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Marie-Nicolas-Henri est né à Trilport, le 2 février 1765. On l'a très souvent affublé du prénom de Maximilien (notamment sur Wikipédia), mais en détaillant correctement son acte de baptême, il est clair que son premier prénom est Marie. A noter également que son troisième prénom est écrit avec un y : Henry.

Il entra dans le régiment du Roi dès le 12 juillet 1776, comme tambour. En 1790, il rejoignit la Garde nationale de Paris. Il devint, en 1792, commandant du 13e bataillon de Volontaires.

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Il servit à l'armée du Nord, et fut promu général de brigade à l'armée des Ardennes, le 5 septembre 1793. Envoyé ensuite en Vendée, il y commanda une colonne infernale. 

Battu par Charette lors de la bataille de la Roullière, qui eut lieu le 8 septembre 1794, le général Jacob  est dénoncé, notamment par les citoyens "Doret fils" et "Galliote" :

"Jacob, le sang de nos frères d'armes massacrés au camp de la Roulière fume encore, en faut-il d'aventage ? Il est prouvé que l'attaque de ce camp étoit sû quelques jours avant, et que le général en dut être prévenu" (déclaration signée de Doret, fils)

"Il est prouvé qu'il négligeoit les précautions utiles.
Il est prouvé que Jacob qui demande seulement 30 hommes de cavalerie pour reprendre son camp, quand on lui offre sur le champ un escadron entier de la cavalerie nantaise, deux cent hommes de la même garde, un bataillon complet d'autres troupes, qui, tous brûloient du désir de venger leurs frères d'armes, Jacob ne se croit plus assés fort et refuse de marcher". (Déclaration signée de Galliote)" (SHD B 5/11-1, vue 14)

le 10 septembre 1794, le représentant Lion livre au Comité de salut public son témoignage sur la prise du camp de La Roullière qui était défendu par 620 hommes armés et 200 autres sans armes ; les brigands ont attaqué avec 800 hommes, dont 120 à 130 déguisés en hussards ; il y aurait 300 morts et blessés, le reste de la garnison ayant reflué à Nantes ; il n'y a pas eu de contre-attaque, faute de troupes disponibles :
"Avant de quitter Nantes, je dois vous faire part des imputations qu'on fait au général Jacob. On assure que lorsque le camp a été surpris, la plupart des officiers étoient à Nantes et que lui-même ne venoit que d'arriver avec deux concubines qu'il avoit dans sa tente lorsque le camp a été attaqué. Je n'ai point encore approfondi ce fait d'accusation mais je me suis convaincu qu'il y a chaque jour dans Nantes un grand nombre d'officiers qui devroient être dans leurs corps respectifs ; j'ai éveillé la surveillance de la municipalité sur cet objet ..." (SHD B 5/10-49 - vues 9 et 10)

De Fontenay le 18 vendémiaire an III (9 octobre 1794) - une dénonciation des représentants du peuple Dornier, Guyardin et Auger contre le général Jacob, est adressée au Comité de Salut public : "Nous avons recueilli des faits sur la conduite du général Jacob qui commandoit le camp de la Roullière, ils sont graves et nous allons le faire mettre en arrestation, nous vous ferons passer notre arrêté pour que vous preniez un parti ultérieur que vous jugerez convenable ..." (SHD B 5/10-65 - vue 13)

Le 9 octobre 1794 (18 vendémiaire an III) le général Dumas, commandant en chef, donne l'ordre au général Malbrancq de se rendre au camp de Ragon pour faire arrêter le général Jacob qui y commande. (Bulletin analytique SHD B 5/10-65 vue 7)

Suspendu de ses fonctions, il fut donc arrêté le 11 octobre 1794.

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Il est libéré fin mars 1796, probablement grâce au témoignage du général Charette lui-même. Le jour de son exécution, celui-ci apprit que le général Jacob était incarcéré, sous prétexte d'avoir trahi la république en fuyant devant lui. Charette fit alors appelé le commandant, car il fallait que la justice même envers ses ennemis l'accompagnât partout. "J'apprends, lui dit-il, que le général Jacob est accusé d'avoir fui devant moi ; je dois à la vérité et à l'honneur de ce général de déclarer publiquement que c'est une calomnie ; il n'a pas fui, je l'ai vaincu parce j'avais des soldats aguerris et que les siens étaient de nouvelle réquisition ; rendez-lui la liberté".

