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La Maraîchine Normande
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10 avril 2012

Jacques Forestier ... La Gaubretière (1ère partie)

JACQUES FORESTIER

ET LES DEBUTS DE L'INSURRECTION DE 1793

A LA GAUBRETIERE

 

 

C'est le propre des mouvements vraiment populaires de ne pouvoir se résumer en quelques faits marquants où figurent de rares personnages principaux, mais au contraire d'être constitués d'une multitude de tableaux différents où toute une riche galerie d'acteurs secondaires évoluent ; et ce caractère est d'autant plus frappant peut-être dans l'insurrection vendéenne de 1793, que ceux-là même qui l'illustrèrent le plus, et devinrent ses héros glorieux, furent totalement étrangers à ses débuts.

 

Il est inutile d'insister sur ce point, que ni les nobles ni les prêtres ne furent les promoteurs du mouvement, et c'est presqu'un lieu commun de rappeler que tous les gentilshommes vendéens, sans exception peut-être, furent entraînés de force par les paysans révoltés : c'est Bonchamps, qui pendant deux jours se dérobe aux émissaires envoyés à son château de la Barronière ; c'est de Sapinaud, menacé vingt fois de la mort pour avoir refusé de faire sonner le tocsin ; c'est Lucas Championnière ; c'est d'Elbée ; c'est enfin le Chevalier Athanase de Charette, qui tandis que les insurgés cernent son château de Fonteclause, se cache sous un lit pour échapper à leurs recherches ; tous ou presque tous en un mot prirent les armes contre leur gré, et non certes par lâcheté, mais parce qu'ils jugèrent l'entreprise téméraire et folle, et ne pouvaient prévoir que cette folie serait féconde, et à coup sûr sublime !

 

C'est donc en dehors de ces noms connus de tous, qu'ils faut rechercher les premiers organisateurs du mouvement. Bien peu d'ailleurs ont trouvé place dans l'histoire : le perruquier Gaston à Challans ; le procureur Souchu, à Machecoul ; le marchand d'oeufs Louis Guérin, à Saint-Hilaire-de-Riez ; le chirurgien Joly, à la Chapelle-Hermier ; le colporteur Pageot aîné, à Bouin ; le voiturier Cathelineau, au Pin-en-Mauges ; et si le plus grand nombre sont inconnus, c'est qu'ils eurent la modestie bien rare, le suprême dévouement à la Cause, de s'effacer pour céder leur place, non pas certes à de plus dignes, mais à de plus habiles dans le métier des armes.

 

 

Jacques Forestier appartient à cette phalange modeste, bien qu'il se distingue de ceux que nous venons de nommer par l'éducation et la situation sociale, et si les documents dont nous disposons ne nous permettent pas de retracer aussi exactement  que nous le voudrions cette belle figure vendéenne, ils nous suffiront amplement pour en marquer les traits les plus saillants, et préciser quel fut son rôle dans les débuts de l'insurrection vendéenne à la Gaubretière.

 

Jacques Forestier naquit le 19 novembre 1751, au petit bourg vendéen de Chauché. Sa famille tout entière y habitait, et tout porte à croire qu'elle en était originaire.

 

Son père, Pierre Forestier, nommé "notaire et procureur postulant de la ville et Vicomté de Tiffauges" par lettres du 28 juin 1745, était venu s'établir à la Gaubretière, où il demeurait en face du manoir de la Louatière, à l'angle du chemin des Herbiers et de celui de Beaurepaire.

 

Jacques Forestier fut d'abord nommé "courtier jaugeur du bureau de la Gaubretière ... avec les privilèges et immunités y attachés ... attendu, voyons-nous dans l'acte de nomination, que le dit Forestier est de la religion catholique apostolique et romaine, qu'il a l'âge requis par les règlements, qu'il n'est point parent du fermier ni intéressé dans sa ferme."

 

En 1771, à peine âgé de vingt ans, il est nommé notaire Royal par lettres signées de Louis XV, et dont nous reproduisons le passage suivant :

 

"Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre.

