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La Maraîchine Normande
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16 juin 2024

AIRVAULT (79) - ANTOINE-GABRIEL-JULES, VICOMTE FERRAND DE VERNAY (1782 - 1849)

ANTOINE-GABRIEL-JULES, VICOMTE FERRAND DE VERNAY
Ancien Préfet des Basses-Alpes et de l'Aveyron,
Chevalier de la Légion d'honneur.

 

 

Antoine-Gabriel-Jules vicomte Ferrand naquit au château de Vernay près d'Airvault (Deux-Sèvres), le 12 mai 1782. Fidèle aux traditions de sa famille, il n'oublia à aucune époque de sa vie l'héritage d'honneur et de fidélité que ses pères lui avaient légué.


 

Son père, entré aux Gardes-Françaises à l'âge de treize ans et devenu presque aussitôt premier enseigne de grenadiers, reçut, à dix-huit ans, la croix de Saint-Louis, sur le champ de bataille de Fontenoy, où il eut une jambe emportée par un boulet. Obligé de renoncer à la noble profession des armes, il fut fait Conseiller au Parlement de Paris, et épousa Marie-Louise-Victoire de Rasilly, sa cousine, dont l'aïeul commandait l'arrière-garde française à Rocroy.


 

Nommé Sous-Préfet de l'arrondissement de Bressuire, à la première Restauration, Antoine fut destitué lors du retour de Napoléon. Mais le 16 mai 1815, pendant que le tocsin sonnait d'une extrémité à l'autre des provinces de l'Ouest, il rentra dans son chef-lieu à la tête de 1.500 royalistes. Il prit part ensuite aux combats des Échaubrognes, de Saint-Gilles et des Mathes, concourut à la prise de Thouars, et fut réintégré dans son poste de Sous-Préfet, à la seconde Restauration.

 

 


 

Appelé à la Sous-Préfecture de Sens, le 28 mai 1817, le vicomte Ferrand reçut la croix de chevalier de la Légion d'honneur le 1er mai 1821, et fut promu aux fonctions de Préfet dans le département des Basses-Alpes, par ordonnance du 27 juin 1823. Il passa, le 3 mars 1828, à la préfecture de l'Aveyron, et déjà, par son zèle et son caractère bienveillant, il avait conquis l'affection de ses nouveaux administrés, quand les événements de Juillet brisèrent sa carrière politique ; il ne crut pas qu'une révolution pût le délier de ses serments, et se retira dans ses terres.

 


Mais, deux ans plus tard, lorsqu'une auguste princesse, armée d'un courage dont une mère seule est capable, vint réclamer le trône de son fils, le vicomte Ferrand, accompagné de son fils unique, vint se ranger sous son étendard, et prit part au combat de Montjean, le 5 juin 1832.

 


Arrêté ainsi que son fils, à la suite de l'insurrection, et traduit devant un Conseil de guerre séant à Angers, il fut acquitté, grâce aux souvenirs que son administration avaient laissés dans le département de l'Aveyron. Un officier supérieur, d'opinions opposées aux siennes, originaire de ce département, vint le réclamer au nom de ses anciens administrés.

 


Depuis cette époque, M. Ferrant vécut retiré à la campagne, entouré de l'amour et de la vénération de tous les siens. Mais sa santé ne put résister à la douleur que lui causa la mort d'une fille tendrement chérie, Henriette-Colombe-Georgette-Rosalie, qui lui fut enlevée, le 12 juin 1839, à l'âge de 13 ans. Le mariage de son fils avec Mlle d'Arcy vint adoucir un instant ses chagrins. Mais, hélas ! un coup plus sensible que tous les autres vint bientôt le frapper. Sa vertueuse compagne, celle à laquelle il devait tant de jours de bonheur, lui fut ravie en quelques heures, le 11 janvier 1845 (La Tessonnière). Depuis ce moment, sa vie ne fut plus qu'une longue série de souffrances.

 


Il rendit le dernier soupir, en son domicile au château de la Bernardière, à La Tessonnière, le 8 octobre 1849.

 

 

 

 

Son père, Michel-Isaac, est décédé à Airvault, en sa maison de Vernay, le 12 septembre 1811.

 

Sa mère, Marie-Louise-Victoire de Rasilly, née à Paris, est décédée au Château de Vernay, à Airvault, le 21 avril 1827, à l'âge de 76 ans, 4 mois, 21 jours.

 

Le château de Vernay est vendu en 1903 à Fernand Brottier, avoué à Parthenay.


Le vicomte Ferrand avait épousé, à Paris, le 17 avril 1809, Mlle Jeanne-Adélaïde de Bazin, fille de Guillaume de Bazin, chevalier de Saint-Louis, lieutenant-colonel d'infanterie, lieutenant du roi à Phalsbourg, et de Marie-Jeanne-Julie Rodorel de Seilhac.

 

De cette union sont nés : - Louis-Morice, à Airvault, le 27 juillet 1813 ; - Mathieu-Fernand-Gabriel, à Sens, le 24 mai 1823 ; - Anatole-Antoine-Laurent, à Digne-les-Bains, le 6 mai 1827.

 

 

Prosper de la Faye - Le nécrologe universel - Tome sixième - 1851 - pp. 127 à 134.

AD79 - Registres paroissiaux d'Airvault et d'état-civil de La Tessonnière.

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