Montournais z

 

Damas Morton est un personnage sans grande importance et qui n'apparaît, semble-t-il, que dans l'ouvrage du Représentant du peuple, Lequinio, "Guerre de la Vendée et des Chouans"Voici à quel propos :

"Les citoyens Jean-Louis Mazière et Damas Morton, commissaires municipaux de la commune de Montournois, déclarent que le 8 pluviôse dernier, pendant que la municipalité revêtue de son écharpe et la garde nationale de ladite commune, avec quantité de citoyennes patriotes, attendoient sur la place de leur bourg l'armée révolutionnaire, pour leur donner le salut fraternel, trois officiers seulement à cheval vinrent à leurdit bourg, firent beaucoup d'honnêteté auxdits citoyens, leur annoncèrent l'arrivée de leur général par le chemin de Saint-Mesmin, où étoit ladite armée révolutionnaire, dirent qu'on feroit bien de monter à cheval au nombre de quatre pour aller au-devant de lui, et assurèrent qu'il ne feroit aucun mal à la bonne commune de Montournois.

De suite descendus de cheval, les trois officiers demandèrent le ci-devant sacristain, le menèrent dans l'église où ils le renfermèrent et le forcèrent de leur dire où étoit l'argenterie de l'église, qu'ils savoient qui y avoit été cachée pour la soustraire aux brigands. Leurs menaces eurent leur effet, et ils firent venir une échelle pour la tirer (cette argenterie) de deux trous d'échafaud, où elle avoit été mise il y avoit près d'un an. Ils firent monter un citoyen qui avoit été forcé d'apporter l'échelle, et ils emportèrent tout ce qui se trouva dans lesdits trous, malgré que les officiers municipaux leur observèrent que, sur une lettre nouvellement reçue du district, ils alloient ce jour même ou le lendemain envoyer cette argenterie au district de la Châteigneraye ; à quoi ils répondirent que c'étoit la même chose. La municipalité n'osa s'opposer à ce vol, parce qu'elle craignoit l'armée révolutionnaire que ces trois officiers avoient annoncée, et qu'elle avoit sujet de la redouter, sur ce qu'elle avoit entendu dire d'elle. Les trois dits officiers partirent avec l'argenterie ; les cavaliers qu'on avoit envoyés retournèrent, et l'armée révolutionnaire ne passa pas par ladite commune.

A Fontenay-le-Peuple, ce 28 ventôse, an deuxième de la République Française une et indivisible, et ont signé. Ainsi signé Mazière, commissaire municipal de Montournois ; Morton, commissaire municipal de la commune de Montournois." [18 mars 1794]

Il nous a semblé intéressant de vérifier son existence. En réalité, cet homme s'appelait DAMASE-FRANÇOIS-PHILIPPE-MATHURIN MORTON. Il était fils de François-Philippe Morton et de Marie Gourdon et était né à Montournais, le 11 décembre 1758.

baptême z

Avant la Révolution, Damase était "maître cordonnier" à Montournais. Il avait épousé, à Chantonnay, le 2 octobre 1787 Louise-Thérèse Pasquier, fille de Jean Pasquier et de Marie Baviteau, dont il eut trois enfants : - Damase-Jean-Louis, né le 12 juin 1788 ; décédé le 4 septembre 1788 ; - Marie-Jean-Louis-Damase-Benoît, né le 11 juillet 1789 ; - Marie-Louise-Claire, née le 7 août 1792.

Il fut ensuite secrétaire-greffier de la municipalité et Commissaire municipal de la commune de Montournais.

Capture z

 Nous ignorons ce qu'il est devenu, si ce n'est que lui et sa famille ne sont pas restés à Montournais.

 

AD85 - Registres paroissiaux et d'état-civil de Montournais.