Canalblog Tous les blogs Top blogs Emploi, Enseignement & Etudes Tous les blogs Emploi, Enseignement & Etudes
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
La Maraîchine Normande
Publicité
28 septembre 2025

XIVRAY-MARVOISIN (55 ) - VANNES (56) - LE CHEVALIER LOUIS-JOSEPH DE MARGADEL, CHEF CHOUAN (1771 - 1838)

 

 

Né d'une famille distinguée de la Lorraine, Louis-Joseph de Margadel entra fort jeune au service, et fit, avec  ses frères, la campagne de 1792 dans les gardes du corps du roi. Il servit ensuite jusqu'en 1795 dans le régiment de Berchiny hussard, qu'il quitta pour faire partie de l'expédition de Quiberon.


Après les malheurs de cette tentative, il repassa en France avec plusieurs généraux vendéens.


A peine arrivé dans l'armée commandée par le général de Scépeaux, il fut grièvement blessé, et n'évita une mort certaine, qu'en se cachant dans les bois.


Vers la fin de 1799, il reprit les armes sous les ordres du général comte de Châtillon, et fut nommé major d'une des divisions de son armée. Sa brillante conduite lui mérita la croix de Saint-Louis.


Après la pacification, le chevalier de Margadel fut rayé de la liste des émigrés. Rentré dans le sein de sa famille, il eut plus d'une fois à souffrir des persécutions qu'il ne voulut jamais racheter, en se rattachant, par quelque emploi, au gouvernement de Bonaparte.


Pendant les Cent-Jours, il se sépara de sa femme et de six enfants, pour défendre encore une fois la cause qu'il avait embrassée. A la tête de sa division, dans laquelle il avait enrôlé quatre cents élèves du collège de Vannes, et contribua puissamment aux succès des armes royales. Aussi humain, aussi généreux après la victoire qu'il était brave dans le combat, on le vit recueillir sur le champ de bataille les blessés ennemis, les soustraire à la vengeance du soldat toujours docile à sa voix, déchirer ses vêtements pour penser leurs blessures et les préserver ainsi de la mort qui les attendait.


Nommé en 1815 chef d'escadron de gendarmerie, il obtint successivement le grade de colonel de cavalerie et la croix d'Officier de la Légion d'honneur.


Une autre récompense honorable était réservée à ses services : les citoyens l'envoyèrent à la chambre de 1815. Leurs suffrages lui conservèrent sans interruption, depuis 1820 jusqu'en 1830, (démissionnaire par non-prestation de serment) un mandat qu'il remplit toujours avec autant de désintéressement que de fidélité. L'estime de ses collègues l'honora des fonctions de secrétaire de la chambre.


Le chevalier de Margadel, retiré depuis la révolution au château du Grasdor, père d'une nombreuse famille, vivait entouré de son amour, de ses soins, de l'affection de ses amis et de la reconnaissance des pauvres, dont il continuait à être le soutien. Son noble coeur souffrait de déchirants souvenirs ; ses pensées reportées sans cesse vers l'exil donnaient à sa santé des atteintes mortelles. Dieu n'a pas permis qu'il supportât plus longtemps ses angoisses et ses souffrances. Après une maladie de langueur, il s'est éteint dans le calme, la piété et la résignation du plus fervent chrétien. Sa belle âme a rejoint son créateur, au milieu des larmes, des sanglots de ses malheureux enfants et de la plus tendre des épouses, recevant à genoux près de son lit sa dernière bénédiction.


La population toute entière s'est portée aux funérailles de M. de Margadel ; chacun pleurait un père, un ami, un protecteur. La même douleur avait confondu toutes les opinions aux pieds de la tombe de l'homme de bien, de l'homme d'honneur. (L'Hermine du 18 juillet 1838)

 

 

 

SES PARENTS, SES FRÈRES ET SOEURS :


Louis-François de Margadel, chevalier, seigneur en partie de Xivray et Marvoisin et de la Tour de Nonsart, né le 19 août 1757, et mort en 1801. Il avait épousé le 31 mars 1761, à Xivray-Marvoisin, Marguerite-Charlotte de Bourgogne, veuve de M. de Bernardy, écuyer et conseiller au bailliage de Pont-à-Mousson.


