BOUTELOUP
BOUTELOUP
Lors de la prise du Mans par le général de Bourmont, un de ses plus braves soldats, Bouteloup, dit Va de bon coeur, n'avait pu se trouver à ce glorieux fait d'armes. Il en conçut une peine extrême. "Puisque je n'ai pas coopéré à la prise de la ville, se dit-il, je me vengerai, je vais prendre Loué."
Avec trois chouans aussi intrépides que lui, il pénètre dans la ville au cri de : Vive le Roi ! Cependant, pour éviter toute surprise et assurer sa retraite, il laissa deux de ses camarades aux premières maisons et avec l'autre il s'élance au galop vers la demeure de deux patriotes exaltés. "Au nom du Roi, leur crie-t-il, rendez-moi les quatre fusils qui sont suspendus à votre cheminée." Les patriotes s'exécutent. De là, Bouteloup court chez le Maire. Il me faut, dit-il, douze cents billets de logement pour douze cents hommes que le général Bourmont dirige sur votre ville ; livrez-moi de suite toutes les armes et toutes les munitions que vous avez en votre possession."
Le maire, épouvanté, lui fait remettre deux cents fusils déposés à l'arsenal. Va de bon coeur les fait charger sur une charrette et sort de la ville. Quand il est à une certaine distance, il dit au voiturier : "Retourne vers ton maître et dis-lui que moi quatrième j'ai désarmé les patriotes et leur ai enlevé deux cents fusils, et que si M. de Bourmont avec son corps d'armée a pris le Mans, moi seul j'ai pris la ville de Loué... (Abbé Deniau)
Chouans et Vendéens se valaient.
Extrait du livre : "Paysans Vendéens" - Comte de Chabot - Les Editions du Choletais