Canalblog Tous les blogs Top blogs Emploi, Enseignement & Etudes Tous les blogs Emploi, Enseignement & Etudes
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
La Maraîchine Normande
Publicité
12 novembre 2025

NANTES (44) - LE PUISET-DORÉ (49) - LOUIS-RAYMOND BARBIER DU DORÉ, POÈTE (1807 - 1893)

 

 

 

Originaire d'Anjou, cette famille s'est toujours fait remarquer par sa fidélité et son dévouement à ses rois légitimes.

 

 

 


Jacques-Joachim Barbier du Doré, seigneur de la Peignerie et du Doré, a été tué à la bataille du Mans en 1793.

 


Jacques-René Barbier du Doré, fils du précédent, a été colonel, chevalier de Saint-Louis, chef de division à l'armée vendéenne d'Anjou, né au château du Doré le 6 mars 1776 et décédé au même lieu le 21 septembre 1856.


Il avait épousé, le 6 novembre 1797, Clotilde-Thècle-Eugénie des Mesliers, née le 8 mai 1777 et baptisée le lendemain à St-Jacques de Montfaucon, fille de Charles-Sébastien des Mesliers et d'Anne-Angélique Geffroy. Elle mourut à Nantes (2e canton), le 1er octobre 1851. Sa soeur aînée, Angélique-Marguerite, née le 6 décembre 1775, avait été épargnée à la déroute du Mans. Marceau la prit sous sa protection, mais, en l'absence de ce général, elle fut saisie et guillotinée à Laval le 3 pluviôse an II (22 janvier 1794). Leur mère fut noyée à Nantes.


 

De ce mariage sont nés :

 

- Arthur-Jean-Fortuné, né au Puiset-Doré le 13 juillet 1795 ; capitaine de carabiniers ; marié à Jersey avec Jeanne-Valérie Onffroy de Verez (1813 - 1876) ; décédé à St-Michel-en-Brenne (36), le 6 janvier 1868 ; Jeanne-Valérie est décédée à Paris, le 6 juin 1876 ;


- Jules-Gustave, né à Nantes, le 28 octobre 1802 ; marié le 15 janvier 1844 à Sainte-Gemmes-d'Andigné (49) avec Marie-Victorine d'Andigné (1818 - 1891) ; décédé à Ste-Gemmes, le 9 mars 1874 ;


- Louis-Raymond, né à Nantes (1ère division), le 10 juin 1807 ; marié le 4 juin 1844 à Nantes, avec Marie-Joséphine-Françoise-Félicité de Chalus, fille de René-Augustin, comte de Chalus, chevalier de Saint-Louis et de la Légion d'honneur, maréchal de camp, et de Louise-Sylvine-Angélique Duris, née le 10 juillet 1825 à Nantes ;

 

- Mathilde-Thècle-Eugénie, née à Nantes, le 7 janvier 1812 ; mariée le 29 juin 1847 à Nantes, avec Edouard-Pierre-Richard de La Tour (1803 - 1873) ; décédée le 19 juin 1868 à Montigné-sur-Moine, à l'âge de 56 ans.
 

Les trois frères furent condamnés à mort pour avoir pris part à l'insurrection royaliste de 1832 ; Louis-Raymond s'était réfugié en Italie où il passa plusieurs années avant de rejoindre ses deux frères à Jersey.

Dans sa séance du 4 février 1833, la cour d'assises du Loiret s'est occupée de l'affaire dans laquelle sont accusés de chouannerie les sieurs Arthur Barbier-Dudoré, fils aîné, âgé de 34 ans, ex-capitaine de carabiniers ; Gustave Barbier-Dudoré, âgé de 32 ans ; Louis-Raimond Barbier-Dudoré, âgé de 26 ans ... et d'autres, mais eux n'étaient pas sur le banc des accusés.

 

En 1836, les trois frères sont venus purger leur contumace devant le jury de la cour d'assises du Loiret : ils ont été acquittés.