 

A tous ceux que ces présentes verront, salut ! savoir fésons que pour le bon et louable rapport qui nous a été faict de la personne de notre aimé Jacques Forestier, et de ses sens, suffisence et expérience, pour ces causes et autres nous lui avons donné et octroié, donnons et octroions par ces présentes lettres, l'office de Notaire Roial en la paroisse de la Gobertière, sénéchaussé de Poitiers ..."

 

A cette lettre sont joints le certificat de prestation du serment devant le sénéchal de Poitiers, le reçu de ce dernier de la somme de 300 livres pour la charge de notaire royal, et enfin la dispense d'âge, accordée à Jacques Forestier par le roi lui-même, dont elle porte la signature.

 

A cette charge de notaire royal, Jacques Forestier joignit bientôt celle de procureur fiscal des châtellenies des environs, charge que son père occupait avant lui, et qui lui fait donner dans les vieux actes le titre de "praticien". Il fut en effet nommé procureur : de la châtellenie de Chambretaud, par lettres du 5 mais 1773, signée Duchaffault de la Roche ; de celle de La Gaubretière par lettres du 8 novembre 1780, signées Jacques You, prêtre curé et seigneur ; et de celle de Landegénusson, par lettres du 29 mars 1784, signées Pierre Mathurin Thomazeau, prêtre curé et seigneur.

 

Enfin en 1790, lors de la création des juges de paix, il fut nommé à l'élection juge de paix du canton de Tiffauges, mais nous dit-il lui-même dans une note manuscrite : "on ne peut rapporter l'acte de nomination qui a été la proye des flammes de mon mobilier, on ne peut non plus rapporter l'acte de prestation de serment".

 

C'est après cette nomination qu'il commença la construction de sa maison de la Garenne, sur l'ancien chemin de la Verrie, construction que la guerre de Vendée devait momentanément suspendre.

 

 

Telle était la situation de Jacques Forestier à la veille de la révolution.

 

Obligé par sa profession de vivre au milieu des paysans, il était adoré de ces braves gens qui respectaient en lui l'homme bon et vertueux, tout à la fois simple en ses manières, et cependant beaucoup plus instruit qu'on ne l'était généralement à cette époque. Ils avaient en lui une inébranlable confiance, en lui exposant leurs besoins et leurs récriminations, sûrs de toujours trouver auprès de lui un bon conseil, une aide morale, et le plus souvent un secours matériel ; aussi, lorsque la persécution religieuse s'accusant de jour en jour plus caractéristique, les gâs de la Gaubretière songèrent à s'insurger, Jacques Forestier fut le premier averti de leur projet, et le premier consulté sur sa réalisation.

 

Dès 1791, des troubles partiels avaient éclaté çà et là dans tout le pays vendéen ; à la Gaubretière, à plusieurs reprises déjà, les paysans avaient été sur le point de répondre par la force aux vexations dont étaient accablés les prêtres qu'ils chérissaient.

 

D'autre part, les nobles des environs, qui dès l'abord avaient accueilli avec transport les idées nouvelles, n'avaient pas tardé à entrevoir dans quel abîme de sang allait verser la révolution ; mais, en abandonnant les utopies qu'ils avaient un moment bercées, ils étaient bien loin de croire à la nécessité, à la possibilité même d'une insurrection, et ne songeaient qu'à vivre tranquilles en leurs manoirs, loin des agissements de l'époque, dont semblait les séparer comme une large barrière l'inébranlable fidélité des paysans vendéens.

 

Entre la noblesse encore endormie et la population comme inconsciente de son énergie, Jacques Forestier, ainsi que son ami Duchesne, se rendait bien compte qu'une insurrection à main armée était inévitable. Plusieurs fois déjà, jugeant le moment mal choisi, il avait arrêté les paysans prêts à se lever en armes, mais en présence des évènements de plus en plus significatifs, il préparait activement le mouvement, sachant bien qu'avant peu les paysans allaient se relever sous le talon qui les écrasait, et que les nobles, arrachés à leur dolent optimisme, allaient être entraînés malgré eux dans le mouvement populaire.

 

Dans les mois qui précédèrent le soulèvement, il se livra à une minutieuse étude de ses compatriotes, et, aidé en cela par les exigences de sa profession, il visita chaque village et pour ainsi dire chaque ferme, s'assurant partout des dispositions et des aptitudes de chacun, afin qu'au jour déjà proche de la lutte, tous eussent un rôle bien défini, en rapport avec leurs caractères et leurs aptitudes.

