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La Maraîchine Normande
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1 mai 2024

LUÇON (85) - ADÉLAÏDE-SUZANNE-THÉRÈSE POITEVIN DE LA ROCHETTE, JEUNE AMAZONE DU GÉNÉRAL CHARETTE (1780 - 1858)


Fille de Louis-François-Marie Poitevin [ou Poictevin], chevalier seigneur de la Rochette et d'Anne-Bonne-Adélaïde Boisson de la Couraisière, Adélaïde-Suzanne-Thérèse est née à Luçon le 4 septembre 1780.

 

 

Mariés à Luçon, le 3 juin 1777, ses parents eurent trois autres enfants :

 

- Charles-Louis, né à Luçon le 29 mai 1778 ; émigré ; trouva un asile dans l'abbaye de Saint-Emerand, près Ratisbonne (Allemagne), y rencontra, par hasard, son oncle, le baron de la Rochefoucauld, major-général de la cavalerie, qui l'emmena à l'armée de Condé, dont il fit toutes les campagnes. De retour en France, en 1800, il a épousé le 8 floréal an IX (28 avril 1801) à Sainte-Pexine, avec Louise-Angélique-Esther de Régnon de Chaligny ; dont il eut : - Charles-Louis-Florimond, mort en 1827, maire de la commune d'Orvault ; - Charles-Louis-Ernest, ancien représentant de la Loire-Inférieure aux Assemblées Constituante et Législative de 1848 et 1849 ; - Charles-Emerand ; - Charles-Louis-Ernest (1804 - 1876), a épousé Marie-Anne de Couëssin, dont 5 enfants.


- Victoire-Louise-Adélaïde, née à Luçon, le 15 juin 1779 ; Victoire et sa mère furent prises dans les guerres de Vendée, conduites à Nantes, renfermées au Bouffay et exécutées, sous l'administration de Carrier.


- Charles-Fortuné, né à Luçon, le 30 janvier 1782 ; émigré ; mort en Allemagne.

 

Né à Fontenay-le-Comte, Louis-François-Marie Poitevin de la Rochette , chevalier, est décédé à Luçon, dans la nuit du 20 au 21 janvier 1783, à l'âge d'environ 38 ans.

 

 



Mlle Poitevin de la Rochette habitait la paroisse de Saint-Florent-des-Bois, et appartenait à l'une des plus anciennes familles du pays. Elle suivit la Grande Armée dans toute la campagne d'outre-Loire, à la fin de 1793, et fut prise avec sa mère et sa soeur Victoire, dans les bois qui environnent la petite ville de Nort en Loire-Atlantique.


Conduite à Nantes, elle dut à son extrême jeunesse de ne pas accompagner sa mère et sa soeur en prison ; elle n'était pas mûre pour la guillotine. Placée en qualité d'ouvrière chez une femme de la ville, qui ignorait sa condition, elle y resta jusqu'à la pacification de la Jaunaye, qui la rendit orpheline à son pays.


A la reprise des hostilités, Charette qui avait été nommé son subrogé tuteur, ne pouvant mieux faire pour elle, l'engagea à suivre son armée, et elle recommença ainsi cette vie de périls et d'angoisses qu'elle avait bravée tant de fois. Elle devint ainsi l'une des plus jeunes amazones vendéennes.

 


Le 20 février (mars) 1796, Charette n'ayant plus que deux cents cavaliers et quatre-vingts fantassins, est assailli par Travot et voit tomber autour de lui son frère et son cousin, Charette de la Colinière. Mlle de la Rochette, blessée d'un coup de sabre à la tête, se laisse glisser à bas de son cheval et se sauve dans les bois ; mais, réfléchissant aussitôt qu'elle allait y périr de froid et de misère, elle prend le parti de revenir sur ses pas et de se rendre aux Bleus. [On dit qu'elle reçut 7 blessures ce jour-là.]


