NICOLAS-MARIE ROZE

 

Saint-Ferréol z

Fils d'Étienne et de Claire Besson (mariés à Marseille - St-Laurent -, le 16 juillet 1743), Nicolas-Marie est né  et a été baptisé à Marseille, paroisse Saint-Ferréol, le 11 juillet 1747.

baptême z

Etienne, son père, était un négociant installé à Modon (Grèce) par permission du 2 juillet 1733, il en devient le vice-consul en 1737. Il rentre à Marseille en 1741 pour des affaires de famille (à la suite de la mort de son père) et demande en mai 1743 de donner le vice-consulat à son frère Nicolas qui l'exerçait depuis son départ. En 1770, Étienne se trouve à Saint-Pierre de la Martinique où il exerce la profession d'adjoint au secrétaire de la municipalité. 

En 1765, Nicolas-Marie est commis chez son oncle Nicolas II Roze à Patras. De 1785 à 1789, il est directeur des spectacles au Fort Saint-Pierre à la Martinique. Les Archives nationales d'Outre-Mer ont conservé un dossier le concernant (FR ANOM COL E 359) et qui nous permet d'en savoir un peu plus sur cette activité. En voici un extrait :

"Du 4 8bre 1789 - Le S. Duponty avocat du Roi aux Bailliage et Présidial de Sens vient d'adresser un mémoire par lequel le S. Roze habitant de la Martinique expose qu'en 1785, ayant obtenu le privilège exclusif des spectacles au fort St-Pierre, pendant 50 ans, pour lui, ses successeurs ou tous autres qu'il voudroit substituer dans ces droits, il fit construire dans cette ville une salle sur un terrein qu'il acheta. Après avoir fait ensuite le détail de toutes les conditions de son privilège et des dépenses énormes auxquelles il se livra pour monter ce théâtre, il se plaint de ce qu'en 1787, ayant été obligé de repasser en France pour y exécuter de nouveaux sujets pour la troupe, les administrateurs substitueront, pendant cet intervalle, dans son privilège, le S. Joyeau son trésorier. A son retour, le S. Roze se pourvut en justice pour réclamer l'exercice de son privilège, & par une sentence rendue en la sénéchaussée de St-Pierre en 8bre 1787, il fut reconnu possesseur du terrein, de la salle, des décorations, magasin, musique ; mais la réclamation du privilège fut renvoïée à la décision des administrateurs & le S. Joyeau fut maintenu dans le droit de disposer de la salle, des spectacles, des acteurs, de la musique et s'appliquer à son profit les produits, en conséquence ce dernier a depuis ce tems, conservé l'administration du sepctacle & il a révoqué le S. Segoin contrôlleur des Recettes auquel cet emploi avoit été donné, au moïen d'un cautionnement de 8000 # qui ont été emploïées en frais de voïage de la troupe de Paris à Bordeaux. Dans ces état, le S. Roze demande à être maintenu dans le privilège qui lui a été accordé en 1785, à rentrer dans le droit de diriger les spectacles, acteurs, &c, que l'on oblige le S. Joyeau à lui rendre compte des produits de recettes et qu'enfin on rende au S. Segoing l'emploi de Contrôlleur aux appointements dont il jouissoit ..."

Nicolas-Marie est le premier à s'inscrire parmi les volontaires qui partent, le jour de Pâques 1790, pour la Basse-Pointe ; secrétaire de la députation envoyée par la Martinique pour faire révoquer les pouvoirs de Moreau de Saint-Méry et d'Arthur Dillon ; représentant de la garde nationale de la Martinique à la fédération de 1790, volontaire dans la garde nationale parisienne de la section des Amis de la Patrie (il monte la garde chez le roi le 27 novembre 1790), il obtient une place de sous-lieutenant dans les arquebusiers de la légion germanique (7 novembre 1792) et, après le licenciement, une place de capitaine dans le 22e régiment d'infanterie légère (12 août 1793).

Nommé adjoint provisoire à l'état-major de l'armée de l'Ouest, puis adjudant-général chef de brigade (1er février 1794) et chef de l'état-major de la division des troupes de réserve de Tours, arrêté en mars suivant, mis en liberté le 8 août, rendu à ses fonctions le 8 septembre, suspendu six jours après (14 septembre) lorsqu'il est en route pour se rendre à son poste, confirmé adjudant-général (11 avril 1795), commandant temporaire (2 novembre 1795), employé à l'armée d'Italie, puis à celle d'Orient, puis à Corfou.

Ali pacha portrait z

C'est en 1797 qu'Ali, pacha de Janina, se trouva pour la première fois en rapport avec les Français, devenus maîtres des îles Ioniennes. L'adjudant-général Roze vint fraterniser avec le pacha, qui reçut de ses mains la cocarde tricolore. Celui-ci lui donna en mariage l'une des plus belles Grecques de Janina ; les noces furent brillantes, et l'on y dansa la carmagnole ...

En 1798, Ali écrivit à l'adjudant Roze, qui était retourné à Corfou pendant l'absence de Chabot, et l'invita à une conférence sur le continent, à Philiates. Roze accepta cette invitation sans défiance. Le Pacha lui fit servir un splendide souper, causa beaucoup avec lui, puis ordonna de le jeter dans un cachot. On a prétendu plus tard que Roze avait trahi la France, mais la façon brutale et odieuse dont il fut traité détruit ces injustes soupçons.

Transféré à Constantinople, au château des Sept Tours, il y mourut le 26 (ou 29) octobre 1799.

ROZE château Sept Tours 3 z

 

La Légion germanique (1792 -1793) - par Arthur Chuquet - 1904

FR ANOM COL E 359

La politique coloniale en France de 1789 à 1830 par Paul Gaffarel - 1908

Lettres champenoises, ou Correspondance politique, morale et littéraire ... Tome dix-neuvième - 1824

Les consuls de France au siècle des lumières (1715 - 1792) - Anne Mézin - 1998

AD13 - Registres paroissiaux de Marseille