De ce mariage vinrent :

 

- Rose, née à Xivray, le 11 janvier 1762 ; mariée à Raulecourt (55) le 8 mars 1791 avec Nicolas-Hyacinthe Platel du Plateau, fils de Théodore et de Christienne Devaux ; elle est décédée à Saint-Julien-sous-les-Côtes, le 21 avril 1837, à l'âge de 75 ans ;

 

- Charles-Louis, né à Xivray, le 24 mai 1763 ;  émigré en 1791, a fait la campagne de 1792 dans les gardes-du-corps et fait plusieurs campagnes ; marié avec Marie-Thérèse de Bourgogne, fille de noble homme de Bourgogne, seigneur de Mandre. dont Marie-Charlotte-Joséphine née à Xivray le 18 janvier 1789, décédée le 23 février même année, et Charles-Louis-Joseph-Ambroise, né le 24 décembre 1801 ; Charles-Louis est décédé à Nancy le 2 avril 1814, à l'âge de 50 ans ;

 

- Françoise-Charlotte, née à Xivray, le 7 juin 1764 ;

 

- Nicolas-Charles, né à Xivray, le 14 juillet 1765 ; officier au régiment de Royal-Comtois, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, émigré avec quatre de ses frères en 1791 ; il porta constamment les armes pour la cause des Bourbons, soit à l'extérieur ou à l'intérieur ; il commandait en second dans une partie de la Normandie, sous M. de Frotté. Accusé d’avoir un dépôt d’armes dans Paris, d’entretenir une escouade d’agents et d’avoir pris part à l’arrestation d’un courrier sur la route de Paris à Mézières, ce malheureux fut arrêté, par ordre de Bonaparte, chez sa maîtresse, à Saint-Germain, conduit d’abord au Temple, puis à Sainte-Pélagie, et renvoyé devant une commission militaire. Le 19 novembre 1800, il était fusillé à Paris ; il avait 35 ans(La Police et les chouans sous le Consulat et l'Empire par Ernest Daudet - 1895)


 

- Glossinde-Louise, née à Xivray, le 24 août 1766 ; mariée à Bouconville (55) le 28 floréal an IV (17 mai 1796) avec Joseph-Ambroise Collot ; elle est décédée à Liouvil (55) le 25 novembre 1838, à l'âge de 72 ans ; 

Extrait du registre du bureau de surveillance de la commune de Xivray-Marvoisin :

"Ce jourd'huy dix fructidor l'an 2ème (27 août 1794) de la république une et indivisible et populaire, l'assemblée du comité de Xivray et Marvoisin réuni au lieu ordinaire de leur séance considérant que sur la plainte à nous faite contre Clossinde MARGADEL ... qu'il a entendu dire  à ladite Clossinde MARGADEL contre la république, ... que ladite MARGADEL a dit qu'elle chiait sur l'égalité, laquelle n'était point ivre ..."

 

 

- Claude-François de Margadel, né à Xivray, le 29 février 1768 ; étudiant la langue latine ; décédé à l'âge d'environ 18 ans, le 12 janvier 1787 ;


 

- Anne-Charlotte, née à Xivray, le 21 juin 1770 ; mariée à Xivray, le 10 décembre 1806 avec Jean Demercy (décédé à Xivray le 22 juin 1807) ; elle est décédée à Saint-Mihiel, le 12 septembre 1808, à l'âge de 38 ans ;

 

- Louis-Joseph de Margadel, né à Xivray, le 13 juillet 1771 ; décédé à Vannes le 27 juin 1838, à l'âge de 66 ans ;

 

- Jean-Baptiste de Margadel, né à Xivray, le 19 juillet 1772 ; émigré en 1791, a fait avec ses frères, la campagne de 1792 dans les gardes-du-corps, et, comme eux, il a constamment porté les armes pour la cause des Bourbons, soit à l'intérieur ou à l'extérieur, marié à Angers le 9 pluviôse an IX (29 janvier 1801) demoiselle Anne-Claudine Hullin-la-Coudre, fille de M. Mathurin-René Hullin-la-Coudre, seigneur de la Romagne, née à Candé, le 15 juin 1772 ; dont trois garçons : - Charles, Auguste et Louis ;Anne-Claudine est décédé au Vern-d'Anjou, à la Pasqueraie, le 20 août 1864, à l'âge de 92 ans ;  Jean-Baptiste est décédé au Chenillé-Changé le 5 mars 1831, à l'âge de 58 ans ;

 

- Rémi-Victor de Margadel, né à Xivray le 29 septembre 1773 ; mort en 1793 :

 

- Emmanuel-Théodore de Margadel, né à Xivray le 2 juillet 1775, mort en 1793 ;

 

- Marie-Françoise, née à Xivray, le 3 novembre 1777 ; décédée à Xivray, le 1er mai 1782.

 

 

Armes : d'azur à la croix d'argent, chargée de cinq larmes de gueules.

 


 

Le château du Gras-d'Or fut vendu par les Margadel, et est devenu d'abord la propriété des Dames de la Retraite, puis le Grand-Séminaire du diocèse de Vannes.