 


 

 

 

Louis-Raymond Barbier du Doré, plus souvent appelé Raymond du Doré était un passionné de poésie et de chasse. C'était un homme des plus aimables, simple, énergique, sans aucune morgue, d'une franchise admirable


 


Dans le Journal L'Hermine du 5 août 1837, Jacques Crétineau-Joly signe un article intitulé "Poésies d'un proscrit, par Raymond du Doré" :


"La Vendée a des soldats ; elle compte par centaines ses héros et ses martyrs, depuis les La Rochejaquelein et les Charette jusqu'à l'obscur et modeste laboureur qui combattit et mourut pour son Dieu et pour son Roi, ne cherchant ni sur la terre ni dans la postérité une gloire dont cependant il était si digne. La Bretagne, aussi féconde en événements que cette pauvre Vendée, a enfanté pour l'immortalité plus d'un nom célèbre dans les lettres ; mais échappés du pays auquel pourtant, dans leur vieil amour, ils redemandent encore, comme Châteaubriand, un souvenir et un tombeau, ils ne songent à la patrie, dont il sont l'une des plus nobles illustrations, que lorsque la souffrance ou les persécutions les atteignent.


Voici un jeune poète qui n'a pas fait comme eux. Il a grandi dans la Bretagne, combattu dans la Bretagne comme un breton devait combattre ; puis, pour dérober sa tête aux pièges qui le menaçaient, il est parti en pleurant sa mère et sa patrie, et réalisant en 1832 ces tristes pressentiments de 1829 :


Peut-être un jour, banni de mon vallon tranquille,
Abandonné, proscrit, errant, 
J'irai mendier un asile,
Chez l'étranger indifférent.


Mais alors ma lyre puissante
Exhalera de sublimes soupirs,
Et de sa corde gémissante
Les sons ne mourront pas sur l'aile des Zéphirs.


Et trois ans après avoir composé ces vers si touchants et si prophétiques, M. Raymond du Doré, poussé par le flot des révolutions, s'asseyait en proscrit sur les ruines du Colysée, ou sur la plage de Venise déserte. Mais ce qu'il avait promis, il l'a tenu. Comme les hébreux exilés aux bords de l'Euphrate, lui a pleuré au souvenir de sa Vendée chérie ; mais il n'a pas, comme eux, suspendu sa lyre aux saules des fleuves de Babylone. C'est un hommage de reconnaissance que lui devront tous ceux qui, dans ce siècle de spéculations ardues, d'industrialisme et d'argent, aiment encore une poésie aussi douce que le sourire de l'enfant au berceau, aussi tendre que le coeur d'une mère, aussi chaste que l'âme d'une vierge, et parfois aussi sublime que la Vendée, dont il aime tant à répéter le nom.


Avec une époque, telle qu'on nous l'a faite, si horrible de positif, si triste, si ennuyée et cependant si tourmentée d'ambition et d'insatiables désirs, il faut être doué d'un courage presque surhumain pour songer encore à jeter à ce public, blasé et indifférent, de ces élans de l'âme, de ces harmonies si pures qui reposent l'esprit et charment le coeur. M. du Doré s'est senti ce courage, et nous devons l'en bénir, car il nous réconcilie avec la poésie, en nous mettant de moitié dans ses douleurs de proscrit, douleurs que tant de Vendéens ont éprouvés et dont le poète a eu seul le bonheur de se rendre le plus sublime interprète.


Il a vu Genève, Pise, les Alpes, Gênes, Rome, Naples, la pierre du Tasse, le tombeau des Stuarts, Ferrare, Sorrente et Venise. Il a chanté tout cela, en jetant à tout cela un regard de deuil et un soupir de regret sur sa Vendée ; puis, entraîné par son coeur, il est venu à Jersey, se rapprochant autant qu'il lui était possible de la terre que le soleil de Naples et les monuments de Rome ne lui avaient point fait oublier. Là, sur la grève, son oeil pouvait distinguer les côtes de la Bretagne.


Aussi écoutez-le encore :


Les jours, les mois et les années
Passent sans amener le moment du retour,
Et mes illusions comme des fleurs fanées
Tombent et meurent tour à tour !


Seulement, là je garde encore
Pour torturer ma vie, un sentiment fatal,
Sentiment immortel qui charme et qui dévore
L'amour brûlant du sol natal !


Lorsque du haut de la colline,
O France ! j'aperçois ton bord qui me sourit,
Les élans de mon coeur déchirent ma poitrine 
Les élans du coeur d'un proscrit !


