bon état ; je vous les ferai passer à Nantes avec une escorte sûre. Je crois que Saint-Colombin et la Limouzinière ne tarderont pas à faire de même20."

Tous les soldats de la paroisse de Bouaine ne suivent cependant pas le mouvement général et nous devons signaler parmi les derniers défenseurs de Charette le brave Pierre Morineau, qui était, à cette époque, adjudant-major de la cavalerie et qui combattit près de son chef jusqu'à l'instant même de sa capture.

Quelques semaines après la reddition des armes dont nous venons de parler, un poste républicain

put s'établir dans le bourg de Bouaine sans être trop inquiété. il était sous les ordres du commandant Jacques Gauthier, chef du 4e bataillon de l'Hérault, à qui revient l'honneur d'avoir contribué à la prise du valeureux général vendéen.

Parti avec son bataillon à la recherche de Charette, le 22 mars 1796, il ne put ce jour-là l'atteindre, mais après avoir passé la nuit à la Grollière, près de Rocheservière, il parvint, sur les sept heures et demie du matin, à "lever le lièvre", suivant l'expression des rapports officiels. Charette toutefois réussit à l'éviter, mais dans sa course il se heurta à la colonne du général Valentin qui lui livra combat sans pouvoir le vaincre ; il tomba de nouveau dans la colonne du commandant Dupuy et enfin dans celle du général Travost, qui réussit à le prendre dans le bois de la Chabotterie, le 23 mars 1796, à midi et demi, après un combat meurtrier.

Le commandant de Bouaine, en raison de la part qu'il prit à cette capture présida la commission militaire chargée de juger le héros royaliste qui fut fusillé à Nantes le 29 mars.

De retour dans son cantonnement, Gauthier donna la chasse aux quelques soldats royalistes qui continuaient à guerroyer. Dans une de ses courses, le 31 mars, il réussit à capturer aux environs de Saint Philbert, l'abbé René Gogué qui avait été l'un des aumôniers de Charette.

Ce prêtre était né à Clisson, en 1750, d'une famille dont presque tous les membres jouèrent un rôle important dans les guerres de la Vendée. Il était, en 1790, vicaire à Romans et refusa le serment constitutionnel. Il fut ensuite aumônier à l'armée royaliste et séjourna à diverses reprises sur la commune de Bouaine. A l'époque où nous arrivons, il avait été obligé de faire sa soumission, mais depuis quelque temps il fomentait de nouveaux rassemblements dans le voisinage. Etant tombé aux mains du commandant Gauthier "à Saint-Philbert dans la Vendée", dit le rapport officiel, c'est-à-dire à Saint Philbert de-Bouaine, on trouva sur lui le double d'une lettre très importante qu'il avait écrite à Charette et qu'on connaissait déjà, l'original ayant été saisi sur le général au moment de sa capture. Sa condamnation suivit de près, comme nous l'apprend la pièce suivante : "Dans un premier interrogatoire, écrit-on de Nantes, le 12 germinal (1er avril), qu'il a déjà subi et signé, il a tout avoué, il va être jugé à Saint-Philbert par une commission militaire qui vient d'être nommée et demain il aura rejoint son maître Charette, dont il était le grand aumônier".

Le 2 avril 1796, l'abbé René Gogué tombait sous les balles du peloton d'exécution.

Les années qui suivent la prise de Charette n'apportent aucun événement remarquable pour l'histoire de la paroisse. Le gouvernement ne peut espérer que les fils, les frères, les parents des victimes de la Révolution pactiseront de sitôt avec ceux qui ont porté le fer et le feu jusqu'au sein de leurs foyers. Mais le pays n'a plus de chefs, les esprits gardent donc une attitude pacifique. Un moment, nous voyons les gars de Bouaine se réveiller et reprendre les armes sous les ordres de MM. Grellier du Fougeroux et de Suzannet. Les opérations se réduisent à quelques escarmouches et l'affaire la plus importante est l'attaque de Montaigu, au mois de novembre 1799. Les ordres du gouvernement aux chefs républicains leur enjoignaient d’éviter le combat pour ne pas renouveler une nouvelle Grand’Guerre.

C'est sur ces entrefaites qu'arrive l'avènement de Bonaparte, dont l'adroite politique apporte à la Vendée une pacification qui semble définitive.

Pourtant, les sentiments royalistes ont encore de profondes racines dans les coeurs, et, deux mois avant la première Restauration, nous voyons le baron de Chàteaubourg, préfet de la Vendée, adresser de l'Herbergement, le 29 janvier 1814, au commandant de la gendarmerie de la Roche sur-Yon une longue lettre qui donne une idée exacte de l'état des esprits dans cette région, état qui l'inquiète assez pour se voir dans la nécessité de se rendre sur les lieux.

