Notice biographique sur Tortat Antoine, Maire de la Roche-sur-Yon, de 1815 à 1819

LA ROCHE z

ANTOINE TORTAT, naquit à La Châtre (Indre), le 30 octobre 1775. Il était fils de Georges-Antoine Tortat, procureur à la Prévôté royale et procureur fiscal de plusieurs juridictions seigneuriales, et de Marie-Anne Rousseau.

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Il arriva à Paris en fructidor an III (août 1794) et grâce à la protection du conventionnel Porcher de Richebourg, fut attaché comme secrétaire à la division judiciaire du Comité de législation de la Convention nationale, sous les ordres du chef de division Pousfielgue.

Après vendémiaire an IV, il devint aide-garde-magasin de fourrages à l'armée de l'Ouest, attaché au magasin de Sainte-Hermine, puis à la fin de décembre 1795, il prit le service du cantonnement de Chantonnay, puis de celui de la Roche-sur-Yon.

Pendant son séjour à Chantonnay, il avait épousé, le 11 fructidor an V (28 août 1797), Marie-Madeleine-Eléonore-Hortense Marchegay de Ludernière, morte à Saintes, le 4 mars 1848, dont il eut cinq enfants :

Antoine-Joseph-Constant, né à Chantonnay, le 9 messidor an VI (27 juin 1798) ; décédé le 6 ventôse an IX (25 février 1801) ;

Éléonore-Félicité-Adèle, née le 6 ventôse an VIII (25 février 1800), à Chantonnay ; marié à M. Majou des Grois, propriétaire de La Bonnière (Mouchamps) ; décédée à Mouchamps en 1857 ;

Antoinette-Victorine-Élisabeth, née à Montaigu le 26 germinal an XII (16 avril 1804) ; décédée à Bourbon-Vendée, le 29 février 1816 ; 

Antoine-Jules, né le 22 mai 1809, à Montaigu ; avocat à Saintes, substitut à Montmorillon (22 mai 1834), à Niort (28 mai 1838 au 28 mars 1848), qui, démissionnaire après la Révolution du 24 février, fut postérieurement nommé substitut à Agen (9 juillet 1850), procureur impérial à Nérac (5 mars 1851) où il se signala "par son courage civique et son énergie" lors des troubles éclatés dans cette ville après le coup d'Etat du Deux Décembre ; enfin procureur impérial à Agen (3 juillet 1853), où, après avoir été promu chevalier de la Légion d'honneur, il est décédé le 6 mai 1856, à 46 ans ; il souhaitait être inhumé à Saintes ;

Émile-Auguste-Léon, né à La Roche, le 9 septembre 1812, mort le 5 août 1880, au port d'Envaux (17), juge honoraire au tribunal de Première Instance de Saintes (1).

Tortat fut nommé en 1801 avoué près le tribunal du district de Montaigu et fut reçu licencié en droit à Poitiers en 1804.

En 1810, il fut nommé électeur pour le collège d'arrondissement de La Roche-sur-Yon et juge suppléant près la cour d'assises de Napoléon.

En 1814, il était adjoint au maire de la ville et fut révoqué de ses fonctions aux Cent-Jours. Il se retira alors à La Rochelle, mais, après la défaite de Waterloo, Tortat revint à La Roche et, sur les instances du Préfet, M. de Malleville, il accepta la mairie (18 août 1815).

Un des premiers actes de son administration fut de demander et d'obtenir que le choix du corps municipal de Bourbon fut à la nomination du Roi, bien que la population de la ville n'atteignit pas encore le chiffre de 5.000 âmes, nécessaire pour autoriser cette mesure.

Les fonctions de maire, remplies avec zèle et dévouement par M. Tortat, absorbaient tous ses instants et ne lui permettaient pas de vaquer à ses occupations personnelles, aussi se décida-t-il à donner sa démission au mois de mai 1817. Cependant, sur les instances du Conseil municipal, il consentit à revenir sur sa détermination, et il continua ses fonctions jusqu'au 5 septembre 1819. A cette époque, Tortat qui avait dissipé une partie de son avoir en frais de toute sorte, éprouva, de nouveau, le besoin de revenir à son cabinet et à ses affaires, et il donna alors irrévocablement sa démission.

AntoineTortat mourut le 30 juillet 1856, à Ranzanne, commune de Soulignonnes.

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Il s'intitulait alors : Chevalier de la Légion d'honneur, Président honoraire du tribunal de Saintes ; Président au conseil d'arrondissement de Saintes ; membre du Conseil municipal de cette ville ; Président de l'assistance judiciaire ; Président des délégués cantonaux de St-Porchaire ; Membre du Comice agricole et Syndic des marais en amont de Pont-Labbé.

Nommé juge d'instruction, en 1830, puis Procureur du Roi, le 18 mars 1831, il fut destitué le 19 novembre 1831, à la suite d'odieuses calomnies (voir ICI), mais dont il prouva la fausseté et appelé, en la même qualité, à Saintes, le 15 février 1832.

