VENDEENS 7

Fils de Michel de Lafargue, maître en chirurgie au village de Notre-Dame-de-Pitié, et de Marie Chevalier, Pierre-Henri est né à La Chapelle-Saint-Laurent, le 1er septembre 1763 et a été baptisé le 5.

LAFARGUE PIERRE HENRI BAPTEME z

 

Pierre-Henri et son frère, Louis-Gabriel, étaient présents au mariage de leur soeur, Marie-Aimée, avec Pierre-Alexis Lory, à Faye-l'Abbesse, le 11 octobre 1791.

Lafargue, de Faye-L'Abbesse, est condamné à mort pour avoir commandé la cavalerie des rebelles devant Parthenay ; il s'était présenté devant cette ville, le 14 juin, après avoir envoyé l'adresse suivante à ses habitants : "A trois quarts de lieue de Parthenay, en plains champs, le 14 juin 1793, l'an premier du règne de Louis XVII ; MM. frères et amis, habitants et catholiques de la ville de Parthenay, nous vous prévenons que nous sommes les soldats des armées catholiques royales, en assez grand nombre pour reconquérir votre ville, et que, si vous voulez faire la moindre résistance, elle sera réduite en cendres avant que la journée finisse ..." (Histoire des Deux-Sèvres - Antonin Levrier, Clouzot libraire-éditeur - 1885).

 

SON JUGEMENT :

NIORT, 27 brumaire an II (17 novembre 1793)

Condamnation à mort de Pierre-Henri Lafargues, de Faye-l'Abbesse, comme "commissaire des vivres des armées catholiques et royales".

Au nom du Peuple français, le Tribunal criminel du département des Deux-Sèvres a rendu le jugement suivant :

Vu par le tribunal, l'interrogatoire de Pierre-Henri Lafargues, demeurant à Faylabesse et les déclarations des divers témoins qui ont été entendus contre lui ; attendu qu'il résulte des dites pièces que ledit Lafargues a marché à la tête de la cavalerie des Rebelles qui ont désolé partie de ce département et de ceux voisins ; qu'il est entré à Partenay dans le courant du mois de Juin dernier à la tête des révoltés, sabre nud et armé de pistolets, qu'il portoit une cocarde blanche à son chapeau ; qu'il y a crié Vive Louis Dix-Sept et a forcé les habitans d'arborer le pavillon blanc à leurs maisons ; qu'il a été commissaire de l'armée des Rebelles pour pourvoir à leur nourriture ; qu'en cette qualité, il s'est transporté dans divers endroits, en a fait enlever des grains, et a donné des ordres à cet effet, se qualifiant par écrit du titre de Commissaire des Vivres des Armées Catholiques et Royales :

Le tribunal, après avoir entendu l'accusateur public, déclare ledit Lafargues convaincu d'avoir chef et instigateur des révoltés et d'avoir porté les armes parmi eux contre sa patrie ; ordonne en conséquence qu'il sera dans les vingt-quatre heures livré à l'exécuteur des jugemens criminels et mis à mort, conformément aux articles premiers, quatre et six de la loi du dix-neuf mars dernier et aux lois des dix may et cinq juillet aussi derniers, dont il a été fait lecture ...

Déclare que les biens dudit Lafargues confisqués au profit de la République, conformément à l'article sept de la loi du dix-neuf mars dernier, dont lecture a pareillement été donnée ...

La peine de mort prononcée dans les cas déterminés par la présente loi emportera la confiscation des biens et sera pourvu sur les biens confisqués à la subsistance des pères, mères, femmes et enfans qui n'auroient pas d'ailleurs des Requis et aux commissaires nationaux près les tribunaux d'y tenir la main + en foi de quoi le présent jugement a été signé par le président et juges susdit et par le greffier soussigné.

LAFARGUES COMMISSAIRE AUX VIVRES

(Archives Nationales - AN BB3/15-6)

PIERRE-HENRI DE LA FARGUE fut exécuté, à Niort, le 28 brumaire an II (18 novembre 1793), à l'âge de 30 ans.

LAFARGUES DECES z

AD79 - Registres paroissiaux de La Chapelle-Saint-Laurent - Registres d'état-civil de Niort.


 

SON FRÈRE, LOUIS-GABRIEL est né à La Chapelle-Saint-Laurent, le 25 juin 1769.

