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Fille de Joseph Petitjean, jardinier, et de Suzanne Delinot, Madelaine est née à Metz, paroisse Saint-Georges, le 6 mai 1746 et a été baptisée le lendemain.

 

baptême 1746 St-Georges z

 

Âgée de 48 ans, Madelaine Petit-Jean s'était enrôlée "dans la 4e Compagnie des Canonniers de la Sorbonne, attachée au 72e Régiment d'Infanterie", à l'exemple de son mari, sapeur dans cette même Compagnie.

Dans une demande de secours, la pétitionnaire expose, qu'en allant combattre les "Brigands de la Vendée", elle a été faite prisonnière par ces Scélérats (sic) le 7 juin 1793 (vieux style). "Aussitôt qu'elle a eu sa liberté, elle retourna au poste que l'honneur lui désignoit, mais elle fut forcée de l'abandonner ... après avoir été blessée très grièvement à l'affaire du Château-du-Loir." Elle réclamait, en conséquence, "la pension que la République accorde aux militaires blessés en déffendant la cause de la Liberté et de l'Égalité." La citoyenne Petit-Jean présentait, à l'appui de sa demande, un certificat du représentant du peuple Francastel, attestant "qu'elle s'est conduite dans la guerre de la Vendée, en qualité de canonnier, avec la valeur et la bravoure d'un vrai républicain ; qu'elle a été prisonnière de guerre et a reçu plusieurs blessures ; qu'elle est même très estropiée".

Elle joignait à cette pièce deux certificats de chirurgiens : l'un, de l'officier de santé Vivaise, de La Rochelle, qui reconnaît que la citoyenne a été blessée "d'un coup de pique à la cuisse droite et d'une fracture au pied droit, à la prise de Château-du-Loir" ; le deuxième, portant la signature d'un nom bien connu : "Dufouart, chirurgien-major de l'hôpital militaire du Gros-Caillou", constate qu' "elle a eu la partie inférieure et interne de la jambe droite au-dessus de la cheville fortement contuse et déchirée par un coup d'arme à feu et que, de cette blessure presque cicatrisée, il lui est resté une gêne et une difficulté dans les mouvemens de toute l'extrémité".

Le général en chef de l'Armée de l'Ouest certifie véritables tous les faits énoncés ci-dessus. 

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Le Journal des débats politiques (volume 54 - p. 381), rapporte le décret suivant, en date du 13 juin 1794 : "Sur la proposition de Charlier, la convention nationale, après avoir entendu la pétition de la citoyenne Madeleine Petit-Jean, canonnier de la quatrième compagnie du bataillon de la Sorbonne, âgée de 49 ans, femme de Reversi, canonnier de ladite compagnie, qui a donné le jour à 17 enfans, dont deux sont aujourd'hui au service de la république, qui a servi elle-même contre les brigands de la Vendée, desquels elle a été prisonnière,
Décrète 1° que la trésorerie nationale paiera, sur la présentation du présent décret, à ladite Madeleine Petit-Jean, la somme de 500 liv. à titre de secours ;
2° Renvoie la pétition au comité de liquidation, pour déterminer la pension à laquelle elle a droit de prétendre ;
3° Le secours accordé ne sera point imputé sur la pension qui est due à ladite citoyenne."

Il semble qu'elle ait été mariée quatre fois ; ses deux premiers maris sont morts au service de la Marine ; son troisième époux, Pierre Aufrère, fut tué à la prise de la Bastille ; elle s'est alors remariée, en 1793, avec le sapeur Reversi (ou Reversy).

 

Chirurgiens et blessés à travers l'histoire - Docteur Cabanès

AD57 - Registres paroissiaux de Metz, paroisse Saint-Georges