ZIMMERSHEIM (68) - SELESTAT (67) - 1841 - ASSASSINAT DE L'ABBÉ JEAN-THIBAUT HAMMANN
JEAN-THIBAUT HAMMANN, prêtre catholique
1841
Un événement affreux a répandu la consternation dans la ville de Selestat. Hier, 23 décembre, à dix heures du matin, en entrant dans la chambre de M. Hammann, prêtre catholique, connu dans le pays pour ses habitudes bienfaisantes, on a trouvé cet ecclésiastique baigné dans son sang.
Voici les détails qui ont été recueillis sur ce crime :
"M. Hammann, depuis longtemps, consacrait ses modestes revenus à recueillir temporairement sous son toit, des malheureux sans asile. Il offrait souvent à des pèlerins, à des pauvres retardés, à des voyageurs misérables, une couchée, le pain du soir, et le lendemain quelques deniers de voyages. Souvent la servante de ce malheureux ecclésiastique lui fit, dit-on, des observations judicieuses et sur son trop de confiance, et sur ses charités trop fréquentes, trop fortes pour sa modeste fortune. Mais le prêtre répondait : "Dieu m'a donné cet argent, c'est aux pauvres que je le dois."
Mardi soir, on le vit rentrer avec un homme dont les vêtements n'annonçaient pas une extrême misère ; il admit cet étranger à sa table, et, vers les dix heures du soir, chacun se retira dans sa chambre. L'étranger, toutefois, a laissé échapper ces paroles significatives : "Il est temps, M. l'abbé, que vous alliez régler votre montre."
Le pauvre prêtre, poussé par ses habitudes confiantes, avait-il parlé à cet homme de sa montre, de son pécule ? ... Dieu le sait ... Ce qui n'est malheureusement que trop certain, c'est le spectacle désolant qui frappa le lendemain les gens de la maison, lorsqu'à l'heure ordinaire où le prêtre sortait pour dire la messe, on entra chez lui et qu'on le vit étendu par terre, la gorge coupée avec un rasoir.
Cinquante écus, qui formait tout le pécule de M. Hammann, avaient disparu, ainsi que sa montre, son manteau et quelques objets de moindre valeur. L'homme aux paroles sinistres, que le prêtre avait accueilli la veille, était sorti de grand matin. On prétend l'avoir vu se diriger vers la porte de Colmar, pour partir selon toutes les probabilités, avec un convoi de chemin de fer, et se soustraire aux recherches de police. Jusqu'ici, on n'a point retrouvé d'autre trace du meurtrier."
Journal L'Hermine du 1er janvier 1842.
Fils de François-Joseph Hammann et de Anne-Marie Borer, Jean-Thibaut est né Zimmersheim (68) le 10 décembre 1792.
L'abbé Jean-Thibaut Hammann est mort assassiné dans sa chambre, à Selestat (67), le 23 décembre 1841. Il avait 49 ans.
AD68 - Registres d'état-civil de Zimmersheim
AD67 - Registres d'état-civil de Selestat