HENRI-FRANÇOIS-ANTOINE BOUG D'ORSCHWILLER

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La famille de Boug d'Orschwiller qui portait dans ses armes "de gueules à une tête arrachée de bouc d'argent, accostée de deux croissants de même et surmontée de trois étoiles d'or en chef", possédait jusqu'à la Révolution le château de Haut-Koenigsbourg, qui formait le chef-lieu d'une petite seigneurie.

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Fils de l'ancien premier président du conseil souverain d'Alsace, et de Anna-Barbe Kieffer , Henri-François-Antoine, né à Colmar en 1756 était d'abord attaché à la première Chambre de la haute Cour, sans gages ; mais son père obtint pour lui, en 1774, quoiqu'il ne comptât encore que dix-huit ans, une nomination exceptionnelle de conseiller surnuméraire. La Compagnie, pour acquitter une dette de reconnaissance envers le premier président Boug, fit remise au récipiendaire du droit d'entrée et lui restitua les 480 livres qu'il avait consignées. Au début de la Révolution, il était chef de la compagnie "verte".

Cette compagnie fut le noyau de la célèbre légion de Mirabeau. M. d'Orschwiller y servit longtemps en qualité de capitaine-commandant, fit toutes les campagnes de l'armée de Condé, et ne la quitta qu'au licenciement. Cette compagnie offusquait singulièrement les patriotes, parce qu'elle se composait de ce qu'il y avait de mieux à Colmar en fait de jeunes gens, fils de magistrats, avocats, savants, etc. Elle fut dissoute par décret du 13 février 1791, à la suite de l'affaire Stockmeyer et un arrêté municipal de Colmar défendit "le port de l'uniforme vert avec collet pourpre et parements blancs." Boug, voyant l'orage approcher de plus en plus, prit le parti d'émigrer en avril 1793. 

Contre-révolutionnaire notoire, il fut l’un des chefs du parti aristocratique à Colmar et dans la région. Arrêté en même temps que le duc d'Enghien, M. d'Orschwiller languit longtemps dans les prisons, et ne cessa d'être persécuté jusqu'au retour du Roi.

Réintégré comme conseiller à la Cour royale de Colmar qu’en 1816, il décéda en fonctions, le 20 juillet 1822.

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Marié avec Catherine Breck de Landau, il eut un fils, Marie-Germain-François-Henri, né à Colmar, le 12 juillet 1783 ; mort à Paris le 4 avril 1859 ; peintre et graveur.

Son frère aîné, Marie-Georges-François, né à Colmar le 15 août 1753, entra dans la cléricature, et devint vicaire général de Besançon pour la partie alsacienne de ce diocèse. Après le concordat, il fut vicaire-général et official de l'évêque de Strasbourg. Mais il renonça, dès 1805, à ces fonctions, ne pouvant s'entendre avec Mgr Saurine qui favorisait les prêtres autrefois assermentés, et se retira au village de Rodern où il mourut en 1821 (19 octobre), à l'âge de 72 ans. L'abbé de Boug s'occupait beaucoup de physique et on voyait chez lui des choses extraordinaires. Il était d'ailleurs un peu singulier dans ses habitudes. Tout ceci le fit passer pour sorcier dans l'esprit du peuple tant à Rodern qu'à Orschwiller. Encore aujourd'hui son ombre erre dans les ruines des vieux châteaux de la région. Il pousse même parfois la malice jusqu'à s'asseoir sur les charges des bûcherons qui reviennent de la forêt, de telle sorte qu'ils en sont accablés.

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Dictionnaire de Biographie des hommes célèbres de l'Alsace - par Fr. Edouard Sitzmann - tome premier - 1909

Biographie des hommes vivants ... de Michaud - Tome 4ème - Juillet 1818

AD68 - Registres d'état-civil de Colmar