Massignac château

 

Fils de messire Pierre Guiot, écuyer, seigneur de La Lande, Baron de La Chastre et de dame Madame Catherine Regnaud du Repère, Jean est né au château de Massignac, à Alloue (16), et a été baptisé le 10 septembre 1755.

baptême 1755


Jean Guiot-Durpaire commença à servir comme gentilhomme volontaire breveté le 1er octobre 1773 dans le régiment d'Auvergne (17e d'infanterie), et y fut nommé sous-lieutenant le 27 octobre 1774.

Lieutenant le 1er novembre 1777, et attaché comme aide-de-camp au général de Voyet, il passa avec son grade dans la compagnie des canonniers-gardes-côtes de l'arrondissement de Mortagne le 25 janvier 1787.

Promu capitaine le 24 octobre 1788 dans la même compagnie, il devint aide-de-camp du général Beauregard de Saintes le 21 octobre 1792, et fit la campagne de cette année à l'armée de la Moselle.

Fait adjudant-général chef de brigade le 8 mars 1793, il fut employé à l'état-major de l'armée des Pyrénées-Occidentales, où il servit avec une grande distinction sous les ordres des généraux Servan, Delbecq et Léonard Muller, en 1793 et en l'an II.

Il se distingua d'une manière particulière, le 16 septembre 1793, à l'affaire d'Urdach, et fut élevé au grade de général de brigade par un arrêté ainsi conçu :

"Au nom de la République française une et indivisible, les représentans du peuple près l'armée des Pyrénées-Occidentales et les départemens voisins ; considérant la conduite toujours soutenue et le civisme bien prononcé du citoyen Guiot-Durpaire, adjudant-général chef de brigade ; considérant l'attachement singulier de l'armée pour la bravoure et les talens de cet estimable officier, qui s'est montré toujours l'ami sincère des lois de son pays et qui a servi la République dans les armées du Nord et du Midi avec un zèle et une intelligence au-dessus de tout éloge ; considérant que les réformes nécessitées dans cette armée par l'incivisme ou la conduite équivoque de plusieurs officiers-généraux exigent un choix de sujets capables et reconnus pour de bons patriotes, et que sous ce rapport personne ne mérite mieux que le citoyen Guiot-Durpaire une attention particulière de la part des représentans du peuple ; considérant qu'il est temps enfin de rendre aux braves et loyaux deffenseurs de la République des places qui étaient devenues l'apanage d'hommes perfides et dissimulés, indignes de commander aux soldats d'une nation libre : arrêtent que le citoyen Guiot-Durpaire est nommé provisoirement au grade de général de brigade pour exercer les fonctions attachées à ce grade, en porter les marques distinctives et jouir du traitement fixé par la loi ; arrêtent en outre que copie en forme de la présente nomination et promotion sera envoyée à la Convention nationale, au Comité de salut public et au pouvoir exécutif, pour obtenir leur approbation et la confirmation du grade conféré au citoyen Guiot-Durpaire. A Bayonne, le 2 octobre 1793, l'an IIe de la République une et indivisible. J.-B.-B. Monestier (du Puy-de-Dôme) ; Pinet aîné, Garran."

Il se trouva, le 25 frimaire an II, à la déroute des Espagnols, près de Saint-Jean-de-Luz, et aux affaires d'Urrugne et de Chauvin-Dragon, où 15.000 Espagnols furent battus par 5.000 républicains et laissèrent 1.200 morts sur le champ de bataille.

Confirmé dans le grade de général de brigade le 25 germinal suivant (14 avril 1794), il prit une part distinguée, le 29 floréal, au combat du poste du Rocher, où les Espagnols, repoussés à la baïonnette jusqu'à leur camp de Berra, furent mis en pleine déroute et éprouvèrent des pertes considérables. Mais les nombreuses blessures qu'il avait reçues, notamment celle qui l'atteignit à la jambe et dont il demeura estropié le reste de ses jours, motivèrent, le 21 prairial de la même année, un arrêté du Comité de salut public dont l'article 6, le concernant, était conçu en ces termes :

"Durpaire cessera d'être employé ; mais il est autorisé à demander sa retraite, la cessation de son service n'ayant lieu qu'à cause de ses blessures et non comme destitution."

