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Pierre-Jean Lévêque (encore écrit Lévesque) est né le 18 avril 1757 à Saint-Martin-de-Cambes (Cambes-en-Plaine) du légitime mariage de Jean-Louis Lévêque et de Jeanne Yon. Son père, un marchand, avait perdu sa première épouse en 1755, et il ne verra pas s'élever son fils puisqu'il meurt en 1759, comme en fait foi le registre de catholicité de Cambes déposé aux Archives du Calvados. C'est donc sa mère qui va élever le jeune Pierre-Jean. La fortune familiale ne semble pas considérable, elle permettra cependant de lui faire faire des études de médecine, mais tout cela n'a pas laissé de traces. La seule mention de son existence dans les années qui précèdent la Révolution est sa présence le 18 août 1783 à Hamars au mariage de Françoise La Caine, nièce de Thomas-Augustin Seigneury et de son épouse Marie-Françoise La Cayne, dont nous reparlerons plus loin.

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Installé à Caen chez sa tante Catherine Lévêque, rue Écuyère, il s'enthousiasme pour la Révolution : "... Ce n'est pas après avoir pendant plus de cinq années professé les opinions d'un homme libre et franc, bravé avec courage les efforts de l'intrigue, souvent la rage et le poignard des méchants ; ce n'est pas quand après avoir sacrifié avec une sorte de joie, mon état, ma santé, assez souvent mon nécessaire, pour faire triompher la cause du peuple et procurer aux malheureux quelqu'abri contre la misère, une existence politique, enfin la jouissance de leurs droits ..." écrit-il à la Société Populaire de Caen en 1794. Il est inscrit sous le numéro 219 dans la liste des électeurs de Caen, paroisse Saint-Sauveur.

C'est en septembre 1792 que commence sa carrière politique. Elu membre suppléant au Conseil Général du Calvados, il fait son entrée dans l'administration départementale quelques semaines après lorsque son Président Doulcet de Pontécoulant est élu député du Calvados à la Convention Nationale. Il s'impose alors à ses collègues et lorsque le nouveau président Lemoine démissionne en janvier 1793, c'est lui qui est porté à la présidence de l'administration départementale du Calvados.

Il se montre alors un farouche républicain : "Jurons une haine éternelle aux Rois, aux Dictateurs, aux Triumvirs, à tous ceux qui sous le titre de Chef Suprême, de Protecteur, de Stathouder, de Prince, ou autre dénomination, voudraient usurper une autorité illégale, une prééminence quelconque sur les Citoyens ..." s'écrie-t-il le 29 mars 1793 lors de la manifestation organisée, comme dans toute la France, en l'honneur de Michel Le Pelletier, conventionnel assassiné par un royaliste le 20 janvier 1793 à Paris, après la condamnation de Louis XVI.

Il va veiller à l'application des lois, en particulier contre les prêtres réfractaires et signera l'ordre d'exécuter l'abbé Gombault, ancien curé de Saint-Gilles de Caen, condamné par le Tribunal pour n'avoir pas émigré comme la loi le lui ordonnait. Cette exécution sur la place Saint-Sauveur à Caen déclenchera dans la foule de s'emparer de brigands condamnés ou en instance de jugement et de les exécuter malgré la loi !

C'est aussi cette haine de la Tyrannie qui va conduire Lévêque à prendre parti contre la Montagne qui tente de s'imposer à la Convention avec l'aide de la Commune de Paris et cela, en plein accord avec les députés du Calvados, à l'exception de Meautry, ancien maire de Caen, d'autant plus montagnard que, ci-devant noble, il doit faire oublier un frère et un fils émigrés, et des différents administrateurs du Département. Pour cette raison Lévêque fait partie de l'Assemblée Insurrectionnelle et est élu commissaire civil près l'armée départementale chargée sous le commandement du général de Wimpfen de libérer la Convention. Il accueille les députés girondins évadés de Paris (Barbaroux, Buzot ...) et les loge dans les bâtiments de la ci-devant intendance, rue Saint-Jean à Caen.

