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La Maraîchine Normande
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14 avril 2012

FILLE-GUECELARD (72)

FILLE-GUECELARD (72)

 

 

 

(1777) le Chanoine Le Paige écrit de Fillé dans un ouvrage qu'il dédie au frère du Roi :

"le sol produit du bon seigle, de l'avoine et du carabin ; il y a des vignes dont le  vin est médiocre, le rouge n'est pas mauvais. Il y a à Fillé beaucoup de landes".

 

  1. En Juin 1787, le bail de la ferme du Gros Chesnay établit une bonne fois au Métayer qu'il doit fournir chaque année une charge de froment, une charge de seigle et une charge d'avoine : mesure du Mans comble ou ras le bois mesure de la Suze rendues dans les greniers du château de Buffes.
  2. 1789 L'abbé ACHARD est curé de la paroisse de FILLE et de GUECELARD. (extraits cahier Pierre Gouet).
  3. Convoqués au son de la cloche, les habitants assemblés établissaient sous la conduite du Syndic Pierre Héron le cahier des plaintes et doléances de la paroisse de FILLE. On le remarque bien que tout se passe encore sous la conduite de l'église. C'est au son de cloche que les habitants bien ancrés dans leurs réflexes réagissent. Le cahier est établi au nom de la paroisse de FILLE qui semble agir ainsi en ce milieu simple et rural et peu touché par les évènements parisiens pour le compte de l'esprit de justice et de liberté et contre les grands dérèglements qui ont trouvé leur source dans la féodalité.
  4. Les nobles comme les tenants de l'église seront soit contraints d'épouser les principes révolutionnaires ou de baisser les bras, soit encore de s'enfuir pour jouer ensuite la revanche avec la chouannerie. Monsieur Louis-Marie DANIEL DE BEAUVAIS assista à l'assemblée de la Noblesse du Maine, il y représenta Madame Veuve DANIEL DE BEAUVAIS, dame du Gros Chesnay.

 

L'abbé ACHARD doit, suite à une décision du 23 Février 1790, lire les décrets de l'assemblée constituante ; celui-ci ayant refusé le 13 avril de reconnaître le catholicisme comme religion d'état, le 20 avril suivant, l'administration de ses biens est retirée à l'église. Le presbytère et l'église de FILLE sont achetés par les citoyens Héron et Tanchot pour la somme de 1697 écus.

En 1791, dès janvier, les municipalités de la Sarthe ayant recensé des églises se voient contraintes de faire jurer fidélité aux prêtres. 422 jurèrent alors que 632 se déclarèrent réfractaires ; suite à ce décret demandant aux prêtres de prêter serment, le Curé Achard semble s'y soumettre puis se rebelle. Dans les murs du château de la Beunêche est installé une cache permettant au prêtre réfractaire de se réfugier sans être inquiété. Fidèle aux réfractaires, les populations aidaient souvent à les cacher.

Or, suite à des lettres de délation, de jeunes individus "révolutionnaires" venus du Mans haranguent les paroissiens à la sortie des offices et en Août 1792, le trouble règne partout et le comité révolutionnaire de la Sarthe soumis aux ordres du Conventionnel Levasseur fait condamner 112 prêtres à l'exil en terre espagnole.

Au Mans, ces prêtres réfractaires rebelles à la Nation et à la Loi sont enfermés dans le séminaire de Coeffort où ils subirent toutes sortes de mauvais traitements mais ils apprirent que depuis quelques temps, un bruit courait qu'un décret de déportation était rendu à leur encontre. C'est sans résistance qu'ils se rangèrent un matin d'août 1792 dans la cour du Séminaire pour prendre la route en direction de la Flèche car, comme dans le sens de la Révolution, il fallait faire sentir au peuple que les prêtres étaient coupables : il fallait que l'innocence fût opprimée.

C'est ainsi qu'ils arrivèrent à Guécelard pour le déjeuner, escortés d'hommes de la garde.

En représailles, le Curé Achard fut également traîné de force pour rejoindre ces curés réfractaires destinés à l'exil. Suite à ce grand tumulte, un de ces prêtres réfractaires écrit qu'à l'auberge de Fillé-Guécelard où ils faisaient une halte pour se désaltérer et manger, les "crapauds de nuit" (c'est ainsi qu'on désignait les prêtres réfractaires à l'époque) se virent entourés par les habitants proches qui leur témoignèrent douleur et compassion et les larmes aux yeux dirent adieu à leur curé, étonnés de les voir si déterminés dans leur choix et si sereins.

Sous la chaleur accablante; l'ordre de marche fût donné et sous les huées et les injures, ils continuèrent leur route. 

