POITIERS Z

 

ARMAND-ELZÉARD BOURGNON, chevalier, baron de Layre, chevalier de Saint-Louis, officier de la Légion d'honneur, né à Poitiers, paroisse Saint-Cybard, le 7 juillet 1786, fut successivement militaire, administrateur et magistrat.

 

baptême 1786

 

baptême rectification

 

Après des études faites tant à Poitiers qu'à Paris, il fut admis au concours à l'école militaire de Fontainebleau, sous le Consulat, en l'an XI. Nommé sous-lieutenant le 20 frimaire an XII dans le 26e régiment d'infanterie légère, il fit successivement et avec distinction les campagnes des ans XII et XIII à l'armée des Côtes de l'Océan et  la plupart des campagnes de la Grande Armée en Allemagne, Autriche, Prusse et Pologne. Après avoir reçu quatre blessures, dont deux à la bataille d'Austerlitz, il quitta le service le 4 mars 1810 avec une pension ; quoique âgé de 23 ans seulement, il était déjà parvenu au grade de chef de bataillon, et décoré de la Légion d'honneur depuis le 1er octobre 1807.

Il fut nommé en 1810 auditeur au conseil d'État, puis, le 14 janvier 1811, sous-préfet de Poitiers. Mais la Restauration ayant supprimé ces dernières fonctions et l'ayant laissé de nouveau sans emploi, il songea à reprendre la carrière de ses pères, et fut successivement conseiller auditeur, substitut du procureur général à Poitiers, puis conseiller à la cour d'Orléans. Il revint en la même qualité à Poitiers, le 6 novembre 1831, et il conserva ses fonctions jusqu'à sa mort, arrivée le 3 mai 1855.

décès z

 

Esprit très distingué et travailleur infatigable, le baron de Layre fût parvenu aux plus hautes positions, si deux fois les évènements n'étaient pas venus briser son avenir, et s'il eût voulu quitter le Poitou. Mais il préféra se consacrer à son pays, et des rapports nombreux émanés de sa plume témoignent de la part importante qu'il a prise aux travaux du conseil municipal de Poitiers et du conseil général de la Vienne, dont il fut longtemps membre et vice-président. Aussi, après une existence si bien remplie, a-t-il laissé de vifs regrets, non seulement à sa famille, mais encore à tous ses concitoyens.

Voici comment s'exprimait à ses funérailles M. le conseiller Legentil :

"M. le baron de Bourgnon de Layre était un de ces hommes qui prennent la vie au sérieux et la considèrent comme un travail sans relâche. Natures d'élite, véritables pionniers de notre siècle, pour eux l'intelligence s'agrandit par l'activité, se fortifie par l'étude, et les horizons ordinaires sont reculés ; ils voudraient entraîner tout le monde dans cette sphère d'action qui toujours marche et toujours progresse : pensée généreuse, noble dévouement ; mais à combien de déceptions il faut qu'ils s'attendent ! ... Les stationnaires appelleront leurs idées des chimères, les indolents traiteront leur activité d'inquiète turbulence, et l'inertie envieuse se plaira à paralyser tous leurs efforts ; puis, quand ils auront succombé à la tâche, quelques voix diront peut-être : C'est dommage. Nous, Messieurs, nous dirons : Honneur au travailleur infatigable ; le sillon qu'il a péniblement tracé ne sera point perdu. D'autres piocheurs viendront après lui qui continueront l'ouvrage : appelons-les de tous nos voeux, soutenons-les de tous nos encouragements, et, en les attendant, proclamons ici hautement que dans la personne de M. le baron de Bourgnon de Layre, la France perd un bon citoyen, la cour un bien digne magistrat, et la cité un de ses hommes les plus considérables, et qui laissera un grand vide après lui."