Après la rencontre de Brécourt, aux portes de Pacy-sur-Eure, et la débandade de l'armée départementale, il refuse comme ses collègues les propositions de Wimpfen de s'allier aux Anglais et aux royalistes, signe la rétractation de tous les arrêtés insurrectionnels demandée par les Représentants en mission placés par la Convention à la tête de "l'armée de pacification", Lindet, Duroy et Bonnet de Meautry (devenu pour l'occasion Bonnet Moutry), puis, après avoir vu mourir sa tante Catherine, dont le décès est signalé à l'état-civil le 24 juillet 1793 par Marie La Cayne, épouse de Thomas-Augustin Seigneury, il disparaît.

Il se cache dans la région de Caen : "Croyez, citoyens, que je n'ai point quitté un seul instant mon district ; il me sera facile d'en donner la preuve si on en doute ou si on l'exige". écrit-il à la Société Populaire de Caen le 8 ventôse an II (27 février 1794). Pendant ces mois de la Terreur montagnarde, c'est sa seule manifestation, à la différence de ses ex-collègues qui submergent les différents représentants en mission de pétitions pour prouver qu'ils ne sont pas coupables et qu'ils ont été entraînés malgré eux dans l'insurrection. Pour Lévêque, la question ne se pose pas : "Quand je pose la main sur mon coeur, j'y sens avec satisfaction que je suis innocent, que je n'ai point été l'ennemi de ma Patrie, le perfide soutien des projets liberticides de l'homme pervers, et masqué. C'est par cette conviction intime que je n'ai jusqu'ici rien entrepris pour ma justification ... Je n'ai pas cessé de penser que tôt ou tard l'on me rendrait justice." Mais sa santé est atteinte : "... pour obéir à la Loi, je me serais déjà rendu à la maison de sûreté si ce n'est qu'étant malade depuis plusieurs mois et obligé par là d'user d'un régime ainsi que d'employer journellement des médicaments, je n'aurais pu m'y procurer les secours dont j'ai dans ce moment-ci un extrême besoin ..."

Pourtant, quelque temps après il se livre, encore malade, et son nom figure, dernier de la liste, sur le registre d'écrou de la prison établie chez les ci-devant Carmélites de Caen en prairial an II (mai-juin 1794) :

"Pierre-Jean Lévêque, ci-devant médecin, Garçon, s'étant rendu dans la maison d'arrêt après avoir sollicité un mandat pour avoir été destitué de ses fonctions d'administrateur. Sans fortune que son Etat et malade depuis huit mois".

Mais les temps changent : Thermidor voit la chute de la Montagne et de Robespierre et le député du Calvados Dubois-Dubais peut annoncer à un de ses concitoyens les premières délibérations tout en regrettant de ne pas avoir reçu la pétition de Lévêque qui, sans cela aurait figuré sur cette première liste. Cela ne tarde pas cependant et Pierre-Jean Lévêque est libre après "une année de proscription, de captivité, d'inquiétudes", écrira-t-il plus tard. Son nom figure avec trois cents autres sur une liste envoyée le 1er ventôse an III par les Représentants du peuple, membres du Comité de Sûreté Générale, mais ce n'est qu'une régularisation.

Il faut vivre et ses ressources semblent maigres, "n'ayant de revenu que de son état" disait le greffier de la prison. Lui-même écrivait peu auparavant : "ayant appris que la Société (Populaire de Caen) se proposait d'envoyer aux armées un cavalier armé et équipé à ses frais, j'envoie pour y contribuer trois assignats de cinq livres, je désirerais être plus fortuné, l'offrande serait plus forte mais je ne puis donner que le denier du Sans-Culotte que je prie la Société d'accepter" (lettre du 8 ventôse an II). Après avoir rappelé : "J'observerai seulement que je n'ai rien coûté à la République (dans les fonctions qui lui avaient été confiées) et que je lui ai tout sacrifié."

