L'HÔTEL DE GRIMOUARD A FONTENAY-LE-COMTE

Hôtel de Grimouard Fontenay z

Basilicam suam refecit (Pierre) M Grimoüard 1741.

Celui qui est à l'origine de l'hôtel de Grimoüard, tel qu'on le connaît aujourd'hui, est Pierre-Marthe de Grimoüard. Il a fait reconstruire cet hôtel en 1741, en réutilisant les sous-sols de la demeure précédente, nommée la "Tête noire ou l'Écu de France". Or, il n'eut pas  le temps d'en apprécier tous les charmes ; il est mort un an après la construction, le 3 mai 1742. Il fut inhumé dans la chapelle Sainte-Catherine, au tombeau de ses ancêtres, près le clocher de l'église Notre-Dame. C'est son fils, l'amiral Nicolas-René-Henri de Grimoüard, qui le récupère.

En 1794, Nicolas Henri de Grimoüard est guillotiné à Rochefort. La municipalité de Fontenay-le-Comte récupère sa jolie propriété en 1807. "Pendant un siècle, les conseillers municipaux feront de nombreux allers-retours ici. Tellement, que les pans du mur ont failli être arrachés à cause des escaliers en pierre." Les marches ont été remplacées par du bois.

Les caves de l'hôtel (voûtées du XVIe) ne servaient qu'à conserver des aliments.

Le soupirail du premier niveau de cave en est la preuve. "C'est par ici que passaient les livraisons, comme le bois et le charbon", de quoi assurer du confort pour les nobles et leurs servants qui vivaient dans l'hôtel particulier.

La cave est creusée à plus de 10 mètres de profondeur. Le deuxième niveau de cave se trouve entre sept et huit mètres en dessous de la rue Pierre-Brissot. (Ouest-France du 29 janvier 2017)

amiral de Grimouard z

NICOLAS-RENÉ-HENRI DE GRIMOÜARD
Comte de Grimoüard

Fils de Pierre-Marthe, seigneur de Guinefolle, et de Marie-Marguerite de Villedon de Gournay, Nicolas-René-Henri est né à Fontenay-le-Comte, paroisse Notre-Dame, le 25 janvier 1743.

grimouard baptême 1743

 

Il se marie à Rochefort, le 1er décembre 1779, avec Julie-Catherine de Turpin de Jouhé, petite-fille de Jean-Baptiste MacNemara, vice-amiral de la flotte du Ponant, dont 3 enfants : 

- Louis-Julien-Pierre, né à Rochefort, paroisse St-Louis, le 14 octobre 1780 ; capitaine de cavalerie ; marié à St-Jean-d'Angély, le 7 juin 1809 avec Claire-Élisabeth de Hausen, fille de Jean-Ferdinand-Philippe et de Marthe-Suzanne-Élisabeth Perraudeau ; décédé en sa demeure au Grand Courjean à Champdolent (17), le 4 septembre 1867 ;

- Julie-Louise-Marie-Constance, née le 9 juin 1782 à Rochefort, paroisse St-Louis ; mariée à Fontenay, le 10 janvier 1800 avec Louis-Étienne de Hillerin (décédé à Fontenay, le 17 octobre 1802), elle est également décédée à Fontenay, au village de Rouchereau, le 11 janvier 1853 ;

- Henry-Germain, né à Rochefort, paroisse St-Louis, le 28 mai 1784.

Nicolas-René-Henri de Grimoüard entre dans les gardes de la Marine en décembre 1757. En 1759, il est embarqué sur le vaisseau de 64 l'Inflexible, commandé par de Caumont, dans l'escadre du maréchal Brienne de Conflans. Il prend part à la désastreuse bataille des Cardinaux (26 novembre) livrée à l'amiral anglais Hawke. Son bâtiment trouve refuge dans la Vilaine.

1761 - 1763 : il est embarqué sur le Solitaire dans les escadres de Maurville et de d'Aubigny.

Entre le Traité de Paris de 1763 et le début de la guerre d'Amérique, il effectue huit campagnes dont trois aux îles d'Amérique et participe en 1765, à bord du Hardi, aux bombardements de Salé et de Larache (Maroc) effectués par l'escadre de Du Chaffault.

En février 1770, il est nommé enseigne de vaisseau.

Entre 1772 et 1776, il fait plusieurs campagnes en escadre d'évolutions sur la Terpsichore.

En 1778, il est promu lieutenant de vaisseau et est second sur la Charmante. Il effectue plusieurs missions aux Antilles pour la protection du commerce. Au cours de l'une d'elles, la frégate anglaise l'Active est capturée. Septembre 1778, il assure le commandement de la Minerve. Il détruit un navire anglais et capture un corsaire.
Juillet 1779 : il prend part à la prise de la Grenade dans l'escadre d'Estaing.