Il annonce que les 26, 27 et 28 janvier, une troupe de deux cents royalistes, formée du côté de Vieillevigne, sous la conduite d'un nommé Buffet, et grossie par leurs partisans les plus ardents du canton de Rocheservière, a entrepris d'exiger de toutes les personnes ne faisant pas profession de royalisme la remise des fusils et une importante rançon. Cette troupe traverse toutes les communes des alentours et met aussitôt en émoi les autorités de Rocheservière. M. Bossis, le maire de cette commune, le juge de paix du canton, son greffier, et quelques bourgeois aux opinions douteuses se sont déjà réfugiés à Nantes avant l'arrivée de la bande royaliste. D'autres sont moins heureux et sont obligés de subir la perquisition ; les insurgés font irruption à Bouaine, chez Dupont et Parois, à Saint-

André, chez les Sauvaget, etc. Mais, somme toute, cette petite insurrection se réduit à peu de chose, à la prise de quelques fusils et à la consommation de plusieurs barriques de vin vidées chez les patriotes à la santé du roi22

Le retour de Louis XVIII mit enfin au comble de la joie les habitants du Bocage. Bientôt cependant il fallut reprendre les armes et, au mois de mai 1815, deux cents habitants de Bouaine se levèrent de nouveau et prirent les armes pour la cause des Bourbons. Quelques uns y perdirent la vie ; d'autres revinrent portant d'honorables blessures.

La commune de Saint Philbert-de-Bouaine devint comme jadis le théâtre de grandes concentrations. Le 16 juin, M. de Suzannet occupa Saint-Philbert-de-Grand-Lieu ; le 17, il marcha par Saint-Colombin, où il fut joint par la division de Vieillevigne, commandée par M. Le Maignan de l'Ecorce, et il occupa les hauteurs de Favet près Saint-Etienne-de-Corcoué ; là, il apprit la position exacte de l'armée ennemie et des autres corps de l'armée catholique et royaliste. Dans la nuit du 17 au 18 eut lieu au château de la Menolière une entrevue entre les trois généraux, de Suzannet, d'Autichamp et de Saint-Hubert, dans laquelle il fut décidé qu'ils attaqueraient l'armée bonapartiste. On convint de la disposition des troupes. L'armée d'Autichamp, en particulier, occuperait Vieillevigne, la Grolle et Bouaine23.

Le 19, la victoire souriait aux royalistes à la Grolle, mais le 20, la bataille se changea pour eux en défaite à Rocheservière. Néanmoins, cette défaite servit à la cause pour laquelle ils combattaient avec tant d'abnégation, car le soulèvement royaliste retint en Vendée les nombreuses et excellentes troupes des généraux Lamarque et Travot, qui sans cela eussent été avec Napoléon à Waterloo. D'ailleurs, les paroisses du Bocage, et, par le fait même, celle de Bouaine, ne déposèrent les armes qu'après le retour de Louis XVIII sur le trône de France.

En 1830, la Vendée voyait, non sans douleur, ses souverains légitimes reprendre la route de l'exil, et moins de deux ans après, la duchesse de Berry, la vaillante mère d'Henri V, faisait une tentative pour soulever les provinces de l'Ouest. Débarquant sur les côtes de Provence par une mer en furie, elle arrivait dans la nuit du 20 au 21 mai 1832 dans la ferme des Mesliers (paroisse de Legé), qui avait été mise à sa disposition par M. Alexandre de la Roche-Saint-André, de la Garde. Elle y resta cachée jusqu'au 31.

Le soulèvement, fixé d'abord au 24 mai, fut remis au 4 juin, dans une conférence qui eut lieu dans le parc du château de la Garde, tout proche de la commune de Bouaine. D'ailleurs, ce fut dans les environs que se firent la plupart des opérations de cette campagne légitimiste, et sur le territoire même de Bouaine. C'est pour cette raison que le récit de ces faits d'armes doit prendre place dans cette chronique.

Des Mesliers, Madame se rendit dans la paroisse de Saint-Colombin, où elle arriva le 3 juin. Ce jour-là, un rassemblement royaliste avait lieu sur la lande des Urgeries ; le 4, on s'emparait de Maisdon, où devait avoir lieu le rendez-vous général des légitimistes. Le même jour, M. de la Robrie, à la tête de deux cents paysans, dont plusieurs de Bouaine, désarmait le poste de Pont-James, voisin de sa demeure, et se portant sur la Grimaudière (Bouaine), il opérait sa jonction avec le rassemblement de Charette, dans les landes de Saint-Philbert-de-Bouaine.

Pendant ce temps, une patrouille du 17e léger fouillait le château de la Mouchetière, habitation de la Robrie, où la duchesse Marie-Caroline s'était reposée en quittant les Mesliers. Cette troupe tuait Céline de la Robrie, âgée de seize ans, une des filles de l'officier vendéen, et menaçait le fermier, son fils et son serviteur.