Une situation intéressante se présente : la Convention a ordonné la constitution de bibliothèques départementales rassemblant tous les livres confisqués dans les maisons religieuses et chez les émigrés. Caen possède en plus la bibliothèque de la ci-devant Université. Or le citoyen Ménard, bibliothécaire, donne sa démission et propose le poste à Lévêque le 13 nivôse an III (3 janvier 1795) en le recommandant à l'administration du district de Caen : "... en faveur du citoyen Lévêque qui au patriotisme le plus prononcé réunit tous les talents convenables pour cette partie importante de l'instruction publique". Il est suivi dans sa démarche par le corps enseignant de la Commune de Caen : "Considérant le goût naturel du citoyen Lévêque pour les sciences et les arts, son aptitude au travail, son zèle infatigable et surtout son attachement particulier pour les progrès et l'amélioration de l'instruction publique ..." Le district entérine cette proposition et adjoint à Lévêque, car la tâche est lourde, le citoyen Hébert, docteur médecin, avec les appointements de mille deux cents livres par an. Ce sera l'occasion d'un petit conflit de préséance avec l'administration départementale, mais Lévêque et Hébert sont confirmés dans leurs fonctions et leur traitement est porté à mille huit cents livres, comme celui des professeurs.

Ils se mettent immédiatement au travail, outre l'ouverture de la bibliothèque, ils sont chargés "d'envoyer au Comité d'instruction publique conformément à la loi du 8 pluviôse, les états des livres existants dans les bibliothèques ..." Or la bibliothèque est ouverte "les jours suivants de chaque décade : les primidi, tridi, quintidi et octidi et depuis neuf heures du matin jusqu'à une heure d'après-midi ; ces jours ainsi que l'heure sont les plus commodes pour les étudiants qui, en sollicitant l'entrée de la bibliothèque, ont dû les indiquer". Déjà la concertation !

Les traitements augmentent : en vendémiaire an III, ils passent à deux mille livres plus une indemnité mensuelle de cent cinq livres par mois depuis le 4 pluviôse an III (23 janvier 1795). Et la vie pourrait s'écouler paisible au milieu des livres et du muséum car "il est du plus grand intérêt de faire incessamment la collection de précieux échantillons que le Calvados peut nous fournir dans les trois règnes".

C'est le moment où la Convention se sépare après avoir enfin mis au point une nouvelle Constitution dite de l'An III. Les nouvelles institutions se mettent en place et en brumaire an IV, Lévêque est choisi comme représentant du Directoire à titre de commissaire provisoire puis confirmé dans ses fonctions de "Commissaire du Directoire Exécutif près de l'administration du département du Calvados". Le 24 germinal an IV, il préfère ce rôle à celui de député aux Cinq-Cents où il a pourtant été élu le premier par 206 voix sur 375 votants, le 19 germinal.

C'est par un vibrant appel à l'union et à la paix intérieure qu'il inaugure ses fonctions, demandant à tous, paysans, hommes cultivés et même royalistes, de travailler en commun "pour nous arracher de l'état affreux où nous sommes réduits". De fait, la tâche est lourde mais Lévêque sais ce qu'il veut : "remplir exactement mes devoirs, faire exécuter la loi, protéger les bons citoyens, comprimer les malveillants, faire tomber le glaive de la loi sur la tête des brigands est mon seul et unique but, la règle invariable de ma conduite" (Germinal an IV) et ce qui l'attend.

Quelle est en effet la situation administrative et politique de ce département créé en 1790 avec des territoires provenant des généralités de Caen, Alençon et Rouen ?

- C'est un département peuplé ; en 1793 on a dénombré 480.819 habitants répartis en six districts : Caen, Pont-l'Evêque, Lisieux, Falaise, Bayeux, Vire. Ils vivent pour la plupart à la campagne dans les soixante-dix cantons ruraux que la nouvelle constitution met à l'honneur. Seules six villes ont droit à une administration municipale indépendante : Caen, Falaise, Bayeux, Lisieux, Vire et Honfleur. C'est donc soixante-seize administrations municipales que Lévêque devra contrôler par l'intermédiaire des Commissaires du Directoire Exécutif près des administrations municipales.

- Quant à l'opinion politique, c'est la modération qui l'emporte : il y a bien sûr quelques républicains extrémistes qui ont fomenté dans les villes, à Caen en particulier, des émeutes au début de la Révolution, et quelques royalistes enragés comme ceux qui à Beaumont ont promené le drapeau blanc en floréal an III, mais la grande majorité refuse de s'engager dans tel ou tel parti et les députés élus par l'assemblée électorale le confirment : républicains modérés ou royalistes plus ou moins avoués.

