St-Etienne et St-Jean de Corcoué z

 

Fils de Jean Biret et de Marie Raud, Étienne est né à Saint-Jean-de-Corcoué, au village de la Simaille, le 22 mars 1750.

 

Biret baptême z

 

Vicaire à Sainte-Cécile, Étienne Biret est ensuite desservant à Saint-Vincent-sur-Jard, à partir de 1785, puis prieur-curé au mois de mai 1786.

Déclaration de M. le curé de son intention de prêter le serment requis par le décret du 27 novembre :

Ce jourd'hui 28 janvier 1791, M. Biret, curé de St-Vincent-sur-Jard, se conformant à l'art. 3e du décret du 27 novembre dernier, a déclaré être dans l'intention de prêter le serment requis par l'art. 1er dudit décret ; qu'il allait en conséquence se concerter avec le premier officier municipal, faisant en sa place les fonctions de maire, pour arrêter le jour, et a requis acte de sa déclaration.
Fait dans la chambre commune le jour et an que dessus.
MORIN, Secrétaire greffier.

Du 30 janvier 1791 - Procès-verbal de la prestation du serment civique fait par M. Biret, Curé de St-Vincent-sur-Jard.

Aujourd'hui dimanche, trente du mois de janvier mil sept cent quatre vingt onze, à l'issue de la messe paroissiale de St-Vincent-sur-Jard, et dans le choeur de l'église dudit lieu, a comparu M. Etienne Biret, curé, devant nous, officiers municipaux, procureur de la commune et notables, assemblés à sa réquisition et les conséquence de la déclaration, par lui faite, vendredi vingt-huit à notre greffe, de son intention de prêter le serment requis par l'art. 1er du décret de l'Assemblée Nationale, du vingt-sept novembre dernier, et a dit :

Que s'étant montré constamment ami de la Révolution, et n'ayant laissé à sa paroisse aucun doute sur son patriotisme, elle attendait, sans doute, qu'il lui en donnât une nouvelle preuve en obéissant au décret du vingt-sept novembre dernier ; ensuite il a donné lecture dudit décret, et a ajouté :

Que le tems qui s'était écoulé depuis le quatorze juillet dernier n'avait point altéré son civisme, que si on le vit alors faire le serment du citoyen avec enthousiasme, son amour pour la patrie, son adhésion aux lois sages de l'Assemblée Nationale, et sa soumission aux volontés du Roi, le lui feraient toujours répéter avec la même satisfaction. Mais qu'à cette première qualité, il en joignait une autre plus précieuse encore, celle de prêtre et de Ministre de la Religion catholique, apostolique et romaine, qu'il avait constamment professée et qu'il espérait avec l'aide de la Grace, professer jusqu'au dernier soupir : que cette Religion toute divine lui commandait une soumission parfaite aux puissances légitimes ; qu'en conséquence, fidèle à cette règle dictée par l'apôtre, oubliant tout intérêt temporel, se considérant sous le double rapport de citoyen et de ministre de Jésus-Christ, il se ferait toujours un devoir de conscience de maintenir de tout son pouvoir la Constitution de sa patrie, légitimement décrétée et acceptée, réformatrice des anciens abus, et protectrice des maximes éternelles de l'Evangile ; que d'ailleurs l'Assemblée Nationale ayant solennellement manifesté son amour pour la Religion Catholique, sa vénération pour ses dogmes sacrés et la pureté de sa morale ; et que loin d'y vouloir porter atteinte, son voeu était d'en rappeler la splendeur et protéger les loix ; il croyait devoir s'empresser de répondre à des vues si chrétiennes par le juste tribut de son obéissance au susdit décret du vingt-sept novembre dernier, et a prononcé son serment en ces termes : je jure de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse qui m'est confiée, d'être fidèle à la Nation, à la loi, et au Roi ; et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée Nationale et acceptée par le Roi ; et a requis acte de la prestation dudit serment, ce que nous lui avons accordé pour lui valoir au besoin.

Après quoi, nous avons clos et arrêté notre présent procès-verbal, que nous avons signé et fait signer dans le lieu de l'assemblée par ceux dont les signatures suivent, les autres ayant déclaré ne le sçavoir de ce enquis.
DAVID, FRAPPIER, GUILBAUD, PEROCHEAUD, BESSON, GUERINEAU, BURCIER, BIRET curé, MORISSET, MORIN. (AD85 - Délibérations communales - fév. 1790 - nivôse an II)

Nommé curé constitutionnel du Château-d'Olonne, il s'était installé à la cure au mois de juillet 1791. Le 12 de ce même mois, sortant d'un mariage, celui de Louis Pérot et de Françoise Landreau et se rendant à cheval à l'audonnière, le sieur Biret fut assailli à coup de pierres par "une jeune personne, fille du nommé Gloria, meunier, demeurant dans le bourg". Gloria et sa fille sont alors tenus de présenter des excuses au curé, "qui a bien voulu se contenter de cette satisfaction", le dimanche suivant à l'issue de la messe, sous peine de prison (24 heures) en cas de refus.