Le même jour également, avait lieu le combat de Maisdon, qui coûtait la vie à plusieurs généreux royalistes.

Enfin, le 6 juin, se livrait le combat du Chêne, village situé sur le bord de l'Izoire, dans la paroisse de Vieillevigne, mais reliée alors à celle de Bouaine par un pont en bois.

L'armée ennemie, les Rouges, comme disaient les Vendéens, sous le commandement du général

Dermoncourt, cantonnait à Vieillevigne et se composait de la garde nationale de ce lieu, des quatre compagnies du 44e régiment de ligne, sous les ordres du commandant Morand, les deux autres compagnies de ce bataillon ayant été détachées sur Rocheservière.

Athanase de Charette, le neveu du héros de la Grand'Guerre, a quitté la veille le village de la Brosse, où il était campé, protégeant la duchesse de Berry. Pendant la nuit, il fait cuire plusieurs fournées de pain au village de l'Audonnière, en Vieillevigne, et voulant éviter ce bourg, il se porte du côté du village du Grand-Chêne, dans l'intention de s'y maintenir. Il a sous ses ordres six cents paysans volontaires des communes environnantes, principalement de la Loire-Inférieure, flanqués d'un corps de cavalerie appartenant à la noblesse du pays nantais et ayant à sa tête Frédéric de la Roche.

La troupe de Charette, avant de traverser l'Izoire, prend position dans le taillis en face du Grand-Chêne, quand tout à coup elle voit déboucher du village, au pas de course les soldats de Louis-Philippe qui, aux premiers coups de fusils, s'abritent dans le village.

Le commandant Morand, de son côté, n'a pas été inactif et a dressé le plan suivant. La première colonne, sous ses ordres, se dirigera du côté des landes de Bouaine ; la seconde, composée de la garde nationale et de deux autres compagnies de fusiliers, sous les ordres des capitaines Schwine et de la Croix, fouillera les villages de la Pilotière, les Herpries, la Falordière, particulièrement le village du Chêne, et opérera ensuite sa jonction, dans les landes mêmes, avec la première troupe.

Cette seconde colonne remplissait le rôle assigné, quand, près du moulin de la Falordière, elle constate l'empreinte fraîche de fers de chevaux se dirigeant vers le Grand-Chêne. Le commandant du détachement s'entend avec le chef de la garde nationale, M. Guéraud, qui attaquera l'ennemi de front, pendant que la troupe prendra Charette en queue. Heureusement pour les soldats philippistes qu'ils exécutèrent leur manoeuvre avec lenteur, car les légitimistes auraient tué toute la garde nationale, et cela d'autant plus facilement que le capitaine Schwine, au lieu d'opérer le mouvement convenu, s'obstine à gagner directement la lande de Bouaine.

La garde nationale de Vieillevigne et la compagnie de la Croix, une fois embusquées dans les maisons et derrière les murs du Grand-Chêne, ouvrent le feu sur les Blancs abrités sous les saules, de l'autre côté de l'Izoire.

La fusillade dure depuis une heure sans résultat appréciable, les balles s'aplatissent sur les pierres et sur les arbres. Alors Charette donne l'ordre de marcher en avant et d'emporter la position. La fusillade redouble mais n'arrête pas les Vendéens. Le pont est détruit ; les plus braves se jettent à l'eau. M. Bruneau de la Souchais reçoit une balle dans le bras droit, E. de Monti a son espingole brisée entre ses mains. Malgré le danger, les Vendéens n'hésitent pas, tous courent à l'ennemi, la baïonnette en avant. Les Rouges reculent et le village est emporté d'assaut. La panique est telle que le vieux La Robrie, qui avait sa fille à venger se voit seul dans le village, au milieu de soldats, sabrant à droite, sabrant à gauche, et ne trouvant pas un homme pour lui tenir tête. Malheureusement, dans cette affaire, le comte d'Hanache reçoit une blessure mortelle.

Les Légitimistes poursuivent les fuyards qui sont déjà loin, quand une nouvelle fusillade éclate derrière eux. C'est le commandant Morand, à la tête de son bataillon, qui, depuis plus de deux heures que dure le combat, a eu le temps de faire volte-face et vient tomber à son tour sur les Blancs. Ceux-ci, réunis autour de leur général, le tiennent en échec. La bataille recommence et on se bat encore pendant deux heures. Les troupes régulières ne peuvent cerner les tirailleurs vendéens, gênées qu'elles sont par les bouquets de bois, les haies, les fossés et les accidents de terrain qui entravent leurs mouvements. La victoire est incertaine, mais Charette, craignant non sans raison d'être enveloppé, fait sonner la retraite, laissant le commandement de l'arrière-garde à la Robrie, qui recule en maugréant et en se battant toujours. La troupe royaliste arrive en bon ordre au Cloudy, où Charette la licencie.

