POITIERS NOTRE DAME Z

Fils de Pierre-Zacharie Bernazais et de Marie-Louise Cerclet, Joseph est né à Poitiers, paroisse Saint-Paul, le 13 novembre 1770.

baptême z

 


Précepteur, en qualité de clerc ecclésiastique, des enfants de M. de Moysin, de Rouillé, depuis émigré, il se montre l'adversaire du nouveau régime et s'emploie à fermer cette maison au curé de la paroisse, qui vient de prêter serment.

Peu après, il se transforme en patriote, il devient membre de la Société populaire de Poitiers en mars 1790, puis commissaire pour le recrutement ; il prononce des harangues enflammées devant ses concitoyens de Poitiers pour les engager à courir défendre la patrie, tout en se gardant bien de partir lui-même. Le 18 novembre 1791, il est nommé Sous-Principal du collège Sainte-Marthe de Poitiers.

Le 4 juin 1792 - Chabot, ex-capucin fait un rapport sur les dénonciations qui étaient au comité de surveillance. Il y fait mention d'une lettre écrite par Bernazais de Poitiers, à Ingrand, député, par laquelle il lui donne avis d'un complot pour égorger l'Assemblée nationale et mettre le feu aux quatre coins de Paris. Le rapport inculpe Lafayette, Dillon, Rochambeau. Voici l'extrait de la lettre de Bernazais, tel qu'il est imprimé dans le Logographe n° 249.

"Monsieur Bernazet (ce nom est écrit ainsi), citoyen de Poitiers, écrit à M. Ingrand, le 18 mai, lequel a certifié la lettre : "Aux armes, mes amis ! Aux armes ! les poignards sont aiguisés, les victimes désignées. Il y a un complot horrible, prêt à être exécuté. Un brave citoyen m'a dit hier au soir : Je suis allé voir une domestique chez un noble ; elle m'a dit que son maître partait cette nuit pour Paris, pour se réunir aux trente mille qui doivent incessamment égorger l'Assemblée nationale, mettre le feu aux quatre coins de Paris et s'emparer de la capitale par l'incendie et le carnage." Cette lettre est certifiée par M. Ingrand, député de la Vienne, et cotée n° 220.

C'est le commencement de la correspondance entre ces deux mauvais sujets, Bernazais fils et Ingrand, qui ont fait tant de mal à leur pays.

Contraint pourtant de s'enrôler, il intrigue près de Beurnonville et obtient une place de toute sécurité à l'État-major de Dumouriez en Belgique. Il s'occupe alors d'agiotage sur les sucres, le café, les toiles et l'argent, de concert avec la femme de Piorry, qui lui promettait de lui faire passer des fonds, attendu, disait-elle, que ceux de Ciroteau, son parent, étaient à sa disposition. La curieuse lettre de l'épouse de Pierre-François Piorry, qui suit, confirme ce fait :

Au Citoyen Bernazais, Adjoint à l'État-major de l'Armée, expédition de la Hollande, au quartier-général à Moerdiek."

"A Paris, ce vingt-trois Mars 1793, l'an second de la République.
CITOYEN,
Je apérie avec bien deu pelesire que vous avez une pelase, en vous la donnant on recouneu vos ta lan je vous desire beaucoupe de resheusitte, il parais que sette pelase est avantageuse, je peuis vous aseuré que rien ne me fellatte tens que de voire en pelase les véritable Patriotte il faut que vous seyez ameme dêttre heutille a la Respeublique je seuis d'avanse convinqu que vous ferais tout jour pour le bon party que vous ne changerais point de prensipe, mon mary apranderat aussis avec pelesire que vous este pelasé il nes point y cis il a été nom Commisere de la Convention nationalle pour aler dans les des partement il a choisis notre des partement, est il doitte aller dans le des partement de Indere, je seuis meme inquette dans se momant je nes point receu de ses nouvelle il lia bien des de partement quil lia heu deu terouble a cause deu recreutement ; laristocratis teravaille tout jour les eseperi ; il lia bien heu un perogette de contere res voleutions dans notre peyil lia heu deu terouble, il lia des dommesetique des miguere qui en peche le recreutement il lia na u de peris on les amis en perisont on les atrouvez renpelis dargent et d'asignas il lia ausis Guimard & Cremiere garde deu sidevant roi est les deux Coulos qui sont aquse da voire enpeche le recreutement ensi que dautere, il sonte en perisons est on les pourseuit je ne sais sis le bereuit que lon res pand est verais on ditte que nos generaux nous teray se on ditte que Deu mouriez nous teray sous men, il seraitte bien malheureux sis on ne savaitte a qui se fiez, il parais que nous avons bien perdeu deu monde on ditte que le generalle Valance nens reviendras point on nous a ditte que le se gond bataion de la viene sis ez terouvez je ne sei nous avons perdeu que qune de notre des partement.

