ROUEN (76) - PONT-DE-L'ARCHE (27) - GUILLAUME PANTIN-WILDER, COLONEL DE GENDARMERIE DE LA GARDE IMPÉRIALE (1770 - 1850)
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COLONEL GUILLAUME PANTIN-WILDER
Le colonel Wilder, né à Rouen, paroisses Ste-Croix-St-Ouen, le 12 novembre 1770, était fils de Nicolas-Marie, officier des Bourgeois, et de Louise-Geneviève-Élisabeth Delafolie.
Il s'était engagé comme volontaire en 1792, dans les hussards de la liberté, d'où il passa, l'année suivante, comme lieutenant dans les chasseurs à cheval ; fut l'aide-de-camp du Général Chalbot commandant la 20e division, le 13 mai 1796 ; et après s'être distingué par plusieurs actions brillantes, dans les premières campagnes de la République, il entra comme lieutenant dans la gendarmerie, en 1798. Les batailles de Montebello et de Marengo furent bientôt pour lui le théâtre d'actions d'éclat aussi honorables que l'avaient été le combat devant Lille et à la bataille de Maubeuge.
Il était en 1812 chef d'escadron à la 4e légion de gendarmerie de l'armée d'Espagne, lorsqu'avec 80 gendarmes chevau-légers, en présence et aux applaudissement de la vieille garde, rangée en bataille près de Orduna, il s'empara de l'intendant-général de l'armée espagnole et de 84 prisonniers, après avoir tué tout le reste du bataillon qui accompagnait l'intendant. Sa belle conduite à Arcis-sur-Aube, en 1814, fut remarquée de l'Empereur, qui l'en félicita personnellement et lui annonça son admission dans la garde impériale.
Licencié à Fontainebleau, à la suite de l'abdication, il ne tarda pas à être réintégré pour prendre le commandement de la légion de gendarmerie de Versailles.
En 1815, durant les Cent-Jours, l'ordre de Napoléon le fit rentrer dans la garde. Après Waterloo, il continua de servir jusqu'en 1822, où ayant accompli 30 années de service effectif, il prit sa retraite.
Après quelques années de séjour à Paris, il revint dans sa province et se retira près de Pont-de-l'Arche, dans sa propriété de Bonport, où la dernière partie de sa carrière fut marquée chaque jour par le bien qu'il ne cessa de répandre autour de lui, par l'exercice et l'exemple de toutes les vertus privées.
Le mérite d'un officier supérieur de l'armée si distinguée de la gendarmerie, durant la période entière des campagnes de la République et de l'Empire, appelait naturellement sur M. Wilder la considération de ses concitoyens. Il y répondit en donnant son concours éclairé à tout ce qui se faisait d'utile dans l'agriculture et l'administration.
Ses services ne tardèrent pas à recevoir l'honorable récompense de l'élection au conseil-général de l'Eure, dont il fut pendant plusieurs années un des membres les plus zélés. Sa capacité et son jugement sûr y furent si bien appréciés, que même depuis qu'il s'en était retiré, à cause de son grand âge, il recevait encore et reçut jusqu'au dernier moment, des lettres où l'on recourait à son expérience et à ses conseils toujours bienveillants. Chez lui, l'amabilité égalait le courage et la bonté. Ces qualités, peintes sur sa physionomie ouverte, pleine de loyauté, d'une gaîté douce et égale, mêlaient un véritable attrait au respect de ses beaux cheveux blancs.
Une courte maladie enlevait le colonel Wilder, âgé de 80 ans, à des enfants dont la tendresse avait couronné du bonheur le mieux mérité une si belle vie. "J'ai été bon soldat, et je meurs bon chrétien". Telles ont été ses dernières paroles.
Le 5 septembre 1850, ont eu lieu à Pont-de-l'Arche, au milieu d'un concours nombreux d'amis venus de Rouen et des environs, les obsèques de M. Guillaume Pantin-Wilder, ancien colonel de gendarmerie de la garde impériale, officier de la Légion d'honneur.
Il avait épousé à Duclair, le 20 brumaire an VIII (11 novembre 1799), Louise-Sophie Pouchet (née à Rouen, paroisse Maclou, le 7 décembre 1781 - décédée en 1849), dont il eut une fille : Louise-Clémence-Agélie, née à Caen, le 12 juin 1809 ; décédée à Paris le 17 novembre 1890 à 81 ans.
La Normandie : Le Courrier de l'Eure du Mardi 10 septembre 1850 - 10ème année - n° 106
AD76 - Registres paroissiaux de Rouen
AD27 - Registres d'état-civil de Pont-de-l'Arche
AN - Base Leonore : Dossier LH/2044/16