Vallauris 06 zz

Pierre Sicard, fils de Jacques, potier de terre, et d'Anne Guirard, est né à Vallauris, le 21 novembre 1754 et a été baptisé le lendemain.

BAPTËME 1754 Z

Il fut ordonné prêtre le 25 mai 1782 par Mgr de Prunières. Bénéficier de la cathédrale de Vence, il devint chanoine de la collégiale de Saint-Paul peu avant la Révolution.

Il prêta un serment restrictif à la Constitution civile du clergé le 23 janvier 1791 et, se sentant atteint par la loi de déportation lors de la promulgation le 1er août du décret répressif des administrateurs du district, il émigra à Nice le 4 août 1792 ; il passa en Italie, vécut à Bologne puis à Camerino dans les États de l'Église. L'archevêque de Camerino lui confia le soin d'une paroisse rurale.

Après Thermidor, il crut pouvoir revenir en France fin août 1795 ; il aborda à Marseille où il reçut du vicaire général clandestin, M. Eymin, les pouvoirs pour administrer la paroisse de Bonne Veine, aux confins de Saint-Geniès et Montredon. Il eut la témérité, ou le courage, de renoncer à ce poste pour se rapprocher de son ancien diocèse, et il réussit à se retirer à Vallauris où il essaya d'accomplir un peu de ministère pastoral clandestin.

Malheureusement reconnu et surveillé dans son pays natal, il vint se fixer dans la campagne grassoise. Là, vêtu comme un paysan, aidé d'une vieille domestique, il exploitait de son mieux la terre qui lui avait été confiée. Venu à Grasse le jour de la foire de Saint-André, fin novembre 1798, pour y vendre des produits de sa terre, il fut reconnu place de la Roque par des gens de Vallauris qui eurent la cruauté de l'interpeller publiquement, de l'insulter et même de le battre et enfin de le dénoncer aux autorités locales.

On l'emprisonna aussitôt puis on le conduisit à Toulon et on l'enferma au fort Lamalgue.

toulon z

On hésita, paraît-il, à condamner Pierre Sicard : en effet le 9 ventôse an VII (27 février 1799), le ministre de la police écrivait au commissaire central de Draguignan : "J'écris au général de la division pour lui demander compte des motifs qui lui ont fait surseoir au jugement de ce fanatique ..." ; mais à cette date Pierre Sicard était déjà exécuté, il avait été fusillé à Toulon le 13 février 1799. Il avait 44 ans.

décès z

décès fin z

Il avait eu avant son martyre l'occasion d'écrire une longue lettre de pardon et de profession de foi :

"Je pardonne de bon coeur à tous mes ennemis qui ont contribué à ma mort, principalement à ceux de Vallauris et de Grasse, je donne volontiers ma vie pour l'expiation de mes péchés, pour la gloire de Dieu et pour la paix de l'Église. Je désire que mon sang apaise la colère du Tout Puissant et procure à la France cette paix si désirée et toutes sortes de prospérités ... Que cette chair se réduise en poussière, elle le mérite pour donner à mon âme l'heureux avènement des saints ... Du fond de mon cachot, les fers aux pieds mais libre en Jésus Christ, je déclare mourir dans la religion catholique, apostolique et romaine. Je vais bientôt sceller de mon sang les vérités qu'elle enseigne. Amen."

Les propriétés de Pierre Sicard à Vallauris, dont une fabrique de poterie, furent nationalisées.

Il fut exécuté en même temps que Barthélémy Ruy, menuisier.

 

Les victimes de la Révolution dans l'arrondissement de Grasse - Monseigneur Denis Ghiraldi - pdf

AD06 - Registres paroissiaux de Vallauris

AD83 - Registres d'état-civil de Toulon