 

La levée d'armes était imminente. Les multiples tracasseries dont le clergé était l'objet, les menaces vantardes des Patauds de Mortagne et des Herbiers, enfin les symptômes d'effervescence qui sourdaient par tout le pays avaient énervé la population, et le moment était venu où le moindre incident déchaînerait la guerre civile.

 

 

Ce fut le 10 mars 1793, qu'avec la Vendée tout entière, la paroisse de la Gaubretière se leva en armes.

 

Rien ne faisait prévoir la prise d'armes pour ce jour. Comme à l'habitude, les paysans étaient dispersés dès l'aube dans les champs, et Jacques Forestier surveillait les travaux de construction de sa maison de la Garenne, dans le quartier de la Pierre-Levée, lorsqu'un homme demanda à lui parler sans retard.

 

C'était un paysan nommé Raynard. Il était ruisselant de sueur, couvert de poussière et de boue, et parmi les sifflements de sa poitrine oppressée par une longue course, il raconta qu'il venait tout d'une traite de la Guyonnière, que de ce côté les paysans étaient en armes, que le tocsin sonnait à tous les clochers, et qu'en ce moment les insurgés marchaient sur Montaigu.

 

Il était environ midi. Sans plus tarder, Jacques Forestier fait donner l'ordre au sacristain Augereau de sonner le tocsin, puis laissant Raynard exténué se reposer à la Garenne, il se rend en hâte au château du Sourdy, pour apprendre à de Sapinaud les dernières nouvelles.

 

Charles-Henri-Félicité de Sapinaud de la Rairie, ancien premier lieutenant au régiment de Foix, et qui devait être nommé en 1815 généralissime des armées vendéennes, était loin de s'attendre à une insurrection ; mais le fait est là, palpable, et appuyant les paroles de Forestier, le tocsin appelant aux armes commençait à pleurer au vieux clocher de la Gaubretière, égrenant ses notes lugubres sur la campagne et jusqu'aux villages les plus éloignés.

 

A ce signal, qui pour la population tout entière est un signal de délivrance longtemps attendu, les paysans quittent le sillon inachevé, et dans un instant le cimetière entourant l'église, et les rues qui y conduisent, sont remplis de groupes animés où l'on commente fièvreusement les nouvelles de Raynard. Forestier, au milieu de ces braves gens qu'il connaît tous par leur nom, va de l'un à l'autre, et les larges mains des paysans cherchent instinctivement celle du notaire royal, comme pour cimenter une alliance inébranlable dans les dangers futurs.

 

Dès que les habitants des villages les plus éloignés ont rejoint le bourg, tous les hommes en état de prendre les armes se massent sur la place, et tandis que le curé de la paroisse M. Jacques You réunit dans l'église les femmes et les enfants, tout ce rassemblement, conduit par Jacques Forestier, se porte au château de Landebaudière chez le Marquis de Boisy.

 

Pierre-Prosper Gouffier, chevalier, Marquis de Boisy, était l'intime ami de d'Elbée, c'était d'ailleurs en son château de Landebaudière, à quelques mètres à peine de la Gaubretière qu'avait eu lieu, le 17 novembre 1788, le mariage du futur généralissime des armées vendéennes, en ce château aussi, qu'il devait trouver si souvent asile pendant la Grande Guerre.

 

Tout comme de Sapinaud, de Boisy n'avait jamais envisagé la possibilité d'une insurrection ; aussi, lorsque les paysans envahirent son château de Landebaudière, les plus solides gâs de la paroisse durent le charger sur leurs épaules pour mettre fin à ses représentations. Et la troupe grossie de cette involontaire et pourtant précieuse recrue se rend au château du Sourdy.

 

Au bruit que font les paysans en entrant dans la cour du Sourdy, de Sapinaud sort à la porte de son manoir ; il est salué d'un long cri de "Vive not'commandant !".