En août 92, Etienne Biret déclare posséder des armes, à savoir : "un fusil double, un simple calibre de guerre, en bon état ; deux pistolets de poches en assez bon état ; environ cinq quartrons de balles non calibrées ; environ une livre et demie de poudre fine, deux bâtons à lame, et un autre armé d'une espèce de pique à trois pointes ; plus environ deux livres de plomb."

signature z

il est élu maire de Château-d'Olonne, le 9 décembre 1792 pendant toute l'année 1793 puis résigne ses fonctions le 29 nivôse an II (18 janvier 1794), et à ce propos, Biret  laisse un billet dans le registre des délibérations : "à trois heures après midi, j'ai ouvert un paquet, reçu le 27 et que j'avais oublié, j'ai trouvé dans ledit paquet un règlement de Lequinio, Représentant du peuple, datté de Saintes, le 1er nivôse, dont l'article 8 est conçu en ces termes : "Aucun ministre ou ci-devant ministre d'un culte quelconque ne pourra désormais remplir aucune fonction publique, qui d'après l'examen exprès et par écrit des Représentants du peuple". En conséquence, toujours prêt à obéir aux autorités établies par le loi, j'ai déclarer et déclare cesser dès ce moment toute fonction de maire et d'officier public. Signé : Biret

Le 14 pluviôse, les officiers municipaux et notables de la commune du Château-d'Olonne souhaitent que le citoyen Biret continue ses fonctions de maire et d'officier public (registre des délibérations, vue 133).

Réponse du citoyen Biret : "Vu la réquisition ci-dessus, signée Chausseau, Plissonneau, officiers municipaux, Neveu, Brossard, notables, tendante à me faire reprendre les fonctions de maire et d'officier public ; je, soussigné, déclare, que malgré le désir que j'ai de me rendre utile à la chose publique, je ne crois pas pouvoir obtempérer à ladite réquisition :
premièrement parce que je ne puis pas ignorer l'arrêté du Représentant du peuple, Lequinio, qui m'interdit toutes fonctions publiques.
Secondement, parce que je ne crois pas les officiers signataires compétents pour requérir l'inexécution du susdit arrêté.
Troisièmement, parce que si les administrateurs du district eussent prétendu que je dusse continuer les fonctions de maire et d'officier public, comme le disent les officiers signataires, il m'en eussent donné l'ordre par écrit, en vertu duquel je serais à l'abri de tout blâme.
Quatrièmement parce que étant sans fortune, sans pension, et la commune du Château ne m'offrant que du travail, sans aucun moyen de subsister, je me suis crû forcé à chercher ailleurs les ressources, qu'elle ne me présente pas. Je déclare néanmoins que si ladite commune me garantit les moyens d'une subsistance honnête, et que la municipalité veuille consacrer huit à dix jours de travail, comme je l'ai demandé depuis long-tems, pour mettre dans les affaires l'ordre qui convient, je suis tout prêt à reprendre mes anciennes fonctions, si toutefois, j'y suis autorisé par une autorité supérieure.
Fait le 14 pluviôse de l'an 2e de la République française une et indivisible.
Signé : Biret."

Le district ne tarde pas à lui répondre :

"Vive la République, Les Sables, le 17 pluviôse de l'an 2e de la République française une et indivisible.
Les Administrateurs du district des Sables, au citoyen Biret, maire du Château d'Olonne.
Frère, nous avons appris que tu as fait ta démission de ta plasse de maire. Cette acte nous a dautant plus affecté que l'intérêt de la République sera infailliblement compromis ; quelque soient les motifs qui aient causé ta démission, ils ne peuvent être admissible, par même sous le prétexte de l'arrêté du Représentant du peuple puisque une loi ne peut être obligatoire qu'après sa promulgation. Cet arrêté n'est pas comme officiellement, il n'est donc pas obligation. D'ailleur le Représentant luy même en a confié l'exécution à son successeur, le moyen n'est donc pas vallable.
Nous aimons donc à croire que tu ne tardras pas à reprandre tes fonctions de maire, le salut publiq l'exige et tes concitoyens t'en font un devoir. Tu es républiquain et a ce titre nous aimons à croire que tu te randras au milieu deux pour coopérer au bien général.
Nous invitons aussi tes concitoyens à segonder ton zelle dans les fonctions municipalles, en tenant des séances régulières pour réparer le vide qui s'est opéré par ton absance dans l'exécution des loix.
Signé : Mourain, vice président, Metellier, Barnevele, Rouillé, secrétaire.
Pour copie conforme : Plissonneau."

A la suite de la lettre du District, Etienne Biret reprend ses fonctions de maire, mais semble disparaître après le 13 germinal de l'an II (2 avril 1794).

Entre 1795 et juillet 1797, il se trouve aux Sables-d'Olonne puis devient ministre du culte à Loix en Ré.

Curé des Portes (île de Ré), Étienne Biret décède à Loix, dans la maison de Mme Bigot, rue de Laveaux, le 22 mai 1829.

BIRET DECES z

 

AD44 - Registres paroissiaux de St-Jean-de-Corcoué

AD17 - Registres d'état-civil de Loix

AD85 - Registres des délibérations communales du Château-d'Olonne, août 1788 - Vendémiaire an IV

AD85 - Dictionnaire des Vendéens.