Je reviens à nos proges il est jusette sis vous peye en nargent que vous est ye une indamenité, je pense que les toille ne me revienderont pas sis chere que sis je les achettes y cis que lon pouraitte y gagne il faux que vous men nant voyez pour me heusage qui serviras des chantillon ; sis je voy que nous peusions y gagenee je vous ferais pasere des fonds ; Ciroteaux aqueque fond devent leui il me les donnerette, a comase, enfis si vous voyez avec lins damenitte quil vous revienderette que sas ne me revien point terope chere vous m'en nen verrais qui serat pour moy, sis je vois que nous peusions faire cette entereperise quil liez de cois y gagner je vous le dirais ; je oui dire quil niavaitte point de toille daulande en naune enfis vou en perendere en trois quar est en deutiere ; voyez sis vous connoise dautere genre de commarse mouseline est mouchoire de poche de couleur sis les grande chaille mouchoire de sinquard belan avec une rais en couleure sis il sonte ame y eur marche qui sis vous men nacheterai une il cis il ce vend baux 12 est dix livere dune mouseline belle est le mouchoire double de St quard, de large ; largent est tille char dans le pey qui vous abitte le cafe & seuquere, est tille chere ensis vous verais sis dans le pey que vous abitte si nous pouront trouve le moyen de faire queque entere perise, & vous men ninsetereuirais, je seuis en natandant votre res ponse est je fuinis en sen culeotte votre consitoyene signé PIORRY.

On ditte que dans le des partement dange que fais rempelis des migere nous en navons baucoupe teux deu caute de la Rochelle on les pourseuis comme des lou gatte Ta lien des peute est commisere, arivez l'insetent pour de mender des forces pour Tours, je reçois une lettre de mon mary qui me dit quil estes tens quil arrivas a Poitiers quil liavaite beaucoupe de trouble est quil avois faite metere beaucou de monde en perisons il me dite aux sis quil a susependeu La badis de ses fonctions et Eesminiere est Rouseau de la Cour ensis que dautere guerdins de la meme teranpe sonte arette par tout la france une projette de contere res voleutionsestés pereparais est ce progette devaite estere louverage des famme & des dommesetique des est migueres Poitiers marche au secours de la ville de Thouars sis nos armes me ne vont pas bien nous somme fouteu."

Le 25 janvier 1793, une lettre de la Société de Toulon à celle de Poitiers, témoigne sa satisfaction de ce que Bernazais, qui avait déserté, a rejoint les drapeaux.

Le 4 avril 1793, il occupe la barre de la Convention, où il dénonce la trahison de son général (Dumouriez) ; il est félicité pour être venu donner des renseignements.

Le 19 avril 1793 : un arrêté de la Société, portant que vu le rapport fait à la Convention par les Représentans Belle-Garde & Cochon, il sera fait une Adresse au Comité de salut public, pour l'inviter de suspendre Bernazais de ses fonctions d'Aide-de-camp.

De retour à Poitiers, la Société populaire l'oblige à repartir : il gagne la Vendée en qualité d'attaché aux services du général Sandoz, s'installe au château de l'Hermenault (appartenant au patriote Gareché), dont il vend, à l'encan, les effets et touche le prix (juin 1793).

Dénoncé comme voleur par la municipalité de Luçon, il est arrêté à Poitiers, le 9 août 1793. 