ARMORIAL Z

Créé chevalier de l'Empire par lettres patentes du 19 janvier 1811, M. de Layre a été élevé au rang héréditaire de baron par le roi Louis XVIII, le 17 mars 1815, sans institution de majorat, ainsi qu'on en trouve quelques rares exemples avant la loi du 10 février 1824. Les lettres patentes portant collation de ce titre ont été enregistrées à la cour royale de Poitiers, le 18 août 1815. Une ordonnance royale du 23 septembre de la même année considérant que depuis plusieurs générations les membres de la branche aînée de la famille Bourgnon portaient le titre de seigneurs de Layre, permit au baron de Bourgnon d'ajouter le nom de ce fief à son nom patronymique.

Le baron de Layre, par contrat du 13 juin 1813, honoré de la signature de S.M. l'Impératrice Marie-Louise, avait épousé Apollonie-Jeanne-Amélie de Sartelon, fille d'Antoine Léger, baron de Sartelon, ancien commissaire général ordonnateur en chef de l'armée d'Égypte, secrétaire général du ministère de l'administration de la guerre, intendant de la ville et du gouvernement de Paris, député de la Corrèze, chevalier de Saint-Louis, officier de la Légion d'honneur, commandeur de l'ordre de Saint-Wladimir de Russie, etc., et de dame Alix-Sophie de Roux de Sainte-Croix, des marquis de Sainte-Croix de Provence.

Bourgnon signature

 

De ce mariage sont issus :

Antonin-Armand-Elzéard de Bourgnon de Layre, né le 17 mai 1819, docteur en droit, prêtre de l'ordre des frères prêcheurs de Saint-Dominique, à Paris ; Le R.P. Antonin-Armand-Éléazard de Bourgnon, prêtre de l'Ordre des Frères-Prêcheurs, est mort à l'ambulance des Dominicains, à Paris, le 15 décembre 1870, à l'âge de cinquante-et-un ans.
Depuis vingt ans déjà, le P. Antonin avait abandonné ses nombreux amis pour consacrer sa vie à Dieu et aux pauvres.
Lorsque Paris fut investi, il obtint qu'une ambulance fût établie dans le couvent des Dominicains. Mais cette oeuvre ne suffisait pas à son ardente charité : il savait les tortures imposées aux soldats blessés pendant les longues heures d'attente qu'ils passent sur la terre froide des champs de bataille, implorant des secours, tandis que leurs membres glacés refusent tout service.
Malade déjà lorsqu'eut lieu le combat de Choisy, il n'hésita pas à braver le froid et les fatigues ; il alla relever lui-même les blessés, entraînant ses frères par son courage héroïque.
Mais sa grande âme lui faisait tenter un effort au-dessus de ses forces et il revint avec le germe de la maladie qui l'a emporté presque subitement. Cependant, le P. Antonin ne voulut pas encore quitter ses blessés ; il se fit transporter à l'ambulance des Dominicains, où il mourut.

Armand-Edmond-Elzéard de Bourgnon de Layre, né à Poitiers le 12 février 1832, baron de Layre par suite de la renonciation faite en sa faveur par son frère aîné ; procureur impérial à Bressuire, il démissionne à l'occasion de son mariage ; il a été nommé substitut du procureur impérial près le tribunal de première instance de Loudun (Vienne), par décret impérial du 20 septembre 1856 ; marié le 6 juin 1865 avec Louise-Marie-Victoire Ternaux ;  décédé le 1er mars 1891 et inhumé le 4  en l'église de Beaumont-les-Autels.

Armand-Edmond-Elzéard décès z

 

Annuaire de la Noblesse de France - publié par M. Borel d'Hauterive - quinzième année - 1858.

La semaine religieuse du diocèse de Rouen - 11 mars 1871

Dictionnaire historique, biographique et généalogique des Familles de l'ancien Poitou - Beauchet-Filleau - Tome Ier - 1840-1854

Archives Nationales - Base Leonore - LH/329/77

AD86 - Registres paroissiaux et d'état-civil de Poitiers

AD28 - Registres d'état-civil de Beaumont-les-Autels