Jacob fut alors autorisé à prendre sa retraite.

Au cours de cette même année 1796, un complot fut ourdi par les Jacobins ; le ministre de la police Cochon était trouvé trop modéré ; on voulait soulever les troupes du camp de Grenelle commandé par le général Foissac-Latour, et en particulier le 21e dragons. Les conjurés à la tête desquels se trouvait François Lay, adjudant-major-général de l'armée des Alpes, se réunissaient au cabaret du Soleil-d'Or, tenu par Boucherat, 226 rue de Vaugirard, en face de la rue de la Procession ; grâce à la fermeté de la police, le coup échoua le 12 fructidor an IV (29 août 1796) et quelques jours plus tard (23 fructidor) une échauffourée était réprimée. François Lay, son aide de camp, et plusieurs de ses complices furent condamnés à mort le 19 septembre 1796 ; douze des conjurés furent exécutés dans la plaine de Grenelle le lendemain, le général Jacob était du nombre ; le 27 septembre 1796 un deuxième jugement était prononcé et le 29, quatre autres des condamnés étaient également fusillés ...

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Conspiration du Camp de Grenelle, près Paris
Citoyens condamnés à mort, à la déportation et à la détention par la Commission militaire séante au Temple, comme complices d'un rassemblement qui a eu lieu dans la nuit du 23 au 24 fructidor an 4, dans le Camp de Grenelle, tendant à égorger la troupe, par suite le Directoire, le Corps législatif, et à rétablir la Constitution de 1793
Condamnés à mort, le troisième jour complémentaire, an 4.

Les compagnons d'infortune du général Jacob, exécutés le 20 septembre 1796, étaient :

- CAILLEUX Michel-François, rubannier, âgé de 35 ans, né et domicilié à Paris 

- CHAMAUX André-Michel-Denis, portier, vendant de l'eau-de-vie et de la bière, natif de Léome, département de la Seine-Inférieure, domicilié à Paris ;

- CLAUDEL Jean-Charles, journalier, âgé de 48 ans, natif de Pourrancourt, département de la Haute-Saône, domicilié à Paris ;

- DEUCOUTJUSTIN Antoine, cordonnier, âgé de 53 ans, natif de Lyon, département du Rhône, domicilié à Paris ;

- GATHELOT Jacques, marchand de vins, âgé de 36 ans, natif de Suay, département de la Côte-d'Or, domicilié à Paris ;

- HIVERT Antoine, imprimeur en papier, âgé de 28 ans, natif de Cussy-les-Forges, domicilié à Paris ;

- JAMIN Pierre, cordonnier, âgé de 29 ans, natif de Rennes, département d'Ille-et-Vilaine, domicilié à Paris ;

- LAY cadet François, ex-adjudant-général, avant militaire au régiment de Foix, âgé de 33 ans, natif de Montauban, département d'Ille-et-Vilaine, domicilié à Paris ;

- MOLLET Thomas, serrurier, âgé de 56 ans, natif Chenwray, département de la Haute-Saône, domicilié à Paris ;

- MONARD Joseph, chapelier, âgé de 46 ans, natif de Rumilly, département du Mont-Blanc, domicilié à Paris ;

- VAUTIER Antoine-René, peintre, âgé de 42 ans, né et domicilié à Paris.

 

Histoire générale et impartiale des erreurs, des fautes et des crimes commis ... de Louis-Marie Prudhomme - Tome II - An V de la République (1797, vieux style) - pp. 493 et 493

Vendéens et Républicains dans la guerre de Vendée - Tome I - Frédéric Augris

Le vieux Paris - Grenelle - Journal des Savants / Année 1918 - pp. 27-32 - Henri Cordier - Persée

Vie du Général Charette par M. Le Bouvier-Desmortiers - 1823 - nouvelle édition 1996 - p. 382

AD77 - Registres paroissiaux de Trilport