INTERROGATOIRE DU CITOYEN BERNAZAIS
Interrogatoire pris par nous commissaire soussigné, le 9 août 1793, l'an 2e de la République française du citoyen Bernazais fils, en conformité de l'arrêté du Conseil général du Département de la Vienne du 7 de ce mois.
Interrogé ledit citoyen Bernazais, s'il a connoissance de l'inculpation et de la détention de Sandos.
Répond connoître l'acte d'accusation insérée dans les Papiers publics, et qui a pour base la fuite à l'afaire du 28 juin, ainsi que sa détention.
Interrogé s'il a des fonds appartenant à Sandos, ou s'il lui en doit.
Répond n'avoir entre les mains aucun fonds déposés par l'adjudant général Sandos, mais déclare lui devoir la somme de 800 # qu'il lui a prêté à Luçon devant tous les officiers de l'armée pour acheter un cheval dont il ne pouvoit se passer pour l'exercice de ses fonctions.
Interrogé pourquoi Sandos l'avoit chargé de payer une somme de 690 # au sieur La Peirière, pour remettre au sieur Bonneau à St-Maixant, ainsi qu'il résulte de la lettre à lui écrite par lui Sandos le deux de ce mois datée des Prisons de l'Abbaye de St-Germain, et de laquelle nous lui avons donné lecture.
Répond qu'il n'y a rien de plus naturel que de prendre tous les moyens de faire rentrer ses fonds, et que l'adjudant général Sandos a qui je devois la somme de 800 # a cru probablement ne pouvoir mieux la faire rentrer qu'en tirant un mandement sur moi, déclare en outre n'avoir jamais eu de communication avec le citoyen La Peirière.
Interrogé s'il est lié et en correspondance avec ledit Sandos.
Répond ne lui avoir écrit que pour demander du répit de la somme qu'il lui devoit, et l'inviter à attendre que je fusse dans le cas de la lui remettre.
Qui est tout ce qui lui a été demandé, et ce qu'il a voulu dire et répondre, lecture à lui faite du présent interrogatoire a dit contenir vérité a persisté et persiste, et a avac nous ledit citoyen Bernazais signé.
A Poitiers, jour, an et mois que dessus ; ainsi signé : J. Bernazais, Sous P. du collège, Le Blond, commissaire et Defaux commissaire.
Pour copie conforme à l'original : P. Potet, secrétaire en second. (AN W 285-3, vue 5)

POSE DES SCELLÉS SUR LES PAPIERS DU CITOYEN BERNAZAIS
Aujourd'hui neuf août mil sept cent quatre-vingt treize, l'an 2e de la République française, à sept heures du matin, nous Jacques-Augustin Defaux et Joseph Le Blond, membre du Conseil général de la Commune de Poitiers, et commissaire en cette partie, en vertu de l'arrêté des membres composant le Conseil général du Département de la Vienne, en date du sept de ce mois, signé pour expédition Gennet pour le Secrétaire général, sommes transportés au domicile du citoyen Bernazais fils, situé en cette ville, Rue Saint-Paul, ou étant et parlant à sa personne, l'avons sommé et requis de nous indiquer l'endroit où il met ses papiers et sa correspondance, à quoi il auroit sur le champ satisfait, en nous invitant qu'ils étoient renfermés dans le tiroir d'une table à droite en entrant dans la chambre à côté de la cheminée ; en conséquence et pour remplir la disposition de l'arrêté, nous avons apposé sur ledit tiroir une bande de scellés sans en faire l'inventaire et description desdits papiers après que nous aurons pris l'interrogatoire dudit citoyen Bernazais.
Et interrogatoire dudit Joseph Bernazais pris, et pour nous conformer de suite à ce qu'il nous est prescrit à l'arrêté ci-dessus.
En conséquence avons procédé à la reconnoissancde des scellés que nous venons d'apposer sur le tiroir de la table où sont renfermés les papiers dudit sr Bernazais, que nous avons trouvé sains et entiers, et à l'instant nous avons procédé à l'inventaire et vérification desdits papiers et ouverture faite dudit tiroir et portefeuil, et examen le plus scrupuleux fait desdits papiers, nous n'en avons trouvé aucuns qui puissent donner le plus léger soupçons.
Fait, clos et arrêté le présent procès-verbal sur les huit heures et demie du matin, au domicile dudit sr Joseph Bernazais fils, les jour, mois et an que dessus, et s'est ledit citoyen Bernazais avec nous soussigné ; ainsi signé : J. Bernazais, Sous-P. du collège, Defaux, officier municipal, et Le Blond, commissaire.
Pour copie conforme à l'original : P. Potet, Secrétaire en second. (AN W 285-3, vue 6).

Le 21 brumaire (11 novembre 1793), il est emprisonné à Poitiers (s'agit-il de la même affaire que précédemment ou d'une nouvelle incarcération ? nous l'ignorons)Le 27 brumaire an II (17 novembre 1793), Bernazais, sorti de prison, est en détention chez lui pour maladie, par ordre d'Ingrand.  Puis le 22 nivôse an II (11 janvier 1794), Ingrand rapporte que Bernazais, si lâchement inculpé en plusieurs circonstances, est glorieusement acquitté par le Comité de sûreté générale.

