Vieux Montmartre z

JEAN-PARFAIT FRIEDERICHS est né à Montmartre (Paris), le 11 juin 1773, de Jacob-Joseph Friedericks, aubergiste rue des Martyrs, et de Françoise Deschamps, son épouse. Baptisé le même jour à Saint-Pierre, il eut comme parrain Jean Keller, marchand, rue des Martyrs, et comme marraine, Marie-Anne Sergent, épouse de Louis Compain, rue des Martyrs.

Il s'engagea le 10 décembre 1789, dans le régiment de Monsieur qui devint le 75e d'Infanterie ; successivement il est nommé Capitaine au 1er Bataillon des Fédérés nationaux, le 22 juillet 1792, et, Chef de Bataillon le 28 mai 1793, ... il n'avait pas 20 ans ! ...

Sa participation violente et active aux divers mouvements révolutionnaires de l'époque, dût être la cause de son avancement rapide. Le certificat qui lui est délivré en mai 1793, par la Municipalité de Montmartre, dont le maire était alors Grintelle, est une preuve. Il y est déclaré :

Que le Citoyen Jean-Parfait Friedéricks fils, âgé de dix-neuf ans, est parfait hôneste homme, qu'il a toujours été connu pour tel, que dès l'instant où il a pu porter les armes, il s'est toujours distingué, qu'il a fait un service de soldat citoyen, avec la plus grande exactitude, notamment depuis le dix Août dernier, temps auquel il a montré le civisme le plus pur.

Adjudant-général, il lutta en Vendée jusqu'en 1796. Il s'y illustra le 18 avril 1794 en se faisant battre par Marigny à Boismé (Deux-Sèvres) et le 9 avril 1795, avec Caffin, en assiégeant le clocher de Chanzeaux où une vingtaine de personnes s'étaient réfugiées autour de Ragueneau. Durant des heures, Friederichs fut tenu en échec par ces Vendéens. Il fit incendier le clocher pour les déloger ...

A la suite de son mariage avec Marie-Anne Gobron, il démissionne le 28 mai 1796, mais il est réintégré, à sa demande, le 20 juillet 1799.

Le certificat ci-après, nous fournit les raisons de sa démission :

Nous, administrateurs Municipaux du canton d'Argenton-le-Peuple, certifions à qui il appartiendra, que le Citoyen Friedéricks, ci-devant commandant du quatorzième Bataillon, a épousé une réfugiée de la commune d'Argenton, dont le mary a été tué par les brigands de la Vendée, qu'il nous a déclaré ne s'être retiré du service que pour s'occuper du rétablissement de ses propriétés et de les rendre à l'agriculture pour l'intérêt public et son avantage particulier ; qu'il a toujours manifesté les sentiments d'un citoyen sincèrement attaché à la Révolution.

En 1799, il devint le chef du 1er bataillon auxiliaire de Gironde. Versé à l'armée du Rhin en 1800, avant de gagner l'armée de Botavie. Il fut capturé et blessé au combat de Lauf en décembre 1800, en Franconie. Il fut libéré en 1801. En 1803, il était dans l'armée des Côtes de l'Océan et participa dès 1805 aux campagnes de Pologne, de Prusse et d'Autriche.

Major des Grenadiers à pied de la Garde Impériale le 1er mai 1806, Colonel, le 1er janvier 1807, Il fut chargé au lendemain de la bataille d'Eylau, cette même année, de ramener en France les drapeaux pris à l'ennemi. Il fit les campagnes d'Espagne et d'Allemagne. Général de brigade le 2 juillet 1809, Général de division, le 23 septembre 1812, il fit la campagne de Russie ; il commandait la 3e Division du 6e Corps à la bataille de Leipsick, quand, en protégeant la retraite de l'armée française, il eut, à Möckern, la jambe fracassée jusqu'au genou, par un boulet, le 18 octobre 1813.

Fait prisonnier et hospitalisé à Leipzig, où il fut amputé, il mourut le 20 octobre, des suites de sa blessure.

Il était Baron de l'Empire (1809), et Chevalier de la Légion d'honneur le 14 juin 1804, Officier, le 14 mars 1806 et Commandeur par décret du 5 juin 1809.

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De son mariage à Thouars, avec Marie-Angélique Gobron, en date du 21 ventôse an V (11 mars 1797), il eût un fils, Armand-Parfait, né à Thouars, le 8 pluviôse an VI (27 janvier 1798) et deux filles, Marie-Caroline et Eugénie-Olympe. (L'acte de mariage le dit né le 10 mai 1772 et se prénommant Joseph-Antoine).

Marie-Angélique Gobron, fille de Clément Gobron, notaire, et de Françoise Renaudet est née le 6 novembre 1765 à Argenton-Château.

L'existence de l'une d'elles, Marie-Caroline, née à Thouars, le 24 frimaire an V (14 décembre 1796), nous est connue : elle épousa le chevalier Jean-Constant de Mutrécy, né à Paris le 7 avril 1777, décédé Lieutenant-Colonel le 26 septembre 1853, et mourut à Auteuil le 26 octobre 1868. Elle a été inhumée dans le cimetière d'Auteuil.

Sur la demande de son petit-fils, le comte de Mutrécy, son nom est inscrit sur l'Arc de Triomphe (juin 1893).

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(Bulletin de la Société Historique du XVIe arrt, t. VI, p. 254) - Le Vieux Montmartre - Société d'histoire et d'archéologie des IXe et XVIIIe arrondissements - 2 juin 1916

Vendéens et Républicains dans la Guerre de Vendée - Tome Ier - Frédéric Augris

AD79 - Registres d'état-civil de Thouars

Fichiers Bossu - Gallica