Ce dernier combat avait coûté autant de morts et de blessés aux troupes des deux partis. Parmi les Blancs, on compta entre autres victimes M. de Trégomain, qui fut mortellement blessé, et M. de Bosc de Bonrecueil, le fidèle chevalier de la duchesse, qui eut les deux jambes fracassées. Il put se traîner sur les deux jambes jusqu'au village de la Couératière. Là, un misérable, chez qui il entra pour se reposer, le dépouilla de son or et le jeta ensuite brutalement à la porte. Après bien des traverses, il fut recueilli par la troupe à Saint-Philbert-de-Bouaine, où le curé lui donna les derniers sacrements. Transporté ensuite à Rocheservière, dans la maison de M. Bossis, il y mourut le 17 juin et fut inhumé dans le cimetière.

Tel fut le combat du Chêne. Dans ces champs qui en furent le théâtre, il se passa ensuite un honteux pillage. Quelques habitants de la contrée recueillirent en ces lieux des valises pleines d'or et

de billets, abandonnées par les fugitifs ; ces trésors servirent à enrichir des paysans qui achetèrent ensuite des propriétés. Il y en eut qui ne craignirent pas d'arracher à des mourants leurs montres et leurs bijoux ; ainsi la montre de M. d'Hanache tomba entre les mains d'un individu de Landefrère. Quelques-uns des plus maladroits brûlèrent un certain nombre de billets, craignant de se compromettre.

Pour rappeler le combat du Chêne, on a élevé, sur le territoire de Bouaine, une croix en granit, à cent vingt mètres du ruisseau de l'Izoire et près du village, théâtre de la bataille. Cette croix, de forme carrée, très simple, se dresse sur un petit tumulus ou ossuaire et est entourée de quelques arbres verts qui rappellent la mélancolie d'un cimetière.

 

Sur le socle en granit de la croix on lit l'inscription suivante :

1864

Baronne de la Brousse

---

La 1re Croix fut élevée en ce lieu en 1834 par le baron de la Brousse

 

Cette inscription nous apprend que la croix actuelle a succédé à une autre. Et, en effet, la première, qui était en bois, tomba de vétusté en 1864, et on dut la remplacer par celle qu'on voit aujourd'hui.

Le lendemain du combat du Chêne, 7 juin, la duchesse de Berry, qui se trouvait toujours à la Brosse, en Saint-Colombin, vit arriver un blessé du combat. C'était M. de la Souchais, qui avait erré toute la nuit dans les bois. Avec l'aide de Mlle de Kersabiec, la bonne duchesse soigna elle-même la plaie du blessé, et le pansement était à peine terminé qu'une colonne ennemie arriva sur les lieux. Madame s'empressa de couvrir d'un châle le blessé qui tremblait de fièvre, et se tapit avec sa suite dans un fossé herbeux. Ils restèrent ainsi serrés les uns contre les autres six heures durant, six heures d'angoisses. La patrouille disparue, il fallut songer au départ.

La nuit venue, Marie-Caroline quittait le pays pour se rapprocher de Nantes. En même temps, elle écrivait au vaillant Charette :

"Je n'ai qu'un regret, c'est de ne pas m'être battue hier au Chêne25. Si j'avais été tuée j'aurais pu avoir l'assurance qu'on m'eût vengée ; et je vous assure que je ne recule pas au danger. O mon Dieu ! que c'est triste de quitter de si bons amis. Adieu ! Confiance doit être notre devise."

Il n'entre pas dans le cadre de cette chronique de raconter les diverses péripéties que traversa la vaillante duchesse durant les quelques mois qu'elle passa encore en France. Disons seulement que sur la terre étrangère, où elle vécut ensuite, elle n'oublia pas ses généreux amis de la Vendée. Nous avons la preuve dans le document suivant, écrit sur parchemin et conservé dans la famille de M. Alfred Brenon, de Saint-André Treize-Voies, comme un titre glorieux en faveur d'un de ses ancêtres :

"Désirant témoigner Notre satisfaction à ceux des habitants de sa fidèle Vendée dont nous avons pu, par Nous-même, aprécier le dévouement à la cause du roi Henri V, notre bien-aimé fils, nous nous plaisons à reconnaître que François Maillard, de la commune de Legé, nous a particulièrement donné de preuves de sa fidélité et de son zèle, en nous servant de guide dans des circonstances périlleuses.

Gratz, 28 février1837.

MARIE-CAROLINE."

 

Jetons maintenant un regard en arrière.