Ceux-ci, qui avaient entendu dire que Charette était resté parmi les morts, espéraient que c'était le général lui-même qui était tombé sous leurs coups : mais comme ils n'étaient nullement sûrs de leur fait, ils accueillirent leur prisonnière avec une joie secrète, et la conduisirent toute sanglante sur le théâtre du combat ; puis, la plaçant en face des cadavres encore chauds qui étaient étendus sur le terrain, ils lui dirent : "Regarde bien, citoyenne, reconnais-tu ces brigands-là ?" La noble jeune fille, domptant son émotion et ne voulant pas les détromper dans l'espoir de ralentir ainsi la poursuite de Charette, répondit avec le plus d'indifférence possible : "Non, je ne les connais pas".

 

 

Château de Pont-de-Vie


Conduite au château de la Chabotterie, elle y retrouva Mlle de Couëtus, fille du général qui avait été blessée en même temps qu'elle. Toutes les deux furent emmenées à cheval au château de Pont-de-Vie dans la paroisse du Poiré, d'où on les transféra en charrette aux Sables-d'Olonne. Durant le trajet, un officier républicain passant au galop leur jeta son mouchoir comme pour étancher le sang qui coulait de leurs blessures ; dans un coin étaient enveloppés deux louis d'or, que sa généreuse pitié avait trouvé le moyen de leur offrir, d'une manière aussi ingénieuse que délicate. Deux jours après, Charette était pris, et la guerre à peu près finie. La Révolution crut donc pouvoir épargner les deux prisonnières.


Mlle de la Rochette, qui depuis a épousé le chevalier de Chantreau, ancien officier de Lescure et de Charette, portait au front les glorieuses cicatrices de ses blessures et elle a vécu longtemps pour le bonheur des pauvres et celui de ses nombreux amis.



Le 7 vendémiaire an V (28 septembre 1796), Adélaïde-Suzanne-Thérèse avait épousé le chevalier Louis-Marie  Chantreau de la Jouberdrie, né à Fontenay-le-Comte, paroisse Notre-Dame, baptisé le 14 juillet 1771, fils de Louis-Henri et de Marguerite-Renée-Gabrielle Bullion

De cette union sont nés :

- Amédée-Louis-Servan-Auguste, né le 26 messidor an V (14 juillet 1797), à St-Florent des bois ; serait décédé en 1805, à l'âge de 8 ans ;


- Louise-Marguerite-Adélaïde, née le 27 juin 1807 à St-Florent-des-Bois  ; mariée le 12 avril 1826 avec Charles-Auguste de Meynard de la Claye ; décédée le 30 octobre 1892 - château de la Barre, Saint-Florent-des-Bois (Vendée), à l'âge de 85 ans ;

 

- Louis-Hector, né le 15 pluviôse an X (4 février 1802) à St-Florent-des-Bois ; décédé à Luçon, le 21 mai 1809, à l'âge de 7 ans ;


- Louis-Henri-Léon, né à St-Florent-des-Bois, le 27 vendémiaire an VII (18 octobre 1798) ; décédé à St-Florent-des-Bois, à l'âge de 2 ans ;


- Louis-Auguste, né à Luçon, le 20 mai 1811 ; décédé le 24 mars 1822 au même lieu, à l'âge de 11 ans.

 

Louis-Marie Chantreau de la Jouberdrie est décédé à Luçon, rue du Petit Bourgneuf, le 16 février 1850, à l'âge de 77 ans. "Il avait manifesté le désir d'être inhumé dans le cimetière de la commune de Saint-Florent-des-Bois. Cette déclaration a été reçue".

 


 

Adélaïde-Suzanne-Thérèse Poitevin de la Rochette est décédée à Luçon, rue du Petit Bourgneuf, le 15 octobre 1858, à l'âge de 75 ans. "La défunte avait manifesté l'intention d'être inhumée dans le cimetière de la commune de Saint-Florent-des-Bois, de laquelle déclaration sera satisfaite".


 

 

 

L'Ouest aux Croisades par Hyacinthe D. de Fourmont - 1867


La Vendée historique et traditionniste - AD85 - 4 num 499 8 - 1904 : n° 169 - 192 - vue 24

La Copechagnière - Tome I - AD85 - 4 num 503 38 - 1889 - 1892


AD85 - Registres paroissiaux et d'état-civil de Luçon et de St-Florent-des-Bois

 

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