 

Forestier a pensé en effet, qu'ancien officier, de Sapinaud était tout indiqué pour devenir le chef de la petite armée ; mais, sachant se buter contre un refus obstiné, il n'avait jamais parlé de ses projets à son ami, espérant qu'au jour décisif, il n'oserait pas se refuser au voeu de toute la population.

 

Pourtant au premier abord de Sapinaud refuse. Il retrace aux paysans tout l'imprévu dans lequel ils se lancent, tous les dangers auxquels ils s'exposent eux et leur familles, rien n'y fait, les vieux hochent la tête, obstinés dans leur décision, quant aux jeunes, ils ne parlent rien moins que d'enlever de Sapinaud comme ils ont enlevé de Boisy.

 

Voyant que les révoltés sont fermement résolus, que d'autre part son devoir est accompli, puisque loyalement il les a avertis des conséquences de leur acte, craignant d'ailleurs d'être enlevé de force, et de subir ainsi les évènements sans avoir eu le mérite de les accepter, de Sapinaud prend le grade dont les paysans l'on salué, et au milieu de l'enthousiasme débordant de ses nouveaux soldats, arbore le drapeau blanc : l'armée avait son chef.

 

Si l'on eût écouté les insurgés, la petite troupe serait de suite entrée en campagne ; mais de Sapinaud, estimant qu'il valait mieux faire coïncider son mouvement avec celui des paroisses voisines, et décidé d'ailleurs de marcher sous les ordres de son oncle, le chevalier de Sapinaud de la Verrie, ancien Garde du corps, qui habitait la paroisse de la Verrie, à quelques kilomètres de la Gaubretière, ordonne de le faire prévenir.

 

Jacques Forestier dépêche aussitôt le ménétrier de la paroisse, Planchot, et ce dernier avait à peine dépassé le Pont-Nau, qu'il rencontrait le chevalier de la Verrie, qui, placé à la tête des insurgés de sa paroisse, se dirigeait vers la Gaubretière.

 

Les deux troupes se trouvent bientôt réunies dans la cour du Sourdy, et pendant quelques instants c'est un tumulte indescriptible.

 

Au milieu des vivats et des acclamations on réunit à la hâte une sorte de conseil de guerre, et tandis que les soldats élisent par acclamations les chefs secondaires et les capitaines, les deux de Sapinaud, de Boisy, du Chillou de Kernavo, Jacques Forestier, André Duchesne, M. You le curé de la paroisse, tous futurs officiers supérieurs de l'Armée du Centre délibèrent sur les moyens à prendre pour organiser l'insurrection.

 

Lorsqu'ils se séparent, il est trop tard pour se mettre en marche, et l'on décide que le départ aura lieu le lendemain matin. Pendant que Jacques Forestier fait prévenir les paroisses limitrophes, les nouveaux soldats se dispersent pour faire leurs derniers préparatifs, aiguiser les fourches et les épieux, emmancher à revers les grandes lames de faulx et dire un dernier adieu à ceux des leurs qu'ils vont laisser derrière eux.

 

A la nuit tombante, les jeunes garçons envoyés dans les paroisses voisines rapportent à Forestier que partout l'on est en armes, et que dès l'aube du lendemain, les insurgés des paroisses des Landes-Genusson, Beaurepaire, Chambretaud, Saint-Aubin et Saint-Martin, viendront à la Gaubretière se mettre sous les ordres des deux de Sapinaud, universellement connus dans le pays.

 

On prend donc rendez-vous pour le lendemain matin, et afin que tous soient prêts à l'heure du départ, Jacques Forestier répartit les habitants des villages les plus éloignés au Sourdy, à Landebaudière et dans les principales maison du bourg.

 

Pendant toute la nuit, les chemins avoisinants la Gaubretière sont couverts de bandes en armes, et bien avant l'aube, dès que les paroisses voisines sont réunies devant l'église, où M. You bénit les insurgés, la petite armée, forte d'environ deux mille hommes, marche sur les Herbiers dont les deux de Sapinaud veulent s'emparer.

 

C'était le noyau de la future armée du Centre, une des plus fortes unités vendéennes, et celle qui, d'accord avec l'armée de Charette, devait tenir la campagne le plus longtemps.