Ceux qui prirent part à la guerre glorieuse de la Vendée s'étaient voués à la mort, au martyre ; ils moururent comme ils avaient vécu, pleins de foi et de résignation. Ils ne furent cependant pas les seules victimes de la Révolution ; leurs femmes et leurs filles, les vieillards et les enfants périrent également assassinés avec des raffinements atroces de cruauté dont la tradition conserve encore quelques traits. Nous voudrions pouvoir donner la longue et funèbre nomenclature de ces personnes, et aider ainsi à dresser cette liste de martyrs dont on parle, depuis plusieurs années, de porter la cause à Rome ; mais, hélas ! beaucoup de noms de ces victimes de tout âge et de tout sexe sont ensevelis dans l'oubli. Les archives communales ou curiales de Saint-Philbert-de-Bouaine, moins favorisées que celles de Rocheservière, de Mormaison et de Saint-Sulpice, ne possèdent pas les actes de l'état-civil complet de cette triste période, et notre martyrologe se réduit à quelques unités.

Cependant, les récentes recherches que nous avons faites à l'intention de cette chronique dans divers fonds publics ou privés nous ont permis de relever, sur des documents d'une authenticité absolue, les états de service de cent vingt soldats vendéens, originaires de cette paroisse. Notre liste26 sera nécessairement très incomplète, car, avec les victimes de ces guerres, ce rôle ne devrait pas comprendre moins de cinq à six cents noms. Néanmoins, les habitants de Saint-Philbert-de-Bouaine qui trouveront tous, ce n'est pas douteux, le nom de quelque proche parent, auront le droit d'être fiers de descendre de ces nobles paysans, qui, la veille encore, inconnus au monde, montrèrent tout à coup ce courage sublime et cette grandeur d'âme qui sont le partage des héros. Que les enfants gardent le souvenir des glorieux faits de leurs pères !

 

Amiau (d) Mathurin27, ancien soldat blessé, domicilié à Saint-Philbert-de-Bouaine, d'après un état envoyé de la préfecture de Nantes.

Angibaud Jean, tué à la bataille de Luçon, le 14 août 1793 laissant veuve Marie-Magdeleine Morandeau, qui obtenait en 1815 une pension de 50 francs et qui était de nouveau proposée en 1825.

Angibaud François, tué à la bataille de Luçon, le 15 août 1793, laissait veuve Marie Roy, proposée en 1815 et en 1825.

Augustin Chendret d'Appreville, marié à la veuve de M. A. Savin de Beauvais et de la Roche-Chotard, habitait tantôt Bouaine, tantôt Saint-Etienne-du-Bois. Une dénonciation faite contre lui est conçue en ces termes :

"…Je déclare au Comité de Sureté générale que Chendret ci-dessus nommé jouissait dans la Vendée de la plus mauvaise réputation, que marié à une femme dont le fils était chef des brigands et qui a été fusillé à Noirmoutiers, il n'a cessé avec le brigand M. Savin d'aller de maison en maison, de village en village, d'inspirer aux citoyens des campagnes des sentiments d'insurrection contre le nouveau régime, que les voyages qu'il a successivement faits de Paris dans la Vendée, ses principes contre-révolutionnaires et ses liaisons avec les Savin, parents de sa femme qui ont tous joué un grand rôle parmi les brigands de la Vendée, l'ont fait dire qu'il entretenait des correspondances avec eux et qu'il était leur espion à Paris... il intrigue avec les cy devant nobles et prêtres….."

(Arch. de la Roche-Chotard.)

Arnaud François, proposé à une pension en 1825.

Baranger Pierre, soldat de la 2e compagnie de volontaires, a fait les campagnes de 1793 à 1796.

Baudry Jean.

Béliard François, indigent, méritant. ayant une jambe de bois, proposé en 1825.

Bérenger René, lieutenant de la paroisse, a fait les campagnes de 1793-1796, 1799 et 1815, très méritant.

Bernon Pierre, obtient en 1818 une pension de 50 francs.

Bernon (Brenon) Jean, commandant de la paroisse de 1793 à 1795, officier très recommandable et fort indigent ; saulnier de son état et ayant cinq enfants. Il reçut deux blessures pendant la guerre, dont

un coup de feu à la poitrine, au combat de la Chambaudière, près de Legé, le 17 juillet 1794. Il obtint une pension de 100 francs en 1814, portée en 1818 à 200 francs. Sa veuve, Catherine Baud (Raud), demande à ce qu'elle lui soit continuée.

Bernon François, fils du précédent, lieutenant des volontaires en 1815, très méritant ; il était en 1825 gendarme à Vieillevigne.

Bertin André, commissaire de la paroisse de Bouaine, méritant, a fait les campagnes de 1793-1796 et 1815.

Beufvier de la Sécherie Charles Alexis, officier à la Grande-Armée, présent à l'attaque des Sorinières le 26 août 1793 ; il s'exile en Espagne.

Beufvier de la Sécherie Augustin, officier à la Grande-Armée avec son frère (Voir plus loin chapitre III, § V).

Béziau Jean, tué à Luçon, le 13 août 1793, laissant veuve Anne Pichaud, proposée à une pension en 1825.