Cet arrêté lui fut notifié, le 30, par les représentans du peuple ; néanmoins, il continua de faire la guerre à l'armée des Pyrénées-Occidentales, et ce ne fut que le 21 germinal an III (10 avril 1795) que la Convention nationale lui accorda une pension de 1.200 francs en récompense de ses services.

Toutefois, il ne demeura pas longtemps dans cette position, car dès le 25 prairial suivant (13 juin 1795), il fut nommé général de division et employé dans la Vendée, sous les ordres du général Willot.

Le 11 nivôse an IV (1er janvier 1796), il passa à l'armée des côtes de l'Océan, commandée par Hoche, et servit en l'an V avec le général Hédouville.

Réformé le 6 messidor de cette dernière année (24 juin 1796), il fut nommé membre de l'hospice civil et militaire de Toulon en l'an VIII, et appelé aux fonctions de commandant d'armes de la place de Brest jusqu'au 25 avril 1815, époque à laquelle il avait été désigné pour la retraite sans l'avoir demandé.

Il est nommé chevalier de l'Ordre royal et militaire de la Légion d'honneur puis Commandeur pour prendre rang à dater du 14 juin 1804.

Il avait été nommé chevalier de Saint-Louis en 1814, et le 1er septembre 1815, il fut définitivement admis à la retraite, conformément à l'ordonnance du 1er août précédent. (Fastes de la Légion-d'honneur - 1844)

Jean Guiot du Repaire est décédé à Saintes, le 23 avril 1819. 

décès 1819

 

Guiot-Durpaire avait épousé, à Sonneville [Lignières-Sonneville], le 26 août 1776, par contrat du même jour, reçu de Matignon, notaire à Lignières, demoiselle Jeanne-Bénigne-Élisabeth Boiteau des Pouges, fille de Jean-Louis Boiteau, écuyer chevalier, seigneur du Mainorier (?) et Boistetaud, sieur de Pouges et de Marie-Elisabeth Roullet de la paroisse de Saint-Preuil, dont il eut neuf enfants. Nous citerons :

1° Charles-Henri, baron, capitaine d'infanterie, chevalier de Saint-Louis et de la Légion-d'honneur, né en 1781, mort en 1841 sans avoir été marié. Il avait fait dix-sept campagnes et reçu deux blessures ;

2° Mathieu-Paul-Louis, capitaine aux grenadiers à pied de la garde impériale, officier de la Légion-d'honneur, né le 27 mai 1784 et blessé à mort sur le champ de bataille d'Essling, au moment où il emportait une redoute ennemi : "Non, non, dit-il à ses grenadiers qui voulaient le transporter à l'ambulance après qu'un boulet lui eut emporté les deux cuisses, ne diminuez pas les combattants de Sa Majesté ; je meurs pour la France, vive l'Empereur !" (Courrier de Brest, journal officier du 8 juillet 1810). Ce brillant officier, âgé de vingt-quatre ans seulement, avait fait neuf campagnes.

3° Léon-Charles-Henri, baron du Repaire, le neuvième et dernier enfant du général, né à St-Preuil (16), le 4 messidor an V (22 juin 1797), officier sous l'Empire et officier dans la garde royale de Louis XVIII et Charles X, démissionnaire en 1830, décédé à Saintes, le 30 juillet 1864. (Bulletin de la Société archéologique & historique de la Charente - année 1861 - Troisième série- Tome troisième - 1863)

SIGNATURE 3

 

AD16 - Registres paroissiaux d'Alloue

AD17 - Registres d'état-civil de Saintes