Pourtant l'agitation chouanne se développe surtout en 1795-1796 avec l'appui d'une partie de la population : "l'état dans lequel se trouve le département devient de plus en plus allarmant ; les massacres, les vols, les incendies ont lieu journellement sans qu'on cherche à les arrêter ; il n'y a plus d'esprit public ; les hommes amis de la Révolution sont dans la plus affreuse perplexité, la plupart abandonnent les campagnes et se réfugient dans les villes. Partout les lois sont sans effet et la police est nulle ..." (minute d'une lettre de Lévêque au ministre de l'Intérieur, 15 nivôse an IV). Il règne dans la région, particulièrement dans le district de Vire, un climat de terreur dû aux Chouans mais aussi aux multiples brigands, pillards, chauffeurs qui se parent d'une couleur politique pour accomplir leurs forfaits, et qui rend toute action difficile.

C'est donc dans ce climat que Lévêque va devoir appliquer les principes énumérés plus haut et cette tâche ne cessera de l'absorber jusqu'à la fin du régime directorial en 1799 (Brumaire an VIII).

En effet, en tant que Commissaire du Directoire Exécutif près de l'administration départementale, il doit assister à toutes les séances de l'administration au cours desquelles il requiert l'exécution des lois, mais il doit également se tenir au courant de tout, étendre sa surveillance à chaque objet pour informer fidèlement le Directoire et les ministres. Enfin il faut qu'il guide, rassure, modère, incite les commissaires cantonaux qui lui sont soumis.

Heureusement, il est connu de la plupart des administrateurs (Mesnil par exemple) comme la plupart des commissaires cantonaux (Violette à Bretteville-l'Orgueilleuse) qui ont déjà travaillé avec lui au Département en 1793 : le seul risque est de le voir annihiler ces administrateurs et jouer au proconsul, d'autant plus qu'il les considère comme "des citoyens honnêtes et patriotes, mais la plupart n'ont point les moyens qu'il faut pour administrer".

Il doit en principe être aidé dans sa tâche par cinq bureaux spécialisés, placés sous la responsabilité d'un administrateur du Département, plus son bureau particulier, où travaille une armée de premiers commis, de commis principaux, d'expéditionnaires et de garçons de bureau, mais il n'a qu'une confiance très limitée dans la fidélité des commis : "Quelques-uns (il s'agit des administrateurs) sont sous la férule de quelques commis intrigants et mal intentionnés qui n'auraient jamais dû travailler dans les bureaux ..." Un certain nombre d'ailleurs ne sont entrés là que pour échapper à la première réquisition et au départ à l'armée.

Cela n'explique pas tout : la condition misérable faite aux fonctionnaires est un autre élément qu'il ne faut pas négliger : les traitements varient entre 500 livres et 1.500 livres par an, payés en assignats, quand ils le sont ! (Un bibliothécaire était payé 2.000 livres) et Lévêque lui-même décrit le triste état des bureaux : "une partie des commis abandonne, d'autres cherchent dans des moyens étrangers à leurs fonctions les moyens de subsister et faire subsister leur famille ... il est bien difficile de faire travailler des hommes qui n'étant pas payés n'apportent au bureau que le sentiment déchirant de leurs besoins et n'emportent le soir que la pensée plus déchirante encore de n'avoir pas gagné à beaucoup près dans la journée de quoi pouvoir subvenir. La plupart de ces malheureux ont vendu tous leurs effets, leurs ressources sont épuisées et si le gouvernement ne vient promptement à leur secours le désespoir est tout ce qui leur reste ..." Avec tout ce que cela peut sous-entendre de lenteur dans le travail et de désorganisation : les registres de l'époque en sont la preuve !