Béziau Julien, soldat, proposé en 1825.

Béziau Jean, a fait la campagne de 1815.

Bonnet Pierre, proposé en 1825.

Bossard Jean, volontaire, très zélé en 1815, proposé en 1825.

Bossard René, indigent, ayant une jambe de bois, proposé en 1825.

Bossard Louis, de la Biretière, âgé de trente-cinq ans, tué au combat de Legé, le 30 avril 1793, et inhumé le lendemain dans le cimetière du lieu (Reg. de l'abbé Gillier, vic. de Legé).

Bourneau Jean-Baptiste, capitaine de la 2e compagnie de Saint-Philbert, une blessure, proposé en 1824.

Bourneau Alexis, volontaire et cavalier, indigent, très recommandable, proposé en 1825.

Bouron Pierre, ancien soldat, domicilié à Saint-Philbert.

Brenon Nicolas, soldat, ayant fait les campagnes de 1793-1796, 1799 et 1815.

Bureau Jean, volontaire, blessé à Saint-Philbert d'un coup de feu à la main gauche, quatre enfants ; il reçut en 1814 une pension de 60 francs.

Butteau François, proposé en 1825.

Caillaud Jean, soldat de la 4e compagnie de Vieillevigne, laboureur à Saint-Philbert-de-Bouaine dès avant 1815.

Caillaud, sous-lieutenant de la paroisse de Montbert pendant les guerres, habitait Bouaine dès avant 1814.

Chagnaud Louis, soldat, campagnes de 1793-1796, 1799 et 1815, méritant.

Chagnaud Pierre, lieutenant de la 2e compagnie de la paroisse, reçut une blessure, proposé en 1824.

Chagnaud Pierre, peut-être le même que le précédent.

Charrier Jacques, volontaire, très recommandable, proposé en 1825.

De Chevigné Louis-Augustin-Antoine (Cte) habitait son château de l'Ecorce en Saint-Philbert-de-Bouaine. Il commanda en second la division de Vieillevigne et fut tué à la tête de sa division, dont faisaient partie les gars de Bouaine, à la bataille de Fréligné, le 14 octobre 1794. (Voir plus loin, chap. III : l'Ecorce.)

Mme de Chevigné, née Henriette-Pélagie du Chaffault, ayant suivi la Grande-Armée, mourut dans les prisons du Mans en 1793.

Chiffoleau Jacques fils, indigent, recommandable, proposé en 1825.

Choblet Louis, proposé en 1825.

Clénet Etienne, tué au pont de Montbert, le 28 mars 1794, laissant veuve Anne Gourraud proposée pour une pension en 1825.

Corgmet Pierre, proposé en 1825.

Cormerais Jean, volontaire, campagnes 1793-1795 et 1815, indigent, proposé en 1825.

Coussa Louis, des Hautes-Grimaudières, âgé de quatre-vingts ans, "fut mis à mort par les ennemis de notre sainte religion." (Reg. paroissiaux de Bouaine en 1793.

Deramé Jacques, premier sergent de la 1ère compagnie de la paroisse, blessé à Saint-Colombin d'un coup de feu à l'épaule gauche, estropié ; il reçoit en 1814 une pension de 50 francs.

Deramé Louis, volontaire, deuxième sergent de la 1re compagnie, blessé à Luçon en 1793, d'un coup de feu au bras gauche et d'un autre près des reins, estropié ; il reçoit en 1814 une pension de 50

francs.

Deramé François, soldat, campagnes 1793-1795 et 1815, méritant, demeurait à Saint-Colombin.

Deramé Pierre, 1793-1795 et 1815.

Doré André, soldat, très indigent, nombreuse famille, proposé en 1825.

Dufourd Jean, né en 1772, a fait les premières campagnes et a reçu un coup de feu à la main gauche, proposé en 1824.

Duret Louis, est mort au combat des Quatre-Chemins, près Saint-Fulgent, âgé de vingt et quelques années (Reg. paroissiaux de Bouaine).

Ecoumard Julien obtient une pension de 50 francs en 1818.

Fresneau Jacques, proposé en 1825.

Fonteneau René, lieutenant de la 1re compagnie (l'état Le Maignan le dit capitaine), campagnes de 1793-1796, 1799 et 1815, deux fois blessé, très méritant. Il dut obtenir de bonne heure une pension.

Gaboriaud Pierre, né en 1762, premières campagnes, coup de feu à la jambe droite, proposé en 1824.

Ganachaud Nicolas, volontaire, très indigent, père de six enfants, proposé en 1825.

Ganachaud Louis, volontaire, blessé, très zélé, indigent, proposé en 1825.

Ganachaud Pierre, soldat de la 1re compagnie de la paroisse, blessé d'un coup de feu à la Bauche (Vieillevigne) au pli de l'aisne gauche et à l'avant bras gauche, il obtint une pension de 40 francs en 1814.

