Stofflet ... Correspondances

STOFFLET
à M. Chalon, chef de division à Chauzeau
VIVE LE ROI !
Aussi-tot la présente reçue, monsieur, je vous prie de faire passer les proclamations aux adresses ci-incluses ; vous ferez votre rassemblement de suite, en l'ordonnant pour le bourg de Nevi. Je ne doute nullement qu'avec votre zèle et votre activité, vous ne remportiez une victoire complette sur les ennemis de votre religion et de votre Roi.
Je suis, en espérant de vous la plus grande diligence, monsieur, votre affectionné serviteur, STOFFLET.
P.S. Vous signerez les adresses et les proclamations, et en remettrez aux soldats que ferez prisonniers, en leur déclarant que l'on n'en veut qu'aux chefs de la république.
Le livret est pour les républicains, et la feuille pour les convocations.
PROCLAMATION DE STOFFLET
Au nom du ROI
Le Général Stofflet, à ses Compagnons d'armes
Braves amis,
Le moment est venu de vous montrer. Dieu, le Roi, et la voix de vos chefs vous appellent au combat.
Plus de paix ni de trève avec la république. Elle a conspiré la ruine entière du pays que vous habitez. Vous enchaîner sous ses lois barbares, vous associer à ses crimes, arracher de vos mains le fruit de vos travaux, vos grains, vos subsistances, vos dernières ressources ; tels sont ses projets. Vous abandonner pour quelques jours pour écraser, par la masse entière de ses forces, vos compagnons d'armes, et revenir ensuite subjuguer, vexer, affamer, désarmer vos contrées, tel est son but.
Mais le souffrirez-vous ? Non. Les braves soldats que pendant deux années j'ai conduits au combat, ne deviendront jamais républicains. Jamais le déshonneur ne flétrira les lauriers qu'ils ont moissonnés.
Ressaisissez donc avec l'énergie dont vous êtes capables, ces armes terribles que vous ne déposâtes qu'en frémissant : volez au combat, je vous y précéderai ; vous m'y distinguerez aux couleurs qui décoroient Henri IV à Yvri. Puissent-elles être pour nous, comme pour lui, le signal de la victoire !
Vive le Roi Louis XVIII !
Signé, STOFFLET.