 

Louis-Gabriel z

 

SON JUGEMENT :

LOUIS-GABRIEL DE LAFARGUE
27 pluviôse an II (15 février 1794)

Copie du jugement de Louis-Gabriel Lafargue
Au nom du peuple français, le tribunal criminel du département des Deux-Sèvres a rendu le jugement suivant :

Vu par le tribunal, les dénonciations faites au comité de surveillance d'Hérisson, le vingt-six de ce mois par Marie-Pélagie Garsnault femme Berton et Jean Meriet ; autre dénonciation faite également contre Louis-Gabriel Lafargue, âgé d'environ vingt-quatre ans, demeurant à Clessé, le dix-sept septembre pardevant les administrateurs du Directoire du district de Partenay par Pierre Falourd ; l'interrogatoire subi devant ledit tribunal par le susdit Lafargue et les dépositions des différens témoins qui ont été produits contre lui et entendus ;

Attendu qu'il résulte des dites pièces que Lafargue est convaincu d'avoir pris part aux révoltes et émeutes contre-révolutionnaires qui ont affligé nos contrées, comme instigateur, en s'étant transporté à deux différentes fois à la porte de l'église de la commune de Boëmé et ayant une fois proclamé à haute voix un arrêté du Conseil Supérieur établi par les Rebelles à Châtillon, qui interdisoit aux municipalités toutes fonctions ; une autre fois y ayant proclamé la déroute de l'armée de Westermann et ayant cherché par ses discours a encourager les habitans à s'armer contre la République, disant que les patriotes étoient perdus, que Westermann avoit perdu quatre mille patriotes, beaucoup de munitions de guerre et que l'armée catholique avoit fait beaucoup de prisonniers ; en étant allé chés Bertron, maréchal à Hérisson, y ayant déchiré une loi de la Convention et ayant dit que tous ces papiers ne signifioient rien et qu'il les falloit jetter au feu ; en ayant servi de courier à l'armée catholique pour l'instruire de la marche de celle de la République.

Le tribunal ouï l'accusateur public en ses conclusions, condamne ledit Lafargue à la peine de mort ; ordonne en conséquence que dans les vingt-quatre heures, il sera livré à l'exécuteur des jugemens criminels et mis à mort, conformément aux articles premier, quatre et six de la loi du dix-neuf mars et à la loi du dix may derniers, dont lecture a été faite ...

Déclare les biens dudit Louis-Gabriel Lafargue confisqués au profit de la République, conformément à l'article sept de la susdite loi du dix-neuf mars dernier, dont lecture a pareillement été donnée ...

Ordonne que copie du jugement sera envoyée tant à l'administration des domaines nationaux qu'à la régie nationale de l'enregistrement et des domaines dans les jours de son exécution, conformément à la loi du vingt-six frimaire dernier et que ledit jugement sera exécuté à la diligence du commissaire national près le tribunal de ce district.

Fait et prononcé en l'auditoire du tribunal criminel du département des Deux-Sèvres séant à Niort, audiance publique y tenue le vingt-sept pluviôse, an second de la République française une et indivisible, à laquelle assistoient les citoyens Briault, président, Aymé, Garnier et Allonneau, juges, qui avec l'accusateur public se sont soussignés.

Signé au Registre : Briault, Aymé aîné, Maixent, Etienne Garnier, Allonneau, Leblois et Vien, greffier.

Au nom du peuple français, il est ordonné à tout huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution, à tout commandants et officiers de la force publique de prêter main forte lorsqu'ils seront légalement requis, et aux commissaires nationaux près les tribunaux d'y tenir la main. En foi de quoi le présent jugement a été signé par les président et juges susdits, et par le greffier soussigné.

LAFARGUE GABRIEL SIGNATURES JUGEMENT

 

 

Aucun acte n'avait été rédigé lors de la mort de Lafargue, mais le 28 prairial an III (16 juin 1795), le citoyen André Malteste, marchand, fait constater ce décès par la municipalité de Niort, en présentant un extrait du registre d'audiences du tribunal criminel.

 

lafargue louis gabriel deces niort z

 


(Archives Nationales - AN BB3/15-35)

AD79 - Registres paroissiaux de La Chapelle-Saint-Laurent - Registres d'état-civil de Niort.