Gautier J., laisse veuve Françoise Riaud proposée pour une pension en 1825.

Gicqueau, sous-lieutenant de la 2e compagnie de volontaires de la division, était mort avant 1814, laissant une veuve et un enfant (Grelier).

Gourraud Vincent.

Grassineau Pierre, proposé en 1825.

Grimaud François, volontaire, très indigent, nombreuse famille, proposé en 1825.

Gris Eloi, obtient une pension de 50 francs en 1818.

Guéraud Louis, proposé en 1825.

Guéraud Pierre, soldat, habitant Saint-Colombin, campagnes de 1793-1796, 1815, méritant, indigent.

Guéreau René, soldat, recommandable, proposé en 1825.

Guibert Jean, soldat, campagnes 1793-1795, 1799 et 1815, méritant.

Gaston Jacques, né en 1762, a fait toutes les campagnes et a reçu un coup de sabre à la tête, proposé en 1824.

Henry Pierre, toutes les campagnes, méritant, proposé en 1825.

Hervouet Jean, tué aux landes de Bouaine le 10 janvier (aliàs 28 février) 1794, laissant veuve Marguerite Martineau proposée à une pension en 1815 et 1825.

Hervouet François, de la Sauvagerie, fit la campagne de 1793 sous M. Vrignault, dans une compagnie de la paroisse. Il fut tué au combat de Montbert, en octobre 1793, au témoignage de plusieurs anciens soldats ; sa veuve née Morandeau est proposée pour une pension en 1825.

Hervouet Jeanne, âgée de trente-neuf ans, journalière, complice des Vendéens, exilée par la Commission Bignon, dans une localité désignée plus tard. (LALLIE, La Justice révolutionnaire à Nantes.)

Huchet Pierre, blessé, domicilié à Bouaine.

Huchet Louis, sergent de la 2e compagnie, une blessure, il reçut en 1814 une somme de 60 francs, indigent, très recommandable.

Jaunet Pierre, proposé en 1825.

Jaulin Pierre, volontaire, très brave soldat, blessé. Il reçut une pension de 100 francs en 1825.

Jaulin Louis, proposé en 1825,

Jaulin Jean, volontaire, brave soldat, proposé en 1825.

Trois autres Jaulin, frères des précédents, sans doute tués à la guerre.

Lardière François, tué en mars 1795, laissant veuve Anne Gobin proposée pour une pension en 1825.

Le Gendre Pierre, capitaine de la 1re compagnie de Saint-Philbert-de-Bouaine, a fait les campagnes de 1793-1795, 1799, 1815. Il habitait Saint-Etienne-de-Corcoué en 1825.

Levesque Vincent, capitaine de la 2e compagnie de volontaires de la division, prend le titre de

capitaine de chasseurs. Blessé à Machecoul d'un coup de feu au pli de l'aisne et d'un coup de sabre au pariétal droit, indigent, père de cinq enfants, cordonnier ; il fut proposé en 1816 pour une pension de 150 francs qu'il dut dès lors obtenir.

Maillard Pierre, officier, obtient en 1818 une pension de 200 francs. En 1825, sa veuve réclame la continuation de cette pension, étant dans la misère.

Mandin Philbert, caporal, a fait toutes les campagnes, méritant.

Marboeuf Victor, obtient en 1818 une pension de 50 francs.

Mercier Jean, campagnes de 1793-95, 1815, méritant.

Moinard Pierre, campagnes 1793-95 et 1815, méritant, demeurait à Vieillevigne.

Moinard Louis, idem.

Morandeau E., était soldat de la 1re compagnie de Vieillevigne et fit les campagnes de 1793-1796 ; il habitait Bouaine en 1814.

Morineau Pierre, originaire de Vieillevigne, habitait plus tard Saint-Philbert-de-Bouaine où il était charpentier. Cavalier, il fut nommé par Charette, en 1795, adjudant-major général de sa cavalerie et fut l'un des trente-cinq derniers soldats du chef vendéen. Au procès-verbal de la Commission établie en 1814 on trouve sur lui la note suivante : "indigent, père de cinq enfants, capitaine de paroisse, blessé en plusieurs combats, coup de feu à la jambe droite, coup de biscaïen à la poitrine gauche, coup de baïonnette à la main droite ; estropié, a parfaitement servi, a constamment servi ce général Charette. Il était avec lui lorsqu'il fut pris, il le défendit, tua plusieurs soldats ennemis et ne quitta le général que lorsqu'il fut entre les mains des ennemis ; il parvint à se sauver."

