PIERRE PINGOT

Bellegarde château z


En 1797, le château de Bellegarde et le domaine passent aux mains de Louis-Mathurin Pingot. Étrange dynastie que celle de ces nouveaux sires de Bellegarde, qui, sous le nom bourgeois de "propriétaires", allaient régner un demi-siècle sur l'ancien marquisat.

Une étrange figure, ce père Pingot, d'abord marchand sur la place de Bellegarde, puis inspecteur général des chasses du marquisat de Bellegarde et homme de confiance du président de Besigny, puis du président Gilbert de Voisins et, après la révolution, leur successeur au château.

PINGOT z

A père avare, fils prodigue : PIERRE PINGOT, le plus illustre rejeton de cette lignée des Pingot. Avec lui, la débauche la plus répugnante s'installa dans le domaine de Bellegarde. Elle devait y régner une dizaine d'années et marqua de son influence funeste pour trop longtemps les moeurs et les esprits dans la région environnante.

Fils de Louis-Mathurin Pingot et de Marie-Madeleine Chenou, Pierre Pingot est né à Bellegarde, le 26 septembre 1784.

Pingot baptême z

Pingot donnait en son château, selon le curé, "des festins de Sardanapale et d'Assuérus", qui finirent par le ruiner.

M. Bauchy présente ainsi le portrait de Pierre Pingot :

"Écarlate, hilare, lustré de graisse et de sottise, éclatant de vanité dans son costume de commandant de la garde nationale, remplacé aux armées, type du "héros citoyen" qui semble sortir du répertoire d'une opérette célèbre ; chez ce pauvre homme usé par la débauche, par les ripailles, le sourire sceptique devient une lippe blasée, le regard devient hébétude. Il y a vraiment quelque chose de tragique dans ce portrait ...
Pierre Pingot se ruina par les excès de sa débauche et dut vendre le château à son beau-frère, se réservant pour habitation une petite maison, berceau de la famille, et le droit de donner des fêtes dans la salle à manger et le grand salon du château deux jours par an."

En fait, il revendit le château en 1838 à sa nièce, Louise-Félicité Pingot, épouse Durand.

Il mourut le 1er juin 1859, méprisé ; son souvenir, longtemps après sa mort, hanta les campagnes du Gâtinais au point que des anciens parlaient du Pingot comme d'un "possédé", voire du diable même, qu'ils ne nommaient pas ou nommaient en se signant.

Il était l'époux d'Anne Pelletier.

pingot décès z

 

Bulletin de la Société archéologique et historique de l'Orléannais - Nouvelle série - Tome I - n° 2 - second trimestre 1959.

Les seigneurs de Barville - Robert Gaumont - 1983

AD45 - Registres paroissiaux et d'état-civil de Bellegarde.