Devenu libre, Bernazais dénonce à la Société Gennet le jeune, Secrétaire-général du Département ; Gennet est suspendu, & Ingrand donne sa place à Bernazais. Cependant à la suite d'un arrêté du représentant Chauvin, Gennet reprend son poste.

Bernazais va alors devenir l'un des plus redoutables terroristes de Poitiers et contribuer puissamment, par son rapport odieusement partial, à perdre cinq patriotes prévenus de correspondance avec Guyot de Folleville, le légendaire et mystérieux évêque d'Agra. En fructidor de l'an II, on reproche à Bernazais d'avoir fait les machinations qui ont conduit à l'échafaud Conneau et les quatre autres.

Cet homme, qui parle constamment de vertu dans ses palabres et qu'on charge même de prononcer l'oraison funèbre de Lecesve, l'évêque intrus, vit publiquement avec la femme de Chandairy et ne cesse de menacer de la guillotine le mari, jusqu'au moment où cet homme complaisant, "après des toux et des coliques violentes vient à mourir".

Bernazais n'a pas sur la conscience que des forfaits révolutionnaires ; on l'a vu prendre, en Vendée, les bestiaux et les meubles des patriotes. Autrefois il s'était même approprié une collecte qu'il avait faite, parmi les professeurs du collège, pour une pauvre femme à laquelle il n'avait remis que 6 francs sur 20 et quelques livres.

Il y a plus. Non content de pratiquer le vol, il l'enseigne à ses élèves, et notamment au neveu de M. Laurence, le banquier de la place Notre-Dame, avec l'intention, il est vrai, d'en profiter lui-même.

Comme ce brave homme d'oncle finit par s'apercevoir que les louis d'or émigrent fréquemment de sa caisse pour une destination inconnue, il s'avise de soupçonner notre écolier, l'épie et, pendant le déjeuner de famille, lui prend la main dans le sac et neuf louis dans les doigts. Au coin de la rue de la Regratterie, Bernazais attend avec impatience que le coup soit fait, afin de s'emparer, une fois de plus, du butin. Son élève s'attarde, il s'impatiente quand il entend, tout à coup, les éclats de l'oncle et les bruits de ses houssines. Prudemment alors il retourne chez lui. Son père, sur les menaces de M. Laurence, vint lui remettre, quelques jours plus tard, certains "colifichets" achetés avec le produit de différents vols qui n'avait pas été entièrement dissipé.

1er germinal an II (21 mars 1794) - Bernazais fils préside la première séance du nouveau Comité de surveillance de Poitiers. Sur la proposition d'un membre, il a été arrêté qu'il sera communiqué une liste des hommes les plus riches de Poitiers qui n'ont rien fait pour la Révolution et doivent être pressurés.

Le 13 octobre 1794, le répertoire de la série L des AD86 indique que des documents concernant Bernazais sont adressés à l'accusateur public. Il semble donc qu'une fois de plus, il ait été arrêté comme le confirme l'énoncé du document suivant.

30 fructidor an III (16 septembre 1795) - Lettre de Chauvin, datée de Poitiers. Il se plaint de ce que le Comité de sûreté générale a mis en liberté Planier, Bernazais et autres, qu'il avait fait arrêté ; motivé "sur les renseignements produits et les observations données par le représentant du peuple Ingrand".

25 prairial an IV (13 juin 1796) - Une lettre du commissaire ordonnateur, chef de la 2e division, au commissaire ordonnateur à Poitiers nous apprend qu'à cette époque, Bernazais était employé dans les charrois.

"Le ministre a été informé, citoyen, par le ministre de la police générale qu'un nommé Bernazais, célèbre intrigant et qui figurait dans la conspiration de Baboeuf, comme devant être membre de sa prétendue convention, est employé dans les charrois et qu'il n'a obtenu cette place que pour se soustraire à la réquisition à laquelle il avait été forcé d'obéir par les autorités constituées de Poitiers.
L'intérêt de la République exige qu'un pareil sujet soit expulsé de toutes places, comme incapable de les remplir. Vous voudrez bien faire prendre de prompts renseignements sur son compte et donner des ordres positifs pour le faire rejoindre.
Dès que cette mesure aura reçu son exécution, je vous prie d'en donner connaissance au ministre. - Signé Daru ; pour copie conforme, signé Gondot."