Mais de ma destinée amère
Jusqu'au bout, sans faiblir, je subirai la loi ;
J'ai pour me consoler ces mots d'un noble père :
Mon fils, je suis content de toi.


Et ce que ce noble père, dont nous connaissons tout le dévouement, avait dit à un pareil fils, si digne de lui, la Vendée le répète encore à tous deux.


M. Raymond du Doré est enfin revenu parmi nous. Le proscrit a serré dans ses bras sa mère et ses amis, mais il avait à chanter un hymne de bonheur et de reconnaissance.


C'est à la vallée d'Orvault qu'il l'adresse ; et, par les quelques vers que nous venons de citer, par ceux qui sont déjà gravés dans la mémoire des hommes de coeur et de goût, il sera facile de suppléer à des éloges dont nous croyons devoir nous abstenir, par un sentiment que tout le monde comprendra.

 


LA VALLÉE D'ORVAULT (près de Nantes)


Vallons de paix, salut ! salut, collines vertes,
Qui m'avez caché dans vos bois ;
Douces maisons, toujours à l'infortune ouvertes,
Salut ! enfin je vous revois.


Ici, rien de changé, rien, l'amitié fidèle
Comme autrefois m'a pais la main ;
Tous m'ont dit : Venez vite au toit qui vous rappelle,
Et n'attendez point à demain !


Et je suis venu vite, et j'ai versé des larmes
En contemplant ces lieux chéris,
Où d'une vie errante oubliant les alarmes,
Je bénissais mes jours proscrits.


En de lointains climats j'ai traîné ma souffrance ;
Mais, malgré les destins jaloux,
Amis, mes vrais amis, durant ma longue absence,
Mon coeur est resté près de vous.


Née au sein du malheur, mon amitié constante
Fut comme l'arbre du rocher
Que la rage des vents incessamment tourmente
Sans pouvoir jamais l'arracher.


Oh ! l'exil m'a fait voir des merveilles sans nombre ;
Mais pour dissiper mes douleurs
En vain tout souriait là-bas, je restais sombre
Devant cent tableaux enchanteurs.


J'ai vu ces fiers sommets où d'extase remplie
L'âme converse avec les cieux ;
J'ai vu ces mers d'azur qui baisent l'Italie
Avec leurs flots mélodieux ;


J'ai vu Naples, j'ai vu la mourante Venise,
Qui ne vit plus que par l'amour ;
J'ai vu mille cités que la gloire éternise,
Orvault, sans t'oublier un jour !


Sur ces bords renommés que le poète adore, 
Orvault, je pleurais à ton nom ;
A tes vieux châtaigniers, qui, je songeais encore,
Sous le dôme du Panthéon !


Maintenant que le ciel m'offre après tant d'orages
Quelques jours de tranquillité,
Je reviendrai souvent m'asseoir sous tes ombrages,
Pays de l'hospitalité !


Après de telles pensées, exprimées en si beaux vers, la critique est condamnée à s'arrêter et à se taire. On n'est plus juge, on se trouve homme ; on sent, on admire, on aime un talent qui se révèle avec cette originalité, et cette simplicité antique dont André Chesnier emporta le secret sur l'échafaud.

 

Photo du château du Doré : Ouest-France
 

Le poète remarquable était connu, apprécié des lettres et des délicats, mais trop ignoré du public, parce qu'il avait pris autant de peine pour rester dans l'ombre que d'autres s'en donnent pour se produite à la lumière. Il s'agit de M. Raymond du Doré qui a succombé le soir du Samedi Saint, à son château du Doré (1er avril 1893). Il a été enterré non point dans sa ville natale, mais dans le cimetière de son village, Le Puiset-Doré, qu'il a si pieusement chanté :


Là, sur l'herbe flétrie,
Les deux genoux pliés,
Souvent aussi je prie
La clémence infinie
Pour les morts oubliés,


Afin qu'on se souvienne
De moi, pauvre pécheur,
Et qu'une âme chrétienne
Un jour rende à la mienne
Cette aumône du coeur.


Dans sa carrière de quatre-vingts ans, M. du Doré n'a publié qu'un nombre d'oeuvres assez restreint : Poésies d'un Proscrit (1837) ; Poésies dernières (1874) ; Soeur Denise (1880) et Poésies d'un Octogénaire (1889). Toutes sont marquées au cachet de la foi religieuse et royaliste la plus pure comme la plus ardente. On sait la part qu'il prit au soulèvement de 1832 et qu'il paya par quatre longues années d'exil.