Le 3 juillet 1814, il déclare par devant notaire "qu'il était auprès de son général lorsque celui-ci fut poursuivi, pris et enlevé par les troupes républicaines dans le bois de la Chabotterie... et qu'il n'a, ni au moment de l'arrestation de M. Charette, ni en se sauvant personnellement par la fuite, lorsque les débris de l'armée vendéenne furent poussés dans les bois de la Chabotterie, vu La Robrie parmi les assaillants." (Justification de La Robrie.)

Morineau obtint, dès la Restauration, une pension de 300 francs, II mourut le 8 juin 1820, âgé de cinquante ans. Sa veuve, Prudence Gautier, demandait une pension en 1825.

Morin Jean, né en 1770, fit les premières campagnes, fut blessé à la jambe gauche et proposé pour une pension en 1824.

Morisson François, tonnelier, condamné à mort par le tribunal de Nantes, le 14 décembre 1793, "pour avoir pris part à des attroupements dans la commune, fait prisonnière la femme Modeste Drouin, ainsi qu'une autre femme à laquelle il prit 150 livres, et avoir menacé de brûler la cervelle au citoyen Neau28".

Morteau Pierre, né en 1764, a fait les premières campagnes, reçut un coup de feu à la main gauche, fut proposé pour une pension en 1824.

Morteau Jean, né en 1774, a fait les premières campagnes, estropié à la jambe droite par accident, proposé en 1824.

Naud Julien, soldat, campagnes 1793-1795 et 1815, méritant.

Oiry Julien, soldat, proposé en 1825.

Parois Jean, officier, maire de Saint-Philbert-de-Bouaine, a rendu des services, aisé, mérite une récompense d'après les propositions de 1825.

Parois André, soldat, campagnes de 1793-1795 et 1815, méritant.

Pichaud Jean, id., proposé en 1825.

Pipaud Pierre-René, volontaire, caporal, très bon soldat, très recommandable, renommé par sa bravoure et sa conduite, indigent, proposé en 1815 et 1825.

Poiron Jacques, soldat, a fait les campagnes de 1793-1795 et 1815, méritant.

Potier Pierre, commissaire de la paroisse, méritant, a fait toutes les campagnes.

Pouvreau Mathurin, volontaire, père de onze enfants, recommandable, proposé en 1825.

Quérion Louis, soldat, blessé.

Racinous François, né en 1776, volontaire, cavalier, a perdu un oeil d'un coup de feu, très recommandable, proposé en 1824 et 1825.

Racinous Pierre, volontaire, indigent, très recommandable, proposé en 1825

Renaud François, soldat, a fait toutes les campagnes, méritant.

Roirand Mathurin, id.

Rousseau Pierre, id.

Roi Charles, soldat, indigent, proposé en 1825.

Roy Gilles, volontaire, très bon soldat, très recommandable par sa bravoure et sa conduite, proposé en 1825.

Saunier Julien, soldat, campagnes de 1793-1796 et 1815, méritant.

Savin du Parc Louis-Marc Antoine, sr de la Guerche et de la Roche-Chotard, proche parent du chef de division de Palluau, fut lui-même officier dans l'armée de Charette avec le grade de capitaine de cavalerie. Fait prisonnier lors de la prise de Noirmoutiers, il y fut fusillé aux côtés du généralissime d'Elbée, du gouverneur de Tinguy, etc., le 3 janvier 179429.

Tarreau René, soldat, proposé en 1825.

Thibault Louis, soldat, a fait toutes les campagnes, indigent, recommandable, proposé en 1825.

Tuboeuf Etienne, vingt-quatre ans, condamné à mort par le tribunal de Nantes, le 6 janvier 1794, pour avoir servi dans les rangs de l'armée vendéenne30.

Vandé Jacques, né en 1760, a fait les premières campagnes, blessé d'un coup de feu à la jambe droite, pro. posé en 1825.

M. Vrignault, notaire à Bouaine, au moment de la Révolution, faisait partie du Comité royaliste paroissial et avait l'importante mission de l'intendance en ce sens qu'il devait assurer l'approvisionnement du camp des Sorinières, en juin, juillet et août 1793 (Abbé BOURDEAUT, Hist. ms. de la division de Vieillevigne.)

 

 https://www.yumpu.com/fr/document/read/18408063/t-philbert-de-bouaine-jeanne-cest-nous

Publicité
Commentaires
La Maraîchine Normande
  • EN MÉMOIRE DU ROI LOUIS XVI, DE LA REINE MARIE-ANTOINETTE ET DE LA FAMILLE ROYALE ; EN MÉMOIRE DES BRIGANDS ET DES CHOUANS ; EN MÉMOIRE DES HOMMES, FEMMES, VIEILLARDS, ENFANTS ASSASSINÉS, NOYÉS, GUILLOTINÉS, DÉPORTÉS ET MASSACRÉS ... PAR LA RIPOUBLIFRIC
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Newsletter
Archives
Publicité
Derniers commentaires
Publicité
Publicité