 

Lorsque cette armée du Centre fut définitivement constituée sous les ordres du vieux Royrand et du chevalier de la Verrie, Jacques Forestier, en raison de ses occupations antérieures et des aptitudes spéciales inhérentes à sa profession de notaire, et surtout de procureur fiscal, fut nommé par le Conseil : Commissaire aux vivres, grade qui peu après fut élargi et commué en celui de Commissaire ordonnateur, puis de Commissaire général.

 

C'est en cette qualité qu'il assista à toutes les batailles de la Grande Guerre, s'occupant des vivres et des subsistances, de la confection du pain et de sa distribution, du logement, des réquisitions de chevaux et de fournitures, de la solde des déserteurs étrangers, de la répartition de la poudre et des munitions, en un mot de tous ces services d'une importance capitale, et dont l'organisation, dans une armée comme celle des Vendéens de 1793, demandait une intelligence et une énergie de tous les instants.

 

Ajoutons que ces fonctions, qui dans nos guerres modernes peuvent s'exercer à l'abri des balles, n'allaient pas en 1793 sans une participation effective aux luttes journalières ; et ce grade de Commissaire général, en apparence plutôt civil que militaire, n'était, vu les circonstances, qu'un grade d'officier général, avec de multiples et difficiles occupations en plus.

 

Jacques Forestier était également investi d'importantes attributions judiciaires, dont, faute de documents, nous ne pouvons préciser exactement la nature et l'étendue.

 

Nous citerons simplement deux lettres de lui, conservées à la Bibliothèque de Nantes, et traitant de ces fonctions.

 

La première est ainsi conçue :

 

"A Monsieur,

M. Pierre de la Brunière, inspecteur de la 4e division, à sa maison de la Brunière.

Beaurepaire, le 23 janvier 1795

 

Monsieur,

 

Suivant votre lettre du 12 de ce mois, j'avois lieu de croire qu'il y avoit un jugement de randu dans votre affaire contre Dabin, d'autant plus que je me rappelle parffaitement que par mon avant-dernière lettre je vous avois fait passer une commission pour connoître et juger cette affaire. Comment peut-il se faire que cette commission se soit égarée puisqu'elle étoit renfermée dans votre lettre ?

 

Quelque chose qu'il en soit, je vous en fait passer une autre que vous pouvez remettre à M. Le Bond ..."

 

C'est la signature de cette lettre que nous reproduisons ici, d'après une photographie prise à la Bibliothèque de Nantes.

 

 

 

Par une autre lettre, placée dans les vitrines de la salle d'expositon de la même Bibliothèque, et datée du 7 août 1795, nous voyons que Jacques Forestier désigne M. Sicard de la Brunière, inspecteur de la division de Pouzauges, pour connaître et juger une affaire.

 

Enfin Jacques Forestier était officier de l'état-civil, et à ce titre, chargé de la légalisation et du contrôle des registres paroissiaux des paroisses comprises dans le territoire de l'Armée du Centre.

 

Aussi voyons-nous la mention suivante sur les registres de la paroisse de Saint-Christophe-de-la-Barotière :

 

"Registre pour servir à inscrire les actes de baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Saint-Christophe-de-la-Barotière, lequel registre, contenant vingt-quatre feuillets, a été cotté et paraphé par premier et dernier par moy, Jacques Forestier, commissaire général de l'Armée Catholique et Royale du Centre, ce 4 septembre 1794, l'an 2e du règne de Louis XVII

 

Signé Forestier"

 

Des mentions analogues existent sur les registres de la Gaubretière, d'Ardelay et sur ceux de plusieurs paroisses des environs.

 

A l'état-major de l'Armée du Centre, dont il faisait partie, Jacques Forestier était devenu en peu de temps un membre influent du Conseil.

 

C'était toujours l'homme d'expérience, aussi prudent que brave, auquel on recourait d'instinct dans les cas difficiles. Adversaire énergique de toute rigueur inutile, et même des représailles en apparence les plus justifiées, plus d'un bleu, pendant les différentes campagnes, ne dût la liberté et la vie qu'à ses prières ou ses ordres.

 

Paul LEGRAND

 

Revue du Bas-Poitou - 1907 - 4ème livraison - p 369 

 

 

Tombeau de Jacques Forestier en le cimetière de La Gaubretière

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