 

 

 

SON MARIAGE, SES ENFANTS :

 

Louis-Joseph épouse à Guérande, le 7 vendémiaire an X (29 septembre 1801) Marie-Josèphe-Anne-Claude Bossard-Duclos, née à Vannes, le 17 mars 1778, fille d'Anne-Claude Bossart-Duclos et de Françoise-Élisabeth Calvé.

 

 

De cette union sont nés :

 


- Françoise-(Fanny)-Anne-Marie, née à Guérande le 26 thermidor an X (14 août 1802) ; mariée le 25 juin 1827 avec Pierre-Henri-Alfred, vicomte de Lastic-Saint-Jal, né au château de Martigny, près Niort, le 19 décembre 1803, employé dans les finances jusqu'en 1830, ancien président de la Société libre d'Agriculture des Deux-Sèvres, fondateur, en 1831, du Vendéen, journal du Poitou, rédacteur en chef de l'Étoile de l'Ouest, en 1850, et de plusieurs autres feuilles périodiques, politiques et agricoles, auteur d'ouvrages historiques ; dont deux enfants : - Marie-Louise-Henriette, née le 11 avril 1828, au château du Gras-d'Or, près Vannes ; et - Jean-Henri-Charles, baron de Lastic-Saint-Jal, né à Niort, le 3 décembre 1832 ; elle est décédée à Poitiers, le 14 mai 1882, à l'âge de 79 ans ;

 


- Delphine-Louise, née à Guérande, le 22 nivôse an XII (13 janvier 1804) ; mariée à Vannes le 29 juillet 1839 avec Henri-Marie-Aimé Blanchard de la Brosse ; elle est décédée à Vannes, le 16 février 1885, à l'âge de 81 ans ;

 


- Charles-Louis-Ludovic, né à Vannes le 13 février 1806 ; général de brigade, Grand Officier de la Légion d'honneur, Commandeur des Ordres de Saint-Grégoire le Grand et du Medjidié de Turquie ;  sorti le premier de l'École d'état-major et capitaine à 25 ans, contribua beaucoup à la formation des chasseurs à pied, puis fut envoyé en mission à Constantinople. A l'époque de sa retraite, il était chef d'état-major général du maréchal Baraguay-d'Hilliers. En 1870, le général de Margadel reprit du service et commanda le camp de La Rochelle ; il est décédé le 2 avril 1885 à Poitiers, à l'âge de 79 ans ; 

 


- Adélaïde, née à Vannes, le 28 décembre 1807 ; décédée le 7 octobre 1855 ;

 


- Françoise-Élisabeth, née à Vannes, le 7 août 1811 ; décédée le 1er avril 1870 , à l'âge de 58 ans ;

 


- Marie-Antoinette, née à Vannes, le 28 mars 1814 ; mariée à Vannes au comte Louis-Marie Desgrées du Loù, percepteur à Locminé, à Vannes, le 11 août 1850 ; elle est décédée le 8 janvier 1883, à Vannes en sa demeure au champ Gauchard, à l'âge de 68 ans (son époux est mort à Rennes le 31 octobre 1899), dont une fille : Fanny Desgrées du Loù, dame du Cormier, née à Locminé en 1862.


 

Charles-Louis-Ludovic de Margadel, Général de brigade


 


 


(Nobiliaire universel de France par Nicolas Viton de Saint-Allais

AD55 - Registres d'état-civil de Xivray-Marvoisin

AD 56 - Registres d'état-civil de Vannes
 

Publicité
Commentaires
S
Le château du Grasdor existe toujours, il est intégré dans la site de l'hôpital Chubert de Vannes comme lieu de gériatrie. C'est en ce lieu que le chevalier de Margadel entraînait les Ecoliers de l'Ecole Saint Yves au maniement d'armes pendant les Cent Jours. Margadel était sous les ordres de Louis-Charles de Sol de Grisolles miraculeusement rescapé des geôles impériales après 12 ans de détention dans la sinistre prison de l'Abbaye. Merci pour cet article.
Répondre
La Maraîchine Normande
  • EN MÉMOIRE DU ROI LOUIS XVI, DE LA REINE MARIE-ANTOINETTE ET DE LA FAMILLE ROYALE ; EN MÉMOIRE DES BRIGANDS ET DES CHOUANS ; EN MÉMOIRE DES HOMMES, FEMMES, VIEILLARDS, ENFANTS ASSASSINÉS, NOYÉS, GUILLOTINÉS, DÉPORTÉS ET MASSACRÉS ... PAR LA RIPOUBLIFRIC
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Newsletter
Archives
Publicité
Derniers commentaires
Publicité
Publicité