L'héroïsme des Vendéens l'enthousiasmait :


Ma bouche redit sans cesse
Leurs noms si purs et si grands,
Et j'admire avec ivresse
Cette terre vengeresse
Qui dévorait ses tyrans.


Les inspirations de M. du Doré ne sont pas seulement spiritualistes, beaucoup sont des plus spirituelles ; car il était, à la fois, disciple de Lamartine et du Bonhomme. Il l'a constaté lui-même :


Depuis que j'ai la quarantaine.
Je laisse tous nos beaux esprits
Pour les bêtes de La Fontaine.


Ces deux influences sont très sensibles dans son oeuvre, et rien ne serait plus facile que de le montrer, pièces en mains.


Avons-nous besoin de le dire, la mort de ce fervent chrétien a été de tous points admirable et en parfaite conformité avec sa noble existence. "Suivons toujours le droit chemin", écrivait-il dans un de ses recueils.


Puis au terme, sans défaillance,
Mourons avec simplicité :
Notre juge, dans la balance,
Mettra le poids de sa bonté.

 

 

 

Louis-Raymond Barbier du Doré est décédé au château du Doré (Le Puiset-Doré), le 1er avril 1893, à l'âge de 85 ans.

 

 

Portrait de Louis-Raymond : La poésie bretonne au XIXe siècle de Joseph Rousse


Dictionnaire historique et héraldique de la noblesse française, volume 1, de Camille Philippe Dayre de Mailhol

 

Mémoires de madame la marquise de La Rochejaquelein

 

Revue de Bretagne, de Vendée & d'Anjou - volume 9

 

Archives municipales de Nantes

 

AD49 - Registres d'état-civil du Puiset-Doré
 

 


 

Publicité
Commentaires
B
Bonjour, j'aime beaucoup votre blog, je suis un passionné de toujours pour les guerres de vendées. J'ai un anc^tre (don,t je ne descends pas directement) qui était le dernier mari de céleste Julie Michèle Talour de la Cartrie (Mme de Bulkeley) J'ai une lettre au Roy , supplique ou elle demande un peu d'aide suite aux pertes financières découlants de son engagement pour la cause... Elle y énnonce des "états de services" et blessures. Elle n'y mentionne pas les coups de sabres au visage de Torfou, mais une blessure par balle à la jambe et un cheval tué sous elle, au passage de la loire vers savenay (retour virée galerne)... ??? je peux vous en envoyé des scans, jene crois aps que ces documents soient très connus (ils sont dans la famille depuis toujours)... nous avons très peu de chose sur elle ... Donnez moi une adresse mail, si vous êtes interressée, la mienne : masson.b@wanadoo.fr
Répondre
M
Bonsoir, je viens vous écrire ici pour un tout autre article, celui consacré aux "FEMMES SOLDATS DANS LES ARMÉES DE LA RÉVOLUTION". Dans ce dernier, vous utilisez un tableau probablement dont vous certifiez qu'il s'agit d'une femme démasquée, comment pouvez-vous affirmer cela et surtout, avez-vous la référence du tableau car je trouve cet élément tout bonnement incroyable ! En espérant avoir rapidement de vos nouvelles.<br /> Cordialement
Répondre
S
Bonsoir,<br /> Pourriez-vous me dire de quel tableau il s'agit, svp. Sachez que ce texte n'est pas de moi, l'auteur est cité à la fin de l'article, mais si je peux éclaircir ce point, j'essaierai bien sûr.<br /> Cordialement.
La Maraîchine Normande
  • EN MÉMOIRE DU ROI LOUIS XVI, DE LA REINE MARIE-ANTOINETTE ET DE LA FAMILLE ROYALE ; EN MÉMOIRE DES BRIGANDS ET DES CHOUANS ; EN MÉMOIRE DES HOMMES, FEMMES, VIEILLARDS, ENFANTS ASSASSINÉS, NOYÉS, GUILLOTINÉS, DÉPORTÉS ET MASSACRÉS ... PAR LA RIPOUBLIFRIC
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Newsletter
Archives
Publicité
Derniers commentaires
Publicité
Publicité