Après avoir traversé Angers, Ancenis, Oudon, ils arrivèrent fin septembre dans le Port de Nantes. Dans la rade de Paimboeuf, ils embarquèrent, le 1er Octobre, sur le vaisseau "l'Aurore" en direction de l'Espagne.

 

 

Chassé de sa paroisse, le curé Achard fut remplacé par un "intrus" Jean Arnoult qui se heurta à l'hostilité de la rustique, ignorante et pieuse population, l'installation des nouveaux venus considérés comme des intrus était généralement mal acceptée par les fidèles.

Pendant, la révolution, des combats opposent les soldats républicains et les chouans à ROEZE, une partie des Chouans se noyant dans la Sarthe.

En 1793, l'année fut également très mouvementée avec des batailles entre les chouans et les républicains. Buffes vit passer sur l'ancienne route de Paris-Nantes, dite le "chemin aux boeufs", ancienne voie romaine, située à cinq cents mètres de Buffes, plusieurs dizaines de milliers de Vendéens dans leur expédition appelée " Virée de Galerne" c'est-à-dire "mouvement vers le nord" car le vent de galerne est un vent du nord et ce, alors qu'ils remontaient d'Angers vers le Mans, en route pour Granville.

 

 

En Fructidor An III, on entre dans la "seconde terreur" avec la disparition de Robespierre le 9 Thermidor. Le citoyen Auvray, préfet de la Sarthe nomme le citoyen François Tanchot, maire de FILLE-GUECELARD le 3 messidor an VIII. Tous doivent prêter serment de fidélité à la Constituante.

 

 

En Fructidor An III (septembre 1794), un dénommé "Tape à mort" qui avait quelques parentés à  FILLE avait formé avec eux une bande de "contre-révolutionnaires". Ledit "Tape à mort" s'était mis à la disposition du commissaire de la République du Mans quelques temps plus tard et dans la nuit du 19 au 20 fructidor an III, les citoyens Tanchot, maire de Fillé-Guécélard et Blin, procureur de ladite commune, ont, aux environs de minuit, vu se présenter à eux 3 ou 4 individus à cheval leur demandant le texte de la Constituante présentée par la Convention Nationale à l'acceptation du peuple. Or, suite à la réponse affirmative des deux notables filléens, ils ont exigé la remise de ce texte en échange d'un autre... Les individus à cheval ont effectivement déposé sur le bureau du Maire deux documents, l'un intitulé "Déclaration du Roy" commençant par ces mots :"Louis, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre" (il s'agissait de Louis XVII âgé de neuf ans et qui, tuberculeux, mourrait dans la prison de la Bastille d'une lente agonie) et se terminant par "Votre inébranlable fermeté" et :

l'autre intitulé "Manifeste du Général Charette" commençant alors par ces mots : "Le moment est venu" pour se terminer par "Soyez persuadés, Messieurs, de tous mes sentiments pour vous". La remise de ces deux documents leur a été faite avec injonction d'en faire lecture "au péril de leur vie", "à l'heure où il y aurait le plus de monde" et "en faisant sonner la cloche afin de rendre le rassemblement plus conséquent" et ce Maire et Procureur ont exécuté dès le lendemain de crainte d'être recherché par les chouans en présence de 50 à 60 citoyens de la commune et notamment des citoyens Gaupuceau et Rousseau (officiers municipaux).

Alors là, ils sont interrogés pour savoir pourquoi ils n'avaient pas prévenu l'Administration de cet évènement qu'elle aurait pu empêcher, ils ont répondu que c'était la crainte de possibles attaques qui les avaient retenus... La présente minute de cet interrogatoire est enregistrée sous la forme d'un évènement contre-révolutionnaire par le citoyen Bardou-Bouquetin, il s'avère donc que les deux notables se sont rendus coupables d'une criminelle complaisance envers la République... On ne rigolait pas avec la prestation de serment à la Constituante ! en vertu de quoi, ces deux élus sont momentanément suspendus de leur fonction et remplacés par les autres officiers municipaux.

Le 10 Nivose an IX : un "arbre de la liberté" est planté solennellement par le citoyen Tanchot et le sieur Héron son adjoint.

Quand les Brigands de la Vendée perturbent  l'enregistrement des actes de Mariage à FILLE-GUECELARD.

 

 

Sur le registre des mariages et des décès de la commune de FILLE-GUECELARD AN II - 1822 il est mentionné qu'il a été apporté quatre feuillets supplémentaires à celui commencé le 1er Janvier 1793.

Or, il aurait dû commencer le 1er Pluviose "Pour compléter la féconde année de la République (sic)

mais "lesquels Registres devoient, au terme dudit décret du 9 mois dernier (donc du 9 Frimaire) commencer le 1er Nivose ; ce qui n'a pu s'effectuer attendu l'invasion des Brigands de la Vendée, dans la commune du Mans et dans l'arrondissement du district".

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