Le 10 octobre 1779, il est fait chevalier de l'Ordre Royal de Saint-Louis.

Le 3 janvier 1781, la Minerve livre un combat à deux vaisseaux anglais ; son bâtiment est capturé, il est grièvement blessé et fait prisonnier.

Mai 1781, il est promu capitaine de vaisseau. Il est commandant en second sur l'Actif puis passe sur le Magnifique. Il est envoyé en renfort aux Antilles dans l'escadre de Grasse. Il prend part aux deux combats des 9 et 12 avril 1782 au large des Saintes.

Le 7 mai 1782, il reçoit le commandement du vaisseau de 74 le Scipion. Il reste en station à St-Domingue pour protéger le commerce. Il livre bataille à deux vaisseaux anglais le 17 octobre. Il tente d'échapper aux navires anglais et son bâtiment se brise sur des roches en baie de Samana le 20 octobre.

Août 1786, il est nommé major d'escadre à Brest.

1787, il assure le commandement du Brave.

1788, il est nommé major général à Brest.

1789, il commande la Félicité et la station navale de la côte occidentale d'Afrique.

1790, il reçoit le commandement de la Borée et en mars 1791, celui de la station navale de St-Domingue. Il se trouve mêlé aux troubles qui ravagent la colonie et prend part au rétablissement de l'ordre dans la partie ouest de l'île et à Port au Prince. (Ses enfants sont propriétaires sucriers à St-Domingue par son alliance avec les Turpin et Macnemara, famille installée au quartier Morin).

Janvier 1792, il est promu contre-amiral.

Septembre 1792, il rentre en France.

1er janvier 1793, il est promu vice-amiral et commandant en chef de l'escadre de Brest.

Il donne sa démission après l'exécution du Roi, le 21 janvier 1793.

Le 19 pluviôse an II (7 février 1794), dénoncé dans les clubs comme "agent de l'étranger", accusé d'avoir conspiré et pour ses actes à St-Domingue, il est traduit devant le tribunal révolutionnaire de Rochefort, condamné à mort et guillotiné le jour même (parmi ses accusateurs figurent deux français de Port-au-Prince).

Mars 1795 : la Société Populaire de Rochefort réclame la réhabilitation de "celui qui fut l'un des plus brillants combattants de la guerre d'Amérique". (ecole.nav.traditions.free.fr)

Un document imprimé à Rochefort, chez Bonhomme, en l'an III de la République, contient un arrêté du Comité de Sûreté Générale, du 12 pluviôse an III (31 janvier 1795), qui ordonne la mise en liberté des citoyens Louis Grimoüard et Grimoüard et la levée des scellés apposés sur leurs meubles. Le premier de ces personnages était le frère de l'amiral. L'historien Massiou, dans son "histoire de la Saintonge et de l'Aunis" pense que le second, désigné dans cet arrêté, sans prénom, serait l'amiral lui-même, que les membres du Comité croyaient encore en prison ; Bessière, agent du district, ne put qu'envoyer en réponse son acte mortuaire. Hommage tardif que cet arrêt libérateur !

Vers le même temps, un nommé Boutet dénonçait au tribunal criminel de la Charente-Inférieure les assassins (sic) du citoyen Grimoüard et était traduit le 28 brumaire an IV (19 novembre 1795) devant le tribunal de paix de la commune de Rochefort, "pour avoir démontré que l'un d'eux, Lignières, était cause de la mort de ce brave marin, que des juges, ou plutôt des bouchers révolutionnaires, envoyèrent à l'échafaud sur des dépositions absurdes. J'ai fait entendre, disait-il dans sa défense, des témoins irrécusables, il en est résulté la preuve non équivoque que Grimoüard était innocent et Lignières un faussaire".

Poursuivis à leur tour Brudieu et Lignières furent incarcérés sur l'ordre du représentant du peuple Blutel. Brudieu mourut en prison peu après. (L'amiral de Grimoüard au Port-au-Prince ... par Henri de Grimoüard - 1937)

décès Rochefort 1794

décès Rochefort acte 1794

 

Son épouse, Catherine-Julie de Turpin, est décédée à Rochefort, paroisse Saint-Louis, le 19 juillet 1785, à l'âge d'environ 25 ans.

 

Portrait : Extrait de l'ouvrage : L'amiral de Grimoüard au Port-au-Prince, par le Vicomte Henri de Grimoüard - 1937

AD17 - Registres paroissiaux et d'état-civil de Rochefort

AD85 - Registres paroissiaux de Fontenay-le-Comte