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(1) Émile-Auguste-Léon Tortat, licencié en droit le 23 juillet 1833, admis au stage à Paris le 20 novembre de la même année, se fit inscrire au tableau des avocats du barreau de Saintes le 22 novembre 1836 et fut membre du conseil de l'ordre depuis 1839 jusqu'en 1853.

Nommé suppléant du juge de paix du canton sud de Saintes le 24 juillet 1844, en remplacement de Giraudias, démissionnaire, il prêta serment le 14 août suivant, et donna lui-même sa démission de cette fonction le 29 septembre 1848, après la mise à la retraite imposée à son père par le gouvernement provisoire. Il ne tarda pas, néanmoins, à être réintégré dans la magistrature et fut nommé juge suppléant du tribunal civil de Saintes, par décret du 8 mai 1850, à la place de Sorin-Dessources, envoyé comme substitut à Marennes, puis il succéda à Huvet sur le siège de la justice de paix du canton sud de Saintes le 8 juin 1853. Installé le 20 du même mois, il remplit cette dernière fonction avec distinction et une impartialité absolue jusqu'au moment où le décret du 4 novembre 1863 le rappela comme juge titulaire au tribunal civil de Saintes, après l'admission à la retraite d'Arsène Limal. Il prêta serment le 10 novembre, fut installé le 17 du même mois et occupa, pendant 13 années, ce siège qu'en 1876, forcé et contraint par la maladie, il dut quitter bien à regret ; il donna sa démission et fut nommé juge honoraire (décret du 14 septembre 1876). "Il aimait, à ce titre, à se réunir à ses anciens collègues et manquait rarement d'assister aux audiences d'installation des nouveaux magistrats".

A ses fonctions judiciaires, déjà si absorbantes, et malgré des occupations personnelles très considérables, Léon-Emile Tortat ajouta celle de membre du conseil d'arrondissement (1858 - 1871), dont il fut président pendant huit années, de conseiller municipal de Saintes pendant 6 ans (1865 - 1871), de membre de la commission administrative de l'hospice de cette ville (1857 - 1861), de membre du bureau de l'extinction de la mendicité, de président de la commission des cantons nord et sud de Saintes pour l'instruction primaire, de membre de la commission des prisons, de président du syndicat des marais de Pont-l'Abbé, etc. Après une vie si laborieuse et si bien remplie, il mourut dans sa propriété de Port-d'Envaux le 3 août 1880. Ses obsèques eurent lieu à Saintes, en l'église cathédrale de Saint-Pierre. Les coins du poêle furent tenus par MM. Giraud, procureur de la République ; Lacour, juge au tribunal civil ; Inquinbert, avocat, et Bourrand, receveur particulier des finances en retraite. Au cimetière Saint-Vivien, où son corps fut enseveli dans la sépulture de sa famille, il ne fut pas prononcé de discours, mais on grava sur son tombeau ce verset du psaume CXI : In œternâ memoriâ erit justus, pieux hommage justement rendu à celui qui, pendant sa longue carrière de magistrat, n'avait pas cessé de faire preuve d'un esprit droit, éclairé et intègre.

M. Léon Tortat avait épousé, à Saintes, le 8 mai 1843, Mlle Ursule-Anaïs Rulland, née le 21 septembre 1822, à Saint-Saturnin de Séchaud, décédée à Châtellerault le 28 février 1893, fille de Benjamin-Auguste Rulland, propriétaire, ancien maire de Saint-Saturnin de Séchaud (septembre 1830 - novembre 1836), mort en son domicile à Saintes, rue de la Sous-Préfecture, le 21 octobre 1841, et de Rosalie Levesquot, décédée au Port d'Envaux le 22 octobre 1873.

- De ce mariage sont nés, à Saintes, deux fils :

1° Antoine-Auguste-Gaston, le 31 mars 1844, mort le 19 avril 1849 ;

Antoine-Auguste-Gaston, le 23 mars 1851, docteur en droit, juge suppléant au tribunal civil de La Rochelle (14 septembre 1876), juge à Bressuire (14 mai 1881), à Châtellerault (9 janvier 1882), enfin à Saintes (11 mars 1893).

 

Emile-Auguste-Léon décès 1880

 

 

Pour en savoir plus, voir ICI

Archives municipales de La Roche-sur-Yon - Fonds Bitton - Document n° 242
(Extrait de l'autobiographie manuscrite de Antoine Tortat, communiquée par M. Brethé, docteur-médecin, ex-maire de La Roche)

AD36 - Registres paroissiaux de La Châtre

AD17 - Registres d'état-civil de Soulignonne et de Saintes

AN - Base Leonore - LH/2614/35

Les Justices de Paix de Saintes depuis 1790 jusqu'à nos jours par Edmond-Jean Guérin - 1915