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PIERRE-MAURAND-VALÉRY-JOSEPH BECQUET DE MÉGILLE naquit à Lille (paroisse Saint-Maurice), le 13 janvier 1777, d'une vieille famille de la noblesse parlementaire de Douai. Il fut ondoyé le jour de sa naissance et baptisé le 26 janvier suivant.

ondoiement 1777

baptême

Il arrivait donc seulement à l'adolescence quand éclata la Révolution. Sous l'influence des sentiments patriotiques que l'invasion étrangère engendra alors dans toutes les âmes, il s'enrôla dans les hussards et participa à la campagne de Hollande.

Mais il ne poursuivit point la carrière des armes. Dans les dernières années du XVIIIe siècle, on le retrouve à Lille se livrant passionnément, avec quelques amis, à l'étude des sciences physiques.

Sa fortune lui avait permis d'organiser un cabinet remarquablement outillé pour ce temps, où le matériel expérimental était loin d'avoir la diversité et la perfection qu'il a acquises depuis. Et dans ce laboratoire il aimait à réunir les jeunes savants dont il faisait sa compagnie favorite.

C'est là, dans les entretiens du petit cénacle, que surgit l'idée de grouper les praticiens et les amateurs des sciences, des lettres, des arts, en une association dûment constituée ; c'est là aussi que fut élaboré le règlement, que fut choisi le titre, que furent désignés les dignitaires de la Société nouvelle.

Dès ce jour (10 nivôse an XI, 31 décembre 1802), la "Société des amateurs des sciences et arts" fut fondée, elle comptait dix membres et avait pour président Becquet de Mégille.

Celui-ci occupa le fauteuil pendant un peu plus d'une année (1802 - 1803) ; il l'abandonna pour aller se fixer à Douai, berceau de sa famille.

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Il était à peine installé dans cette ville, lorsqu'il fut désigné pour faire partie, avec le grade de capitaine, du détachement de la garde nationale mobilisé pour la protection des côtes. Au retour de cette expédition, qui fut brève, il fut nommé chef de cohorte.

C'est à cette époque que Becquet de Mégille, âgé de 30 ans, s'allia à une noble famille dont le nom figure dans les plus anciennes généalogies du pays : il épousa Anne Rémy de Campeau.

Membre du Conseil municipal et adjoint en 1812, il devint maire en 1815 et conserva cette magistrature pendant douze années, au cours desquelles furent créées les institutions diverses qui ont fait, pour les choses de l'esprit, le légitime renom de la ville de Douai.

Ce fut la période la plus brillante et la plus heureuse de sa vie. Il exerçait une autorité incontestée et était entouré de sympathies qu'il devait tout à la fois à son caractère personnel, à sa réputation de savant homme, à la position qu'il occupait et qui continuait dignement les traditions de ses aïeux, liés depuis trois siècles à l'histoire de Douai. Les insignes de la Légion d'honneur, du Danebrog (de Danemark), de l'Éperon d'Or lui avaient apporté des témoignages officiels de l'estime dont il jouissait.

Une nouvelle faveur lui échut en 1828 : le gouvernement de la Restauration l'investit des fonctions de Sous-Préfet de l'arrondissement. Ce fut le terme de sa fortune, car moins de deux ans après il se voyait destitué par la Révolution de Juillet.

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Froissé par cette mesure, mécontent de la tournure que prenaient les évènements, Becquet de Mégille renonça à la vie publique et se retira dans son château de Roucourt, près de Douai, où il mourut, à l'âge de 60 ans, le 26 juillet 1837.

 

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Il avait épousé, à Douai, le 7 janvier 1807, Anne-Marguerite Remy de Campeau, baptisée en cette ville, paroisse Saint-Jacques, le 12 septembre 1785 et morte en la même ville, le 11 octobre 1854, fille de François-Henri Rémy, écuyer, seigneur de Gennes, Campeau, etc., lieutenant au régiment de Beaujolais, et de Marie-Louise-Augustine-Joséphine de Comble du Buisson.

De ce mariage sont nés quatre enfants :

1° Léon-Joseph-Thomas Becquet de Mégille, écuyer, né à Douai le 24 décembre 1807, mort au même lieu le 22 juillet 1841 ;

2° Oscar-Valéry Becquet de Mégille, écuyer, élève de l'école de Saint-Cyr, lieutenant d'infanterie, puis maire de Roucourt, naquit le 28 juin 1809, au château de Roucourt ; il y est mort le 11 novembre 1878, après avoir épousé à Douai (contrat du 29 juin 1842), Elise-Marie-Fortunée Remy de Rombault, née à Douai, le 15 juillet 1820, fille de Marc-François, écuyer, chevalier de la Légion d'honneur, ancien officier de dragons et de Marie Philomène de Forest de Quartdeville, dont il eut quatre enfants ;

3° Laure-Victoire-Henriette Becquet de Mégille, née à Douai, le 4 avril 1812, mariée à Roucourt, le 11 juillet 1838, à Victor Boitel de Dienval, fils de Nicolas-Louis et de Marie-Jeanne Victoire de Crouy ;

4° Clémence-Louise-Désirée-Maurandine Becquet de Mégille, née à Douai, le 29 juillet 1816 ; elle épousa, dans la même ville, le 24 janvier 1838, André-Marie-François-Nicolas-Michel Walon, écuyer, chevalier de la Légion d'honneur, ancien huissier de la chambre de Sa Majesté le roi Charles X, membre du conseil général de l'Oise, maire de Saint-Germer, où il était né, le 14 mai 1802 et où il mourut, en son château, le 21 août 1878. Il était fils de Jean-Baptiste-Nicolas-Romain, écuyer, et de Anne-Henriette-Louise du Pille.

 

Centenaire de la Société des sciences. Lille, il y a cent ans - Verly Hippolyte - 1903 (+ portrait)

Généalogie de la famille Becquet de Mégille ... par le chevalier A. Le Boucq de Ternas - 1884 (+ armoiries)

AD59 - Registres paroissiaux de Lille et d'état-civil de Douai