En l'an III et l'an IV, on vit éclore plusieurs mémoires justificatifs des anciens oppresseurs terroristes tel que celui de Bernazais. Il fait dans son mémoire l'histoire de sa vie révolutionnaire à sa guise. Il y a, à la suite, des certificats de bonne conduite, donnés par Ingrand et Pascal-Creuzé, représentants du peuple, par Bornier, Planier colonel de la garde nationale de Liège, Duplaisset lieutenant colonel en chef d'un bataillon de la Vienne, Thouvenet général de brigade, Villeneuve chirurgien-major au 2e bataillon de la Vienne. Il a paru, en l'an VI, un mémoire imprimé, anonyme, qui fait voir que le certificat donné par Duplaisset à Bernazais a été falsifié dans sa date. Il est prouvé, par toutes les circonstances rapportées dans ce mémoire, que ce certificat était daté du 3 décembre 1792, an 1er, avant la défection de Dumouriez. On a substitué à cette date celle du 3 décembre 1793, an II, après la fuite de Dumouriez. Le même mémoire contient la mauvaise conduite de Bernazais toute sa vie.

Cet homme, qui fit tant parler de lui alors qu'il exerçait les hautes fonctions de secrétaire général de la Vienne, dût quitter Poitiers après les élections de l'an VI, et se réfugier à Tours. Il dût à nouveau s'en aller de l'Indre-et-Loire, au début de la première Restauration, pour être exilé à Amiens, et il fut finalement autorisé à regagner la Touraine au bout d'une année. (Voir ICI les détails de son exil)

Le Constitutionnel note, au numéro du 30 mai 1822, que Bernazais mourut, en effet, relativement jeune. Citons ce court article sans perdre de vue que le Constitutionnel était le grand journal libéral de l'époque :

"Le barreau et la ville de Tours viennent de faire une perte réelle dans la personne de M. Bernazais, avocat distingué de cette ville. Il n'était âgé que de 51 ans. Ses confrères et une grande partie de la population ont accompagné son cercueil. Un de ses jeunes amis a prononcé sur sa tombe le discours d'adieu. M. Bernazais emporte les regrets de ses concitoyens. Il avait mérité leur estime par son esprit, ses profondes connaissances en droit, et par cette exacte probité, sans laquelle les talents ne sauraient suffire pour constituer le véritable avocat".

N'est-il pas curieux de constater que les Tourangeaux avaient de Bernazais, qui fut le bras droit de Piorry, de Planier, et autres terroristes poitevins, une opinion bien particulière ?

JOSEPH BERNAZAIS est décédé à Tours, le 21 mai 1822. Il avait 51 ans.

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Il avait épousé à Poitiers, le 16 thermidor an II (3 août 1794), Marie-Françoise Morice veuve Chandairy, fille de Jacques Morice et de Louise Cuvieux, née à Jaunay, canton de Marigné, district de Chinon, département d'Indre-et-Loire, le 17 août 1758 ; Marie-Françoise avait deux fils de son premier mariage.

Bernazais a écrit :

- Oraison funèbre de l'évêque constitutionnel Le Cesve, 14 mai 1791, Poitiers, in-8°, 19 p.
- Discours prononcé à la fête de la Société populaire, le décadi 30 messidor an II, in-8°, 8 p.
- Discours prononcé le 23 thermidor an II, in-4°
- Bernazais à ses concitoyens (1794), in-8°, 24 p.
- Aux républicains de la Vienne (an VI), Châtellerault, in-4°, 12 p.

 

AD86 - Registres paroissiaux et d'état-civil de Poitiers

AD37 - Registres d'état-civil de Tours

La Terreur à Poitiers par Etienne Salliard - 1912

Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest et des musées de Poitiers - 3e trimestre de 1970 - Tome X - 4e série - p. 564 et 565

Histoire de l'Université de Poitiers : passé et présent (1432 - 1932) - Poitiers, Imprimerie Moderne, Nicolas, Renault & Cie - 1932

Mes souvenirs sur les principaux évènement de la Révolution principalement ceux du département de la Vienne par Antoine-René-Hyacinthe Thibaudeau, publiés par Th. Ducrocq - Bulletin et Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest - Tome XVIII (de la deuxième série) - Année 1895 - Poitiers 1896.

Procès-verbal des Séances de la Société populaire de Poitiers - 1796

Sandoz à ses concitoyens

AD86 - Répertoire de la série L (Gallica)