Administrateurs et commis ne sont pas seuls en face de Lévêque. La situation créée par le développement de la chouannerie dans le Département entraîne la proclamation de l'état de siège et donc l'intervention de l'armée, le 7 nivôse an IV (27 décembre 1796). Cela risque d'entraîner un conflit entre l'autorité civile et l'autorité militaire ; aussi Lévêque, soucieux d'établir sur des bases solides les rapports entre les deux pouvoirs, écrit au ministre de la Police Benezech. La réponse est datée du 11 ventôse et, si sur certains points elle rassure l'administration départementale, elle lui fait cependant comprendre qu'elle doit s'effacer devant les nécessités des opérations militaires. Heureusement, l'armée est représentée par le général Dugua et, après une courte période de tension, une bonne entente s'établit entre lui et Lévêque qui l'estime "un homme probe et républicain". Plus tard il attribue le succès à "l'heureuse harmonie qui existe entre l'autorité civile et militaire". D'ailleurs Dugua a aussi conquis les administrateurs puis le Département qui l'élira au Corps Législatif avant de le voir revenir comme préfet.

La pacification va permettre de faire fonctionner plus efficacement la machine administrative et surtout Lévêque note "un réveil de l'esprit public" dans sa correspondance avec les ministres. Les relations se font plus faciles, les démissions d'agents communaux, de présidents de municipalités, de commissaires près des municipalités se font plus rares, d'autant plus que les bonnes récoltes mettent fin à l'opposition entre villes et campagnes. Rien n'est plus caractéristique de ce retour à la normal que le développement de la correspondance de Lévêque avec Hébert, son successeur à "la bibliothèque de la ci-devant Université", et les démarches qu'il entreprend de concert avec l'administration pour obtenir l'ouverture d'une école centrale à Caen.

Et si la chouannerie reprend parfois avec vigueur, cela ne met plus en péril la vie du Département. Pourtant l'opposition ne désarme pas mais elle devient légale et compte sur les élections. Aussi après le coup d'état de fructidor an V, le Calvados sera un des 49 départements "fructidorisés" et Lévêque appliquera les mesures de destitution avec une rigueur qui lui attirera une admonestation du ministre de l'Intérieur.

Après le coup d'état de brumaire an VIII, sa fonction disparaît et Lévêque cède la place au premier préfet du Calvados. Ses concitoyens le proposeront alors comme représentant du Département au Corps Législatif où il va siéger jusqu'à sa mort en 1805 avec un traitement mensuel de 833,33 francs.

Pierre-Jean Lévêque est décédé à Hubert-Folie, le 27 prairial de l'an XIII (16 juin 1805).

 

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Et là une surprise nous attend : cet homme que nous avons connu sans grandes ressources laisse à son héritier désigné par testament Jean-René-Thomas Seigneury, fils de Thomas-Augustin Seigneury et de Marie-Françoise La Cayne, déjà nommés, les 3/4 de sa fortune estimée à 27.400 F en immeubles rapportant par an 1.370 F, plus 4.732,33 F en mobilier et numéraire. Les immeubles sont constitués par la maison de la rue Ecuyère héritée de sa tante Catherine Lévêque, agrandie d'une portion du cimetière de Saint-Etienne, la maison où il vivait à Hubert-Folie avec jardin, terres labourables, prés et bois taillis qu'il exploitait lui-même, achetés aux Domaines (provenant des biens nationaux), de terres labourables à Hérouville, de terres labourables à Ifs "ayant appartenu à l'émigré Beuville". On comprend alors pourquoi dans le cimetière d'Hubert-Folie, près de l'église, s'élève un monument dans le goût antique portant cette inscription :

Sur la face ouest :

Ci gît Pierre Jean Lévêque
né le 18 avril 1757 à Saint-Martin-des-Cambes
membre du Corps Législatif
mort à Hubert-Folie le 8 juin 1805
Qui que tu sois
Si tu es l'ami de l'humanité
Bénis sa mémoire

Sur la face est :

Repose en paix, ombre chérie
Les méchants n'approcheront pas
L'âme que le crime a flétrie
doit fuir l'image du trépas
Hoc grati animi monumentum erexit
J.R.T. Seigneury.

 

 

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Annales de Normandie / Année 1978 / 18-1 / pp. 17-26

AD14 - Registres paroissiaux de St-Martin-des-Cambes et d'état-civil d'Hubert-Folie